CE CHAPITRE COMPREND LES ACIDES
Acétique nitreux.
Arsénieux nitrique.
Carbonique oxalique.
Galliquc ; . sulj'ureux.
Hydro-fhlorique. , . 1 sulfurique.
Hydro-diloro-nitrique. .... ; tartrique.
Hydro-sulfurique cLolcstérique.
Ij’acidb acétique est employé pour rougir le papier bleu de tournesol , et le rendre propre à reconnaître la présence des alcalis.
Pour produire ce changement de couleur ( dû la saturation d’une petite quantité à' alcali qui a fait passer au bleu la teinture de tournesol, rouge primitivement), on trempe ce papier bleu dans une eau légèrement acidulée au moyen de quelques gouttes d’acide acétique; lorsque sa couleur est passée au rouge, on le lave dans de l’eau distillée pure à plusieurs reprises , et ou le fait sécher. Ce papier rougi a rinconvénieut d’être ramené nu bleu par so.n exposition à l’air, effet qui doit probable ment être attribué aux émanations ammoniacales répandues dans l’air atmosphérique.
Le pouvoir saturant de l’acide acétique étendu d’eau étant très-faible , ce papier qui n’en retient lui-même^
TflAlTÉ DES RÉACTIFS. 125t
qu’une très petite quantité est d’une grande sensibilité pour reconnaître des traces d'alcali.
L’acide acétique peut servir à démontrer la présence del’or en solution dans l’acide muriatique; il décompose cette solution, et réduit l’or à l’état métallique.
L’acide arsénieux est employé pour faire reconnaître l’acide hydro-sulfurique , qui est décomposé par ce réactif. L’hydrogène de l’acide hydro-sulfurique, s’unissant avec l’oxigène de l’acide arsénieux forme de l’eau, et le soufre se combinant au métal , donne un précipité , sous forme de flocons d’un très-beau jaune [sulfure d' arsenic ou or pin). Ce précipité desséché est fusible ù la chaleur, il se prend par le refroidissement en une masse friable d’un jaune-orangé. Chauffé à une température plus élevée, il entre en ébullition et se distille en gouttes rouges. Chauffé avec le contact de l’air atmosphérique il absorbe l’oxigène, se convertit en acide sulfureux et en oxide d’arsenic : si on chauffe ce dernier, il développe, en se volatilisant une odeur alliacée qui fait reconnaître tous les produits de l’arsenic.
Il précipite la chaux de sa solution dans l’eau , et forme avec elle un sel semblable à celui que l’on trouve dans la nature ( arsènite de chaux pharmacolithe ). Le caractère de ce sel est de répandre des vapeurs reconnaissables a leur odeur d’ail, lorsqu’on le met sur un fer rouge, et de laisser pour résidu de l’oxide de calcium.
On peut se servir de l’acide arsénieux pour constater la présence du cuivre en solution, dans un liquide. A cet effet on combine l’oxide d’arsenic avec la potasse, et on verse de l’arsénite dépotasse obtenue dans la liqueur qu on suppose contenir ce métal dissous. S’il encoiUientj^
126 TRAITE DES RÉaCTIES.
il se forme aussitôt un précipité vert auquel on a donné le nohi de vert de Schéele; ce précipité est reconnaissable par différens caractères, il donne par l’action de la chaleur des vapeurs arsénicales, et laisse pour résidu de l’oxide de cuivre. Si la précipitation n’a pas lieu , on peut être assuré que la liqueur ne contient pas de cuivre.
Acide car.bonique. ' Cet acide gazeux, dissous dans l’eau, sert de réactif en plusieurs circonstances; il précipite l’eau de chaux, de strontiane et de baryte, en formant des carbonates insolubles avec ces bases; mais il faut avoir la précaution de n’ajouter que la quantité d’acide carbonique nécessaire, ou faire bouillir le mélange pour chasser l’acide carbonique libre, sans ces précautions l’acide mis en excès redissout une partie du précipité. Les carbonates obtenus par cette précipitation, sont décomposés par la plupart des acides minéraux et végétaux avec effervescence, et ils donnent lieu à d’autres sels reconnaissables par leurs caractères particuliers. Nous allons citer un exemple des sels produits par la réaction de l’acide sulfurique sur les carbonates de chaux , de baryte et de strontiane pour faire ressortir ces caractères , et montrer qu’ils sont distinctifs.
Le carbonate de chaux, traité par l’acide sulfurique fait effervescence, en dégageant l’acide carbonique ; de cette réaction , résulte un sel blanc sulfate de chaux, peu soluble dans l’eau, se précipitant, sous forme grenue , et qui, chauffé fortement dans un creuset, délayé ensuite avec peu d’eau, absorbe ce liquide et se prend en masse (plâtre). Le carbonate de baryte subit la même décomposition ; le sulfate de baryte qui en résulte est blanc, pulvérulent, d’uii poids spécifique considérable ; tout à
TRAITÉ DES RÉACTIFS. lUJ
fait insoluble dans l’eau , chauffé au chalumeau ; il colore la flamme en jaune.
