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N" 2. — COURBES DE LA SECTION DES PYRÉNÉES

RATOXS Bb cmrRBBS.

250 mclres.

A EirORTEIt..

DEVELOPPEMENT

499 mètres.

15,181 mètres.

R.\yo.\s

DBS COCRBES.

RiPORT. . .

550 mèlres.

Développement total des courbes.

Alignements ,

Développement total de la section.

DÉVELOPPEMENT

15,181 mèlres.

18,908 mètres.

Les 46 kilomètres de Beasain à Olazagutia présentent en résumé 27 kilomètres de parties reclilignes et 19 kilomètres de courbes, dont 3^,6 du rayon minimum de 300 mèlres*

Il est certain que ces conditions de Iracé, que nous trouvions étroites il n'y a qu'un instant au point de yue des travaux coûteux et difficiles qu'elles nécessitent, ne laisseront pas de créer certains embarras d'exploitation. Une rampe continue de oO kilomètres, inclinée 0"',01 1/2 par mètre et présentant des courbes fréquente> dont le rayon s'abaisse jusqu'à 500 mètres, voilà certes les premiers éléments d'un assez beau problème de traction.

Le matériel roulant du chemin de fer du Nord de l'Espagne est à peu près celui en usage sur les chemins de fer français ; les voitures et wagons y sont seulement un peu plus larges, par suite du léger excès de largeur de la voie. Pour cette raison, et aussi en prévision des causes de détérioration venant du climat extrême du pays traversé, les véhicules sont soUdemeut établis, et par suite assez pesants. Les roues ont un mètre de diamètre, et l'écartement des essieux est tixé d'après les cotes généralement adoptées.

La question des freins prendra certainement une grande importance; il faut assurer la sécurité de la descente sur la rampe: il faut prévoir aussi le cas où pendant la montée le train viendrait à être coupé. Des freins à vis et des freins automoteurs du système Guérin sont établis sur un grand nombre de voitures et wagons. On songe aussi à appliquer des freins d'une plus grande puissance, si les premiers résultats de l'exploitation en démontrent la nécessité. De fortes locomotives à huit roues ont été construites pour la traction dans les Pyrénées. On a cherché dans l'établissement de ces machines à éviter toute réduction dans la charge des trains sur cette section. Elles doivent pouvoir remorquer sur la rampe, grâce à une légère réduction de vitesse, les mômes trains que les machines ordinaires du chemin qui sont des locomotives à trois essieux couplés du type Bourbonnais, pesant en service environ 35 tonnes'. Disons en passant que la voie se compose de rails à patin de 57 kilog. par mètre, fixés par des crampons sur des traverses en pin des Landes, préparé au sulfate de cuivre.

L'annexe 5 donne le tableau des tunnels, et l'annexe 4 celui des principaux ponts et aqueducs.

* Ces inacliiiics onl clé décrites 11I« volume, pago lli.

N« 3. — TUNSRLS DR LA SECTION DES PTHén^ES.

DÉSIGNATION

Tunnel de TOria

— de Molino

— d'Araundia

— d'Harrazabal. . . . .

— d'Ormaiztqpii. . . .

— d'Olazabal .....

— d'Erismendi

— dX>Uzabarran. . . . .

— de Zumarraga. . . .

— de Brincola

d'Oazuna

— d'Osina.

— d'Arizundia

dTatan

— de Pagoda

— d'Asocarran. . . .

— d'Osineta

— de Salinas

— de la Fontaioo. . . .

— de Rosea-Area. . . .

— de Pajitado

— de Salera

— d'Olzaurte

Ensemble, 23 tunnel»,

LONGUEUR

mitres.

DISTANCE de

BF.AbAiX.

kilom.

>•• 4. — P05TS ET VIADUCS DE LA SECTION DES PYR^:!«é£8.

DÉSIGNATUN.

Pont sor rOria

Id

Yiadac d'Ormaiztegui

Pont sur rUrola

Id

Viaduc de la Salera

Pont snr TAaana

Id

Id

Id

Ensemble, 10 ouvrages

LONGUEUR

inêlres.

DISTANCE de

BEA»Al?r.

kilom.

