‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 113 sur 119 · VÉGÉTAUX ACRES ET NARCOTIQUES · texte numérisé non relu

VÉGÉTAUX ACRES ET NARCOTIQUES

Les principaux sont :

Espèces.

Caractères génériques et spécifiques.

La Ciguc ordinaire. ] Conium maculatum. 1

r Fruit un peu globuleux , marqué de ) cinq stries crénelées; tige souvent marquée 1 de taches noirâtres ou rougeâtres ; fleurs k blanches.

La Petite-Ciguë. . '

.AEthusa cinapium. ,

t Colerettes partielles dimidiées, à feuilles k pendantes; fruit strié; feuilles égales; lige l rouge ou violette; fleurs blanches.

Les Belladones. |

Atropa .

Corolle campanule'e; cta- < mines écartées; baies , sphériques à deux loges. '

La Mendragore, a. si and» agora : sans 1 tige; hampes uniflores.

, La Belladone commune, a pei.ladona:

! tige velue; feuilles ovales , entières; fleurs l noires.

La Digitale pourprée. J Digitalis purpurea.

Calice à cinq divisions; corolle campa- | nulc'e , ventrue, à cinq divisions; capsule 1 ovée, biloculaire ; folioles du calice ovales , aiguës ; corolles ronges, obtuses, dont I la lèvre supérieure est entière, et les pa- | rois inférieures du ventre parsemées de >• taches œilletées.

Le Seigle ergoté. 1

Se mina secnlis crrealis.

t Calice oppose, a deux valves, à deux * fleurs solitaires.

( Cils des barbes raboteux.

antidotes

Espèces.

Caractères génériques et spécifiques.

Le Blé rouillé. J

Seinina tritici hiberni. \

Calice à deux valves, solitaire, renfermant depuis trois jusqu’à cinq fleurs; e'pillcts un peu obtus et ccmprimés.

Calice ventru, lisse, imbriqué et à peine barbu, renfermant quatre fleurs.

L’Ivraie des ble's. ’

Semina lolii temulenti.

Epillets sessiles, comprimés et alternes sur le rafle; calice monophylle, fixe, multiflore; épi barbu; epillets comprimés, 1 enfermant quatre fleurs.

Le Tabac.

IVicotiana tabacuin.

Corolle infundibuliforme ; limbe plissée; étamines inclinées ; capsule à deux valves, | biloculaire; feuilles lancéolées, ovales, ' sessiles, décurrentes; fleurs aiguës.

La Noix vomique.

Strychnos nur vomica.

Corolle à cinq divisions; baie uniloculaire ; écorce ligneuse; feuilles oTces; tige . inerme.

L’Aconit Napel. (

Aconilum napcllus.

Calice de cinq pièces, la foliole supérieure concave et en casque ; deux des 1 pétales dits nectaires en éperon à onglet 1 trës-long ; feuilles divisées et sous-divisées en segmens linéaires et finissant en circonférence airondie; fleurs en épi, d’un bleu éclatant. La racine pousse deux on trois navets noirs, ce qui a valu à la plante le nom de napellus , petit navet.

Jjes Champignons.

Agarici.

r Chapeau horizontal et des lames en dessous qui s’avancent du centre à la cireont férence.

En général les champignons sont dangereux ; la plupart sont de terribles poisons ; quelques uns se mangent, tels que :

L’Oronge.

jégaricus aurantiacus.

L’Agaric esculcnt.

yigaricus csculcntus .

L’Agaric mousseron.

jégaricus canipestris.

{Chapeau d’un rouge orangé et les feuillets d’un beau jaune.

J ■ Chapeau blanc et les feuillets rose’s.

{Pédicule; chapeau convexe, squammeux , blanchâtre ; feuillets blancs (i).

On sert aussi sur nos tables :

La Morille comestible. / Chapeau ovale, celluleux; pédicule nu Phallus csculcntus. 1 et ridé.

La Truffe comestible ou noire.

