TREMPE
résistant quand il est écroui ; aussi se garde-t-on bien de le recuire pour le tréfiler. C'est en Técrouissant par le marteau, que les anciens donnaient de la dureté au tranchant de leurs épées de bronze.
Quand Técrouissage a été produit par le laminoir, on remarque que la ténacité et l'élasticité ne sont pas les mêmes dans le sens de l'étirage que dans le sens perpendiculaire ; ainsi que cela se voit pour le zinc et le fer laminés. Le laminoir n'augmente pas la ténacité d'une manière aussi marquée que la filière. M. Navier a trouvé que du fer forgé supporte, par millimètre carré, 40 kil. avant de se rompre, et après avoir été laminé, 41 kil. dans le sens de l'étirage, et 36 kil. seulement dans le sen? transversal.
465. Chaai^eiBeBt de stmetore avec le temps. — Les propriétés mécaniques des corps solides peuvent encore se modifier spontanément, et au bout d'un temps plus ou moins long, par un changement de structure. Tout ce qui peut agiter les molécules, comme les vibrations, les variations de température, accélère notablement ces changements. C'est sur le fer qu'ils ont surtout été observés. Lorsque ce métal vient d'ôtre forgé, il est flexible, nerveux, sa cassure est fibreuse, terne ; mais s'il est vieux, s'il a été soumis à des ébranlements répétés, exposé à des variations fréquentes de température, il est devenu dur et cassant; sa cassure est grenue et présente des facettes brillantes. Cette transformation s'observe assez souvent dans les essieux de voiture, qui se brisent quelquefois très facilement, quoique fabriqués avec du fer nerveux, mais qui a changé de structure. Il s'est fait, dans l'arrangement des molécules, une modification que l'on peut regarder comme un cas de dimorphisme, les molécules s'étant groupées à une haute température, et ayant pris ensuite d'autres positions relatives après le refroidissement. Cette manière de voir peut servir à expliquer le fait suivant, qui paraît assez bien établi : c'est que le fer qui a été longtemps tenu à une basse température, est très cassant; comme les essieux des voitures dans les pays froids, les chaînes des ancres qui ont séjourné dans la glace. C'est que, sous cette température très éloignée de celle où le fer a été forgé, sa tendance au changement de structure a dû être plus énergique, et ce changement plus rapide et plus complet.
M. Baudrimont a remarqué que les fils métalliques qui ont passé h la filière augmentent de diamètre pendant plusieurs mois. Savart a constaté que les lames, dont il se servait dans ses expériences sur le son changeaient souvent de structure avant le temps, et cela pendant des années. On peut encore citer les changements de structure de Y acide arsénïeux, qui, de vitreux et transparent, devient peu à peu opaque et blanc. Le sucre d'orge perd aussi sa transparence tivec lé temps, devient beaucoup plus fragile, et sa cassure est terne et rayonnée. C'est enfin à un changement spontané dans l'arrangement des molécules que sont dues les différences entre les propriétés du pain rassis et du pain frais.
466. Influence de la chaleur. — L'influence des changements de température, pour accélérer les modifications de structure, a été indiquée
iloiniis lon^^temps, comme cause générale, par M. Persoz ^ Rappelons d^abord que lo iTinût détruit les effets de la trempe et de Técrouissage. M. RegnauU a constaté que Tacide arsénieux vitreux devient opaque immédiatement, quand on le porte à 100°. De môme, la chaleur transforme en un instant le sucre ii'orgo frais en une masse opaque.
(îayLussac a vu des barres de fer, chauffées au four pendant longtemps,, dovonir cassantes comme du verre. L'argent devient très cassant quand il a élc chauffé pendant quelque temps. Enfin, il faut rattacher à ce genre d*action le travail intérieur qui se fait dans le verre des thermomètres, d*où résulte le iléplacement du zéro, comme nous le .verrons plus tard.
't97. Effet des vibrations. — L*influence des vibrations ressort surtout des expériences de Savart. Ayant fait vibrer longitudinalement, en les frottant dans le sens de la longueur, des bandes de glace, des verges de métal tirées à la (ilière, il a souvent trouvé qu'elles ne donnaient que des sons sourds, mal déterminés et sortant difficilement. Mais ayant répété l'expérience pendant un temps assez long, les sons sourds furent remplacés par des sons purs, qui sortaient avec une grande facilité. Le recuit produit les mêmes effets que les vibrations. Des corps, que l'on vient de couler en forme de plaques, résonnent bien plus difficilement que quelques jours après. Par exemple, du soufre coulé sous forme de disque ne peut donner de sons purs immédiatement. Plus tard il vibre avec facilité, et si l'on remarque le son produit, on trouve que, plusieurs mois après, il n'est plus le même et a monté; c* qui atteste une modification dans la structure. Le changement de structure du fer des essieux provient |)robablement, en grande partie, des ébranlements réitérés qu'y produisent les cahots de la route.
§ 6. — Dl CHOC DES CORPS SOLIDES.
468. Coinmanleatlon da moavemeat entre deux solides. — Lorsque un corps solide A (fig. 375) reçoit une impulsion d'un autre corps en mouvement B, qui vient presser les molécules d'une partie de sa surface, celles-ci sont pressées contre celles qu'elles recouvrent ; d'où résulte un développement d'élasticiU^. qui fait que ces dernières molécules agissent sur le> suivantes, et ainsi de suite de proche en proche, jusqu'à ce que la totalité de la masse A participe à l'impulsion Fig. 373. donnée. Cette communication de mouvement dans tou(e
la masse demande pour s'accomplir un temps 1res court mais fini, et le corps A peut éprouver une déformation permanente, si
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* Ccmpten'Utndus des séance^ de r.\cadéinie des sciences, 1837, p. 614.