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DE L’EAU DISTILLÉE

Î j’eau distillée est employée, en chimie, dans presque toutes les opérations. Elle peut être considérée comme l’agent général du chimiste. Elle sért à séparer tous les corps les plus solubles de ceux qui le sont moins, ou qui ne le sont pas sensiblement ; la plupart de ces séparations étant généralement connues, nous avons cru devoir nous borner à en citer quelques-unes. On doit, employer l’eau à l’état de pureté, afin qu’elle n’apporte dans les corps que l’on traite par son moyen , aucune substance étrangère, inconvénient que l’on éprouverait, si on employait des eaux de rivière, de puits, de fontaine, ou même de l’eau distillée impure, qui pourrait contenir des matières volatiles ; de l’acide carbonique (i), de l’ammoniaque, etc.

L’eau distillée, préparée avec soin, doit donc être employée exclusivement dans toutes les analyses, de

(i) Il est bien difficile d’obtenir l’eau distillée exempte de tous corps étrans;ers, comme nous le verrons au chap. des préparations.

ilG inArrÉ DES réactifs.

môme que pour tenir en solution la plupart des réactifs

journellement usités dans les laboratoires de chimie.

On s’en sert pour laver les sels par petites lotions successives; on les fait ensuite dissoudre à chand; on filtre la solution, qui cristallise par refroidissement. On décante l’eau mère, on lave , et l’on fait égoutter les cristaux, si la solution saline n’était pas susceptible de cristalliser en refroidissant, il faudrait faire précipiter le sel par l’évaporation, le faire égoutter et le laver de nouveau. Ces moyens très-simples de purification donnent dans beaucoup de cas de bons résultats. On se sert aussi des lavages multipliés pour purifier la plupart des précipités insolubles que produisent divers réactifs dans une foule de dissolutions.

On s’en sert pour séparer des soudes et des potasses brutes , l’alkali et les sels solubles qui sont unis aux matières terreuses.

Pour reconnaître si un sucre ën poudre ou une cassonade sont mêlés de sucre de lait ( qui est moins soluble que le sucre de cannes), ou de matières insolubles étrangères (Sable, etc).

L’eau distillée s’emploie pour étendreles acides, rendre leur usage plus commode, et obtenir plus de précision lorsqu’on veut connaître le pouvoir saturant de diverses substances (^ alcalis) , qui se combinent avec eux.

Pour augmenter les volumes d’une multitude de solutions sans les altérer.

L’eau s’emploie pour former les solutions saturées d’un sel pur, et laver avec ces solutions des mélanges de diffèrens sels. On dissout parce moyen tous les selsétran-

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gèrs àcèlui dont on veut reconnaître la proportion dans le mélange essayé.

Elle fait reconnaître le potassium et le sodium; ces métaux projetés sur ce liquide, y brûlent ayec damme en tournoyant à sa surface; leurs oxides (potasse et soude) , restent en dissolution et sont faciles à reconnaître : ils verdissent les couleurs bleues végétales , saturent les acides et forment des sels û base de soude ou de potasse j qui ont des caractères differens. Pour distinguer immédiatement ces deux oxides l’un de l’autre; on veise dans leur solution du chlorure de platine ; ce réactif forme avec l’oxide de potassium un sel double , insoluble, qui se précipite en jaune , phénomène que ne présente pas l’oxide de sodium. Il faut pour que cet effet ait lieu , même avec la potasse, que les solutions ne soient pas trop étendues.

L’eau peut servirà séparer le gluten de l’amidon, et celui-ci de la matière sucrée. Polir cela on réduit la farine, de laquelle on vêtit isoler ces substances, enunepâte d’une assez forte consistance j on y fait tomber un petit fllet d’eau distillée, en la malaxant jusqu’à ce que l’eau n’entraîne plus de fécule amylacée, ce que l’on reconnaît à ce quel’èau qui apassé dessus coule limpide : la matière élastique, et en

i quelque sorte membraneuse qui reste dans la main, est le gluten ; l’eau de lavage tient en suspend l’amidon qui »i SC dépose; la matière sucrée reste en dissolution.

L’eau peut servir pour purifier l’éther qui contient de l’alcool, et même pour mesurer approximativement le I mélange de ces deux substances. A cet effet on met dans ün tube gradué une quantité du liquide qu’on veut es- I sayer , dont on observe le volume ; on l’agite ensuite avec

une certaine quantité d’eau , et après quelques instans de repos, on reconnaît si le volume de l’éther essayé a di niinué, et de quelle quantité, en volume. Il faut avoir le soin de boucher le tube afin d’évier l’évaporation d’une partie du liquide. Cette opération n’est pas au reste d’une grande précision ; mais elle peut servir à reconnaître de suites! l’éther contient de l’alcool.

Ammoniaque ( alcali volatil fluor). La solution du gaz ammoniac dans l’eau , est employée pour reconnaître le cuivre et le nickel, dont les oxides, d’abord précipités par ce réactif sont redissous, si l’on ajoute un excès de cet alcali. Cette solution prend une couleur bleue tirant sur le violet; cependant la couleur bleue de la solution du nickel est moins belle que celle produite par le cuivre; on détermine d’une manière plus précise quel est celui des deux métaux qui est dans la liqueur, en y versant une petite quantité d’hydrocyanate ferruré de potasse, il se forme un précipité brun marron, si la solution contient l’ammoniure de cuivre; et un précipité vert, si c’est la combinaison de l’ammoniaque avec le nickel qui est dans le liquide.

Un barreau de zinc peut encore servir à distinguer l’ammoniure de cuivre de celui de nickel; il précipite le cuivre à l’état métallique, tandis que la solution de nickel est précipitée sous la forme d’une poudre noire.

