COMPRESSIBILITÉ DES GAZ
La partie inférieure des deux tubes communique avec un réservoir en fonte V (/f^. 368), contenant du mercure, et dans lequel on peut refouler de l'eau au moyen de la pompe foulante P, qui reçoit ce liquide par le tube /. Le robinet r' sert à laisser échapper de Teau quand on veut diminuer la pression ; et le robinet R, à interrompre la communication entre les deux manomètres et le réservoir V. Les tubulures a, e, d sont fermées hermétiquement. La capacité du manomètre à air ce' avait été préalablement divisée en deux parties égales, en pesant le mercure qui peut en remplir la totalité à partir d un repère tracé à la partie inférieure, et le mercure qui en remplit seulement la moitié. Le tube ayant été ensuite fixé à la tubulure c, on y fil le vide et l'on y laissa rentrer de l'air sec par le robinet r, un grand nombre de fois, pendant que l'eau du manchon était portée à une température de 40 à 45"", pour favoriser la dessiccation du tube.
■ode d'expérimentation. — Le manchon étant traversé par un courant d'eau froide, on comprime de l'air sec dans le tube ce' par le robinet r, au moyen d'une pompe foulante, et l'on amène le niveau du mercure dans le manomètre «\ air, au repère qui limite son volume maximum V. Pour cela, après avoir un peu dépassé la position cherchée, on laisse sortir de l'eau par le robinet r', jusqu*à ce que le niveau corresponde exactement à ce repère. On mesure alors la pression, en évaluant la hauteur de la colonne de mercure îH)ulevée dans le tube hh' , au-dessus du niveau dans le tube ce' .
Pour évaluer cette hauteur, des repères avaient été marqués sur le tube W i des distances de 0",75 environ, et les distances de ces repères avaient été ''«levées au moyen d'un cathétométre que l'on installait à différentes hauteurs, Kurdes supports fixés à un mur situé en face de l'appareil. 11 suffisait donc, ^ans chaque expérience, de mesurer au cathétométre la distance entre le niveau ^u mercure et le repère placé immédiatement au-dessous. Un système d'écha- ^«iudage volant permettait à l'observateur de se transporter facilement , pour *^etle observation, à la hauteur voulue. Dans la partie du tube qui sortait de l'édifice, les distances se mesuraient simplement sur une échelle divisée en Millimètres, fixée au mât qui soutenait le tube.
Après avoir ainsi mesuré la pression, on réduisait le volume du gaz à la moitié du volume primitif, en comprimant de l'eau avec la pompe foulante P, et l'on mesurait la nouvelle pression.
Pour les gaz autres que l'air, on opérait de la môme manière ; seulement on avait soin de commencer par les pressions les plus fortes, laissant ensuite échapper du gaz pour obtenir des pressions moindres. En suivant cette marche, on était certain d*opérer sur un gaz bien identique.
Au lieu de réduire le volume d'i^ne même masse de gaz à la moitié de ce qu'il était d'abord, M. Regnault a fait quelques expériences en le réduisant au quart «I w tiers. Cwreetions. — Les hauteurs observées dans le manomètre à mercure
doivent, pour être exactes, subir plusieurs corrections : i<> la colonne de mercure
CORPS GAZEUX
était ramenée à la température de 0°, par la méthode que nous avons indiquée pour le baromètre (307). Comme cette longue colonne ne pouvait être partout à la même température, on prenait la moyenne entre les indications de plusieurs thermomètres placés à différentes hauteurs. — 2*> La pression atmosphérique n'est pas, au sommet de la colonne de mercure, exactement égale à celle que donne le baromètre placé au bas. On faisait la correction au moyen de la formule qui donne les hauteurs par le baromètre ; seulement , ici , la hauteur était connue, et c'était la colonne barométrique qu'il fallait calculer. — 3« Le mercure étant compressible, la colonne n'avait pas partout la môme densité, ce qui exigeait une nouvelle correction.
Le manomètre à air tend à augmenter de volume par la pression intérieure. M. Regnault s'est assuré que, pour 25 atmosphères, l'effet est négligeable; car la distance de deux traits, marqués à 2'",5 l'un de l'autre, ne change pas de 0'"",01 , soit de tj^ ; d'où l'on conclut que la capacité du manomètre varie à peine de Tïiër > pour 25 atmosphères.
8S3. Bésnitats. Pour reconnaître si la loi de Mariette est rigoureusement vraie, M. Regnault prend le rapport V© : V, des volumes occupés par le gaz, et le rapport.?, : Pq des pressions correspondantes, et il cherche si ces rapports sont égaux ; ou bien si, en les divisant l'un par l'autre, le résultat
yO p Y p
îT • D^ ^" vV ®^^ ^8^' ^ Tunité. Les expériences ont été faites sur
l'air, Vazole, le gaz hydrogène et Yacide carbonique.
Voici quelques résultats, relatifs à l'air et au gaz hydrogène, tirés des noinbreux tableaux publiés par M. Regnault :