‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 31 sur 119 · EN P A R T I C U L I E R · texte numérisé non relu

EN P A R T I C U L I E R

Comme dans un tonneau vide, par leur propre poids et non en vertu des contractions de la libre musculaire ), pétéchies ( si les tâches pourprées ne paraissent pas du 5.® au g.e jour, elles ne sont pas critiques, mais seulement symptomatiques et presque toujours l’effet des échauffans employés dans le principe), eschares gangréneuses, visage froid, œil terne, nez livide, respiration précipitée, pouls petit, vermiculairc, formicant et intermittent.

Traitement. Dans l'invasion (i) : tisanes acidulées telles que la limonade, l’orangeade, l’oxicrat; bains de pieds; lavemens, s’il y a constipation; diète; tranquillité de corps et d’esprit.

Au commencement de la i.rc période, la médecine expectante, si avantageuse dans les fièvres

(i) Je ne partage pas l’opinion du docteur Bronssais qui , dans la première période des fièvres qu’il regarde toutes comme des plilegmasies dépendantes de la lésion d’un ou de plusieurs organes, conseille la saignée pour empêcher, dit-il, l’adynamie d’arriver. Mais, dans notre climat, l’expérience démontre journellement combien cette pratique est dangereuse chez des individus attaqués sporadiquement. et épidémiquement de la fièvre muqueuse. En vain , pour nous persuader, s’appuierait-on de l’autorité des Huxar» , des Stoll, des Pringle, des Sauvages, des Boerrhaave, etc., je répondrai que si ces grands hommes avaient exercé la médecine dans les mêmes circonstances, sons la même température que nous, ils n’auraient point ordonné de tirer du sang lorsqu’ils auraient vu que ce moyen produit aussitôt les accidens qu’ils voulaient éviter.

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inflammatoires, les bilieuses el les muqueuses ou la nature se charge si bien seule des frais du traitement, la médecine expectante, dis je, serait très dangereuse, parce que dans ce cas, les forces vitales étant affaiblies , il faut prévenir leur épuisement et leur anéantissement, rcnouveller souvent l'air de l’appartement et ne point tenir le malade au lit sans de très -fortes raisons. Le danger est ici d’autant plus grand que l’individu est faible. On doit donc recourir promptement au vomitif, quand il y a saburre de l’estomac ; et si les poumons sont intéressés, lipécacuanha est préférable au tartre stibié qui produit trop de secousses; alors aussi loock ou julcp kerinétisé, oximel scillilique comme incisifs. Ensuite , s’il y a constipation el que la langue soit sale, sans sécheresse, maintenir la liberté du ventre avec la crème de tartre ou le sel de glauber ou le sel d’epsom émétisé, ou l’eau de tamarin émétisée, ou nitrée ou miellée selon l’indication; dans les cas contraires, les lavemens suffisent. Lorsqu'il y a sueurs immodérées, il faut les diminuer par les acides minéraux. Les purgatifs violens doivent être proscrits, et sur -tout la saignée , quoique beaucoup de médecins la jpréconisent pour prévenir une congestion cérébrale.

Lorsque la diarrhée existe, les acides minéraux sont nuisibles ; alors poudre absorbante, inucilagineux, opium avec petite dose de rhubarbe ou d’ipécacuanba.

Dans la 2.e période, le délire existant, si la fai-

EN PARTICÜLIER.

blesse n’est pas très-grande, et si le système nerveux n’est pas trop irrité , application des vésicatoires aux jambes. Dans le cas de prostration considérable : stimulons ; rubéfians ; vésicatoires fixes et ambulans; sinapismes; cordiaux tels que boissons vineuses, vin généreux à petite dose, potion alcoolisée ou éthérée. Lorsque le délire est fort; suspension du vin et des cordiaux ; lotions sur la tête avec l’oxicrat; fomentations chaudes ou vinaigrées sur les jambes. S’il y a soubresauts des tendons; emploi des antispasmodiques tels que le musc ou le camphre associé au nitre. Favoriser la suppuration des parotides, lorsqu’ elles existent. Contre le météorisme, fomentations toniques. Contre l'hémorrhagie , boissons froides acidulées avec l’acide sulfurique, quand il n’y a point de diarrhée. Les narcotiques ne font qu’aggraver l’adynamie.

Dans la 5.e période, la faiblesse ayant lieu, cordiaux et toniques ; il ne faut point abuser du quinquina, qui ne doit être donné qu’en sirop ou en infusion, pour modérer les accès, lorsqu'ils sont violens.

