PRÉFACE
Uétude de la physique se répand chaque jour davantage, soit à cause des emprunts de plus en plus nombreux que lui font les arts industriels, soit à cause de l'importance que Ton attache avec raison à la connaissance des phénomènes et des lois de la nature. Ceux même qu'une éducation trop exclusivement littéraire a laissés dans Tignorance des principes généraux de la science, s'empressent aujourd'hui autour des chaires publiques, pour y entendre développer les théories au moyen desquelles ils puissent comprendre les merveilleuses applications que l'industrie multiplie autour d'eux, et pénétrer le secret de ces procédés variés dont les résultats les frappent d'étonnement.
Nous avons cherché à favoriser, dans la mesure de nos forces, cette tendance générale des esprits, en exposant dans un ordre méthodique, et avec tous les développements que comportent les connaissances élémentaires des mathématiques, les différentes théories de la physique, et en montrant comment elles se prêtent à l'interprétation des phénomènes naturels. Nous avons adopté un cadre assez large pour donner une idée exacte d'une science qui fait sans cesse des progrès rapides, et dont les méthodes se perfectionnent d'une manière si remarquable.
C'est surtout dans le champ des applications que le progrès se manifeste aujourd'hui. Ce résultat ne doit pas être attribué seulement à l'entraînement général des esprits vers les spéculations industrielles, mais aussi au degré de perfectionnement au(|uel sont
arrivées la plupart des parties de la physique. C'est, en effet, le propre de toute science de ne se plier aux applications que lorsqu'elle est suffisamment avancée, et la physique remplit aujourd'hui cette condition. Nous avons eu soin de faire connaître, après l'exposition des théories qui leur ont donné naissance, les appareils et les procédés dont l'industrie emprunte le principe à la physique, et qui se multiplient autour de nous chaque jour, pour l'amélioration des conditions de l'existence, et au grand avantage de la civilisation. Nous avons pensé que l'utilité de la science en ressortirait davantage, et que c'est au reste un spectacle bien fait pour agrandir les idées, que celui de l'homme luttant avec la nature pour lui arracher un à un ses secrets; puis, fort de cette découverte, domptant les éléments, se les appropriant, et parvenant enfin à les plier à ses usages et à ses caprices.
Sans l'histoire de la science, on l'a dit depuis longtemps, il n'y a pas de science complète : c'est surtout dans les sciences physiques qu'il est utile de remonter à l'origine des découvertes, de suivre la filiation des idées, qui, mûries par les siècles, ont enfin conduit à la conquête de la vérité. Quoi de plus propre à développer l'esprit philosophique et à agrandir l'intelligence, que de suivre la marche de l'esprit humain, ses hésitations, ses tâtonnements, en présence d'erreurs admises comme des vérités inattaquables, et rendues imposantes par des siècles de domination ! Que d'illusions, que d'incertitudes, que de chutes, dans une marche incertaine, au milieu des ténèbres qui environnaient les premiers inventeurs, avant que la découverte de la bonne méthode, de la méthode expérimentale, ne fût venue ouvrir des routes plus sûres!
La jeunesse des écoles reste généralement trop étrangère à l'histoire de la science. Tandis qu'on ne lui laisse pas ignorer les principaux actes de ces conquérants tristement fameux qui ont épouvanté la terre de leurs forfaits, à peine lui fait-on connaître quelques-uns des noms de ces bienfaiteurs de l'humanité, dont le génie a illuminé leur siècle et donné l'élan à la civilisation ; qui ont ouvert des routes nouvelles et découvert des résultats précieux, dont on profite sans en rechercher l'origine, ou dont un long usage (ait méconnaître l'importance et l'utilité. Pour nous ramener à une
plas juste appréciation de la valeur des vérités acquisesi il suffit le plus souvent de signaler Terreur qui les a précédées ; et pour exciter notre reconnaissance envers les grands hommes, au génie et à la persévérance desquels nous en devons la découverte, il n'y a qu'à rappeler combien il leur a fallu souvent faire preuve de courage et d'abnégation, pour les proclamer, malgré les fureurs de l'ignorance et du fanatisme, au prix de leur repos et quelquefois au péril de leur vie.
