‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 35 sur 119 · Bubons ou Poulains · texte numérisé non relu

Bubons ou Poulains

Caractère. Tuméfaction des glandes des aines 9ans avoir été précédée de gonorrhée ni de chancre.

Causes. Virus vénérien porté immédiatement sur les glandes inguinales.

Symptômes. Douleur dans l’aine avec dureté et tuméfaction bornée à un ganglion, d’abord de la grosseur d’un haricot et ensuite d’une cerise , avec difficulté de marcher, douleur aiguë, pulsation, peau d’un rouge vermeil. La terminaison se fait ou par résolution ou suppuration, rarement par induration, par diathèse scrophuleuse ; quelquefois dégénérescence en ulcère phagédénique, sur -tout dans les hôpitaux.

Traitement. Empêcher la suppuration, s’il est possible, lorsque l’inflammation est forte, par les sangsues appliquées autour de la tumeur, les laxatifs pour tenir le ventre libre . le repos, une diète sévère, les cataplasmes émolliens et narcotiques.

Quand la tumeur est sans inflammation , il ne faut point, quoiqu’en disent quelques auteurs, faire

de saignée locale; on doit, au contraire, tenter la résolution par des frictions autour de la partie , avec la pommade mercurielle dite onguent napolitain double , et par l’application de l’emplâtre de vico cum mercurio, l’un des quatre fondans. Si ces préparations de mercure produisent la salivation, on peut gargariser souvent la bouche avec deux gros de borax et deux gros de miel dans huit onces d’eau bouillante.

Si la suppuration est très-prononcée, on la favorise par des cataplasmes émollicns et on ouvre la tumeur avec une lancette ou un caustique. Lorsque la cicatrisation est diflicile, plus de mercure, fomentations et cataplasmes avec décoction de ciguë et têtes de pavots; à l’intérieur, décoction de quinquina acidulée avec l’acide nitrique et les opiacés; régime restaurant.

Symptômes de T affection générale, ou consécutive ou constitutionnelle, vulgairement la Vérole.

Les symptômes de l’affection générale sont tou-jours la suite de l’absorption du virus vénérien, soit sans aucun effet local, soit provenant de la gonorrhée ou d un chancre et d’un bubon, soit par suite de son application sur une partie excoriée.

Je crois qu’on me saura gré de présenter dans un tableau très - resserré les effets désastreux du virus vénérien lorsqu'il a séjourné pendant quelque temps dans notre économie.

Ce virus peut pr

EPIDEMIES

oduire , en agissant sur leS

« rouge&ties.

tâches J brunâtres.

t. cuivreuses.

ulcères ou chancres du gosier et de la langue, tubercules, bosses ou peliles tnmcurs.

semblables â des morsures de

pustules

f dermoïde ou de la peau,

puces;

lenticulaires; galeuses ; écailleuses ; crou teuses ;

setpigineuses ou s’étendant erl serpentant.

crêtes ou excroissances frangées ;

condylomes ou excroissances molles ;

verrues, porreaux ou callosités; choufleurs ou végétations btaucliues;

thagades, fissures ou crevasses; rugosités ou vides.

alopécie ou chute des cheveux.

urélral ;

catarrhes

excroissances telles que

muqueux,

{urétral ; vaginal :

oculaire tion.

lymphatique, ) ;y sternes^ musculaire, I

fibreux ,

parenchyma-^ tcux,

cellulaire, I

osseux,

des ligamens articulaires,

du périoste , ^

re souvent avec ulcéra-

ulcbres eonse'cutifs.

bubons consécutifs;

gondemcns et indurations des ganglions, rhumatisme chronique.

^ goutte | nodus.

péiiostose ou gonflement du périoste.

inflammation et suppuration des poumons, avec lièvre hectique ou consomption; squiirhe du foie, de la tate, etc.; végétation et excroissance dans 1 intérieur du cœur.

gondemcns, tumeurs indolentes, anthrax.

ostéocopes ou douleurs aiguës des os; exostoses ou tumeurs osseuses; carie des os du palais-, du nez , etc. ; nécrose ou mortification totale ou partielle d uil os;

séquestre, portion morte d’un os , enveloppee du périoste à l’état cartilagineux ou osseux.

C cécité ou privation de la vue; nerveux, ^ surdité, diminution ou abolition de l’ouïe.