Dans la 4-r période, lorsque la maladie dévie de sa marche ordinaire , quelle se complique d’une autre, ou quelle change de caractère, le traitement doit être relatif aux symptômes qui se présentent. Il ne faut donc pas s’obstiner dans la continuation des moyens que sa régularité avait fait admettre. •

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On 11e doit point purger, comme on le fait, dans les convalescences, car c’est souvent à cette pralicjue ou à un défaut de régime cpie sont dues les rechutes si fréquentes. Donner alors avec modération les âlimens que l’appétit exige et que le goût du malade indique.

Je dois ici déclarer que je n’ai jamais rencontré, dans ma pratique , de licvre adynamique simple j mais j’ai toujours remarqué que les symptômes adynamiques , dont je viens d’énumérer les principaux, étaient constamment précédés de ceux des lièvres muqueuse, bilieuse ou gastrique, de la fièvre gastrique inflammatoire, et accompagnés quelquefois de péripneumonie, de pleurésie, etc., de sorte que depuis long-temps je suis porté à croire qu'il n’existe point de lièvre adynamique essetitielle , et qu’elle n’est qu’un effet secondaire ou une dégénérescence des premières, par suite de l’épuisement des propriétés vitales occasionné par surexcitation des organes primitivement affectés (i).

(1) En parcoura nt dernièrement l'article ferres du dictionnaire des sciences médicales, il m’a fait plaisir de voir l’opinion que j’avais émise ( lorsque je professais, il y a douze ans) sur la non-existence des fièvres adynamiques et ataxiques comme essentielles, corrolioréepar celles de MM. Fournier et Vaidy, habiles praticiens et observateurs éclairés.

Il:

Fièvre Ataxique Continue Simple, ou mieux fièvre nerveuse , vulgairement maligne.

Caractères principaux d’ataxic ou de malignité : atteinte des organes des sens dont l’excitabilité nerveuse est augmentée, diminuée ou anéantie; lésion de tout le système nerveux, de la les spasmes, les convulsions , le tétanos, le trismus , la catalepsie, la léthargie , les névralgies. Quelles irrégularités! Quels désordres dans toutes les fonctions organiques , soit idiopathiquement , soit sympathiquement !

Causes : Débilité, habitation près des marécages , air non renouvelé et vicié par beaucoup d'individus, abus des plaisirs vénériens, veilles et études prolongées, chagrins profonds, violons exercices du corps , passions fortes et tumultueuses. Les lièvres nerveuses paroissenl dépendre plutôt de la faiblesse du système musculaire que de l irrilation des nerfs. On ne peut distinguer quel est 1 organe qui souffre le plus.

Symptômes. Dans 1 invasion : frissons suivis d’une légère chaleur; pouls faible , irrégulier ; yeux hagards; quelquefois somnolence.

Dans X accroissement : exacerbation irrégulière ,

tantôt agitation, délire; tantôt repos, assoupissement, inégale distribution de chaleur, voix plus aiguë par intervalles.

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Dans l 'état : soubresauts îles tendons ; convulsions; roideür tétanique; yeux ternes ou élincelans, fixes, rouges; abolilion ou exaltation de l’ouïe et de la vue ; langue tremblante.

Ordinairement dans le troisième septénaire, les symptômes s’aggravent ; hoquet, grincemens des dents, aphonie, oblitération des sens, carphologic, déglutition impossible , face hippocratique , mort.

Dans le cas d'heureuse terminaison , il reste quelquefois dans la convalescence, des symptômes tels que la surdité , un bégaiement , l'air étonné , la vue trouble et des aberrations d’idées, comme j’ai eu occasion de 1 observer depuis peu chez la femme d'un tanneur, et chez un jeune homme de 18 ans.

Traitement : Lorsqu'il y a complication muqueuse , l’émétique, dans le principe, dissipe quel' quefois tout- h -coup les synlptômcs d’ataxie; autrement nue diète plus ou moins sévère ; les toniques , et particulièrement les vins généreux ; les stimulans ou nervins tels que les infusions de valériane , d’arnica , de serpentaire de virginie , le camphre , les huiles volatiles, le musc ; les irritans modifiés suivant l’exigence des cas, sont les faibles ressources de l’art.

Jeunes praticiens, n’écoutez pas le docteur Broussais qui prétend guérir les fièvres malignes uniquement par les émolliens et les sels neutres, et qui ne recommande les stimulans que dans les typhus nés sous les influences les plus débilitantes. Que d accidens ne produit pas un médecin systématique !

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Je suis encore obligé de convenir que je n’ai jamais Aru jusqu’ici de fièvre ataxique essentielle ; celle ainsi qualifiée m’a paru toujours être l'effet d’une lésion du système nerveux par suite d’une affection primitive telle que fièvre muqueuse, fièvre bilieuse simple ou inflammatoire. L’ataxie est souvent l’effet des évacuans ou des toniques donnés avec excès.

Combien sont répréhensibles ces praticiens légers ou imbus de fausses théories, qui sc jouent impunément de la vie de leurs semblables!

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