Le carbonate de strontiane , traité de la même manicreest converti en un sel blanc peu soluble dans l’eau , d’un poids spécifique un peu moins considérable que celui du précédent; chauffé au chalumeau, il colore la flamme de labdugie en pourpre, etc.
L’acide carbonique peut être employé pour reconnaître le sous-acétate de plomb qu’il précipite en partie à l’etat de carbonate (i) ; il troublé aussi la solution d’acétate de plomb, même légèrement acide. Un des caractères du précipité produit (carbonate de plomb) est d’être décomposé , dissous avec effervescence par l’acide nitrique, et de donner naissance à un sel blanc, pesant, opaque, sucré, cristallisable en tétraèdres anhydres, dont les sommets sont tronqués , etc. Ces caractères suffisent pour le faire reconnaître. Le carbonate de plomb est blanc, peu soluble dans l’eau, noircit promptement, si on l’expose à la vapeur de l’acide hydro-sulfurique, qui le convertit en partie en sulfure. Chauffé au chalumeau sur un charbon , il jaunit d’abord , puis il se réduit en globule métallique en faisant entendre un léger bruissement. 100 parties de carbonate de plomb contiennent
Acide carboniqne. i6,i5. i6,4 i
(Proust). ( éciinvalcns cli'l"®*.
Oxide de plomb 83,85. 83,6 )
L’acide carbonique combiné aux oxides métalliques ,
(i) Le soiis-arélalc de plomb perdant ainsi une partie de son oxide, passeh l’état de sur-acclate qui reste en solution, et devient dilfieilenicnt attaquable jrar l’acide carbonique.
lüS TRAITÉ DES RÉACTIFS.
$oude, potasse^ de., donne naissance à des sels qui précipitent presque toutes les solutions métalliques. Le» carbonates qui résultent de ces précipitations, soit par la couleur , soit par leurs caractères chimiques j donnent des indices sur les bases auxquelles ils appartiennent. Nous les décrirons enparlant des carbonates et sous-carbonates.
L’acide gallique sert à faire reconnaître la présence du fer; il sullit de verser quelques gouttes de la solution de cet acide dans la liqueur, qui contient un- oxide de ce métal : il se produit à l’insiant une coloration souvent très-intense, noire-violâtre; cependapt l’acide gallique ne colore pas la liqueur, quand le fer est au minimum^ mais en laissant cette liqueur exposée à l’air, la coloration se manifeste à la surface peu à peu et par couches successivement, de la surface au fond. Le gallate acide de fer étant soluble, il faut encore que la liqueur ne contienne pas un grand excès d’acide, et dans ce cas il faudrait étendre de beaucoup d’eau ou saturer une partie de l’acide a vec un alcali (i). (F’ej. infusion de noix de galle).
L’acide gallique peut servir à distinguer une solution de strontfane d’une solution de baryte dans l’eau ; cet acide produit dans la solution de baryte, un précipité de couleur verdâtre. La solution de strontiane n’es.t pas précipitée (Fourcroy et Vauquelin).
On peut encore se serv ir de l’acide gallique on d’ungallale soluble pour reconnaître la présence de petites quantités do titane mélangé dans quelque solution, il donne avec ce métal un précipité de couleur rouge-orangé.
(t) On se sert de cet acide pour reconnaître si le sulfate de cuivre d<-slinéanx operations de teinture c(.nlient du sulfate defer (pii nuirait ij la vivacité des, couleuis.
TtlAITÉ DES nÉACTIFS. I2Q
'Vticidà hydriodique. Cet acide, selon M. Sillimann, est ïe ineilleur réactif pour reconnaître le platine en dissolution ; quel<ïues gouttes de cet acide mises dans une solution de platine très-étendue, y déterminent une couleur rouge de vin intense, ou une couleur rougebrun qui s’avive par le repos.
1j' acide hydro-chlorique ( Acide muriatique, esprit .de sel) , sert à démontrer la présence de l’argent; il précipite ee métal de ses solutions sous forme de flocons blancs, caillebotés, qui se déposent au fond du vase. Le précipité ( chlorure d’argent ) , est insoluble dans im excès d’acide nitrique, soluble dans un excès d’ammoniaque; d’où l’on peut le précipiter de nouveau en saturant l’alcali par un acide. Desséché et fondu à l’aide de la chaleur j ce chlorure prend l’apparence de la eorqe, devient demi-transparent, susceptible d’être coupé com.me de la cire; exposé à la lumière, il acquiert une couleur violette ; mêlé avec de la crème de tartre, si on le frotte sur une lame de cuivre, il argente ce métal (ce moyen est la base d’un des procédés des argenteurs); le ohîorure d’argent , chauffé dans un creuset avec de la potasse, se décompose et donne lieu à un culot d’ai'gent métalli- ■que. C’est ainsi qu’on se procure l’argent le plus pur dans les laboratoires de chimie.
L’acide hydro-chlorique est employé pour décomposer les carbonates et les acétates ; comme les acides nitrique et sulfurique, il s’empare de leur hase et met â nu 'les acides carbonique et acétique, le premier se dégage avec effervescence, le second reste en partie dans la dissoluiion, mais la portion qui se dégage développe une odeur piquante et agréable qui lui est propre,.
