‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 3)Chapitre 123 sur 184 · DÉBLAIS · texte numérisé non relu

DÉBLAIS

4® Que la locomotive sur voies provisoires ne doit remplacer les chevaux qu*à la distance de 6 à 700 mètres.

Les calculs de M. Brabant ont été faits dans la supposition de wagons portant 2 mètres cubes, et du prix de 12 fr. pour tombereau attelé de 2 chevaux.

Le temps perdu à la charge et à la décharge étant de 15 minutes, et les 2 chevaux pouvant traîner 0,6666... en parcourant 3000 mètres par jour.

Nous donnons aux documents les formules de M. Brabant, accompagnées de renseignements fort intéressants sur l'usure des rails employés pour les terrassements.

Les limites indiquées plus haut n'ont rien de bien absolu » parce que les circonstances, et notamment les frais d'établissement résultant de l'adoption d'un mode de transport quelconque, obligent à ne faire, sous ce rapport, que le moins de changements possibles.

C'est ainsi que , pour des transports à des distances assez grandes pour faire usage de locomotives, on commence souvent à s'en servir à de très-faibles distances, qui rendent leur emploi onéreux , parce qu'il serait encore plus onéreux de monter un service de chevaux qu'il faudrait faire disparaître très-peu de temps après.

En général, pour obtenir un minimum dans les dépenses « il faut, quand les modes de transport offrent de l'incertitude sous le rapport des dépenses , ne les entreprendre qu'après s'être éclairé au moyen d'estimations différentes , toutes suivant les modes de transport jugés les plus économiques.

Les plus grandes tranchées connues sont : la tranchée de Tring sur le chemin de Birmingham cubant 1 100 000 mètres, celle de Gadelbach sur le chemin d'Ulm à Augsbourg cubant 1 000 000 de mètres ; celle de Tabatsofen , qui a fourni 860000 mètres cubes de déblai; la tranchée de Cowran» sur le chemin de Carlisle , dont on a extrait 700 000 mètres cubes; celle de Blisworthi sur le chemin de Birmingham « cubant 620 000 mètres ; celle de Pont-sur-Yonne , au chemin

de Lyon , cabont 470 000 mètres ; celle de Poiot^, an chemin de Straflbourg, cubant 500000 mètres, et ta traocbée de Clamart, sur le chemin de Versaillra (rive gaudie), dont le cube était environ de 400 000 mètres.

La figure 19 représente une coupe des travaux de la tranchée de Clamart. Après avoir percé le goulet A en retronesant les terres, on a enlevé les terres en B et C sur une certaine longueur, puis on a ouvert le goulet D et enlevé les terres en F et en E. Le remblai a été fait en deux assises ; on a descendu les terres de A , B et C! au niveau supérieur du remblai au moyen d'un plan automoteur établi dans la tranchée, et du niveau supérieur du remblai à celui de la tranchée inférieure au moyen d'un second plan automoteur placé sur te remblai On est parvenu à extraire, par une seule extrémité de cette tranchée, à transporter à près d'une demi-lieue de distance et à décharger en remblai , près de 2000 mètres cubes pendant les grands jours d'été.

En général, on ne dépasse guère la moyenne de 2000 mètres cubes par jour, en sorte qu'une tranchée cubant 400000 mètres et pouvant être attaquée en même temps aux deux extrémités, n'exigerait pas plus d'une campagne pour son complet achèvement, même sans effectuer de dépôts, tandis que les travaux pour ouvrir la seconde et la troisième des tranchées dont nous venons de parler ont duré plusieurs années.

La figure 20 représente le profil en long et le plan du terrain dans lequel la tranchée de Pont-sur-Yonne a été ouverte en 480 jours par MM. Parent et Schaken. La ligne a, a! b est le profil du chemin. La profondeur maxima de la tranchée étant de 20 mètres , les travaux ont été exécutés sur deux étages. L'étage supérieur des déblais est indiqué dans le profil par des hachures horizontales ; Tétage inférieur par des hachures inclinées. Afin de pouvoir transporter les déblais provenant de Tétage supérieur entre les profils 62 et 76 sur le remblai de gauche (hachures verticales) , il fallut élever un remblai provisoire de 8000 mètres cubes entre les profils 56 et 62. La tranchée a été attaquée à la fois en cinq points difl^érents, cde f et g. Les terres extraites ont donc d'abord servi à former le remblai auxiliaire, puis T excédant a été porté sur le remblai d'aval a par un chemin de fer (f K r que Ton a établi en grande partie dans les anciens fossés de la ville , qui suivaient cette direction et qu'il a suffi d'agrandir. Les terres extraites en c et en e ont été directement emmenées sur le remblai a; néanmoins une partie des terres provenant du chantier e ont été retroussées à la brouette en D.

Les terres extraites en /et en g ont été portées sur le remblai d'amont b , celles du chantier g en suivant l'axe du chemin , celles du chantier / en passant par un chemin de fer f ht, établi sur le flanc du coteau à gauche du chemin* entre les profils 85 et 89 et dans un petit souterrain auxiliaire de 45 mètres de longueur (entre les profils 84 et 85) , et reliant l'axe du chemin avec la tranchée auxiliaire des profils 85 et 89.

Le remblai a a été exécuté en deux assises ; afin qu'il conservât assez de largeur à la crête pour recevoir quatre voies nécessaires au déchargement des déblais provenant des chantiers c d ei e. Le remblai b , par contre, ne recevant que les terres des deux chantiers f ei g , a pu être élevé en une seule couche ; néanmoins il a fallu porter une partie des terres en dépôt D'. Ce dépôt a été exécuté au wagon.

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