‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 4)Chapitre 94 sur 193 · HAUTELKS PAR LE BAROMÈTRE · texte numérisé non relu

HAUTELKS PAR LE BAROMÈTRE

barométrique et la température à la station inférieure; et ^ et t les mêmes quantités pour la station supérieure.

Sous la latitude de 45°, on a cos 2> = 0 , et la formule devient

X= 18393 (l+liI±l2)logl

Le coefficient 18393 a été déterminé par Ramond. Dans l'Annuaire du bureau des longitudes, on trouve des tables, calculées par M. Oltmanns, au moyen desquelles on peut obtenir la bauteur cberchée, sans l'emploi des logarithmes, et par de simples additions et soustractions.

899. Bemarqoes. — La formule de Laplace peut servir à donner une idée de la hauteur de l'atmosphère. Si nous voulons, par exemple, savoir à quelle hauteur l'air possède une pression de 1 millimètre seulement, nous ferons, dans la formule, H = 0«»,76, h = 0'",001 , et t = 0° ; et comme la température des hautes régions de l'atmosphère est de 60° au-dessous de zéro environ, nous prendrons T-|-^ = — 60°. Il viendra alors, en supposant que Ton soit à la latitude de i5°,

X= 1 8393 X 0,88 Xlog 760 = 46 627»,68; ou 46 à 47 kilomètres.

La formule de Laplace donne les hauteurs à i mètre près, quand on se sert <l« bons instruments, et qu'on prend toutes les précautions nécessaires. I^ observations doivent aussi être faites dans des conditions convenables.

Quand les verticales des deux stations sont peu éloignées, il faut faire les ^Jeux observations simulUinément, afin de se mettre à l'abri des variations accidentelles. Si Ton observe à des heures di.'îérentes, il faut avoir soin de revenir à la station par laquelle on a commencé, afin de reconnaître si la pression ^^ pas varié, auquel cas l'opération serait à refaire. Dans cette manière ^'opérer, on n'est pas à l'abri des effets des variations horaires, parce qu'elles P® Sont pas les mêmes aux deux stations, et ne se produisent pas au môme wstant, surtout quand ces stations sont très élevées l'une au-dessus de l'autre. ^^ peut en dire autant, dans ce cas, des variations accidentelles. 11 faut, pour *® mettre à l'abri de ces causes d'erreur, faire un grand nombre d'observations ^^ en prendre les moyennes. C'est ce qu'on ne peut éviter de faire quand les ^^tions sont très éloignées. Par exemple, pour prendre la hauteur d'un lieu **i-^essus du niveau de la mer, ou ce qu'on nomme son altitude, il faudra se ^T^nr de la moyenne barométrique du lieu, calculée au moyen d'observations poursuivies pendant plusieurs années, et la comparer à une moyenne semblable prise au niveau de la mer. Sous l'équateur, où les variations accidentelles n*existent qu'à peine, on peut faire les observations successivement aux différentes stations, en tenant compte des variations horaires, dont la marche est bien connue. C'est ainsi que M. de Humboldt a pu faire le nivellement, et donner une coupe du sol du Mexique d'une mer à l'autre; opération tellement difficile et dispendieuse par les méthodes trigonométriques, qu'on n'avait pas encore osé l'entreprendre.

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nr. Aérostats.

400. Historiqoe. — Lcs corps plongés dans Tair perdent une partie d^ leur poids égale au poids du gaz déplacé (300). Un corps, pesant moins qn'oa volume d'air égal au sien, devrait donc s'élever dans Tatmosphère. C'est pw cela que l'air échauffé, la fumée, montent, parce qu'ils sont moins denses qie l'air froid.

Ce principe était connu depuis Archiméde, et le désir de s'élever dans le airs, qui a de tout temps tourmenté l'homme, a dû faire songer de bonne heure a en faire l'application. On ne trouve d'abord que des projets chimériques. Le père François Lana, en 1670, propose de faire le vide dans des balloiiseï cuivre mince, en les échauffant^ pour en chasser l'air, ou en les remplissai d'eau qu'on laisserait ensuite sortir par le bas. De pareils globes, à moins d'être d'un poids considérable, ne sauraient supporter la pression extérieure k l'atmosphère. En 1 751 , le père Galien publia un livre, dans lequel il propose de remplir une vaste capacité avec de l'air très léger puisé dans les répois supérieures de l'atmosphère (et qu'il admet apparemment devoir consenrer si faible densité), de manière à déterminer une force ascensionnelle capable i transporter des armées avec tout leur matériel. Il est vrai qu'il ne donne ces brillantes imaginations que comme des jeux d'esprit.

