CONSTITUTION DE LA VEINE
<••• Lots des divisions. — M. Plateau appelle divisions du cylindre liquide, les portions de ce cylindre dont chacune produit une sphère. Pendant la transformation, la masse qui correspond à une division se trouve comprise entre les cercles de gorge de deux étranglements suc<;essifs. L'expérience a conduit aux lois qui suivent :
1» Les longueurs des divisions, dans les cylindres de même liquide, sont entre elles comme les diamètres de ces cylindres. — 2® Pour le mercure, le temps compris entre le commencement de la transformation et 1* instant de la rupture des filets, est sensiblt^ment proportionnel au diamètre du cylindre ; loi qui s'applique très probablement à l eau, et à tous les liquides peu visqueux.
S«7. Application h la division de la veine. — Supposons d'abord la veine sortant verticalement de haut en bas par un orifice en mince paroi. Dès qu'une portion de liquide a franchi la section contractée, elle commence à obéir aux forces figuratrices et à présenter des étranglements, qui dessinent les divisions, descendent rapidement en se prononçant, et bientôt il y a séparation en sphères et sphérules. Jusqu'au point où la séparation s'effectue, le passage rapide devant l'œil des renflements et étranglements, fait que la veine paraît unie ; seulement elle paraît plus grosse près du point où s'effectue la séparation, parce que les renflements sont là très prononcés. — Il est vrai que le liquida est soumis à l'action de la pesanteur ; mais pendant la chute libre et en l'absence de tout obstacle, les forces figuratrices agissent comme s'il n'y avait pas de pesanteur.
Il résulte de cette théorie, que la transformation ayant lieu pendant la descente des divi^on^, si nous négligeons l'accélération à partir du l'orifice : i® la longueur de la partie continue devra être proportionnelle à la vitesse de sortie, ou à la racine carrée de la charge (239); 2® à égalité de charge, la longueur de la partie continue devra être proportionnelle au diamètre de l'orifice, puisque le temps nécessaire pour effectuer la séparation est lui-même proportionnel ace diamètre (266). Or, des mesures directes avaient conduit Savart à la découverte de ces deux lois, qu'il donne comme approximatives, comme cela doit être évidemment, à cause de la contraction de la veine, et de l'accélération à partir de rorifice, d'autant plus sensible que la vitesse est plus petite.
S68. 11. CAU8S8 DBS OSCILLATIONS DES GOUTTES. — Les oscillations des gouttes constituent un phénomène accidentel résultant de mouvements vibratoires imprimés au liquide à sa sortie, par le vase lui-même, auquel se transmettent les vibrations produites par le choc des gouttes contre le corps sur lequel elles tombent, et aussi une multitude d'ébranlements propagés par le sol , particulièrement dans les grandes villes. Pour le prouver, Savart a montré que : lo en l'absence de tout ébranlement, la veine paraît cylindrique dans la partie discontinue ; 2» que des vibrations communiquées au vase, par l'intermédiaire de Tair, ou mieux directement, rendent les renflements plus prononcés.
i* Pour opérer en l'absence de tout ébranlement, Savart s'est servi de l'appareil suivant : A (fig, 202) est un cylindre en verre, de 1",58 de hauteur.
vi R ot S Apux réKervoirs en laiton. En o est un orifice en minc« paroi, pouiant Hr» fprmer au moyen d'une petite vanne, par T intermédiaire d'une lige l qui IravcrRC des lames de cuir gras. La veine liquide se brise sur une planche épaisse placée presque verticalement, afin d'éviter qu'il ne se prodiUse des vibrations par le choc des (gouttes sur le liquide du vase S. Les résultats sont sensiblement les mêmes, dans l'air, et dans le tube A quand on y a fait le vide par le robinet r. Mais si l'on a soin de poser le pied de l'appareil sur du drap replié sur lui-même un grand nombre de fois, la partie limpide est très allongée et eflîlée, comme on le voit en ac (fig, 202), et la partie discontinue ne présente plus de renflements, mais seulement de légères bosselures c6 changeant i chaque instant de position ; de plus, son diamètre est notablement moindre que celui des renflements qui se montrent quand l'appareil n'est pas isolé.
Si l'on fait tomber la veine sur une membrane tendue, on entend un son produit par le choc des gouttes, les ventres repaiaissent, et la partie limpide se raccourcit.
2^ Inflaenee des Tlbratlons commaBi^aèci* - - Les changements périodiques de la forme des gouttes sont assez rapides pour engendrer un soo très faible, qui est le même dans tous les points de la veine. Si on la reçoit sur une membrane, ou sur ^^M - le fond d'un vase de métal , le choc des gouttes
H ^^Q I produit ce même son, à quelque hauteur que l'on
h oHI m. place l'obstacle dans la partie trouble. Savart ayant
èvalnè, par un des moyens que nous ferons codn litre dans l'acoustique, le nombre des vibrations t|ui correspondent au son prottuit, a reconnu que ce nombre est proportionnel à la vitesse d'écoulement, et on raison inverse du diamètre de l'orifice ; ce qui <'sl bien d'acciM^l avtv ce que nous avons vu plus haut (^66), le nombre des gouttes qui frappent la membrane on une seconde, étant égal au nombre de (divmons qui passent par roritlce pondant le même temps.
Cela posé, si Ton produit dans lo voisinage, un son continu à Tunissonde ci^lui do la voino, les renflomenls sont plus prononcés et plus réguliers, comae v\\ le voit en c Jig. i^^), ils prennent naissance plus haut, et la partie linpide se raccourcit, quelquefois de plus dos doux tiers. Un violon, à une distance ih :îO moires, prmluit cet effet d'une manière très prc^noncée . Les sons àrocUie oî à la quinte graves, la tierce mineure, la quarte et l'octave aigoês agisscit comme 1 unisson, mais d'une minière moins prononcée. I>epïiiss M. Magusi I ivonnu que tous les sons influenc<^nl li^s veines, quand ils sont :
Fig. :iOi