IJO
TRAITÉ DES REACTIFS.
L’acide hydro-clilorique décompose le borate de sou de : et si la solution n’est pas trop étendue d’eau, il donne lieu à la précipitation de l’acide borique, sous forme de cristaux blancs, lamelleux, brillants. C’est un moyen de faire l’analyse de ce sel et de reconnaître la quantité d’acide , qui entre dans sa composition dans le rapport de 34 à loo de sous-borate de soude cristallisé. Si la solution de borate était trop étendue , une grande quantité d’acide borique resterait dissous Dans tous les cas il reste de l’acide borique en solution , on l’obtient en évaporant la liqueur.
Il peut servir à établir les caractères différents des solutions de proto et de deuto-nitrate de mercure; il précipite la première de ces solutions en blanc, tandis qu’avec la seconde il ne forme pas de précipité, etronvei’tit ce deuto-nitrate en perchlorure de mercure ( sublimé corrosif) , qui reste dissous et qu’on peut obtenir cristallisé par évaporation.
L’acide hydro-chlorique précipite la solution de nitrate de plomb, comme celle d’argent; mais le précipité diffère de celui obtenu du nitrate d’argent par sa forme, et parce qu’il se dissout dans vingt parties d'eau , et dans les acides acétique et nitrique', phénomènes qui n’ont pas lieu avec le chlorure d’argent.
On peut l’employer pour reconnaître la présence de l’alcali volatil libre dans une plante ou dans un liquide. Quand on veut s’assurer de la présence de cet alcali, on présente le bout d’un tube trempé dans de l’acide hydrochlorique étendu d’une quantité d’eau suffisante pour qu’il ne répande pas par lui-même des vapeurs blanches, lorsqu’on l’expose à l’air. On le présente soit é la plante
TRAITÉ DES REACTIFS l5l
écrasée, soit au liquide; si l’un ou l’autre contient de l’alcali volatil tout formé, on aperçoit des vapeurs blanches opaques très-sensibles.
Si l’alcali est combiné à un acide quelconque (comme cela arrive souvent) , il faudrait le dégager de la combinaison au moyen de la potasse ou de la chaux qu’on triture avecla substance à examiner , et ne présenter le tube mouillé avec l’acide hydro-chlorique faible qu’après avoir ainsi rendu l’ammoniaque libre (i).
L’acide hydro-chlorique est employé à séparer les dernières portions du fer qui peuvent se trouver avec le platine en mousse; il dissout le premier de ces deux métaux , et ne fait éprouver aucune altération à l’autre.
Il sert encore à dissoudre les métaux, soit seul, soit uni à l’acide nitrique pour former l’eau régale. C’est un excellent réactifpour analyser l’alliage de fer et d’argent, que les anglais emploient dans la fabrication des boutons. Ponr connaître le poids du fer converti en chlorure dans cette opération , on filtre la solution pour séparer le chlorure de fer soluble, et si l’on veut, on précipite cette solution par un alcali,* on lave le précipité, on fait sécher et on déduit le poids du fer de celui obtenu, tenant compte par le calcul de la quantité d’oxigène contenue dans cet oxide. Le chlorure recueilli ensuite, lavé, séché et pesé , donne directement le poids de l’argent
(i) ILy a des végétaux vivans qui contiennent l’ammoniaque tout formé. Nous avons examiné un bon nombre de plantes qin contiennent cet alcali ; |>armi celles qui en fournissent le plus à l’étal libre, on peut citer la cliélydoine, la fleur de sorbier et surtout la vulvaire, la betterave, le ricin , etc.
TRAITE DES BÉÀCTIPS.
qui entrait dans l’alliage, ce qui forme le complément de l’analyse.
1/ acide hydro-chloro - nitrique ( eaü régale , acide nitro-muriatique) est employé dans la préparation des réactifs pour dissoudre l’or, le platine, etc; il dissout aussi les métaux qui sont inattaquables par les acides minéraux simples. On a proposé plusieurs théories de cette action singulière de deux acides, dont chacun en particulier n’agit pas; mais ce n’est que depuis la connaissanc*e de la composition de l’acide hydro-chlbrique que l’on a pu s’en rendre compte ; cette explication est même devenue facile : L’acide nitrique cédé une partie de son oxigèneàuue partie de l’hydrogène de l’acidè hydro-chlorique; de là résultent de l’èau qui reste dans le liquide, du gaz nitreux qui se dégage et du chlore qui forme un chlorure par sa combinaison avec le métal ; en effet, l’eaü régale, soumise à l’action du feu, donne de l’acide nitreux et du chlore; et il est bien démontré que son action sur les métaux produit des chlorures, et qu’il y a dégagement de gaz nitreux ( Ver)'. le chapitre des préparations).
