‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 63 sur 189 · AURORES POLAIRES · texte numérisé non relu

AURORES POLAIRES

fttte qo'iis y sont entièrement plongés. Si on l«s éloigne du sol, on les fait unir de celte couche de vapeur, et les feuilles d*or indiquent du fluide positif fnmunt d*une décomposition par influence exercée par Télectricité négative fd se trouve au-dessous de Tinstrument. Si Ton abaisse ce dernier, il s*y induit un effet inverse.

Il est incontestable que le sol est chargé d*électricité négative ; mais, tandis fseloD a toujours regardé cette électricité comme la conséquence de celle qui existe dans Tatmosphére, Peltier admet, au contraire, que le fluide négatif du m! lui appartient naturellement et que Tatmosphére ne contient que le fluide légatif que les vapeurs y transportent. Dans cette manière d'interpréter les ikéflomènes, il n'y a plus à se préoccuper de l'origine de l'électricité positive del'air, puisqu'il n'en contiendrait pas. Mais il faut alors rechercher l'origine le réiectricité négative de la terre ; la difliculté n'est donc que déplacée. Du reste, la théorie de Peltier n'est pas établie sur des bases assez certaines pour Ure admettre que l'électricité positive que Ton trouve dans l'air, par les temps sereins, n'est que le résultat d'une illusion.

M. Delarive avait d'abord cherché à rattacher l'électricité atmosphérique à hdistribution de la chaleur dans l'air; mais il a abandonné plus tard cette •finion, et il penche à admettre une électricité propre du globe, produite par battions chimiques qui s'exercent à la surface interne de la croûte solide. Cde-ci garderait le fluide négatif, et le fluide positif, repoussé à la surface extérieure, serait transporté dans l'atmosphère par les vapeurs qui se forment ila surface i.

On voit que l'origine de l'électricité atmosphérique, comme celle de l'élec- Iridté des nuages orageux, est encore un mystère pour la science.

T. Âimres poUiret.

i4W. Les aurores polaires, connues aussi sous le nom d'aurores boréales 0B d'aurores australes, suivant qu'elles se montrent au pôle nord ou au pôle H sont des phénomènes lumineux très brillants, dont la nature électrique et h relation avec le magnétisme terrestre sont incontestables. Ce majestueux ■ftéore présente des aspects très variés ; il suit une marche assez constante ; ïnaîl, se développe, et passe successivement, avant de disparaître, par une série de phases plus ou moins brillantes.

mauFTiON OB L'AUiOHE POLAIBB. — Plusieurs heures avant l'apparition du létéore, l'agitation de l'aiguille aimantée indique une perturbation dans équilibre magnétique du globe. Cette agitation ne fait qu'augmenter, comme xis l'avons vu (1255), pendant les difl'érentes phases du phénomène; et

1 Traité d'éUclricitc théorique et appliquée, par M. A. de La Rive, t. lll, p. 19U

tUi

ELE(nt|liai1«J ^A^OtîB.

ractian magnétique qui h produit e&t quelcfuefois assez inlrnse pour emp les téléfîraphps électriqufs de fom^tîonntr régulièrement* Au mômeni oti l*aarore boréale va se montrer, et dans Ja direclion du méridieci niRgoétique» on voit d'abord Tair se rembrunir et former un segment cirrulaire obscur d'une teinte bmtie ou violacée, derrière iefjnel les étoiles apparaissent comme a travers un brouillard. Ce sej^ment, d'aïUant moins apparent que h kikuàf du lieu d'observation est pkis élevée, paraît bientôt bordé d'un arc luiiiiflem dont les extrémités s'appuient sur Tborixon. Cet arc augmente d* épaisseur d d'éclat; quelquefois il eM composé de parties séparées. Le point le plus é\mé est a peu prés dans le méridien magnétique; il s'eji écarte ordinairement de 51 iB" dans le sens de la déciînaiâon du lieu d'observation, et d'autant plus

Fig. 4 035.

que ce lieu est plus rapproché du pùle. L'éclat de Tare est souvent compantbk h èeluî de l;* pleine lune, et quelquefois visible en |dein jour, La nuance <^l variable; elle présente souvent des teintes rouges, Ideuâtres, violacées. fta reste, îl paraît que des obsen^alteurs èldigoés vuîent un arc particulier, 1» dépend d^ leur position.