Tiiher cibarium ( 2).

(Globe souterrain, sessile , charnu, hérissé de pointes chagrinées ; d’un beau noir dans la maturité.

Quoique ces champignons soient recherchés à cause de l’odeur suave qu'ils communiquent aux ragoûts dans lesquels on les incorpore , je dois dire qu’ils sont toujours suspects (5) , i.° parce que l’oronge , si vanté par les gastronomes , est souvent très-pernicieux par sa ressemblance avec l’agaric moucheté ou fausse oronge ( agaricus mus -

(r) Horace fait l’éloge de ces espèces de champignons lorsqu’il dit : Pratensibus optimafungis A atura , ceteris male creditur.

(a) Du temps de Juvcnal , qui vivait sous le règne de Trajan , les trull'es étaient regardées comme aphrosidiaques.

S cil cjui nos maudit, scnien habere putat. Juv.

(3) hnpia sub clitlci nielle venena latent.

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carius aut pseudo-auranliacus ) dont le chapeau , d un rouge très-vif, est parsemé de petites taches blanches, et dont les feuillets sont blancs; 2.0 parce que l’agaric mousseron, recueilli ailleurs que dans Jcs lieux secs et montueux , est souvent funeste, et que celui qui se voit le plus communément sur nos tables, donne aussi lieu quelquefois, par des altérations spontanées provenant de vé- 'tuslé ou des variations subites de l’atmosphère, à] de graves accidens.

Pour ôter toute crainte, on conseille prudemment de faire macérer dans l’eau salée, ou dans du vinaigre ou de l’éther, les champignons qui jouissent de la meilleure réputation : le liquide dont on les tire est très-vénéneux.

Propriétés physiques de ces végétaux : Odeur

vireuse ; saveur acre et nauséabonde.

A l’analyse chimique, ils fournissent la plupart : i.° un principe extractif; 2.0 une gomme résine; 5.° un mucilage ; 4-° une huile très-odorante dans laquelle réside la propriété vireuse ; 5.° des sels alcalins.

Effets de tous les narcotiques âcres : Ils agissent comme stimulans ou rubéfians et slupéfians , et produisent des envies de vomir, bientôt suivies d'évacuations par haut et par bas; l'ivresse; le délire ; de vives coliques ; des convulsions ; des contractions des membres; le tétanos; des syncopes; des sueurs froides et l’assoupissement.

Le seigle ergoté, mangé en grande quantité,

occasionne de plus la gangrène des jambes.

On observe fréquemment que les odeurs des plantes vi reuses ; et même que l’arôme suave de nos fleurs les plus agréables, déterminent, dans une atmosphère resserrée, le narcotisme et quelquefois la mort chez des individus d’une susceptibilité particulière dépendante de l’idiosyncrasie.

Traitement : Aussitôt vomitif, en facilitant le vomissement avec de l’eau chaude à laquelle on ajoute du vinaigre ou du jus de citron; les purgatifs en potions ou en lavemens sont nécessités par le passage de la substance vénéneuse dans les intestins, et ensuite on a recours aux juleps éthérés.

Lorsqu’il existe de vives douleurs dans le ventre, boissons mucilagineuscs sucrées, fomentations et lavemens émollieus.

S’il y a assoupissement , frictions de tout le corps' avec du vinaigre.

En général, l’empoisonnement végétal est presque toujours inconsidéré. 11 est rare que les plantes soient employées avec dessein criminel. L ’œthusa cjnapium , le conium maculatum sont souvent pris pour du persil ; les racines de X aconit napèl et de jusquiarne, pour du navet; le bulbe du colchique pour l’oignon.

On ne peut s’assurer de leur nature que lorsqu’on en trouve des fragmens dans les premières voies; il faut en examiner la forme, la couleur, l’odeur, pour s’assurer si elles appartiennent à la

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classe des poisons acres, et, pour donner plus de force a. la présomption, eu faire avaler à un animal afin d’en apprécier les effets.

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