‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 106 sur 119 · Oxydes et Sulfures d'arsenic · texte numérisé non relu

Oxydes et Sulfures d'arsenic

Caractères généraux : Saveur âcre métallique , moins brûlante que celle des acides et des alcalis concentrés : un précipité jaune, orangé, produit par du sulfure alcalin jeté dans un liquide contenant de l’arsenic, prouve la présence de celui-ci qui, exposé à faction d’une plaque de cuivre roupie , donne une fumée blanche répandant une odeur d’ail , et il reste une tache noire difficile à effacer.

Cffets généraux : Les préparations arsenicales agissent moins promptement que le sublimé corrosif j en substances, elles peuvent être rejettées en totalité j mais en solution, elles sont plus dangereuses (i).

L’empoisonnement par l’arsenic est un de ceux sur les suites desquels la société a Je plus souvent lieu de gémir: ce qu’on doit principalement attribuer à la trop grande facilité que l’on a de se procurer celte dangereuse substance par l’emploi jo«r-

(i) Ecce subit virus tacitum carpilque mcdullas J guis cilax , caliddque incendit viscera tabe.

nalier de ses préparations dans les arts, et pour la destruction des animaux nuisibles.

Espèces.

Caractères spécifiques.

Protoxyde noir d'arsenic , oxyde noir d’arsenic , vulgairement poudre uux mouches, cobalt tesiaré.

Masses fragibles et friables ; couleur noire ; cassure brillanle qui se ternit bientôt.

Pculoxyde blanc d’arsenic , oxyde blanc d'arsenic ou acide arsénieux, vulgairement arsenic blanc,

Substance blanche, pesante, d’un aspect vitreux ; ressemblant au sucre ; saveur très-âcre , métallique.

Sulfures

Rouge d’arsenic ou réalgar.

Jaune d’arsenic ou orpin , orpiment.

{Rougeâtre; formé de trois partie»

d’arsenic et d’une de soufre.

(Couleur jaune citrin ; contenant quatre parties d’arsenic et trois de soufre; répandant au feu, comme le | réalgar, une odeur suffocante d'ail I et de soufre.

Traitement ; Dabord beaucoup de boissons mucilagiueuses , du lait (i) et ensuite provoquer le vomissement par irritation mécanique, soit avec le doigt ou la barbe d’une plume , soit avec lipécacuanha, ou l’oxymel scillilique ( les vomitifs minéraux sont nuisibles); ensuite on donne le lait

(i) Lorsque le serrement te'tanique (les mâchoires est fort), on a recours à une sonde de gomme élastique au moyeu de laquelle on fuit parvenir, avec une seringue, beaucoup de liquide dans l’estomac. Ceci se pratique pour tous les poisons corrosifs.

avec de l’eau de chaux , ou de l’eau tenant en dissolution du savon, du carbonate de potasse ou de soude. Quand les douleurs se font ressentir dans le bas ventre \ émulsion , eau de poulet ou de veau , dissolution de gomme arabique pour émousser faction du poison j lavemens , fomentations et bains émolliens ■ eau de casse avec manne. On termine le traitement par la décoction de quinquina et de doux narcotiques unis a l’éther.

Les huiles, le vin et la thériaque sont nuisibles.

Les sulfures alcalins ne méritent pas les éloges qu’on leur donne , puisque de nouveaux composés aggravent le mal.

11 faut remarquer que les malades ne guérissent jamais radicalement ; qu’ils sont toujours tourmentés d’une toux sèche, d’un crachotement continuel et d’une soif impérieuse ; que la peau est couverte de taches jaunes ; que les membres sont faibles et tremblans ; que la fièvre hectique existe, et qu’il y a quelquefois paralysie.

4°. Sels irritons.

Les sels irritans se distinguent en corrosifs et en astringens dessicalifs.

Des sels corrosifs.

Caractères généraux : Saveur âcre, métallique, plus ou moins analogue à celle de l’encre, moins brûlante que celle des acides et des alcalis.

