‹ Traité élémentaire des réactifsChapitre 28 sur 64 · I - Omu >*•) I · texte numérisé non relu

I - Omu >*•) I

irrasse, on met sur du papier brouillard une goutte de l’buile que l’on suppose falsifiée, et I pn fait chaulTer le

^ . iii-i oiu)t . ■ ■ 'I

papier; il ne reste pas taché si l’huile essentielle est pure,

>)• . I •' ■IjlliOi ni :<»p. lÜH'.y ‘K

tandis qu’il y reste uqe tache grasse qui le rend translucide, si l’huile a été falsifiée. Dans ce dernier cas,

■i' ,1 ' ioiIl ’• '.lu;.', '.lijii,.

on détermine, i l’aide de l’alcool, la quantité d huile

grasse ajoutée à l’huile essentielle quelHm Wamiiie. Les .1 >1 s ^dolo'. .v,a (Il .1/ 'V'

lalsmcateurs se servent peu de ce moyen de Iraude tacilei

à reconnaître : ils mêlent l’huile volatile avec l’alcoid' même; mais on peut encore s’apercevoir de cette falsification en versant de l’huile que l’on veut essayer dans l’çau , si elle blanchit ce liquide, c’est une preuve qu’elle 4 été allongée par de l’alcool.

On peut s’en servir pour reconnaître la dorure sur bois lorsqu’elle est faite en recouvrant d’une couche de vernis coloré en rouge orangé une feuille d’étain poli appliquée sur bois. Tour reconnaître cette dorure, il sudit de laver

^^4 TIVAITÉ DES nÉACTirS.

a 1 alcool Irès-reclifié , la résine à\\.a jgomme-gullc se dissout ainsi que la matière colorante , et l’élain parait à nu.

On emploie encore l’alcool pour séparer l’osmazone de la gélatine et de quelques autres substances animales : cette matière étant soluble dans l’alcool, tandis que les autres ne se, dissolvent pas dans ce véhicule. On amène le mélange. qui,<contien|tiil’ofimazôiiie' ( du bouillon , par exemple ), à l’éitatdd’ejtliiaitj'ionitraftei'Cct extrait par l’alcool qui dissout l'OtsMazôneqioni Ællre<;' dn- évapore dans une cornue pourri'éitw'er une pinrrie ido l’alicool et ensuite dans une capsul{tSro«)t>Wieubipe-dr)résidui cette substance séparée dp l.’albluitiine eialfeiilabgelati'nei

L’alcool ,s.eiitri’i.diftS'cluc]-le.d’nb'il)'ilc'i<»etet‘|a'clioleslérine ; quand on ppèirPi}uiSoltilk)nijpà-,ifi»mSe del l;^' [chaleur , l’alcool, par le refiipidisseaderit^lbissiG précipiter dés substances sous f(>rmp.<îrislallîiié.. (ir.o'i ennb >u.i?<ib L’alcooJ l>piiiJ|l)a4»t,idissouLllaiCiMt»t''Gol'to substance se précipilcrfle,la diasoliilioiv.hlewoiUtjue'SOti's forme de flocons. ' «ii^oi'b p.oviinloi i^fioil’iOfjO'iq sol incvo ,On ^e ^jéj>t:pnop|’PidGicmAlnliloulp-pnAiï'' séparer la morphine du précipité formé par i’dlnmdttraque i la chaux ou la magnésie, dans la décoction d’opium : pour cela, on

,.ui,>b.u b irilil ^

soumet a raction de, 1 alcool bouillant le précipite ainsi obtenu ; on flll,çe,r,i,i.pjflement,et Ij^Iif^ en perdant une partie de sa chaleur, laisse précipiter la morphine. En tra'ilanl déMH'Vn'êlVi'e iïiéni'crl*fA^préa^^^ formés -par la chaux da'n^’*(lbl'’yoWlWn%^5«//iir7‘y<ie ^ 711 uria tique do

quinquina ,'‘61^^01^11611 tVpa^t’^l’eva^ de l’alcool, la

quinine et la cinchonine. ( Heilry! )

Lh'dbdol côillénaiit'cilco're , à un degré' très-avancé de rectification, uli'c'Béi'taiuc quantité d’eau , on s’assure de

TnAlVK DES RÉACTIFS. 22D

1.1 présence de ce liquide en plongeant dans l’alcool que l’on veut examiner des cristaux de baryte , qui , lorsque l’alcool contient encore de l’eau, changent de forme et se délitent; tandis que la baryte n’éprouve aucunchangement , si l’alcool est à l’état anhydre;

A l’article alcool, chapitre des préparations, nous avons donné un.e table qui indique les proportions d’eau et d’alcool contenues dans les'dilfé’rcns mélanges de ces deux liquides, d’après ileur degré Ù5l'’itFéoihètre.