La section qui descend la vallée de TÈbre, d'OIazagutia a Miranda (75 kil.) ne présente aucune difficulté; on n*y rencontre qu'un souterrain de 520 mètres et six ponts d'une certaine importance.

Victoria, capitale de la province d'Alava, est à 147 kilomètres de la frontière française. C'est une jolie ville rebâtie à neuf, et qui compte environ 14,000 habitants. Cette ville parait appelée à prendre une grande importance, surtout depuis qu'elle est réunie par le chemin de fer de Tudela à Bilbao à la Biscaye, la troisième de ces provinces actives et prospères, qui luttent depuis si long* temps et actuellement encore contre toute tentative de centralisation. Disons en passant que Bilbao, malgré la difficulté de son accès, est un port fréquenté, faisant pour 70 à 80 millions d'affaires par an, et que la Biscaye possède des usines à fer importantes, des minières riches et développées et des manufactures des produits les plus variés.

C'est à Miranda que le chemin de fer traverse TÈbre, frontière (lu pays basque. Le chemin de Bilbao à Tudela s'embranche à cet endroit sur le chemin du Nord pour se diriger d'im côté sur Bilbao et de l'autre vers Saragosse, en remontant le cours de l'Êbre.

Pour passer de l'Èbre, que la ligne traverse à la cote. . ifit' dans la vallée du Duero, il faut franchir le faîte de la Brujula, dont l'altitude est de %i

Cette section présente une longueur de 66 kilomètres ; ce maximum d'inclinaison des rampes est fixé à 10 millimètres par mètre. Le chemin de fer s'élève d'abord avec cette inclinaison de 1 p. 100 jusqu'au village de Pancorbo à la cote 030

Trois kilomètres avant ce village, le pittoresque viaduc desTrois- Moulins supporte la voie à 55 mètres d'élévation et se compose de six arches de 10 mètres en maçonnerie, et d'une travée en tôle de 50 mètres. On arrive à Pancorbo dans une gorge d'un kilomètre environ de longueur, creusée entre deux masses de roches à pic, qui se rapprochent en certaines places, presque jusqu'à se loucher; ce défilé, qui hvre passnge à la route et au torrent d'Oroncillo, est surnommé les Thormopyles de la Vieille-Castille.

CflEMIN DE FER DU NORD DE L^ESPAGNE. 151

Le chemin de fer n*a pu s'y faire jour qu'au prix de travaux importants. Des murs de soutènement élevés le supportent; un élégant viaduc, dit le Viaduc des Thermopyles, traverse le torrent et deux tunnels perces dans les rochers abrupts qui ferment le passage donnent au chemin une issue inattendue.

De Pancorbo à Monasterio (38 kilomètres), le tracé ne présente pas de difficulté; c'est entre Monasterio et Quintanapalla (15 kilomètres) que le chemin franchit le faite de la Brujula par quatre tunnels d'une longueur totale de 1 ,800 mètres environ, dont le dernier a 1,026 mètres. Ces tunnels et quelques tranchées assez profondes ont été percées dans les marnes gypseuses qui commencent à se montrer au delà de Pancorbo.

C'est après le faite de la Brujula que commence la vallée du Duero.

Tout le versant nord de cette vallée et toute la partie qui s'étend sur l'autre versant jusqu'au pied de la chaîne du Guadarrama, forment un immense plateau ne présentant que des inclinaisons très-douces. Aussi les rails ont-ils pu être posés sur 235 kilomètres presque à fleur du sol. En dehors de quatre ponts sur le Duero et ses affluents, les ouvrages d'art y sont rares et peu importants. Il y a peu de pays oii l'on trouve sur une aussi grande longueur un tracé aussi facile et aussi économique.

Cette plaine immense est d'une fertilité remarquable, qui n*a d égale que sa monotonie. Pas un arbre, pas une colline, pas un rocher, partout la plaine dépouillée qui s'étend à perte de vue ; mais partout aussi de grands champs de blé, qui ne reçoivent jamais d'engrais, qui sont labourés très-superticiellement et qui n'en portent pas moins en abondance un blé de la plus belle qualité. L'exportation annuelle du plateau est estimée à deux millions d'hectolitres, qui s'expédient par Santander, Bilbao et Saint-Sébastien, partie en Angleterre et en France, partie à l'état de farine dans les Antilles espagnoles. De nombreux moulins hydrauliques, des minoteries de premier ordre, sont installés à Palencia, à Yalladolid et en divers points. La récolte de vins est, dit-on, tellement abondante qu'il s'en jette, à certaines années, de grandes quantités qu'on ne sait oii loger ; d'innombrables troupeaux produisent cha-