Effets généraux : Ils irritent, resserrent et brûlent les tissus organiques.

Espèces principales. Caractères spécifiques.

Cristallise en longues aiguilles ressemblant à des poignards; goût austère, métallique; répandant à l’action du feu une fumée épaisse, blanche, inodore , suffocante. Sa dissolution blanchit une lame de cuivre décapée ou sans vert-de-gris.

Sel solide^ blanc, transparent, trfcs— avide d’humidité , absorbant promptement celle de l'atmosphère et formant alors un liquide oléagineux; mêlé à l’eau, il la trouble et offre un précipité blanc.

Muriatc d' antimoine ou chlorure d'antimoine , vulgairem. beurre d’antimoine.

Muriatc suroxygéné de mercure ou dculo-chlorure de mercure , vulgairement sublimé corrosif.

JXitmtc d’argent, vulgairement pierre infernale.

Il noircit et brûle les parties animales qu’il touche. On obtient par quelques gouttes,soit d’eau de chaux dans sa dissolution, un précipité gris noirâtre, soit d’une solution de cuivre par l’ammoniaque, un précipité bleu verdâtre. Sa dissolution dans l’eau de sel do cuisine , le précipite eu blanc.

' Cristallise en prismes; saveur amère très- Muriate ou hydrochlo- piquante ; décrépitant , desséchant et fonr.te de Baryte. dant sur les charbons ardens.

C’est un produit de l’art.

Sous- Carbonate de cuivre, vulgairement vertde-gris naturel ; malachite.

Sous-acétate de cuivre , vulgairement veis-degris artificiel ; verdet ; cristaux de vénus.

Couleur d’un beau vert ; soluble avec effervescence plus ou moins prompte dans l’acide nitrique ; devenant bleu par sa dissolution dans l’ammoniaque.

Couleur d’un vert foncé ; cristaux rhomboïdaux ; saveur âpre.

antidotes

Sulfate de cuivre, x u]gai-( Cr,s(all;8e eu rhomboïde ; couleur d’un remenl couperose bleue, î 'f" cdles,e ! ^veur fortement s.yptiquê ; vihiol bleu ) S c^''u,'ss^ln, ^ *’a'r i cçissure conchoïde et

' brillante; astringent et corrosif.

foules les substances cuivreuses ont une odeur nauséabonde et vireuse par le frôlement; une saveur métallique désagréable et comme styplique ; leurs dissolutions jaunissent une lame de fer décapée, lorsqu’on l’y trempe.

Les entpoisonnemens produits par la préparation des alimens ou des médicamens , sont souvent causés par le carbonate ou l’acétate de cuivre.

( Inodore ; çrislaux blancs , incolores ; I transparent: d’une saveur âpre et nauséa- 1 a rira te de potasse cl | bonde ; fragile et se réduisant aisément eu a antimoine , vulgaire- } poudre; verdissant la dissolution de cuivre ment émétique, tarlrate \ par l’ammoniaque; donuant un précipité slibiér I blauc par l’eau de chaux ; décomposable

I par les décoctions de quinquina, et de l noix de galle.

Traitement .*

Contre le-muriate sur oxygéné de mercure, et le muriate d' antimoine ; mêmes moyens que pour l’arsenic.

Contre le nilratre d'argent ; Beaucoup d’eau tenant en dissolution du muriate de soude ( sel de cuisine ) pour décomposer ce sel et donner lieu à la formation du muriate, ou mieux, du chlorate d’argent, vulgairement lune cornée, qui n est point

corrosif ; ensuite boissons mucilagineuses.

Contre le muriate de Baryte ; La dissolution des sulfates de soude , ou de potasse, ou de magnésie , qui le décompose et le transforme en sulfate de Baryte insoluble dans l’eau et sans action sur les tissus organiques.