L’alcool sert à Ireboraraaîtpe les falsifications de l’iode par les charbons briUan3i i(ileiSipüb3taiices' animales ou végétales qui se fondentieoi^e^hirbonnafltq'd'érinienlf ùnt charbon qui a l’agpfîsrtjdeili’iîfflde J.rSiulîiotle'éit'pdF'Ila solution est complèldi '.laimdis.qneosJil'oôntSéiïPdu èharbon , celui-ci reste,eniftttler iu8olkdjil«'daffsil%l'06o'l.‘* • L’aaarfoa dissous dans l’eau^.iilfhidé'de% chaleur, il s’emploie pounjBeci)nBftilrellaiptéshnfck5''4lé‘l'’iH5dé',' qui lui communique diiviersit}è^ié3ldeiBuloiüfcfa)h tAridnt’ du bleu au noir, suivant les proportions relatives d’iode et d’amimidon ; ces variation^ ‘puéadntAinUloè râ'ppot'lslsü'iVans dans deux substauceS'ientrieielleÈ :i;q Ounot ÔJiqi rj k| >1j

A pari ICS «■‘çalcs

). iUMKlt

b uoilOuu'.tb al cuab u couleur bleu d’indigo.

c- „ I , ' i.iliuotl louai I. l .di noi.-r,

Si 1 10 Je est en excès . . — bleu nouatre.

S’il y a excès d’a'itti(lÿon*.^^-l-‘-!--iJ-**blb'ù roOgéatre ( violet ) .

. L’amidon démontre la presçnce de^ l’^^t^de^daqs le ^;ésidu, ( du fucus ) saccliarinus , et dans ceux des diverses autres variétés de plantes marines. |( l’qxtraction de l’iode à l’article des préparations. )

Suivant 111. de Saussure, l’amidon|éprouve en fermentant spontanément une certaine altération qui lui donne la propriété de développer avec l’iode une couleur pourpre.

aüd

TRAITÉ DfeS RÈACTIF3

Pour reconnaître la présence de l’iode, au moyen de la Solution d’amidon, il faut avoir soin de le dégager de ses combinaisons par les acides l’acide hydro-chlorique peut être employé dans ce cas ^ ; car si l’iode était à l’état de combinaison saline, il ne maniCestCrait aucun changement avec la solution d’amidon; mais si l’on ajoute un acide qui sature la base, la coloration bleue ou violette (selon les proportions) se maniléste à l'instant.

L’addition d’un açidc, dans cCs combinaisoris d’iode , permet de ijcçoTAiia^tre par l’iode la présence de 0j0000023 -Ato de CÇlle^^jjjstancjej ( S^trompyer. )

L’iodui’.e, djauddott |estj soluble dans l’acide sulfurique afiaibli s.arjs^g^ue sa ,cpu)eur|blgue sqltnttérée; elle devient brpne l^j|Sjrpie,|gjçqlu|:|pn^sLppp^^^ par l’acide sulfurique copp^^|^t;rpj^ n^^is^elle est, alors (SUsceptUde de passer de nniijeaip tju bjj^jjjPpi; /ld^ttio,n d)eau en quantité

charbon peut en-

lever à un Uquj^i^e^^tpate On pourrai^ recopTm^^çij^p^ar^lje^cjhaybo^^^ si, une solution de

l’a/cû/im/e ne

tipq^de gPeau d,p,phai^Xj m C’.îiî.dp charbon ani-

mal, jS'il^n^’y^^Typît jpas ç|e ppt^,^p uléiangée la solution. Lq prçp^iji^t^ cjpnt Jpuit^l^ charbon animal de précipiter l^jChiu,yCs,,esti,u^i;le^^^^^^ ^ fabrication du sucre de bettepves^et la préparation de quelijues sirops.