Black, en 1767, disait qu'une vessie remplie de gaz hydrogène devailmonter î\ travers l'air; et Cavallo, en 1782, avait vu des bulles de savon gonflées aw ce même gaz, s'élever dans l'atmosphère. On en était réduit à ces simples notions, lorsque les frères Joseph et Etienne Mongolfier, réfléchissant au mode de suspension des nuages, furent amenés à chercher le moyen de s'élever dans les airs. Leur première idée fut de renfermer du gaz hydrogène dans de grands sacs de papier ou de soie ; et, en ayant fait l'expérience, ils virent ces sacs s'élever, comme ils l'avaient prévu, mais redescendre bientôt, parce que legs se perdait rapidement. Ils renoncèrent dès lors à l'emploi de l'hydrogène, fi imaginèrent de remplir une vaste enveloppe avec de l'air chaud, pensant qui serait moins dense que l'air froid ;'i égalité de force élastique, et mêlant, du reste, à cette idée fort juste, quelques idées fausses sur une accumulatirt prétendue d'électricité due à la chaleur, et qui devait, suivant eux, soulever l'enveloppe*. Après avoir fait quelques essais en petit, ils construisirent on globe de toile, doublé intérieurement en papier, et ayant 13 mètres de diamètre. I/ayant gonflé avec de l'air chaud, en allumant un grand feu au-dessous d'un? large ouverture ménagée à la partie inférieure, ils virent ce globe monter avec une force de 5 à 6 quintaux ; parce que son poids et celui du gaz chaud qo" contenait formaient un total moindre que le poids de l'air déplacé. Ceitf

1 Mémoire de M, de Mongolfier, lu à TAcadémie de Lyon.

expérience fut faite à Avignon, en décembre 1782, puis répétée à Annonay, le 5 juin 1 783, en présence des Etats particuliers du Vivarais et d'un concours immense de spectateurs. La machine s'éleva à ^000 mètres environ. Un panier en fil de fer rempli de matières enflammées et suspendu au-dessous de l'ouverture entretenait la chaleur intérieure. La nouvelle de cette curieuse expérience fut transmise à l'Académie des sciences. Lalande, en en rendant compte, s'écrie: « Nous dîmes tous : Cela devait être ; comment n'y a-t-on pas songé ! » Joseph Mongolfier fut invité à venir à Paris pour répéter l'expérience aux frais de l'Académie, et Etienne Mongolfier se chargea de faire connaître l'invention de son frère, au corps savant qui l'avait appelé.

Pendant ce temps-là, on ouvrait à Paris une souscription pour subvenir aux frais de la reproduction de l'expérience d'Annonay. Comme le procès-verbal et les lettres particulières ne disaient rien du gaz avec lequel on avait gonflé le . ballon, on songea naturellement à substituer à ce gaz inconnu, Yhydrogène, que Mongolfier avait déjà employé dans ses premiers essais. Il fallut trouver alors une enveloppe imperméable à ce gaz. Le taffetas enduit de caoutchouc dissous dans l'essence de térébenthine bouillante, fut adopté comme remplissant les conditions requises. Le ballon que l'on construisit avait ^mètres de diamètre; il fut rempli de gaz près de la place des Victoires, dans la maison du physicien Charles, qui dirigeait l'expérience, puis placé sur un brancard et transporté tout rempli au Champ-de-Mars. Ce transport se fit la nuit, à la lueur des torches. Le cortège était accompagné d'une escorte du guet, et produisait un aspect si extraordinaire et si imposant, que l'on vit des hommes du peuple se découvrir et se prosterner sur son passage. Le lendemain, 26 août 1783, après qu'on eût achevé de le gonfler, le ballon fut lancé, au milieu de l'enthousiasme d'une foule immense que ne put rebuter une pluie battante, et alla tomber, trois quarts d'heure après, à 5 lieues du point de départ.