Traitement des symptômes consécutifs de la syphilis.

i.° Extérieurement : frictions mercurielles ( i ). Après un évacuant, s’il est nécessaire, et quelques bains, on fait frictionner l’intérieur des cuisses, de deux jours l’un, avec un gros ou un demi-gros d’onguent mercuriel, qu’il faut encore continuer quelques temps après la disparition des symptômes. Quatre ou cinq onces d’onguent suffisent ordinairement pour le traitement qu’on doit terminer par un ou plusieurs purgatifs.

a.° Intérieurement : Pilules mercurielles avec calomélas ou muriale de mercure comme celles de Béloste, une ou deux matin et soir; muriatc sur - oxigéné de mercure, vulgairement sublimé corrosif ( seize grains dans deux gros d'alcool et. deux livres d’eau distillée, dont ou fait prendre une cuillerée, tous les matins, dans un verre de lait tiède ou d’une infusion de fleur de guimauve ). Seize à trente-six grains de sublimé suffisent, en ajoutant à ce moyen les bains lièdes et les sudoriliques tels que le gaïac, la salse-parcille, le sassafras et la squine en infusion ou décoction.

Lorsque les symptômes de la syphilis sont légers, l'emploi du mercure, pendant quatre ou six:

(i) Le mercure s'emploie intérieurement ou extérieurement jusqu’à tendance à la salivation. Ce minéral, dans les maladies vénériennes, n’agit qu’en stimulant ou développant 1 énergie des organes dont les fonctions sont entravées par le virus. i3

semaines, suffit pour guérir; mais si la maladie est ancienne et grave, il faut huit ou dix semaines et plus. Les sudorifiques sont alors indiqués, en les associant à la liqueur de Vanswiélen, au sublimé : on prescrit une cuillerée à bouche de cette liqueur dans trois ou six onces de sirop de Cuisinier. C’est ainsi que l’on doit combattre les pustules, les éruptions crouteuses, etc.; l'ophlhalmie vénérienne exige dé plus, quelquefois, les sangsues aux tempes, des purgatifs, un vésicatoire, des baius d’yeux et des collyres.

Contre les douleurs vénériennes et les ostéocopes : frictions locales avec onguent mercuriel ou citrin ; traitement général ■ sudorifiques ; bains ; opiacés.

Les excroissances se combattent extérieurement par dissolution de sublimé, eau phagédénique , pommade mercurielle, ligature et traitement général.

Les ulcères des amygdales, de la luette, de l’arrière-bouche, du nez, doivent être nettoyés avec de la liqueur de Vanswiéten, et ensuite touchés avec le collyre de Lanfranc. On dirige aussi sur ces parties, à l’aide d’un entonnoir renversé, des vapeurs provenant de la myrrhe et du sulfure de mercure rouge jetés sur un fer chaud.

La carie des os exige l’incision des tégumens , du périoste et l’application d’un caustique pour produire l’exfoliation.

Le régime consiste en substances animales de

EN PARTICULIER. I g5

facile digestion, bouillons légers , soupes, panades, oeufs fiais, crème de riz, lait, légumes et fruits mûrs. Point de liqueurs spiritueuscs et acides, ni de viandes salées; aux repas, vin étendu dans beaucoup d’eau. Le froid et 1 humidité sont nuisibles.

Hydrophobie communiquée, vulgairement Race.

Caractères : Horreur de toute espèce de liquides dont la présence excite des symptômes convulsifs dans la gorge.

Causes : Salive d’un animal enragé introduite par morsure ou appliquée par la langue sur une partie excoriée. Je doute très fort que la respiration de 1 baleine d'un hydrophobe puisse produire , connue ou le prétend, cette épouvantable maladie.

L’action du virus se développe après 5o ou 40 jours et rarement au de -là.

La rage spontanée se développe dans les fortes chaleurs ou pendant les froids les plus rigoureux, le plus souvent par défaut de boisson.

Symptômes. Les précurseurs sont : tristesse, inquiétude, pusillanimité, sommeil agité, rêves sinistres, fuite de la lumière, recherche de la solitude, élancemens dans les parties mordues, affections nerveuses variées.

i.ve Période. A l'invasion: ardeur et constricîion à la gorge, déglution diflicile, soif vive , horreur

i ç)ô épidémies

des liquides, visage animé, yeux hagards cl farouches, crachotement d’une salive écumeuse, respiration gênée.

