‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 4 sur 119 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

Votre très-humble et très-dévoué serviteur ,

TRANISOY, D. M. P.

éi

fl

PRÉFACE

VV% Wi\tWWiW\W%

Nommé par Sou Excellence le Ministre de l’Intérieur, en septembre i8i5, Médecin des épidémies pour les arrondisseine ns d’Amiens et de Doullens, jat* repris de suite un travail sur la concordance de la constitution atmosphérique avec la médicale, travail que j’avais commencé en i8o5 et que je continuai A>n 1806 et 1807. J’étais alors Médecin des hospices civils d’Amiens, où je professai successivement l’anatomie, la physiologie, la matière médicale, et l’hygiène.

Mes observations m’ayant mis et me mettant continuellement à même d’apprécier cette concordance , je crois devoir publier, d’une manière succinte, ce que l’expérience m’a appris. Mon seul désir est detre agréable aux vrais pra-

II PRÉFACE

ticiens et d’instruire ceux à peine initiés dans un art où Ton ne rencontre, à chaque pas, que difficultés.

Les obstacles qui se présentent naissent toujours de ce que, peu accoutumés à observer, les jeunes médecins no voient que le malade, sans s’occuper de l’influence de l’atmosphère, des localités, et des choses que le vieillard de Cos a si bien décrites dans son Traité de aere , locis et exquis; aussi, fidèle observateur des préceptes de ce grand maître, me suis-je, d’une manière toute particulière, occupé des rapports de l’homme avec ce qui l’environne.

Ce Traité élémentaire étant particU*lièrement destiné aux Officiers de santé, je n’ai employé les mots tirés du Grec que lorsqu’ils étaient indispensables, attendu qu’ils rendent souvent notre science obscure par trop de richesses.

J’ai également eu soin d’expliquer les expressions en apparence barbares, consacrées par l’usage ; en un mot , je me suis attaché à mettre dans ce Traité toute la simplicité et la clarté qu’il exige.

Après avoir étudié attentivement les Epidémies d’Hippocrate, et comparé les ouvrages des Grecs , des Arabes , des Latins et des Modernes sur les maladies populaires ou épidémiques, je me suis livré à la recherche de la vérité. Les hôpitaux, les prisons, les lieux infectés d’épidémies, m’ont procuré les moyens de méditer sur les maladies régnantes, dont j’ai comparé les différentes descriptions dans les ouvrages de ceux qui se sont occupés et s’occupent encore de jeter les fondemens d’une lionne Nosographie ou description des maladies.

Ayant cherché à mettre à profit, autant qu’il ma été possible, les leçons que j’ai reçues des plus célèbres professeurs de la capitale, fortifié par une application constante de leurs principes, dont la justesse m’a été démontrée par mes observations, et ayant sur -tout écarté les explications qui m'ont paru systéma* tiques, puis -je me flatter d’avoir atteint le but que je me suis proposé?

Combien je m’estimerais heureux si j obtenais ce prix des veilles que j’ai

TV

consacrées an soulagement de l’humanité souffrante!

Comme je n’ai d’autre dessein que d’être utile à mes semblables, je recevrai avec reconnaissance les observations qui me seront faites dans l'intérêt de notre honorable profession, et je m'empresserai de rectifier les erreurs que je pourrais avoir commises, errare humanum est.

Cet ouvrage se compose de huit chapitres, dont chacun est précédé d’un tableau synoptique qui en est le plan, à l’exception des chapitres 4-c et 7.% attendu que la nomenclature de l’un est comprise dans le chapitre qui le précède, et que le second n’en est pas susceptible; mais ils sont remplacés par trois autres tableaux synoptiques : i.° celui comparatif de la petite-vérole naturelle avec celle par inoculation et la fausse petite-vérole ou vérolette, du vrai avec le faux vaccin ( page 207); 2.0 celui des crises ( page 3 06); 3.° celui des médicamens ( page 4-53 ).

PRÉFACE

Le premier chapitre offre la topographie .physique du département de la Somme en quatre articles :

L’aspect général et la nature du sol ;

L’état atmosphérique ;

L’exposition des lieux ;

Les effets du sol sur ses productions*

Le second présente, en cinq paragraphes, la topographie médicale ou l’influence de l’exposition des lieux ( sous la domination de l’état atmosphérique) sur les maladies régnantes {page Si).

Le troisième traite des maladies épidémiques en général : il comprend leurs causes et leur nomenclature d’après ces causes {page 89 ).

Le quatrième fait connaître les caractères essentiels, les causes, les symptômes, les complications et le traitement des maladies épidémiques en particulier {page 124).

Le cinquième expose la concordance de l’état de l’air atmosphérique et des lieux avec les maladies qui ont régné

PRÉFACE

depuis le 21 septembre i8i5 jusqu’en janvier 1819 [page 307).

Le sixième indique les maladies épidémiques qui ont existé dans les arrondissemens d’Amiens et de Doullens depuis septembre 181 5 jusqu’en janvier 1819 {page 35i ).

Le septième donne le traitement raisonné de la lièvre muqueuse épidémique le plus souvent compliquée d’adynamie et d’ataxie ( page 447 ).

Le huitième fournit les principaux prophylactiques ou préservatifs, et traite des antidotes ou moyens propres' à combattre les empoisonnemens si fréquens dans nos campagnes ( page 496 ).

Eu égard à l’intérêt général, j’aime à croire qu’on ne me saura pas mauvais gré d’avoir fait connaître, dans cet ouvrage ( présentant le tableau de toutes les maladies épidémiques ou populaires ) , les substances vénéneuses et les contrepoisons.

PRÉFACE

Si cette esquisse d’un grand travail est bien accueillie, je pourrai peut-être, plus riche quelque jour en observations ( dans le cas où personne ne m’aurait précédé), lui donner le développement qu’exige son importance; car elle est telle que les épidémies ont constamment fixé l’attention des Souverains et particulièrement celle de l’infortuné Louis XVI qui, par une sollicitude toute paternelle, ordonna, en 1787, l’impression des ouvrages de Lepecq de la Clôture, en 3 volumes in-40.

Page 1