Cependant Etienne Mongolfier achevait les préparatifs de l'expérience que l'Académie lui avait demandée. Il construisit une immense machine en toile d'emballage doublée de papier en dedans et en dehors, ayant 1^ mètres de diamètre horizontal et 20 mètres de hauteur. On en fit l'essai dans le jardin de Réveillon, au faubourg Saint-Antoine, où elle avait été construite ; puis on la transporta à Versailles, où se fit l'ascension en présence de la famille royale, et d'une foule immense, que l'annonce de cette grande expérience avait fait accourir de Paris et de toutes les villes voisines. Une cage contenant un mouton, ^^ coq et un canard, était suspendue à la machine. Ces animaux arrivèrent ^ins et saufs à terre, après que l'appareil se fut élevé à 560 mètres. Deux *^ges déchirures, occasionnées par le vent et la manœuvre, avaient hâté sa "^scenle, qui se fit du reste avec lenteur et sans secousses.

-Mi. Premiers voyafl^es aériens. — Ce demi succès ne découragea pas Mongolfier, qui ne tarda pas à reconstruire presque entièrement le ballon de ^^rsailles. Il suspendit au-dessous, une galerie circulaire propre à recevoir ^^s voyageurs, et au milieu de laquelle était disposé un grillage en fil de fer

CORPS GAZEUX

pour supporler h rombusliblc qui devait rnlrelenir la force ascensiaiinelte. Pilaire i!e Ilosier, directeur du musée royal» céUHire par h témêrilé *k m expériences, cl qui devait périr plus lard viclimc de son tUidacc et di? son imprudence S osa le premier, avec le riuijor m^irijuis d^Arbmles, se conliiTÎt l'appareil nouveau. Plusieurs personnes prirent pari aux essais préliminam qui turent fîiils dans le jmdin de Réveillon. D;ms ces essais, le bnîbnéLiitrelenu par une eorde^ ei on put le fa ire monter et descendre k volonkS eiiadivant ou laissant tomber le feu. Enfin, les intrépides de Rosier et d'Arlandes s'éiau-j cérent a ballon perdu» au cliâteau de la Muette, le ^20 novembre 1783, «a f présence du dauphin et de sa cour. Au bout de ^5 minutes, ils diminuerez le ]

feu de paille qu*ils avaient entretenu jui^qu'alors, et la macliine les i^\w^^ doucement h 8 kilomèlres du point de déjïarl, après s'iMre élevée a 1000 DiiHfr* environ. Le ballon trîiversa la Seine, et plana au-dessus de Paris. lm\f l* population était debors; les lolts, les sommets des édifices élevés éUi^ couverts de spectateurs. En puissant ilevant le soleil, le ballon produjMi, f0l ceux qui se tronvaicnl sur les tours de Notre-Danie, une éclipse d'un nouîf*»* ' genre. L'appareil (fig, 330)» avait 15 mètres de diamètre liorizonul el i4"^

> Apnt voulu tnivriNicr la Mimchc, bt ^umx rh\n\ï fk^iu huMon^i ^hich Tun tuémi^ raulrci; cH<lui ih (Je^àDU*^ tHiiit gcDiflV^ pur If ti^it^ r.tulrv |>iir li* pu hvilnigî'ne. Uinidà finrUr de nuubgii^f uvt^ Hmimin , ]uhH]u'un vil It' tlimbb «a(}pr«iU ^tréê s'iHne êirté i^

lit gukrM% aux mbnn^ pUu'i-^ t{siïU oviin]mwf\l. Ou n'u ^imim ^\i i'Viicletnplil lit ntte# <^ *' iléploniili* ;iiTid)MU. Lcâ (li'puuîUi?^ ih KVé deux \}n'm\i'fi:â Mclrmo^ d'un Jtrl nou^^^u, iff^ dan,* \p ritncti^-re du villago de VimiUi, iiu^irt'*^ de l^uliifînp.

auteur. Il était orné de dessins divers, des signes du zodiaque, et pesait de 00 à 850 kilogrammes.