Acide hydro- sulfurique (hydrogène sulfuré). Cet acide sert de réactif pour précipiter de leurs solutions les métaux à l’état de sulfure. La couleur variée des précipités obtenu des diverses solutions métalliques, peut indiquer quels sont les métaux auxquels ils appartiennent : l’argent, le bismuth, le plomb, sont précipités en noir, l’arsenic en jaune-orangé, le cadmium en jaune, l’antimoine en brun-marron. On peut employer ce réactif avec succès pour séparer le cadmium du zino, le cadmium est précipité à l’état de sulfure jaune, tandis'
TBAITÉ DES RÉlCTIPSi l5S
que lé zinc reste en dissolution, pourvu qu’il y ait un léger excès d’acide dans la liqueur, (i).
L’hj'^drogènc sulfuré décompose l’acide iodique, s’empare de son oxigène pour former de l’eau : l’iode se précipite sons forme cristalline de couleur grise.
V acide nitrique ( eau forte) , est employé pour reconnaître la pureté de l’étain qu’il oxide à l’aide de la chaleur, mais qu’il ne dissout pas, tandis qu’il opère la dissolution des autres métaux auxquels celui-ci pourrait être mélangé, il faut cependant en excepter l’antimoine, qui est aussi oxidé par l’action de cet acide sans être dissous. L’acide nitrique n’agitni sur la platine, ni sur l’or; aussi l’employé- t-on souvent pour séparer ce dernier métal de l’argent et du cuivre avec lesquels il est allié dans la fabrication des monnaies et des bijoux. Il dissout ces métaux avec la plus grande facilité.
La propriété que présente l’acide nitrique, de dissoudre l’argent et le cuivre ,' le fait encore employer par les orfèvres pour reconnaître de suite si un alliage contient de l’or et en déterminer approximativement la proportion coutenuedans l’alliage. Pour y parvenir, on frotte la substance métallique qu’on veut essayer, sur une pierre trèsdure, de couleur noire, appelée cornéenne lydienne (vulgairement pierrede touche), de manière à recouvrir.
fi) Ln couleur joune du sulfure de cadmium donne à ce métal uu point de ressemblance avec l’arsenic, mais il en diffère en ce que, chauffe, il ne donne pas d’odeur alliacée, et que la couleur du métal est blanc d’argent, tandis que celle de 1 arsenic est gris d’acier. Ce dernier esf fragile , tandis que le cadmium est ductile.
’ *4 'ÏIVAITK DES UÉaCTIFS.
i>ar le frotlcment , umc jjoüIc partie de la surface de celte pierre d’une légère couche de l’alliage à examiner; on passe sur celle couche un mélange composé de 5o parties d’eau, 76 parties d’acide nitrique concentré du commerce, et 5 parties d’acide hydro-chlorique. On observepttentivemeVit les phénomènes qui se produisent; si la nuance doree prend une couleur différente de celle de l’or, ou si la couche diminue très-sensiblement, on en conclut que l’or essayé est l'i un très-bas litre; si elle s’efface complètement, il en résulte que la substance métallique soumise à l’épreuve précipitée ne contient pas d’or. ( Voy. le Manuel de l’Essayeur).
L’acide nitrique décompose les acétates , il s’unit à leur base et met à nu l’acide acétique dont une partie se dégage.
On l’a recommandé pour reconnaître l’homogénéité d’une masse d’acier : pour cela on verse un peu d’acide nitrique sur la surface métallique polie. L’acide dissout le fer et met à nu le carbone qui , combiné au fer, consti tuait l’acier ( 1 ) . Il faut avoir le soin d’employer pour ce t te opération de l’acide nitrique étendu d’eau, afin de ne pas enlever le carbone par une action trop vive de l’acide sur l’acier. Le précipité charboneux adhère d’autant plus fortement à la surface, que la dissolution est plus lente. Si les taches que l’acide fait ainsi paraître, sont également réparties, cela prouve que l’acier est identique dans toutes ses parties ; les taches répandues inégalement démontreraient au contraire, qu’il n’est pas homogène, et
Le carbone retiré de l’acier est, en partie, mêle de carbure de 1er,
TRAITÉ DES RÉACTIFS. l5j
qu’aiasl on ne doit pas l’employer iV fabriquer les instrumens délicats , qui exigent une répartition la plus égale possible du carbone dans toute la masse , soit pour la beauté du travail, soit pour sa qualité (i). L’acide hydrochlorique et sufurique employés avecles mêmes précautions donnent les mêmes indices.
L’acide nitrique sert encore à faire reconnaître les matières végétales qu’il convertit en acide oxalique, excepté la résine. Cette dernière substance, par l’action de cet acide, acquiert la forme d’une matière particulière de couleur jaune-orangée.
On se servait d’acide nitrique pour obtenir l’azote : à cet effet, on le faisait réagir sur les matières animales, il y avait décomposition de cet acide et dégagement d’azote impur. Ce gaZ était mêlé d’un peu d’acide carbonique, et quelquefois de deutoxide d’azote. On a renoncé à ce procédé pour employer exclusivement celui qui est fondé sur la combustion du phosphore dans l’air atmosphérique.
L’acide nitrique est employé pour établir une différence entre les arséniates et les arsénites, et les faire reconnaître; verse dans une dissolutiou d’arsénîte, il ensé- ! pare une poudre blanche ( oxide d’arsénic ) ; effet qui n’a
; pas lieu par l’addition de cet acide dans une solution
1 d’arséniate.