Contre 1 acétate de cuivre ou vert-de-gris ;

i.° Favoriser le vomissement ou l'cxcitcr avec de l’eau chaude , les doigts , ou une plume , ou de l’ipécacuanha ; 2.° Donner une boisson faite avec des blancs d'œufs, et un purgatif composé de casse et de manne.

Lorsque les accidens sont produits par des pièces de cuivre avalées, après avoir fait prendre au malade beaucoup de chou cuit, ou peut administrer l’émétique et ensuite de l’eau froide alcalisée avec l’ammoniaque.

Quand le poison est passé dans les intestins ( cequ’indiquent des coliques violentes ), il ne faut plus avoir recours au vomissement, mais aux boissons, lavemens, demi-bains et fomentations avec substances mucilagineuses et oléagineuses ; l’eau dans laquelle on a battu des blancs d’œufs est aussi conseillée. La saignée et les sangsues prescrites dans celte fâcheuse circonstance, accélèrent la mort au lieu de la retarder, comme je pourrais le prouver.

On a beaucoup préconisé le sucre dans toutes les périodes de l'empoisonnement par le vert-degris et le sublimé corrosif j mais les nombreuses

5/j j.2 ANTIDOTES

expériences que j'ai faites à ce sujet sur diverses espèces d’animaux, m’en ont démontré l’insuffisance. (i) Si quelques uns ont échappé, ils ne l’ont dû qu’aux vomissemens spontanés qui provenaient des efforts que ces animaux faisaient pour s’opposer à l’injection du sucre. Mes expériences m’ont aussi prouvé que X acide acétique conseillé dans le premier temps de cet empoisonnement, était plus nuisible qu’utile, ainsi que les huiles essentielles et les sulfures hydrogénés de potasse , de chaux et de fer, qui sont des irritans, et qui, en dissolvant le poison sans en détruire la mauvaise propriété , en facilitent le passage dans tout notre oi'ganisme.

Lorsque le vert de-gris ne donne pas la mort, il laisse toujours une empreinte funeste de son action : il agit sur les poumons et le système nerveux. Heureusement les scélérats n’ont pas souvent recours à ce poison , parce qu’il leur est difficile d’en masquer la couleur et la saveur.

Contre le tartrate anlimonié de potasse ; Après avoir donné beaucoup d’eau sucrée pour faciliter le vomissement, on emploie la décoction acidulé de quinquina ou de noix de galle, ou d’autres substances riches en principe tannin qui la décompose ; et ensuite de légei's narcotiques.

(i) Ces expériences , faites il y a dix-sept ans , de concert avec M . Fncquez l’aîné, habile chimiste et pharmacien de notre ville, ont été mentionnées dans le moniteur et autres journaux, en réfutation de celles de M. Galet .

Des Sels dessicalifs.

Les sels dessicatifs sont :

i Couleur blanche ou jaune brunâtre; cristallisé ou en petites masses ; insoluble dans l’eau. Il a, comme tous 1rs sels et oxydes de plomb, une saveur sucrée astringente, métallique , desagiéablc. L’acide sulfurique versé dans une dissolution de plomb donne un précipité blanc , et l’hydrogène sulfuré un dépôt noir.

blanc de plomb ou ruse.

L c sous-acétale de plomb vulgairement extrait de saturne.

Uacétnle de plomb, vulgairement sucre ou sel de saturne.

Il ne cristallise pas, il précipite en blanc par l’eau distillée.

Cristaux en aiguilles ; l’eau distillée ne le précipite pas.

Effets des sels de plomb et de ses oxydes jaune ( massicot ), gris ou demi -vitreux ( litharge ), rouge ( minium ) ;

Par une vertu irritante , astringente et obstruante, ils produisent la sécheresse de la bouche, le resserrement à la gorge, des douleurs plus ou moins vives à la région épigastrique, la perle d’appétit, des envies de vomir, des vomissemens opiniâtres,, douloureux, (quelquefois sanguinolens ) des vertiges, des syncopes, le hoquet.

