‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 4)Chapitre 158 sur 193 · INSTRUMENTS A VENT · texte numérisé non relu

INSTRUMENTS A VENT

Levier pBenmatiqne. — Les plus gros tuyaux ayant besoin de beaucoup de yent pour bien résonner, sont servis par un soufflet plus puissant que les aatres. Les soupapes supportent alors une forte pression, que Torganiste ne p^t vaincre qu*avec des efforts qui nuisent à la liberté de son jeu. Cet incon- Ténient se présente encore quand la même touche doit ouvrir plusieurs soupapes, pour faire parler des jeux appartenant h différents sommiers. Pour parer à cet inconvénient, on emploie, dans les nouvelles orgues, diverses dispositions au moyen desquelles le vent est chargé d*exercer Teffort nécessaire. Nous citerons ]e levier pneumatique de M. Barker, comme étant le plus employé jusqu'à présent. On en voit une coupe dans la fig. 460. Le vent d'un soufïlet de force moyenne arrive dans la laye L, qui contient les soupapes, en relation avec les

Fig. 460.

^L^L^LJil

Fig. 461.

touches du clavier par des abrégés dont t est la dernière vergette. g est une gravure fermée en dessus par un petit soufïlet F, de Sô*^"» de longueur sur 7 de largeur. En r est une soupape liée à la soupape s par une tige n, et laissant béante une large ouverture o. Quand on ouvre la soupape s, elle fait fermer la Boupape r, le vent se précipite dans le soufflet F, et en soulève la queue 9, à laquelle est fixée une vergette T, reliée à toutes les soupapes des sommiers; de manière que c'est par la pression de l'air introduit en F que toutes les résistances sont vaincues. Quand la soupape s se referme, r s'ouvre, l'air comprimé en gF s'échappe, la queue q retombe, et les tuyaux se taisent. Ces mouvements du soufflet F se font avec une rapidité et une précision surprenantes. On voit (fig. 461) l'ensemble d'un pareil système; chaque petit soufflet, /*, correspondant par une tige, T, au système de soupapes que l'air doit soulever quand on appuie sur une même touche du clavier.

60S. Nomeneiature des leuiL ' . — Un jeu est composé d'une rangée de tuyaux de môme espèce, placés sur le même registre, et donnant la gamme chromatique (551). Il comprend de 2 à 4 octaves, suivant le rôle qu'il doit remplir; par exemple, il peut être destiné à jouer les dessus, ou les basses, ou les uns et les autres. Un jeu est simple, quand chaque trou du registre ne fait

1 V. VArt du [ackur d'orgws, par le bunédiclia don Bédos de Celles, 1766.

sonner qu'un seul tuyau ; ii est composé quand chaque trou donne le vent i plusieurs tuyaux à la fois. On divise les jeux en jeux à bouche eijeux à ondir.

Jeux À bouche. — Les tuyaux de ces jeux se font en bois, en étaio, « en un alliage de plomb et d'étain nommé étoffe. Ils sont dits de grosse tmlk quand le diamètre est environ * de la longueur, de moyenne taille quand k rapport est |, de menue taille quand ce rapport est -^.

Les jeux à bouche se désignent par la longueur du plus long tuyau, s il est ouvert, ou par le double de cette longueur, s'il est bouché. Le jeu le plus paie sert à défmir Forgue; ainsi, un orgue dont le jeu le plus grave est de 16pieds, se nomme orgue de iQ pieds ^ même quand les plus longs tuyaux (ta jet manquent.

Les jeux à bouche se divisent en jeux de fond ou d'octave^ qui sont acooféés à Toctavc les uns des autres, et jeux de mutation, qui sont accordés à latieite, à la quarte ou à la quinte des jeux de fond.

On compte généralement 18 espèces de jeux à bouche. Parmi les jeux de fond, nous citerons le 32 pieds ouvert ; le bourdon de 32 pieds ; et le \6fuà ouvert, qui se font en étain ou en bois ; le 8 pieds ouvert, en étain, qui se rapproche le plus, par la hauteur du ton, de la voix, et des instruments de musique; le prestant, de 4 pieds, ouvert, en étain, sur lequel on accorde les autres jeux, k cause de son ton moyen ; la doublette, de 2 pieds, en étain, donnant la double octave du 8 pieds. Tous ces jeux sont de moyenne taille.

Parmi les jeux de mutation nous citerons la grosse tierce, en étoffe, ourert, sonnant à la tierce du prestant; le nazard, en étoffe ou en bois, ouvert ou à cheminée, donnant la quinte du prestant; h tierce, donnant la tierce de la doublette, le larigot, en étain, ouvert, à la quinte de la doublette, c'est le je» le plus aigu ; tous ces jeux sont de grosse taille. La fourniture, jeu composé de 3 à 7 tuyaux de menue taille à chaque trou du registre, tuyaux accordés i la quinte et à l'octave les uns des autres ; la cymbale, analogue à la fourniture, avec laquelle elle forme le plein jeu ; le cornet, de grosse taille, ouvert, ea étoffe, jeu composé, à 5 tuyaux donnant les harmoniques (559).

Jeux d*anehe. — Ce sont les plus éclatants ; on les fait en étain fin. Les principaux sont: h bombarde, la trompette, \e clairon, qui sont à l'unissoo du 16 pieds, du 8 pieds, et du 4 pieds ouverts, et dont les anches sont surmontées d'un long tuyau conique; le cromome, surmonté d'un ium cylindrique ; la voix humaine à tuyau très court, et dont la forme varie beaucoup; le hautbois, à tuyau conique; la musette, à tuyau en cône renversé. Ces quatre derniers jeux sont à l'unisson du 8 pieds ouvert, comme la trompette.

Nous devons dire en terminant, que les conditions que nous avons données pour les divers jeux que nous venons de citer peuvent varier, pour certains d'entre eux, suivant l'idée et le goût des différents facteurs.

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