, Il sert à distinguer l’oxide rouge de plomb (minium)
I de celui de mercure ( précipité per se ). Ces deux
(i) Cette manière d’essayer l’acier, attribuée aux anglais y était employée en France depuis fort long-temps; Pernet, fameux coutelier, la connaissait parfaitement.
înAlTÉ DFS RÉACTIFS.
oxides, traités par l’acide nitrique, présentent des phé» nomènes difl'érens ; l’oxide de mercure est entièrement dissous, tandis que celui de plomb ne l’est qu’en partie; la partie non dissoute change de couleur, et se convertit en un oxide de plomb de couleur puce (oxide à un plus liant degré d’oxidation) (i).
L’acide nitrique, de même que l’acide sulfurique et muriatique, sert à faire reconnaître la présence des hydro-sulfates : en faisant réagir l’un de ces acides sur un hydro-sulfate, ce sel est décomposé, le soufre se précipite et la base s’unît aux acides.
L’acide nitrique peut encore servir à faire distinguer le palladium du platine. Ce moyen est dû à M. Lassaigne, il consiste à mettre sur des lames de platine et de palladium une goutte d’acide nitrique, de les laisser en contact pendant trois minutes, puis à ajouter une goutte de muriate d’étain : la place qu’occupait l’une de ces gouttes sur la lame de palladium est noircie, tandis qu’on n’observe sur la lame de platine aucun changement
L’acide nitrique est employé pour le départ de l’or et de l’argent, et pour les essais en grand et en petit.
Jcide nitreux. Cet acide , suivant l’observation de M. Planche, peut être employé à reconnaître une sophistication de la résine de jalap par la résine de gayac; il suffit pour cela de faire une solution alcoolique de la résine soupçonnée falsifiée. Une linge humecté avec cette
(i) L'oxide de plomb n’étant soluble qu'à l'élat de proloxidc, pour que la dissolution du dciitoxide de plomb s’opère , il Tant qu’une partie de son oxigènc se dégage. C’est cet oxigène qui se porte sur une partie du deuloxide, cl le fait passera l'cta» de li'iloxide, dont la couleur est différente.
TJI.UTÉ DES nr ACTIFS. 1^7
solulion, plongé dans le gaz nitreux n’éprouve aucune altération, si la résine est pure, tandis que la résine sophistiquée a présenté à M. Planche, une couleur bleue intense. Il peut être employé é reconnaître la présence d’une petite quantité d’hydrogène sulfuré dans les eaux minérales qu’il trouble en précipitant le soufre.
Acide oxalique. Il est employé pour démontrer dans un liquide, la présence de la chaux, soit libre, soit à' l’état de combinaison. Il précipite cette base en s’unissant avec elle, pour former un oxalate insoluble, blanc , pulvérulent, présentant par sa suspension dans un liquide une apparence nacrée. Séparé du liquide et exposé à l’action de la chaleur, il se -décompose et donne de l’acide carbonique et du charbon. Il laisse pour résidu du carbonate de chaux ou de la chaux (oxide de calcium) selo-n le degré de température qu’on lui fait subir.^ent parties d’oxalate de chaux sont composées
d’acide 68 p
de base. . . : . . o. 32
Pour que la précipitation de l’oxalale de chaux se fasse de suite , il faut que la liqueur ne contienne pas un grand excès d acide, c est pourquoi on se sert avec avantage pour les liqueurs acides dans lesquelles la chaux peut être dissoute, de la combinaison de l’acide oxalique avec 1 ammoniaque {oxalate d'ammoniaque) •, V alcali ncutratralise en partie l’acide dont un excès pourrait empêcher la précipitation de l’oxalate de chaux. L’acide oxalique sert aussi à séparer le cérium du fer : on prend la solution de ces deux métaux dans l’acide l’hydro-chlorique, on y verse de 1 acide oxalique qui forme un o.xalate insoluble
traité des réactifs.
avec le cérium, tandis que le fer reste en solution dans la liqueur.
Ce moyen d’analyse a été appliqué au titane pour le séparer du fer, l’oxalate de titane étant insoluble; mais la grande affinité de ces deux métaux l’un pour l’autre, empêche que la séparation ne soit complète; il reste du titane dans la liqueur avec l’oxalate de fer, et l’oxalate de titane précipité relient yn peu de fer. (Laugier).
MM. Dubois et Silveira ont appliqué ce procédé à la' purification de la zircone, se fondant sur l’insolubilité de l’oxalate de zircone dans l’eau, et la solubilité de l’oxalate de fer.
Par le même moyen, on sépare le cobalt du fer, l’oxalale de cobalt se précipite, l’oxalate de fer reste en dissolution (ïupputy. y
L’acide oblique sert àséparer la baryte delastrontiane ; pour cela on réduit le mélange de ces deux substances à l’état d’oxides [barytes et stroîitinne caustiques) , on en pèse une certaine quantité, on dissout dans l’eau , on verse de l’acide oxalique qui précipite la baryte et lastrontiane, mais en ajoutant de l’acide en excès, la baryte a la propriété de former un oxalate acidulé soluble, tandis que la strontiane n’est pas redissoute. Celte propriété annoncée par M. Morelli dans le journal de pharmacie, avait été observée précédemment par MM. Fourcroy et Vauquelin (Ann. cb. t. 21 , pag. 281 ).