Pour, répondre à cette pensée, nous avons indiqué succinctement l'origine, et la marche à travers les siècles, des différentes branches de la physique, en insistant principalement sur l'histoire des découvertes capitales, de celles qni ont fait époque, ou qai, en imprimant un rapide élan à la science, ont servi de point de départ à un grand nombre d'autres découvertes. Nous avons pensé que cette manière d'aborder l'étude de la physique permet d'acquérir une idée plus exacte de l'état actuel de nos connaissances en faisant mesurer le chemin parcouru , et qu'elle fait saisir plus complètement la portée des théories modernes en en signalant le point capital, et faisant ressortir les difficultés qu'il y avait surtout à surmonter.
Cette seconde édition a été remaniée et refondue avec le plus grand soin ; nous n'avons rien négligé pour l'améliorer, la maintenir au niveau de la science, qui s'est enrichie, dans ces dernières années, d'un grand nombre de résultats importants, et la rendre ainsi plus digne du bienveillant accueil qui a été fait à la première. De nombreuses additions ont été faites; des théories ont été complétées, d'autres modifiées et simplifiées, par suite de recherches récentes publiées tant en France qu'à l'étranger. Nous citerons, entr'aulres, la nouvelle théorie de la constitution de la veine liquide, les études sur la capillarité, sur les dissolutions des gaz, la méthode optique de comparaison des sons, l'explication des lignes nodales dans les vibrations longitudinales. Tous les chapitres du livre de la chaleur ont reçu des additions nombreuses : la comparaison des rayons calorifiques aux rayons lumineux ; l'explication des impressions de chaleur; la conductibilité dans les fils; les capacités calorifiques des gaz ; l'influence de la pression sur le
point de fusion ; et, dans les applications, Tinjecteur des chau* dières à vapeur, les moteurs à gaz , ont été Tobjet d'articles importants. En outre, la nouvelle théorie mécanique de la chaleur nous a permis de jeter un nouveau jour sur plusieurs points obscurs de l'histoire de la chaleur, et de nous rendre compte, dans le système des ondulations, de la manière d'être de cet agent dans les corps, et de la plupart des phénomènes qu'il y produit.
L'optique a été remaniée en beaucoup d'endroits; mais c'est surtout dans le livre de l'électricité que l'on trouvera les changements les plus nombrefux. Cette branche de la physique, qui attend encore une théorie générale qui en réunisse toutes les parties, s'enrichit chaque jour de faits nouveaux ; les théories partielles se perfectionnent, se rapprochent; et l'on peut entrevoir l'époque, quoique encore éloignée sans doute, où, fondues dans une synthèse générale, elles pourront rentrer dans cette belle théorie des ondulations, qui semble devoir être un jour le dernier mot de la science, et parait destinée à en résumer, pour ainsi dire, tous les faits.
Nous adressons particulièrement cet ouvrage aux candidats à la licence ; aux jeunes professeurs qui se préparent à conquérir le titre d'agrégé; aux jeunes gens qui aspirent à entrer à l'Ecole normale ou à l'Ecole polytechnique, et en général à tous ceux qui désirent connaître avec quelque détail une science dont l'excellence n'a pas besoin d'être proclamée, et qui rend aujourd'hui de si grands et de si nombreux services.
Plusieurs savants et professeurs ont bien voulu s'intéresser assez à notre œuvre pour nous aider de leurs conseils, nous indiquer diverses améliorations, et nous faire connaître de nouvelles sources à consulter. Nous saisissons avec empressement l'occasion de leur en adresser nos vifs remercîments.
Un esl prié de faire lis rorreclioiisj t*«iHiiiielle« iiiilh|iw(N ci -lUssitiis . avant ihv'omineiirer la lecture de t*uu\rage.
TOn I (Viiir nii>^i à h fin de cf vitlnim', M -a h fui iju time IV, p. lîtMi .
I*agr
/i^ilc.
au heu de :
uieltei :
tuouremeni rariè
Mouvement uniformément i-nrié .
ÎHI
tang nmp = tan^' .V
col nmp= 1 i lang A.
niittm iurerte
raiium invene de la r .tlnf rnrrrr.
tir»
10 »'n remoiilaiil tnrtiitppe nmrr.rr
fHvelt^ppe $phérique.