2.c Période. Voniisscmcns bilieux, convulsions, grincemens de dents, envie de mordre, pouls dur et inégal, priapisme, renouvellement d’accès à l’aspect des liquides et de la lumière ou de tout corps brillant.

5.e Période.. Affaissement du pouls, pâleur du visage j refroidissement des extrémités , et la mort, dans un mouvement convulsif ou dans une syncope, arrive le 3.e ou 4-p jour de l’invasion.

Traitement. Dans les trente-six premières heures : faire saigner beaucoup la plaie et appliquer le feu ou un caustique potentiel , et même , lorsque la cicatrice est faite, enlever avec un instrument tranchant toutes les parties qui ont été imprégnées de la salive de l’enragé, ou mieux les détruire parle feu, ou le muriate d’antimoine liquide, et couvrir ensuite la partie avec un large vésicatoire dont on entretient la suppuration pendant trente à quarante jours. Ordinairement on joint à la cautérisation l’usage interne de l’ammoniaque ou alcali-volatil par gouttes dans de l’eau. On conseille aussi le musc, l’opiiun, le camphre, le castoreum, le vinaigre bu en grande quantité, les plus forts sudorifiques, les frictions mercurielles pour faire saliver, et quelquefois les bains de mer. On a soin d’inspirer de l’assurance au malade et de distraire son imagination frappée . en lui faisant

EN PARTICULIER. îgj

oublier, anlanl que possible, sa cruelle position.

L’hydrophobie étant une aflection essentiellement nerveuse, il n'est pas étonnant que l’on préconise journellement, dans quelques-uns de nos cantons, l’usage d’ omelettes ou entrent la racine d’églantier, des écailles d’huîtres calcinées, de J’huile de noix et d’autres moyens aussi ridicules; car il est possible que leur usage, par la confiance sans bornes des malades, produise sur le système nerveux une commotion favorable.

Quoiqu'il en soit, répétons que la cautérisation, même dans les plaies complètement cicatrisées, est seule avantageuse. On a beaucoup ii espérer de ce moyen lorsqu’il est mis en usage avant que les douleurs lancinantes ne commencent à se manifester autour de la cicatrice.

Quand la rage est déclarée, l’art n'yr peut plus rien.

J ai été appelé, il y a neuf ans, pour deux individus en rage. Le premier était un garçon de dix ans, en accès par suite d’une morsure de chien à la main droite. Cet enfant,’ qui ignorait que l’animal lui enragé, mourut à la lin du 5e jour dans d affreuses convulsions. Lorsqu’on traversait le courant d air ou de lumière qui arrivait à son lit par une petite croisée, il poussait des hurlemens affreux, eu disant quon lui coupait la respiration.

Le second était une domestique, âgée de /, 5 ans, tombée en rage au bout de quarante jours pour S être fait lécher, par un chien, un ulcère

ï 9^ épidémies

qu elle avait depuis long - temps derrière l’oreille

droite.

Ces deux faits déposent contre l’opinion de Hos- (jt/illon , qui prétend que le développement de cette affreuse maladie n’est que l'effet de l’imagination.

Petite Véroi.e Inoculée et Vaccine.

La petite vérole inoculée ou artificielle, est celle communiquée par insertion , du virus variolique, ou du virus vaccin.

La communication ou l’insertion du virus variolique étant un attentat contre l’espèce humaine, l’autorité supérieure devrait prendre des mesures pour empêcher cette dangereuse pratique et sévir contre ceux qui s’en font un métier.

Croira-t-on que I on ait osé avancer que la petite vérole inoculée est plus bénigne que la naturelle ? Comment a-t-on pu espérer que le virus variolique, dont il ne faut qu’un atome pour produire épidémie , ne rencontrera que des sujets sains, et des circonstances propres à écarter toute espèce de malignité P

Si l’inoculation est préjudiciable, il n’en est pas de même de la vaccination qu’on ne saurait trop préconiser. Le plus bel éloge que l’on puisse faire de celle inappréciable découverte, est celui qui échappe actuellement ( sans doute de bonne foi) de la bouche de certains inoculatcurs que la eu-

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