CHAPITRE V LES POISSONS
Les Poissons, dont on connaît plus de 7000 espèces vivant aujourd'hui (la moitié desquelles appartiennent à la faune
des nageoires, dont l'une, la queue, sert à les pousser en avant, les autres servant plutôt à les diriger. Le Corps est recouvert d'écailles Composées, conne les dents, d'ivoire et d'émail,
Pour la plupart, les Poissons sont Carnivc:es, Leur sang est à circulation simple, le cœur (placé sous le cou) n'ayant qu'une oreillette et un ventricule. Le sang impur ou veineux vient circuler dans les branchies, James osseuses placées de chaque côté de la tête, et s'y purifie au contact de l'oxygène dissous dans l’eau qui pénètre par la bouche, passe entre les laines branchiales et s'échappe par les ouïes, Quand le Poisson reste assez longtemps hors de l'eau Pour que ces branchies se dessè- <hent, la mort survient,
Les sens sont jeu développés chez les Poissons. Ainsi le toucher ne peut s'exercer que par les lèvres et par les barbillons ; l'ouïe est Presque nulle, tant l’oreiile, renfermée dans les 08 du crâne, est simplifiée: l'œil, incapable de s'adapter aux distances, ne peut bien voir que de près.
Les Poissons, qui s’'avancent et se dirigent grâce à leurs na- £eoires, montent ou descendent dans l'eau suivant que leur
vessie natatoire (sac rempli d'air) se gonfle ou se comprime, ce
ainsi que le Saumon Parcouré une dizaine de lieues à l'heure. La plupart des Poissons se reproduisent par des œufs, qui généralement sont pondus et abandonnés dans des endroits où l'eau est peu profonde. Les chiffres suivants donneront une idée de la merveilleuse fécondité de ces animaux : le Saumon
êt la Truite pondent 30,000 œufs; le Brochet, 100,000 ; la Mars 1904.
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Carpe, 300,000 ; la Morue, le Hareng, des millions. Certaines espèces, comme le Saumon et l'Esturgeon, quittent les eaux salées et remontent les fleuves et les rivières pour aller déposer leurs œufs dans les eaux douces. L’Anguille, au contraire, va effectuer su ponte dans la mer, d'où les jeunes reviennent à l'état de grande ténuité et se répandent dans les plus petits cours d'eau.
La pêche des Poissons offre de yrrandes ressources, soit pour l'industrie, soit pour l’amusement.
Malgré l'étonnante fécondité des Poissons, il arrive que telles espèces, comme le Saumon, la Truite, ete. menacent de s’éteindre dans les eaux de certaines portions de territoire, 11 s'en faut, en effet, que la plupart des œufs arrivent à l'éclosion : c'est même à peine si un seul sur cent échappe aux nombreuses causes de destruction. En outre, la pratique même de la pêche peut dépeupler une rivière ou un lac. Par ja pisciculture, qui consiste à recueillir les œufs, à les faire éclore et à protéger l'existence des petits (alevins), on réussit à rétablir et à conserver l'abondance des Poissons. Dans la province de Québec, il y a deux établissements de pisciculture, l'un à Tudoussac pour le Saumon, l'autre à Roberval pour la Ouananiche.
Tous les Poissons sont compris dans deux grandes divisions suivant que leur squelette esi osseux ou cartilagineux, et peuvent être rangés en 9 ordres différents. (1)
LI — POISSONS oSSEUX (où TÉLÉOSTÉENS)
1° ACANTHOPTÉRYGIENS, — Ce nom signifie que les Poissuns de cei ordre ont la nageoire dorsale épineuse ou à rayons (les antérieurs, au moins,) rigides. Leurs branchies sont en forme
(1) Linné divisait la classe des Poissons en 4 ordres ; Cuvier a porté ce nomlre à 9. Les naturalistes des Etats-Unis ont poussé cette subdivision beaucoup plus loin. Par exemple, Jordan et Evermann, dans leur grand ouvrage The Fishes of North and Middle America, publié de 1896 à 1900, distribuent les Poissons en 80 ordres.
de peigne et recouvertes par
Une pièce écailleuse nommée opercule, On dit que les trois
’ ‘arts des Poissons font par-- TB tie de cet ordre, dont il ya
Fig. 135. — Nageoire dorsale d'un leatronp de “présentants
Acanthoptérygien, ns ln faune de la province
de Québec, Voici Les plus intéressants de nos Acanthoptérygidiens :
La Perche jaune (it. vulgairement Perchande): Je Bar
(uns), qui remonte Je Saint-Lanrent jusqu'à Sorel, et attire les
Fig. 186. — Crapet.