L’acide oxalique est propre à faire reconnaître la présence du plomb en dissolution dans les vins, l’our cela on verse de cet acide dans le vin qu’on suppose en contenir, et on recueille le précipité , s’il s’en forme; ce prépité est coloré, et présente, lorsqu’on le cluuilïe sur un
traité des réactifs ' i3(7
charbon, les phénomènes suivants : il fume, blanchit, exhale les vapeurs provenant de la décomposition des. sels végétaux, et laisse pour résidu un globule de plomb métallique.
Acide sulfureux. L’acide sulfureux sert à faire recon-, naître l’acide indique en s’emparant de l’oxigène de cet. acide et précipitant l’iode qui est caractérisée par sa couleur d’acier et son apparence métallique.
On emploie l’acide sulfureux a 1 état liquide ou en vapeur pour blanchir la soie et la laine.
Cet acide forme, avec la soude, un sulfite acide de soude qui sert au blanchiment de certaines substances de nature végétale (les chapeaux de paille, parexemple), combiné à la chaux, il est employé avec succès dans les arts pour muter les vins et tous les liquides dont on veut arrêter la fermentation. • '•
On emploie encore l’acide sulfureux pour analyser les fontes et les aciers , et- s’assurer de la quantité de fer qu’ils contiennent. Pour cela, on réduitla fonte en poudre fine , on l’introduit dans un vase contenant de l’eau distillée, et on y fait passer du gaz acide sulfureux. Cet acide dissout le fer sans attaquer les autres substances qui l’accompagnent. Quand la réaction est terminée , on lave exactement le résidu, on le sèche et on le pèse; son poids déduit du poids primitifde la fonte employée, donne pour différence celui du fer qui y était contenu. La dissolution de sulfate de fer, précipitée par le sous-carbonate de potasse, peut indiquer aussi la quantité de fer contenue dans la fonte analysée.
On obtient séparément le poids du charbon en le calci-’ nanl a l’air libre pour le brû-ler et le convertir en acide
carbonique, et enlin, on soumet à 1 analyse le dernier résidu qui a échappé à toutes ces opérations, (^ojezle chap. de l’analyse).
On reproche à ce procédé d’être long; en effet, il faut douze ou Cj,uinze jours pour dissoudre un ou deux gros de fer; on peut cependant hâter l’analyse en faisantpasser une grande quantité de gaz acide sulfureux sur la petite quantité de fonte ou d’acier soumis à l’analyse. Ce moyeu est préférable à ceux qu’on employait , avant de le connaître, pour analyser les fontes et les aciers ( Vauquelin ).
Acide sulfurUjue. (huile de vitriol. ) L’acide sulfui-iquc sert à faire reconnaître les sels de plomb et de baryte; dissous dans l’eau, il les précipite à l’état de sulfate. Le précipité de plomb est blanc, pesant, insipide, pulvérulent, insoluble dans l’eau , très-peu soluble dans l’acide sulfurique en excès, susceptible de se réduire ù une haute teiupérature, si on le chauffe sur un charbon. Avant de passera l’état métallique, il se transforme en sulfure.
Cet acide est employé pour reconnaître la baryte et la strontiane. Il forme dans toutes leurs solutions des sets insolubles, blancs, pulvérulens, inaltérables au feu. Le sulfate de baryte diffère du sulfate de strontiane, en ce qu’il est plus pesant, qu’il s’approche davantage d’une insolubilité complète, qu’il donne une flamme d’une couleur jaune au chalumeau , tandis que le sulfate de strontiane colore la flamme du chalumeau en pourpre.
On peut employer l’acide sulfurique pour distinguer l’indigo de l’hydrocyanate de fer, (bleu de prusse). La première de ces substances est soluble dans cet acide sans que sa Goiileur soit altérée , ) si l’acide est pur , tandis que le second se décolore complètement,
traité des réactifs.
M. KirchoiT, chiiiiistc russe, a fai L connaître la propriété qu’a l’acide sulfurique étendu d’eau, de convertir la fécule en sirop. U. Braconot , chimiste deNancy, s’est assuré depuis que l’on pouvait convertir en matière sucrée par le même moyen, les chiffons , la sciure de bois, la gélatine animale, etc., pour obtenir le sucre fourni par cette réaction, on sature l’acide parle sous-carhonale / de chaux, le sulfate de chaux, se précipite on le sépaie de la matière sucrée par filtration, et le liquide claii , évaporé, donne un sirop qui cristallise conlusemenl, ou se prend en masse très-compacte s’il est rapproché jusqu’à 46 degrés (Baumé).