A partir de Texpériencede la Muette, la voie était ouverte. Charles et Robert irent un appel au public pour subvenir aux frais d'un nouveau voyage aérien kans un ballon à gaz hydrogène, et ils partirent du jardin des Tuileries, le l« décembre i783, au bruit du canon et aux applaudissements d'une multitude immense. Le ballon avait 10" environ de diamètre; il s'éleva à 600 mètres et prit terre à 9 lieues du point de départ. Robert, ayant alors quitté la machine, Charles s'élança seul et parvint à une hauteur de 3000 mètres. Il eut le plaisir de voir lever le soleil, couché pour tout le reste de l'horizon et qu'il avait vu Ini-méme disparaître quelques heures auparavant,

A partir de cette époque, les voyages aériens se multiplièrent. A Lyon, sept personnes s'élevèrent, en janvier 1 78^, dans un ballon gonflé par l'air chaud et arrivèrent à terre sans accident, malgré une déchirure verticale de 17 mètres çni se fit à la partie supérieure. A Milan, trois voyageurs partirent dans un appareil semblable; puis Blanchard fit une nouvelle ascension, au Champ-de- Mars, à Paris, au moyen de l'hydrogène.... Le public se familiarisa bientôt ivec cette manière de voyager, et, pendant quelque temps, des ballons captifs dirent rais à la disposition des curieux, principalement en Allemagne. La corde lui retenait l'aérostat était enroulée sur un treuil ; on la déroulait pour laisser ttionter l'appareil, puis on la retirait pour le ramener à terre.

402. Consfractlon des ballons, et manière de les gonfler. — Les Mlons se gonflent soit avec de l'air chaud, soit avec du gaz hydrogène. Dans 'c premier cas, on les nomme mongol fier es, et l'on a réservé plus spécialement ^c nom d'aérostats à ceux qui sont remplis d'hydrogène.

Les mongol fières se font ordinairement en toile ou en calicot , sur lesquels On colle du papier, ou que l'on consolide par une couche de peinture. L'étoffie est tiillée en fuseaux cousus les uns aux autres. A la partie inférieure on dispose un large cylindre ouvert, terminé par un cercle en bois auquel on attache, par un grand nombre de cordes verticales, la nacelle en osier dans laquelle doivent se placer les aéronautes.

Pour remplir une mongolfiére, on fait un feu vif de paille ou de menu bois iii-dessous de l'ouverture du cylindre. En versant de l'alcool sur la paille, on l^onfle en peu de temps les plus vastes appareils K

Le tissu dont on forme les aérostats doit être imperméable au gaz hydrojéne. On emploie du taffietas recouvert à chaud d'un vernis formé d'huile de lin *X de caoutchouc dissous dans l'essence de térébenthine bouillante; ou bien on mduit le taffetas avec un mélange d'essence de térébenthine et d'huile rendue ûccative en la faisant bouillir avec de la litharge. On se sert encore d'un tissu

1 Dans les premières expériences, on brûlait aussi un peu de laine et diverses substances irganiques, parce qu'on croyait que la force ascensionnelle était due à un mélange gazeux particulier, dégagé par ces corps, et que Ton nommait gaz de Mongoljier.

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imperméable nommé mahlnthosh. Tonné d'im*^ bmf <le ranntrhmif eu tir tU'iiK feitillf^s de taifetHii. La riawlle est snspendnr a d(*s cordes all-ii bt'

à un filet qui recouvra iliémisphère sîi|Hrieur {p(j.3iQ], a!iri de répartir b rkrjrf sur un ^T.ind nombre de puints.

Pou r reni j d i r lésa è ros 1 1 ts , o n 1 es t *

à If'ur partie iiifenenre par un long L ^

par lequel on iJitrnduïl rhjdrogi^ue, L*appiirei! destiné a produire et h recueillir rt* ^m, cni^ sistc en un systt^me de tonneaux A, A ififj. 3il), dans lesquels on met des tn^iTientïâ de 1er ou de z\m, de Teau et de ïmût sidjurique; sulislanres dont le mélauiïe pnw TÏuit du griz bvdro*;éno. Ci*j^aî^ passe, j' tubes ^, t, f..,, sou5î un baiiuet c, Li:. fonction de gazomètre, et renversé dans mt ^fc : rnve 0 pleine d*eau> Le gaz se !a\e eti ira*

^^ V versant l'eaiu et passe par le Inyau T, k

barjuet dajis Taérostat. Au lieu d^hydrogi-niv

on emploie souvent le ga^f, d*éclaira^e, Mais

comme ce gax est plus dense que rindrogi^nt,

il faut donner a Tappareil un volume beaucoup plus considérable pour obtenir la

même forée ascensionnelle.