pêcheurs surtout vers le Cap Tou-mente et les comtés de Montmagny et de l'Islet ; le Sandre (Doré, Pike), très estimé pour la table; le Microptère (Achigan, Hack Bass), beau poisson abondant dans
vos lacs et ri-
vières, ct dont
la pêcheest par-
ticulièrement
intéressante ;
le Pomote, Fig. 137. — Chabot,
Pomoxis ou Ambloplite (Crupet, Calico Buss, Crappie, Sun- Fish), qui fait sa ponte dans nos laes en «e creusant un nid jusqu'au gravier dans la va<e du fon 1; le Chabot (Bull-Head\), long de 2 à 3 pouces, qui se trouve dans les rivières et ruisseaux ; l’Epinoche (Stickleback), que lon conserve parfois dans les petits aquariums, et qui dépose son frai dans une sorte de nid formé d'herbes aquatiques ; le Maquereuu, qui existe en abondance au golfe Saint- Laurent et sur les côte< de l'Atlantique, et quiest l’un des prin- <ipuux objets de l’industrie de la grande pêche ; le Thon (Greut Tunny), grand poison de l'océan Atlantique, qui fréquente les côtes de la Gaspésie, et qni est l’objet d’un grand commerce : le Crapaud de mer (Toad Fish), bien connu de nos pêcheurs du Golfe; le Cténo!abre (Tunche, Cunner, Chogset, Bergull), commun sur les côtes de la Gaspésie.
Fig. 138. — Evinoche.
Fig. 139. — Crapaurl de mer.
Parmi les innombrulles espèces du même ordre que l'on trouve sous d’autres climats, il faut signaler : l’Anabas, des Indes, à qui la di-position de ses branchies, munies de petits réservoirs, permet de s’avancer assez loin en dehors de l'eau; l'Espadon, long d’une dizaine de p'els, et dont la mâchoire supérieure +e trrimine par une sorte d'épée, avec laquelle il attaque même les grands animaux marine.
2° MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. — Le premier de ces noms signifie que, dans les Poissons de cet ordre, la nageoire dorsale est à rayons mous et cartilagineux; par le second
mot, il est entendn que les nageoires ventrales sont attachées sous l'ab'lonen, en arrière des nagenires pectorules,
La plupart des Poissons d'eau dou-
Ce appartiennent à cette division, qui
e-t bien représentée dans notre fau-
ne de la Province, notamment par
RE - . PA le genres suivants : L'Amiure ou
des Malacoptéry i: ns, imélode ( Burbue, long. de 8 à 10 pes,
Burbotte, long. le 2 à 4- pieds, Cut-Fisk, Bull-Head); le
Moxostome (Meunier); le Catas'ome, que nous uppelons ici
Fig. 141. — Saumon. at Curpe (Common où White Sucker), mais qui n'est pas la
véritable Carpe, absente de nos eaux ; le Brochet (Pike), commun dans nos lacs et rivières, et dont le Maskinongé n'est qu'une espèce de plus grande taille ; le Saumon, le roi de nus eaux, dont la pêche constitue le sport la plus enivrant; Ja Ouananiche (Srumon améthyste), que l'on trouve surtout dans le Jac Saint-Jean et les lacs du Labrador; la Truite ;
Fig. 142, — Truite commune.
Avril’1904.
de
se
l'Eperlan (3melt), qui l'automne remonte le fleuve jusqu'aux Trois-Rivières, et qui abonde même dans le lac Kinogami ; le Lavaret ( Poisson blanc) ; le Cavelan, excellent appât pour la Morue ; le Hareng, que l'on capture en immenses quantités dans le bas du fleuve Saint-Laurent, et qui est probablement le plus prolifique des Fig. 143. — Hareng.
poissons, chaque femelle, contenant plusieurs millions d'œufs : l’Alose, poisson de mer qui s’avance très haut dans le fleuve : le Lépisosté (Poisson armé}, grand poisson à museau très allongé, qui habite les gran.ils lacs et aussi le lac Saint-Pierre — Parmi les genres étrangers à notre faune, les suivants sont plus connus: le Cyprin doré (on Dorade, Poisson rouge des aquariums) originaire de la Chine; l’'Exocet ou Poisson volant des mers chaudes, à qui les nageoires pectorales très développées permettent de se soutenir quelques minutes dans l'air; le Silure électrique, qui peut donner ‘es chocs électriques violents ; la Sardine, qui existe sur les côtes d'Europe et d’Afrique ; l'Anchois, tout petit poisson des côtes européennes, employé comme assaisonnement.
3° (MALACOPTÉRYGIENS) SUBBRACHIENS. — Ces Poissons, dont la plupart habitent les eaux salées, se distinguent par la position de leurs nageoires ventrales, qui sont fixées èn des- 2 sous ou en avant des nageoires pectorales.
Dans les eaux Canadiennes de l'Est, on
Fig 144.— Morue. *. :
omumune, dont la pé- -Neuve, des côtes du
suivants: la Morue ce rtout près de Terre
bonne quali automne); la Petite-Morue ( lom-Cod ), che dans le bas du fleuve, et durant l'hiver de Québec aux Trois- Rivières; Je Merlan i
* Saint-Laurent : le Flé- Olbs, se prenant aussi duns
€ bas du fleuve Saint-Lau:
rent, mais ayant peu de valeur comestible.
L'absence de nageoires € ces Poissons, qui ont le s Serpents,
rent jusqu’au-dessusde Montréal, La r
a été longtemps un problème scientiti qu'on trouva
eproluction de ce poisson que. Ce n'est qu'en 1892 ne Anguille portant des
Dans la fanne étrangère. on peut mentionner: la Murène,si estimée ‘les anciens Romains, et le Gymnote électrique, sorte d’Anguille de l’Amérique méridionale, de 5 à G pieds de longueur, qui peut engourdir et
Fig 145, — Gymnote électrique.