L’acide sulfurique, étendu d’eau et marquant au pèse acide Baumé 10° équivalent 0,075 d’acide à i845, poids spécifique, ou à 66° aréométriques , est employé pour reconnaître la quantité d’alcali contenue dans les soudes et potasses qu’on trouve dans le commerce ; on prend pour point de comparaison la quantité d’acide qu’exigent pour leur saturation 100 parties de sous -carbonate de soude ou dépotasse àl’état de pureté (i), et l’on fait comparativement l’essai de la soude et de la potasse que l’on veut examiner,
M.Descroisilles a construit un instrument divisé en degrés, qui est à la portée de tout le monde; à l’aide de cet alcalimètre on peut constater promptement quelle est la quantité d’alcali contenue dans telle ou telle soude ou po-
li) Cinq grammes de sous-carbonate de soude sec et pur, ciigcnt 49)47 d’aei(/e à 10°. Cinq grammes de sous-carbonate de potasse sec et pur exigent, pour leur saturation , 42,40 d’acide sulfurique (I iPu,
K'p TRAITE DES REACTIES.
tasse du commerce : {Voy. la description des instrumens, et l’analyse des soudes et potasses) Quoicpie cet instrument soit d’un usage commode et très- facile, il y a cependant une foule de contestations sur les degrés obtenus ainsi : elles résultent, en général du peu d’attention qu’apportent les personnes qui font ces essais, de la précipitation qu’on met en faisant l’opération , du défaut de précision dans l’observation de la hauteur de l’acide dans le tube gradué , de la variation du volume dans les différences de la température atmosphérique; enfin de la nature de la matière colorante ( bleue végétale ) , qu’on emploie. Pour déterminer le point de saturation , on devrait s’imposer l’obligation de suivre les régies données pour préparer la teinture de tournesol, afin qu’elle fût toujours chargée d’une égale quantité de matière colorante, et quelle ne contint pas un excès d’alcali trop considérable. Quelques personnes' emploient, mais à tort, le sirop de violettes. En effet, cette matière ayant la propriété d’être virée au vert par les sulfites : ces sels qui se rencontrent souvent dans les soudes, indiqueraient ainsi une richesse alcali-métrique illusoire, puisqu’ils ixe contribuent en rien à la saponification des huiles, et qu’ils sont en général nuisibles dans la plupart des usages auxquels les alcalis du commerce sont destinés. Il est assez ordinaire que l’emploi comparé de ces deux matières colorantes ( tournesol et violettes) dans les saturations des soudes ou des potasses , donnent une différence de G à 12" degrés acalimèti'iques sur joo de soude du commerce contenant à-peu-près de soude pure.
Le papier de tournesol moins sensible que la teinture présente l’avantage d’avoir presque toujours le même
thaitl: des RÉAcnrs.
degré de coloration; il arrive cependant quelquefois que le tournesol, qui sert i\ préparer le papier, contient un trop grand excès d’alcali , d’où il suit qu il faut une plus forte proportion d’acide pour saturer cet alcali porté sur le papier, et par conséquent pour faire virer la matière colorante; afin de parer à cet inconvénient, et de rendre d’ailleurs ce papier d’essai bien plus sensible , on doit le tremper dans de l’acide acétique très-faible , au point seulement de faire virer sa couleur au violet.
MM. Gay Lussac etWelter ont publié des observations sur les erreurs qui peuvent être occasionnées dans l’essai Aes alcalis , parla présence des sulfures, sulfites et byposulfiles qui s’y trouvent mêlés , et qui neutralisent pendant la saturation une certaine quantité d’acide. Pour obvier à cet inconvénient ils prescrivent de traiter dix grammes de l’alcali qui contient ces sels par une petite quantité de chlorate de potasse, à l’aide delà chaleur, et de faire l’essai sur le résidu de la calcination. On change ainsi les sulfures et les sulfites en sulfates qui restent inertes pendant la saturation , et ne sauraient causer d’erreur sur la quantité d’acide sulfurique employé (i\
On emploie utilement l’acide sulfurique très-affiul)li pour faire passer au rouge le papier bleu de tournesol ; le papier rougi de cette manière a l’avantage de ne pas passer au bleu, ce qui arrive lorsqu’il est rougi par l’acide acétique; mais la couleur rouge produite est plus
(i) Si l’on a;»it sur une soude brute, on dissout dans IV.nu les parties solubles , on y ajoute un peu de clilorate de potasse , on évapore, <m calcine , et on fuitl’essai par l'acidesull'uri<jue sur le résidu.
difficile a faire virer au bleu, et par conséquent le papier est moins sensible.
L’acide sullbrique indique la présence du tellure en dissolution , en donnant lieu à une coloration d’une teinte améthyste.
A l’aide de cet acide on reconnaît s’il est resté du citrate de chaux en quantité notable , dans l’acide citrique il y a dans ce cas précipitation de sulfate de chaux, tandis que l’acide nitrique pure ne donnerait aucun précipité par ce réactif.
Il fait reconnaître la plupart des sels qu’il décompose en s’unissant à la base pour foi’mer de nouveaux sels, et mettant à nu l’acide qui, devenu libre, se dégage à l’état gazeux, reste dissout dans la liqueur, ou se dépose à l’état cristallin. Il sépare ainsi :
l’acide hydro-chlorique des hydro- chlorates, l’acide nitrique des nitrates, l’acide nitreux des nitrites, l’acide carbonique des carbonates, l’acide üuorique desfluates.
l’acide sulfureux des sulfites, l’acide acétique des acétates, l’acide Iiydro-sulfuriqu e des hydro-sulfates, le chlore des chlorates (i).
il précipite l’acide benzoïque des benzoates.
l’acide borique des borates , etc., etc.'