Pendant qu*une mon^olfièrej ou un aérostat, se remplissent, il faut emplt^T

un certain ntjmbre d'hommes, putr rônlenir l'appareil en attend.inl I»" moment du départ*

On fait aussi de petits ballons r n baudrucbe, auxquels on pputdoiinrr toutes sortes de fornies, el doiil r enveloppe est si légère qulb %ë(^ vent, après <pj'on les a rempli» df ]ja/ bvdro^éne, même qiianJ l*" diïinuHre n'est (lue de qudqit^ dérimélres.

1413^ CalepI delà UtrcemwttW' HUynavUe. — Consjdérons d*ahonll le cas iVun aérostat gonflé {nar If ga/. bydrogéne, dont la densité oi 0,0088, ou a peu près -,V dcofllr de l'air |à la m^me pression et h k même température. 1 mètre cube d'air pèse 1^".299 a O'' et sons la prt>sii>n de 0«J6; 1 mètre cube d'hydrogène, dans les mèraes eondilions, pè&era àwif

¥\^. 3iL

0^,090. La différence entre ces poids est à peu prés de 1*^,2I0, qui représente la force avec laquelle 1 métré cube de gaz hydrogène est soulevé. Si la capacité de Taérostat est de 50() métrés cubes, comme cehii qui a seni au voyage de Charles et Robert, la force ascensionnelle sera de 605 kilogrammes. Il faudra donc, pour que Tappareil s*éléve, que son poids, joint à celui de la charge qu'il doit transporter, soit moindre que 605*^. Si la température et la pression étaient différentes de celles que nous avons supposées, il faudrait prendre les densités qui correspondent à ces nouvelles données.

Pour un aérostat gonflé avec le gaz d'éclairage, dont la densité est à peu près 0,63 par rapport à l'air, la force ascensionnelle, par métré cube, n'est que de 0^,74 ; de sorte que, pour produire une force de 605^, il faudrait 818 métrés cubes de gaz. Il faut remarquer, de plus, que l'enveloppe étant plus grande que dans le cas de l'aérostat à hydrogène, il y aura une moindre portion de ces 605^ de disponible. Malgré cette infériorité du gaz d'éclairage, on le préfère souvent, à cause de la facilité de se le procurer dans les villes éclairées au gaz ; il suffit, en effet, pour remplir le ballon, de le mettre en communication avec un des tuyaux souterrains par lesquels le gaz se distribue.

Avec les mongolfiéres, la force ascensionnelle est encore moindre. La température de l'air chaud, dans un grand appareil, n'atteint que 60° à 70°. A cette température, la densité de l'air est à peu près 0,80 de celle de Tair à 0"*, et la force ascensionnelle, par mètre cube, n'est plus que de 0^,40. Ce n'est donc qu'avec de grandes dimensions que l'appareil pourra enlever une charge un peu forte. A cet inconvénient il faut ajouter la fatigue occasionnée par l'entretien du feu et surtout le danger d'incendie. Dans le premier voyage aérien, d'Arlandes vit avec épouvante plusieurs ouvertures faites par le feu au bas de l'appareil ; de Rosier y appliqua aussitôt une éponge mouillée. On pourrait éviter ce danger en rendant la toile incombustible, au moyen de certaines dissolutions salines.

Dans les voyages aérostatiques qui ont un autre but que la simple curiosité, on n'emploie que des aérostats proprement dits. Pour les gouverner, il faut suivre certaines prescriptions, presque toutes indiquées par Charles, et avec lesquelles on peut dire qu'un voyage aérostatique offre beaucoup moins de dangers qu'un voyage de long cours sur mer.

404. Manière de c^ouYerner un aérostat. — Un premier point à observer, c'est que le ballon ne soit pas entièrement rempli de gaz au moment du départ; car, la pression de l'atmosphère diminuant à mesure qu'on s'élève, la force expansive du gaz pourrait déchirer l'enveloppe. C'est ce qui arriva lors de la première expérience du Champ-de-Mars. On n'a besoin du reste, que d'un excès de force ascensionnelle de quelques kilos, que l'on apprécie au moyen d'un dynamomètre. Cette force ne diminue pas à mesure qu'on s'élève ; ear, le gaz hydrogène s'étendant de manière à posséder la même force élastique que l'air extérieur, il gonfle le ballon et déplace un volume d'air d'autant plus grand que les densités absolues des deux gaz ont plus diminué. Si, par

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exemple, la diminution de la densité a réduit de moitié la force ascensionnelle du métré cube, le volume déplacé étant devenu double, la force ascensionnelle totale sera par là reportée à sa première valeur.