Rnyoïi^, — l/arc lumineux eêt souvent agité pendant des beui-es entières par une sorte d'eflei*vescrnre et par des ondublions routinuélles ; puis on ? distingue des stries rhjonuantns, il semble mordre sur le segment obsrur tu certains points, d'ûi\ s'élancent normalement des bandes brillantes, eu rttymij plus vives au milieu que sur les bords, et se défeacîiant nettement sor le ciil l/ig. 1Û35). Ces rayons montent avec une vitesse plus ou moins rapide, mmparable à celle des fusées d'artiftôe. Ils se brisèut, se multiplient , dépaBSeillV

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zéflith, ei finissent pu* envahir tonte la voûte céleste en formant une coupole éeffli, nobile comme les flots de la mer, et dont tous les éléments convergent vers on point situé sur le prolongement de raiguille d*inclinaison, en formant cefD on nomme la couronne. La formation de la couronne annonce la fin du phéDoméne : les arcs perdent leur éclat, les rayons s^alTaiblissent, et tout fmit par disparaître.

C'est surtout dans les zones glaciales que les aurores polaires se montrent 2Tec loate leur magnificence. On y voit souvent l'arc lumineux monter avec plus ou moins de rapidité, tout en dardant ses rayons, et en consenant quelquefois les mêmes points de réunion avec Thorizon. Cet arc peut être suivi de phneurs autres, qui naissent successivement, et sont séparés par des bandes ' V Cependant le premier arc finit par dépasser le zénitli, il se sépare (juijui ibU ntor^ ik rhon?.on, ei apparaît comme un immense mban strié dans k n^ tnnsivfrsaK et dardant dés rayons vers le bas; car le ruban se trouvant j'! uti sud de robsorvîiipur, le côté par où ces rayons s'élancent parait en ri : itr mènw- que si mm p.isM>ns sous un ruban horizontal garni d'une frange, \oms. paraissait d'aboi li au-dessus du bord uni, elle nous par.dtra au- •m, si notis nous retournons de manière à toujours la voir. La bande

1 iiH'U}^«* eait ïintmée ôv mouvements d'ondulation, comme un serpent qui se

II!, mt mtnme une lon^iïe dnipèrie agitée par lèvent; elle forme les courbes 1^ ^radcHiseÂ, présentant quelquefois des contours fermés.

Li tûUU iumîn^ii^e, constituée par la couronne, quand il s*en forme une, i^t im elfft flUUiï^iun d'optique. SVilke a prouvé que tous les rayons sont |.inillÉle« h yjugmiïp r]1n( linaison, et que c'est par un effet de -perspective qu'ils semblent diverger en partant de l'arc, et converger ensuite vers le centre de la couronne; de même que lorsqu'on est an milieu d'un tunnel, ses arêtes p:iraissent converger vers les centres des deux ouvertures. M. Morlet regarde i'arc aaroral comme composé de rayons très serrés ou superposés; en effet, •juand cet arc passe au zénith, on le voit sonvent coupé en ce point par un large espace obscur. On a vu quelquefois des rayons ou des bandes noires î'élever du segment obscur, et passer sur l'arc et le reste de l'aurore. D'après li. Ilansteen, ces rayons sont aussi parallèles à l'aiguille d'inclinaison.