Le chemin de fer arrive ensuite jusqu'à Avila, ville de six mille âmes, dont on aperçoit du chemin de fer les anciennes fortifications. Avila est situé à la cote I,i32'*

Au pied de la chaîne du Guadarrama, le faite est traversé par le tunnel de la Cagnada à Taltitude i ,360

Puis la voie redescend sur l'autre versant jusqu'à TEscurial, dont la hauteur au-dessus du niveau de la mer est de. 925

Les 71 kilomètres qui séparent Avila de TEscurial et qui forment la traversée du Guadarrama ont présenté des difficultés aussi grandes que la section des Pyrénées. Cette œuvre importante a été menée à bonne fin par M. Lesguiller, ingénieur des ponts et chaussées, ingénieur en chef de la Compagnie. La section était partagée en lots dont l'exécution était confiée à divers entrepreneurs.

Les rampes et les pentes ont une inclinaison à peu près constante de 15 millimètres par mètre ; les souterrains, les remblais élevés et les tranchées profondes reparaissent, mais ces ouvroqcs ne sont plus percés dans la marne ou dans l'argile des terrains secondaires. Nous trouvons là toutes les variétés de granités des terrains primitifs; depuis le granité à petits grains composé de feldspath blanc, de quartz gris et de mica noir, jusqu'au granité porphyroïde composé d'une pâte feldspathique rose agglomérat de ^ros cristaux de feldspath lamelleux. Les granités à gros grains sont les plus tendres, ils peuvent être travaillés pour fournir des pierres de construction, des dalles et des pavés. On rencontre des place.< comme à S. Lorenzo, où jusqu'à une certaine profondeur, le granitc est décomposé et se désagrège facilement ; on trouve des argiles el des kaolins d'assez belle quaUté, mais il y a aussi des parties où la roche est d'une dureté telle que l'acier et la poudre restent presqu< sans action sur elle.

Tout ce pays est absolument dénudé, stérile et inhabité, li paysage y est d'une sauvage grandeur, les rochers affectent le formes les plus fantastiques, ce sont tantôt des pics élevés qui faut traverser en tunnel, tantôt de profondes déchirures, qu'il fan franchir sur des viaducs ou des remblais élevés.

Mais d'autres causes de difficultés sont venues s'ajouter à celle qui provenaient de la dureté de la roche ou de la configuration d

sol. On a toujours beaucoup de peine à réunir, sans arriver à des salaires exagérés, douze ou treize mille travailleurs dans un pays aussi complètement désert et aride ; mnis ici on avait de plus à lutter contre des fièvres dangereuses qui sévissaient surtout sur le îersant sud pendant les plus fortes chaleurs. Celte maladie, qui emportait les hommes en peu de jours, souvent même en quelques heures, menaçait de décimer et de désorganiser les chantiers, et a obligé les ingénieurs à imaginer des moyens spéciaux.

Outre l'organisation d'un service sanitaire développé et Temploi des mesures d'hygiène ordinaires, on a dû diminuer l'activité des chantiers du versant sud pendant les mois les plus chauds et remplacer le travail de jour par le travail de nuit. D'ailleurs, la rapidité imposée à l'exécution de la section rendait nécessaire, pendant une certaine période, le travail de jour et de nuit.

On eut recours à la lumière électrique et nous trouvons là la plus grande application qui ait encore été faite de ce procédé, du moins à notre connaissance, à l'éclairage des chantiers de travaux.

Dix tranchées furent ainsi éclairées pendant un nombre total de 9,400 heures, réparties sur les deux campagnes de 1862 et de 1863.

Pour éclairer les tranchées de 15 à 50 mètres de profondeur à attaques étagces, on a installé, en tête des chantiers, sur les points les plus élevés du sol naturel, des pylônes de quelques mètres de hauteur.

