‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 8 sur 171 · THERMO-MULTIPLICATEUR · texte numérisé non relu

THERMO-MULTIPLICATEUR

température, sera beaucoup plus prononcé que lorsqu'il n'y a que deux soudures. Ce système de métaux soudés se nomme une pile thermo-électrique. On peut aussi rendre l'action du courant électrique beaucoup plus intense sur iaiguille aimantée, en faisant passer une partie du circuit plusieurs fois autour de Taiguille, avec la précaution de séparer les différents tours les uns des autres avec de la soie qui empêche le fluide électrique de s'élancer d'un tour à l'autre, de sorte qu'il est forcé de parcourir tout le circuit. On a alors ce qu'on appelle an galvanomètre, ou réomètre multiplicateur AB (fig. 542).

7il. Description de Tapparell. — Ces principes une fois posés, voici en quoi consiste l'appareil de Nobili et Melloni : il se compose essentiellement de deux parties: 1*» une pi/e thermo-électrique \ 2o un réomètre-multiplicateur destiné à faire connaître, par la déviation de l'ai^ille aimantée, l'intensité du courant électrique, et par suite à accuser la différence de température entre les deux ordres de soudure de la pile thermo-électrique.

Plie thermo-éleetrlqae. — La pile est composée de petits barreaux en bismuth et en antimoine, de 2 ou 3 centimètres de lonjjueur, soudés alternativement les uns aux autres, et repliés, comme on le voit eu ah (fig. 543),

de manière à former un parallélipipède rectangle cd, dont une des bases contient toutes les soudures paires, tandis que l'auti e contient toutes les soudures impaires. En crf, est représenté l'ensemble de la pile; elle est enveloppée d'une lame mince de laiton, qui en est séparée par une bande de papier. On aperçoit pn c et rf, les soudures des barreaux, formantles deux /aces de la pile. Les deux extrémités de la chaîne métallique viennent aboutir aux chevilles en laiton oo\ auxquelles sont adaptés des fils de cuivre que l'on met en communication avec lefii qui forme le réomètre multiplicateur. Enfin, les deux faces de la pile sont recouvertes d'une légère couche de noir de fumée, qui a la propriété d'absorber h chaleur plus complètement que tout autre substance, comme nous l'établirons plus loin. Un tube t, noirci en dedans et muni d'un écran mobile e, peut s'adapter à chaque extrémité, pour abriter les faces de la pile, de la chaleur qui pourrait venir latéralement.

Réomètre maitlpilcatear. — Cette seconde partie de l'appareil {fig. 544) est formée d'un fil de cuivre enveloppé de soie, qui fait plusieurs tours sur un

Il 3

Fig. 543.

Fis. 544.

cadre àb ; une aiguille aimantée esl suspendue dans Tintérieur du cadre : pour qu'elle soit très mobile, elle est soutenue par un fil de soie sans torsion f; une seconde aiguille/, fixée parallèlement à la première par Tintermédiaire d'une petite tige verticale qui traverse le haut du cadre àb, sert à marquer les déviations sur un limbe horizontal. On commence par orienter le réomètre de manière que les aiguilles aimantées se trouvent dans le plan du cadre ; alors l'aiguille / correspond au zéro du limbe. Si, alors, après avoir fait communiquer par des fils métalliques, les chevilles o, o' (fig. 543), avec les .extrémités », n' (pg. 544) du fil du réomètre, on vient à échaufîer l'une des faces de la pi\ecd(fig. 543), cette élévation de température déterminera une déviation dans les aiguilles. Si, au contraire, on refroidit cette base, ou, ce qui revient au môme, si l'on échauffe l'autre, l'aiguille sera encore déviée, mais en sens contraire.

L'appareil que nous venons de décrire est précieux surtout pour constater les effets de la chaleur rayonnante; il est tellement sensible qu'il est affecté par la chaleur naturelle d'une personne placée à une distance de 8 àlO", surtout quand on garnit la face qui reçoit la chaleur d'un cône poli en dedans C (flg. 543), destiné à recevoir une plus grande quantité de chaleur. Au moyen de cet appareil, Nobili et Melloni ont constaté que les insectes dégagent de la chaleur, en les renfermant dans le tube/ (fig. 543) garni d'une toile métallique du côté de la pile et fermé du côté extérieur. Ils ont reconnu que la faible lueur du phosphore est accompagnée de chaleur. Enfin, Melloni, en concentrant les rayons de la lune, sur une des faces de la pile, au moyen d'une lentille de 1 mètre de diamètre, a vu l'aiguille du réomètre se dévier de 3° environ ; ce qui prouve que ces rayons possèdent une chaleur sensible, ce dont on avait douté jusqu'alors. Du reste, la faible intensité de cette chaleur est en rapport avec celle de la lumière de la lune, qui n'est que 3 à 4 cent millièmes de celle que le soleil nous envoie.

7i2. Tables de {cradaation. — Les déviations dc l'aiguille du réomètre, ne sont pas, en général, proportionnelles aux effets calorifiques produits par la chaleur rayonnante qui frappe la base de la pile. C'est pourquoi, lorsqu'on veut évaluer l'intensité de cette chaleur, on construit pour chaque appareil, une table donnant cette intensité pour chaque déviation. Melloni a employé pour cela deux méthodes principales ^ fondées l'une et l'autre sur la proportionnalité entre les effets calorifiques et les déviations, quand ces dernières ne sont que d'un petit nombre de degrés, de 20° au plus '^.

La première méthode consiste à faire agir de chaque côté de la pile deux sources constantes, que l'on place d'abord à des distances telles que l'aiguille

« Mémoires de t Académie de* sciences de Paris, p. 443 (4834); et Annales de chimie et de physique^ t^ série, t. LUI, p. 5.

^ CcUe liinile dépend de la manière dont le fil métallique du réomètre e^t enroulé sur le cadre de Pappareil. Elle varie donc d'un instrument à un autre.

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