Les aurores polaires ne se présentent pas toujours avec toutes les phases

çie nous venons de décrire. Souvent elles ne consistent qu'en une lueur diffuse

semblable à celle qui se montre à l'orient avant le lever du soleil. D'autres fois,

il n'y a qu'un simple arc lumineux bordant le segment obscur et dardant à

peine quelques rares rayons. Les plus belles aurores polaires perdent beaucoup

iélre vues dans les basses latitudes, ou plutôt h mesure qu'on s'éloigne du

pôle magnétique ; alors on n'aperçoit que les extrémités des rayons, et la

couronne, quand il s'en forme une. Les aurores boréales se voient rarement en

Italie, tandis qu'en Amérique, à la même latitude, on en voit fréquemment, à

cause de la proximité du pAle magnétique (1238).

Etendue et hauteur des aurores polaires. — L'étendue qu'occupe le

météore est quelquefois immense : le capitaine Lafond, étant dans l'hémisphi austral à la latitude de 45° et sous le méridien qui passe par le milieu de Nouvelle-Hollande, a pu voir, le 14 juin 1831, une aurore boréale, dan direction du nord-est, Dalton a observé plusieurs fois des aurores austrûla Angleterre. Cependant, la hauteur des aurores polaires a été d'abord fi exagérée ; les anciens physiciens la portaient bien au-delà des limites l'atmosphère. Depuis, ayant remarqué que le météore est entraîné dans mouvement de là terre, ils ont admis qu'il avait lieu dans les régions sop Heures de l'atmosphère. La hauteur de l'arc est très variable, et peut et assez petite, car on l'a vu se projeter sur des nuages et même sur des rnool gnes. Enfin, Parry dit avoir vu un rayon auroral frapper la terre à une peti distance de lui.

Do broU de Taorore polaire. — On admet généralement que, dans I hautes latitudes, l'aurore polaire est accompagnée d'un bruissement particulie augmentant d'intensité quand les rayons s'élancent avec vivacité, et analofp à celui que produisent les aigrettes électriques. L'opinion des habitants é régions boréales est unanime à cet égard. Cependant bien des voyageurs d'o pu entendre ce bruit. Il en a été ainsi des membres de la Commission scie&l fique du Nord, qui ont observé, à Bosekop, 153 aurores boréales. De plus, résulte d'une espèce d'enquête qu'ils ont Taite dans le pays, que le bn entendu était produit soit par le vent, soit par la crépitation de la neige; ils ont fini même par faire partager cette opinion aux habitants.

4409. m L'EXPLICATION OIS AnROHBS P0LAIBS8. — Les aurores boréales étaie connues des anciens. Aristote et Sénèque les ont observées en philosophes, qui n'a pas empêché Pline d'y voir plus tard des présages funestes. Depuis, brillant météore n'a été qu'un sujet d'épouvante , principalement pour I populations ignorantes et superstitieuses du moyen-i^ge. La frayeur et l'imai nation y faisaient voir des torches, des épées sanglantes, des têtes hîdea» avec les cheveux hérissés. Au commencement du XVil® siècle, les préjugés l'ignorance commencèrent à reculer devant les lumières de la science ; et taad que l'historien Legrain parle encore, en 1615, d'une apparition effroyib d'hommes de feu combattant avec des lances, Lamote Levoyer, témoio c môme phénomène, le réfute et ramène les choses à leur juste valeur. Gassei est un des premiers qui aient envisagé le météore en observateur éclairé, * c'est de lui qu'il a reçu le nom i^aurore boréale, A partir de cette époque, • s'est occupé d'en étudier toutes les circonstances et d'en chercher l'explicatiei Il faudrait des volumes pour analyser tous les systèmes qui ont été propoiéi D'abord, on eut recours h des exhalaisons s'élevant de la terre dans les régiw polaires, et fermentant en dégageant de la lumière; Muschenbroeck lessoppos arrangées en nuées produisant de la lumière par leur rencontre ; et LemomM les compare à la matière de la queue des comètes. Euler suppose que les particules de l'air sont lancées par l'impulsion des rayons solaires, à une immeosi liauteur où elles deviennent lumineuses. D'autres ont fait intervenir la réBexi0i

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