Deux régulateurs du système de M. Serrin étaient places sur chaque pylône ; alin de n'avoir pas d'écIipses pendant le remplacement des baguettes de charbon usées, on faisait passer le courant de l'un des appareils à l'autre à l'aide d'un commutateur. Deux piles de 50 éléments Bunsen de 15 cent, de hauteur produisaient successivement le courant. On les réunissait en quantité quand les acides s'étaient trop affaiblis pour qu'une seule pile suffit à entretenir la lumière.

La lumière a toujours été belle et régulière ; elle éclairait avec profusion un atelier de cent ouvriers sans poiurtant blesser la vue des travailleurs par son intensité.

Suivant la disposition du chantier, on employait un réflecteur parabolique éclairant très-bien 50 mètres de largeur à 100 mètres de distance et pouvant même lancer une lumière suffisante à 250 nittrès, ou un réflecteur hyperbolique éclairant bien 50 mètres dr large, à 100 mètres de distance et pouvant aller jusqu'à 200 mètres.

Le fonctionnement des régulateurs n*a donné lieu à aucune difficulté. Sous la direction d'un employé spécial, les ouvriers du pays sont très-aisément devenus de bons surveillants des appareils.

Le prix de revient de la lumière électrique, comprenant la consommation des matières, l'entretien des appareils en construction, les pylônes, les frais de personnel et les transports, s'estélevtà 9 fr. 44 par heure.

Il n'aurait probablement pas dépassé 6 fr. par heure, dan» un pays où les transports, les faux frais et l'imprévu n'auraient pas pris, comme dans le Guadarrama, une importance exceptionnelle.

Cette dépende est, d'ailleurs, de beaucoup inférieure à celle qu'occasionnaient les torches qui donnaient bien moins de lumière, dans de bien moins bonnes conditions.

En raison de la grande dureté d .^ granités à attaquer et du |)eu d'effet que produisait la poudre employée à la façon ordinaire dans des trous de mine de petit diamètre, on a eu recours, dans le> travaux du Guadarrama, à Tcmploi d'un genre de mines, dites mines monstres, qui avait donné de bons résultats dans divers travaux de ports.

Un puits vertical, ayant jusqu'à 22 mètres de profondeur, était percé dans l'axe de la tranchée, deux galeries horizontales de longueur variable et allant jusqu'à 16 mètres étaient ouvertes suivant cet axe, et au bout de ces galeries, on creusait des chambres cubiques assez grandes pour contenir jusqu'à 100, ou 1,200 kilogrammes de poudre renfermée dans des caisses en zinc entourées de bois.

On maçonne soigneusement ces chambres et ces galeries, on emplit le puits de terre ou de sable. C'est à l'aide d'appareils d'induction, système Rumtorff, qu^on endamme la poudre à distance.

Le cube de rocher ébranlé est considérable et s'est élevé dans quelques cas jusqu'à 17,000 mètres. En moyenne chaque mètre cube de rocher ébranlé a nécessité l'emploi de l'',8 de poudre. Suivant que la charge était plus ou moins forte, le terrain était seulement soulevé et fissuré, ou bien il était entièrement disloqué et les fragments projetés à une grande hauteur.

Il a été fait dans le creusement d'une de ces grandes mines une application de la lumière électrique qui mérite d'être signalée. On travaillait à Tavancement d'une galerie horizontale ; à cause du faible développennent de ces travaux, aucun moyen d'aérage n'avait été organisé. L'air vicié par la respiration des ouvriers, par la combustion des lampes et par le tirage des petites mines ou pétards, devenait de plus en plus mauvais, et les mineurs devaient se relayer d'heure en heure et ne travaillaient qu'avec peine.

M. Bukaty, l'ingénieur chargé de la direction de ces grandes mines et aussi de celle de l'éclairage électrique, eut l'idée de descendre un de ces régulateurs dans la galerie et d'y produire la lumière électrique. Le résultat fut immédiat : l'une des causes de viciation de l'atmosphère ayant disparu, l'aérage naturel devint suffisant et les ouvriers purent continuer leur travail dans de meilleures conditions de ventilation et d'éclairage. Depuis ce jour, on eut recours à ce moyen ingénieux en diverses occasions analogues.

Leâ annexes n^' 5 et 6 donnent la distribution des rampes et des courbes de la section d'Âvila et d'Escurial.

Le proCl en long peut se résumer comme suit :

IXCLIXAISON

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