‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 76 sur 171 · S 1. - CAPACITÉ DES SOLIDES ET DES LIQUIDES · texte numérisé non relu

S 1. - CAPACITÉ DES SOLIDES ET DES LIQUIDES

^85. Définitions. — Nous ne pouvons connaître la quantité de chaleur ^^c contiennent les corps; nous ignorons même celle qui correspond à une élévation de température donnée ; celle qu'il faudrait introduire, par exemple,

242 CHALEUKS SPÉCIFIQUES.

dans le corps pour élever sa température de 1 "". Mais on est parvenu à décmmir que cette quantité n*cst pas la méiné pour les différentes substances ; elles De doivent pas recevoir toutes la même quantité de chaleur pour s*échauffer d'oo degré ; toutes n'ont pas, comme on dit aujourd'hui, la même capacité pour la chaleur.

Voici comment on prouve que les corps ont des capacités dilTérentes pour la rhaleur. Si d'abord on mêle deux masses égales d'eau, l'une à/°, l'autre à<'°, la masse la plus froide s'échaufle aux dépens de la plus chaude, qui cède de» chaleur à la première, jusqu'à ce que la température du mélange soituniforme. Cette température sera évidemment égale à la moyenne { (t+t'h en supposant <|u'on néglige la chaleur que le vase a pu gagner ou perdre. Si maintenant, ao lieu de la seconde masse d'eau à t'°, nous prenons une masse égale de raercore ;ir°, et si /' est plus petit que t, l'expérience montre que la tempéralore finale ô du mélange est beaucoup plus élevée que la moyenne ; ce qui prouTe que la température de l'eau a moins baissé que celle du mercure n'a fflODlé. La chaleur perdue par l'eau, pour que sa température baisse de (/ — ô)°, a donc été capable d'élever d'un plus grand nombre de degrés une masse égale de mercure. Il iaut donc moins de chaleur au mercure qu'à l'eau pour s'échauffer (le i° ; les deux corps ont donc des capacités calorifiques différentes.

Cette remarquable découverte est due à Black; c'est de 1760 à 1765 qu'il la fit connaître dans ses leçons de chimie, à Glasgow. Aussitôt une foule de physiciens, parmi lesquels il faut citer Irvine, Crawfort, Wilcke, travaillèrenl à l'envi à créer des méthodes pour comparer les capacités des différentes substances pour la chaleur, propriété que Wilcke désigna sous le nom de chaleur spécifique.

On nomme donc capacilé calorifique, chaleur spécifique, ou quantité ie chaleur d'un corps, la quantité de chaleur qu'il doit perdre ou gagner pour que sa température varie de 1°, sous l'unité de masse.

On a choisi pour unité de chaleur, la quantité de chaleur que doit recevoir ou perdre l'unité de masse de l'eau pour s'échauffer ou se refroHir de T, c'est-à-dire la chaleur spécifique de l'eau. Cette unité a reçu le nom de calorie. 11 ne faut pas confondre cotte espèce d'unité avec l'unité de température ou le degré. Ce dernier est l'effet, et l'autre la cause; et pour accroître d'une unité la température do masses égales de différentes substances, il faut des nombre? différents à'unités de chaleur.

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