On se sert avec avantage de ce réactif pour séparer le nickel du cobalt ; ce procédé consiste à dissoudre dans l’ammoniaque l’oxalale double de nickel et de cobalt; puis à abandonner cette solution à l’air ; le nickel se précipite , tandis que le cobalt reste en dissolution. Ou conçoit qu’en calcinant cet oxalate séparé du nickel, on

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obtient l’oxitle pur. Ce moyen d’analyse dû àM. Laugier, est de la plus grande exactitude; il peut être employé avec succès pour séparer les plus petites quantités de ces deux métaux. Depuis la publication de ce procédé, ce savant s’est assuré que le cobalt deThunaberg, dans lequel on n’avait pas trouvé de nickel jusqu’alors , en contenait généralement des quantités appréciables.

L’ammoniaque sert à faire. reconnaître le zinc, qu’elle précipite de ses dissolutions à l’état d’oxide; le précipité est redissous si l’on ajoute un excès de cet alcali. Par ce moyen on peut séparer le zinc du fer, ce dernier n’étant pas soluble dans un excès d’ammoniaque; mais il faut pour cela que dans la solution 1e fer soit au maximum d’oxidation.

On peut employer l’ammoniaque pour reconnaître le chlorure d’argent qu’elle dissout complètement, tandis que l’acide nitrique concentré ne le dissout pas.

On l’a recommandée pour faire reconnaître les sels à base de magnésie, et apprécier la quantité de cet oxide tenu en solution; d’après la propriété que présente ce réactif de précipiter la base à l’état d’oxide hydraté ; mais cette précipitation n’est que partielle, l’ammoniaque, dans ce cas, a l’inconvénient de former des sels Aonhles {^ammoniaco-magnésiens) : on donne , avec raison , la préférence au carbonate de potasse.

On emploie l’ammoniaque pour séparer le fer du n anganèse; si, par exemple , on a une solution qui contienneles hydro-chlorates de ces deuxmétaux, on y verse un léger excès d’ammoniaque on filtre; le fer reste sur le filtre à l’état d’oxide, tandis que le manganèse passe en dissolution : on le sépare de la liqueur en l’évaporant à

TBAiré DES BÉACTIPS.

siccité , et faisant calciner le résidu. Cette dernière opé* ration a pour but de volatiliser l’hydro-clilorate d’ammoniaque, de décomposer l’hydro-chlorate de manganèse, et d’obtenir en résidu l’oxide métallique (i).

V alcali volatil précipite Torde ses dissolutions ; le précipité ( ammoniurc d’or) sous forme floconeuse, devient pulvérulent par la dessication, il présente une couleur jaune-brunâtre ; frappé, sur un tas d’acier, ildétonne avec force; Tor est réduit, et si la percussion a été opérée sur un métal blanc (l’argent par exemple) , la surface de ce métal se trouve dorée après la détonation.

On peut employer aussi l’ammoniaque pour reconnaître le cuivre dans plusieurs substances livrées au commerce, et qui peuvent contenir ce métal d’après le mode de leur préparation suivi dans les fabriques.

Los produits suivans sont de ce nombre.

Le suc de rcglisse L’acide suirurique (2).

Le sous-pliospliate desoude. ;

Le sous-boratc de soude (Borax),

Le nitr.itc d’.argent, i

Le proto-sulfate de fer.

Le tartrate acidulé de potasse,

L’acide acétique.^

Le tamarin.

(1) Ce procédé d’analyse ne donne ]>as des résultats trés-exaets, nous, n’avons pas encore do moyen facile et économique pour séparer complèlcmentle fer du manganèse.

(2) Celui qui après avoir été employé à la purification de l’argent, peut être de nouveau livré au commerce, lorsqu’on l’a concentré une seconde fois il peut être employé pour la liiLrication de quelques produits ebimiques avec la petite quan-

TSAITÉ DES RÉACTIFS.

11 suffit pour cela de dissoudre celles de ces substances (jui sont solubles dansl’eau , de filtrer les unesetlcs autres et d’y ajouter quelques gouttes d’ammoniaque liquide. On verra paraître un précipité bleuâtre , soluble dans un excès d’ammoniaque J et donnant lieu à une belle cou^ leur bleue-v.iolâtrc.

On SC sert de l’ammoniaque dans les laboratoires de chimie et dans plusieurs fabriques, pour reconnaître la déperdition du gaz acide hydro-chlorique au travers des luts des appareils , il suffît d’approcher un tube trempé dans Valcali volatil , on voit à l’instant un nuage blanc opaque se développeraux endroits oiî le gaz acide hydrochlorique se dégage , on applique le même moyen à découvrir l’acide hydro-chlorique en trés-faible portion que l’on a dégagé des hydro-chlorates contenus dans quelques mélanges, à l’aide de l’acide sulfurique.

L’ammoniaque étendue est souvent très-utile pour arrêter l’effet des taches d’acides sur diverses étoffes ; le sous-carbonate d’ammoniaque" *est préférable pour cet : usage, parce que son excès n’a pas autant d’action sur certaines couleurs végétales, que l’on peut craindre d’al- 11 térer.

L’on emploie souvent, dans les laboratoires, l’ammoniaque étendue d’eau en diverses proportions, et il est quelquefois utile de connaîtreles quantités équivalentes de ce réactif; que le poids spécifique du mélange peut in-

titc de cuivre qu’il contient. La présence de ce nictal , cpii dans quelques cas serait cxtrérncmcnl nuisible , n’a aucun inconvcrnient dans une foule de circonstances.

laa tkaité des réactifs.

diquer. La table suivante que l’on doit à Iluniphry Davy

donne quelques-uns de ces rapports.

Guz uimncniac.

£ttu.

PoiHs «pêcîiique.

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