Ce qui précède suppose que Thydrogéne possède à chaque instant la môme température que Tair environnant. Cette condition n*est presque jamais remplie, et le gaz est toujours un peu plus chaud que Tair, ce qui augmente encore la force ascensionnelle ; cela tient h ce que Tair étant de plus en plus froid i mesure qu*il s'élève, le gaz intérieur ne peut se refroidir assez vite pour en suivre la température. Quand on laisse échapper du gaz, souvent le jet est accompagné d'un nuage de vapeur condensée, qui prouve qu'il se refroidit en sortant. Quand le soleil frappe 1 aérostat, l'enveloppe s'échauffe, le gaz intérieur se dilate, et l'appareil monte avec plus de rapidité.

Il est essentiel que l'aéronaute puisse se rendre compte, à chaque instant, des mouvements de l'aérostat dans le sens vertical. Pour cela, il est muni d'un baromètre ; si le mercure baisse, c'est que l'appareil monte, et réciproquement. Ce baromètre lui sert aussi à calculer la hauteur à laquelle il est parvenu (398).

Indépendamment de ce baromètre et des autres instruments d'observation (thermomètre, hygromètre, boussole, etc.), la nacelle doit contenir du lest, formé ordinairement de sable renfermé dans des sacs. L'aéronaute veut-il s'élever, il jette du lest de manière à alléger l'appareil. Veut-il , au contraire, descendre, il ouvre, en tirant une corde, une soupape à ressort placée à la partie supérieure du ballon, et laisse échapper une certaine (juantité de gaz. En jetant du sable et en ouvrant la soupape alternativement, l'aéronaute peut ménager sa descente do manière à choisir le lieu d'arrivée, et à se poser sans secousse sur le sol. Un grappin, qu'il a soin de jeter, dès qu'il est assez bas pour pouvoir l'accrocher, lui permet aussi, en tirant sur la corde, d'achever sa descente aussi lentement qu'il le veut, et sert à retenir l'appareil , que le vent pourrait entraîner. Le ballon est en partie vide après ces différentes manœuvres. Celui de Charles était réduit à un hémisphère quand il prit terre pour la seconde foL<.

C'est en opérant ainsi que MiM. Biot et Gay-Lussac firent, en 1804, le mémorable voyage aérien dans lequel ils ont enrichi la science de faits si importants. Ils s'élevèrent à 4000 mètres. Ils avaient emporté divers animaux pour observer sur eux les effets de la raréfaction de l'air ; à 2700 mètres, ils ne parurent éprouver aucun malaise. Le pouls des deux physiciens était alors accéléré; celui de Gay-Lussac s'était élevé de 62 pulsations par minute à 80, et celui de M. Biot de 79 à 1 J 1 . A 3400°», une linotte fut lâchée ; elle revint d'abord se poser sur la nacelle, puis s'élança verticalement en tournoyant. Un pigeon se comporta de la même manière. Trois semaines après, Gay-Lussac entreprit un autre voyage, dans lequel il parvint h la hauteur de 7000'". Le baromètre marquait 33*=", et le thermomètre 9 "", 5 au-dessous de zéro; tandis qu'il marquait 27"" à la surface du sol. Parti de la cour da Conservatoire des Arts-et-Mcticrs de Paris, l'illustre voyageur prit terre à 30 lieues de là, près de Rouen, après une navigation de G heures.

AEROSTATS.

405. Parachate. — Au lieu de descendre lentement et sûrement, comme nous venons de l'expliquer, des aéronautes, qui n'ont d'autre but que d'exciter la curiosité, abandonnent leur ballon et se laissent tomber avec l'aide du parachute. Cet appareil consiste en un dôme en étoffe très résistante (fig. 342), de 4 à 5 mètres de diamètre, présentant à peu près la forme d'un parapluie, dont les baleines sont remplacées par des cordes qui se prolongent au-delà des bords et soutiennent la nacelle dans laquelle se trouve l'aéronaute. Le paruchute est suspendu, plié, au ballon, comme on. le voit (/ly. 343). On l'en

Fig. 342.

sépare en tirant une corde, et l'air, s'engouff'rant dans les plis de l'appareil, le fait déployer, de manière qu'il présente une surface assez considérable à l'air pour que sa résistance rende la descente très lente.