La toux, l’asthme sec, des coliques fréquentes, des douleurs articulaires, des palpitations, des tremblemens , la paralysie , le marasme et la mort

peuvent être les funestes effets (les substances saturnines employées à petite dose. Aussi, csl-cç le poison préféré par certains scélérats qui cachent leurs forfaits dans f obscurité des temps cl avec d autant plus de sécurité que les préparations de plomb, données de celle manière, n’agissent pas avec la célérité des corrosifs minéraux, mais produisent lentement des effets analogues à ceux de l’opium , puisqu’ils détruisent tellement l'irritabilité des intestins , que des lavemens ou l’on fait entrer même de la coloquinte, ne pi'ovoquent aucune évacuation.

J’observerai qu’il est difficile de constater chimiquement la présence du plomb,. lorsqu’il agit connue poison lent.

Traitement des oxydes et. des sels de plomb : D’abord ipécacuanha comme vomitif; purgatifs; drastiques ; ensuite hydro-sulfure alcalin ; baume -de soufre; boissons mucilagineuses ; lavemens, fomentations et bains érnolliens; sudoriliques ; antispasmodiques unis à un doux narcotique; et, dans la convalescence, alimeus gras cl mneilagineux, décoction de quinquina et eaux martiales. Les hydro-sulfures, les huileux, les acides, les eaux alcalisées ne réussissent point, parce qu’en dissolvant lés substances saturnines, ils n’en détruisent pas l’action vénéneuse.

Contre la colique de plomb ou des peintres , je ne puis mieux faire que de rapporter le traitement que j’ai vu employer avec le plus grand

succès, à l’hôpital de la Charité, par le docteur Corvisart.

Le i .cr jour : eau de casse ( une once de pulpe de casse dans un litre d’eau avec trois grains d'émétique ); tisane sudorifique ( avec les quatre bois) continuée jusqu’à la lin de la maladie ; lavement purgatif le malin ( avec une décoction de demionce de séné , deux gros de sel de glauber et quatre onces de vin émétique trouble ) ; lavement anodin le soir ( avec douze onces de bon vin et quatre onces d’huile de noix ); le soir, narcotique ( un grain d’opium avec un gros de thériaque ).

Le 2.° jour : eau benite ( six grains d’émétique dans un litre d’eau ) bue par verre de demi-heure en demi heure ; tisane sudorifique, lavement anodin ; dans la nuit, un gros de thériaque avec six grains d’opium.

Le 5.e jour: h l’exception de l’eau bénite, même traitement que celui du second.

Le 4-e jour : lavement purgatif du i.er jour; si le malade est soulagé, le traitement s’arrête là. Dans le cas où les symptômes se renouvellent, on réitère une ou plusieurs fois l’eau benite.

Les malades guéris de la colique de plomb ne se rétablissent jamais parfaitement. Ils restent avec des vertiges, des tremblemens , et ont les extrémités quelquefois paralysées.

Si les acides minéraux, les alcalis purs, les sels et oxydes métalliques doivent être regardés comme

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des poisons, il faut convenir qu’administrés avec prudence, et à petites doses, ils peuvent fournir des moyens héroïques dans diverses circonstances. La chirurgie employé fréquemment avec avantage la pierre infernale ou nitrate d’argent fondu , la potasse caustique, le muriale d’antimoine, le sulfate de cuivre, l’oxyde rouge de plomb, contre les ulcères baveux; l’oxyde blanc d’arsenic et ses sulfures, contre les ulcères cancéreux; l’acide nitrique, pour fondre les calculs ammoniacaux magnésiens.

Le dcuto chlorure de mercure ou sublimé corrosif est employé contre les maladies vénériennes ; mais on 11c doit en faire usage qu’avec la plus grande circonspection , vu qu’il influe sur les organes digestifs et sur les poumons ; il détermine la phthysie, ruine la constitution et ne convient qu’aux personnes robustes*

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