Ces acides présentent, pendant la réaction, les caractères particuliers suivons qui les font reconnaître. L’acide
(i) L’acide sulfurique versé sur le chlorate de potasse donne lieu au dégagement d’un mélange de chlore et de deutoxide de chlore. Quelquefois ce phénomène a lieu avec détonation.
TIUITÉ nES RÉACTirS. >45
liyciro-cliloriqiiese dégage sous forme de vapeurs blanches piquantes que l’ammoniaque fait reconnaîlie en les rendant beaucoup plus abondantes et plus opnques.Ge moyen est utile lorsque ces vapeurs sont en petites quantités jiour être reconnues A leur odeur piquante particulière. Ces vapeurs recueillies dans l’eau et mises en contact avec la solution de nitrate d’argent, donnent un précipité blanc cailleboté , insoluble dans l’eau et dans 1 acide nitrique et soluble dans l’ammoniaque, susceptible d être réduit par dififérens moyens (la potasse à l’aide la chaleur le gaz hydrogène, etc. ) donne de l^argent métallique.
L’acide nitrique en vapeur est de couleur blanche , mais si l’on ajoute de la limaille de fer ou de cuirre au nitrate, que l’on traite par l’acide sulfurique, on obtient un dégagement de vapeurs rutilantes qui sont du gaz acide nitreux; le même effet a lieu si le nitrate est mêlé à quelqu’autre corps combustible , ou s’il est sec, dans ce dernier cas, lacide nitrique, qui ne peut exister anhydre, est décomposé en partie, et laisse dégager de l’acide nitreux sous forme de vapeurs rouges.
L’acide carbonique se sépare avec effervescence et dégagement d’un gaz invisible, piquant les narines. Ce gaz reçu dans de l’eau de chaux ou de baryte, précipite ces .solutions à l’état de sous-carbonates de chaux ou de ba- ► ryte, pourvu toutefois que l’acide carbonique ne soit pas en excès; dans ce dernier cas les carbonates formés seraient redissous par l’excès d’acide carbonique, et ne pourraient être aperçus qu’en chassant l’excès d’acide carbonique par l’ébullition.
L’acide flnorique se volatilise en vapeurs, qui corrodent le verre. Ces vapeurs sont blanches, reçues dans
*46 thaitÎ; des kÉactifs.
l’cau elles laissenl précijjiter une poudre blanche, si l’actiun de l’acide snlïurique a eu lieu dans un vase de verre. ( On a s’est servi de cette propriété du gaz acide üuorique pour graver sur le verre.)
L’acide suU'ureux est reconnaissable à une odeur particulière, qui est la même que celle qui se fait sentir quand on enflamme une allumette soulïrée.
L’acide acétique qui se dégage des acétates, est facile à reconnaître à l’odeur piquante et agréable qui lui est particulière.
Le chlore dégagé des chlorates est mêlé de deuxotide de chlore , il se présente avec une couleur jaune et une odeur caractéristique.
L’acide hydro-sulfurique, obtenu des hydro- sulfates, est reconnaissable à son odeur qui est semblable à celle des œufs pourris. L’eau chargée de cet acide, précipite en noir les sels de plomb d’argent, de bismuth, etc.
L’acide borique est précipité en cristaux lamelleux , brillants et nacrés , solubles dans l’alcool dont ils colorent la flamme en vert.
L’acide benzoïque se dépose sous forme d’aiguilles, qui chauffées, répandent des vapenrs odorantes-, agréables.
L’acide sulfurique est mis en usage pour distinguer la soude d’avec la potasse; les sels qui résultent de son action sur ces deux bases, diffèrent parla forme cristalline, la saveur et le degré de solubilité : en effet, si l’on évapore des solutions saturées par cetacide, l’nne de potasse, l’autre de soude , la première donnera par le refroidissement une cristallisation d’un sel en petits cristaux grenus, opaques, peu solubles, craquant sous la dent et se fondant lentement dans la bouche et peu sapides ; la seconde (celle de soude), évaporée, donnera des cristaux prisnia-
TnVITÉ DES KÉACTIFS. l/jj7
tiques allongés, transparcns , trés-solubles dans l’eau, iV.iidanl rapideinciU dans labouche avec une saveur salée, lade. Exposés ù l’aclion de l’air, ils s’elïleurissent trèspromptement, et perdent ainsi 54 centièmes d’eau de cristallisation (i).
Il est souvent utile de connaître la quantité d’acide sulfurique contenu dans des mélanges en diverses proportions de cet acide et d’eau pure. La table suivante dontles principales divisions ont été données par M. Vauquelin, et les subdivisions parM. Darcet, indique ces rapports à la température de io“.
Degrés à l’aréomètre de Baume.
Quantité d’acide à 66®.
Quantité
d’eau.
Poids
spécifique.