Le parachute était, dans le principe, destiné à parer aux accidents qui pouvaient survenir à l'aéronaute. J. Garnerin osa le premier se laisser tomber d'une hauteur de 1000 mètres, suspendu à un semblable appareil. L'air engouffré sous la voûte du parachute, en s'échappant latéralement tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, lui imprima des secousses violentes, auxquelles il put heureusement résister. On évite aujourd'hui cet inconvénient, en ménageant au. centre une cheminée assez large, par laquelle l'air comprimé s'échappe d'une manière continue.

L'invention du parachute paraît très ancienne. J. Mongolfier l'indiquait dés 1784, et Blanchard parait être le premier qui l'ait adapté aux aérostats comme moyen de sûreté. Lenornrant qui en a, de son côté, revendiqué l'invention, dit avoir lu, dans l'bistoir: des voyages, que des esclaves, pour amuser

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leur roi, se laissaient tomber d^une grande hauteur, soutenus par un parasol qu'ils tenaient dans leurs mains, et il répéta cette expérience en 1783. Enfin, une gravure de 1617, publiée par le Magasin Pitioresquey représente un homme qui se laisse tomber du haut d'une tour, soutenu par un parachute de forme rectangulaire ; cette invention est donc beaucoup plus ancienne qu'on ne l'avait cru d'abord.

406. De la direction des aérostats. — A peine les aérostats venaient-ils d'être inventés, que Ton s'occupait déjà de rechercher les moyens de les diriger. Malgré un grand nombre de tentatives, on n'a pas encore pu résoudre ce difficile problème. M. Navier a traité la question au point de vue scientifique; il a constaté d'abord que l'homme représente le moteur qui donne le plus de force à poids égal , et qu'il ne dispose cependant, toute proportion gardée, que de la OS** partie de la force motrice d'un oiseau ; d'où il conclut que l'art de diriger les aérostats est subordonné à la découverte d'un nouveau moteur beaucoup moins pesant que ceux que nous connaissons. Tout ce qu'on peut faire aujourd'hui pour se diriger, c'est de disposer de la faculté de s'élever ou de s'abaisser à volonté, pour chercher la couche d'air dans laquelle le vent souffle suivant la direction désirée. Ce moyen, déjà indiqué par Mongolfier, a été développé dernièrement par M. Transon. Un autre obstacle s'oppose encore aui progrès de la navigation aérienne : c'est la déperdition du gaz , occasionnée par la manœuvre môme de l'appareil, et par la perméabilité des divers tissas employés jusqu'à ce jour.

40*9. Appiicatlom des aérostats. — Dès le principe, OU songea à appliquer les aérostats à l'art de la guerre. Mongolfier indique cette application dans son premier Mémoire à l'Académie de Lyon. En 1793, Monge proposa au Comité de salut public l'emploi des aérostats pour observer l'ennemi, et l'on créa à l'armée du Nord une compagnie A'aérostiers, destinée à diriger la manœuvre des appareils et à s'occuper du matériel qu'exige leur emploi. Dans la campagne de 1793, on exécuta, en Belgique, vingt-huit ascensions. Le premier essai fut fait au siège de Maubeuge, où le capitaine Coutelle découvrit, du haut des airs, tous les travaux des assiégeants. L'appareil figura ensuite au siège de Charleroi , puis à la bataille de Fleurus ; le général Moreau resta deux heures à une hauteur de 400 mètres, et envoya au général Jourdan deux lettres coutenant des renseignements sur les dispositions de l'ennemi , qui contribuèrent au gain de la bataille. Dans ces diverses applications, le ballon était retenu par des cordes. C'était là un grave inconvénient quand l'air était agité, car lèvent a pour effet d'abattre l'aérostat vers la terre. Aussi avait-on renoncé à l'emploi de ce moyen de guerre, lorsqu'on y songea de nouveau lors de l'expédition d'Alger, en 1830; on avait embarqué tout le matériel nécessaire, maisilfot détruit par un incendie avant qu'on en eût fait usage. Enfin, on a tiré utilement parti des aérostats, dans la récente et glorieuse campagne d'Italie.

Arago a proposé d'employer des ballons captifs pour décharger les nuages orageux, et pour d'autres expériences de météorologie. La difficulté provenant

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