On l^emploie .aussi pour décolorer divers liquides, pour empêcher l’eau stagnante de se putréfier. ( Voyez l’article préparation. )

Caramel. On donne ce nom plus particuliérement au

TH.UTÉ DES nÉACTifs. aaj

protliiit d’une légère forréf;iction que l’on fait éprouver au sucre sans soutenir la température assez long-temps pour le charbonner. Une solution aqueuse de caramel d’une intensité de couleur déterminée , peut servir à apprécier le pouvoir décolorant du charbon animal sur les sucres bruts. On se sert pour cela d’un instrument nommé décol oj’imètre que nous décrirons , ainsi que le mode d’opérer , an chapitre des appareils.

Sucre de lait. Une solution de ce sucre saturée à froid, sert à reconnaître le mélange du sucre dé lait lui-même dans les cassonades. On' peut , par ce moyen, apprécier les proportions du mélahgel^ïî faut que le sucre à essayer soit réduit en jioudre, qü’ir sort' à la rnôme température que la solution du sucre de lait et que éelle-ci soit saturée

à la températuré'à'lâqù'èlle t:h“dp'êlré‘.’ A l^tllde de ces précautions, on diâsdudra'avec la liqdèur ‘d’épreuve tout le sucre de canne , et Id sà’cl'eld'e lait , qui 'y était mélangé , restera insol dhl'^. Après l’idvoir agité péndantdeùx heures, de temps i àutlé , dj<n‘i*üfi‘liéü' 6ü ik'tè'inpératür'e ne varie pas sensiblertïfcnt', ^dà'ds'hiPe’‘^iVc‘pàv’éxémple ,‘'on jetera sur un filtre le p4'éapité';*bn TB fera e^outtèV le plus exactement possible, Wlé'^comprithahfé'hlreplüsîèuVs feuilles de papier non collé ; o’hle fèfk'^^éd[:^é‘r'JyùWt}rf le pesera.

Pour rendre ce'f'cs’âàï plùi fdciléV M*'Tissîfer 'a imaginé

de reconnaître apprbxtmaÜvéïn’ënV'îi qu’iin'tité*‘de sucre

de lait non dissohs phr laf plÀé’e qü"il’'obcüp'dît dans un

tube gradué (i). 'lPoUi^ fJ’as'iuVér' ^ ùël ë‘e’ moyen est

exact, il faudrait fair’ô’*dés ékpé^rî'êhbéd' précises avec du

•q ? ' im U'Ai it- !'p '

I IS It ■ '

(') De» MUTcs venu» de M irseille , essayés' par celle mctliodc, cüiiicdaienl depuis o,i jusqu'à u,a3de sucre de lait.

TltAlTÉ-DES nÉACTlt'!?.

Sucre bien pur et des sc lu lions de sucre de lait, et voir si le sucre de canne, en se dissolvant, ne précipite pas quelques portions du sucre de lait. ( Vauquelin. ) (

Elher. L’éther est employé pour obtenir un grand nombre de substances qu’il isole à l’état de pureté ( par la propriété qu’il a de les dissoudre ) , à l’exclusion des autres substancés qui y sont mélangées : de ce nombre' sont les résines, la cire, etc.

M. Pelletier s’en est servi pour purifier la substance active de ripécaenanha ( émétine ).

M. Vauquelin a indiqué son emploi pour obtenir, à l’état de pureté, la matière active du piper cubéba. On se sert de l’éther pourséparerl’or de ses solutions; la solution éthérée ainsi obtenue estcolorée en jaune; mise en Contact avec la siirlac'e avivée d’un autre métal , il y dépose l’or qu’il contient. La propriété que présente l’éther de revi vificrles métaux qui ont peu d’affinité pour l’oxigène, en lait un réactif utile dans plusieurs analyses.

L’éther dissout le deuto’ chlorure de mercure : cette Solution, exposée à l’air j se décompose; il y a tbrination de carbonate et de proto-chlorure de mercure.

La propriété de l’éther de dissoudre le chlorure d’or et le perchlorure de mercure peut être utile dans quelques analyses, lorsqu’il s’agit, • par exemple, de séparer le chlorure d’or du chlorure de soude.

On emploie encore ce véhicule pour extraire quelques matières colorantes (i) , pour dissoudre le caoutchouc^ . ( gomme élastique ) , etc.

(i) Celle du lithospermum tincloriimi.

TRAITÉ DES UÉACTIPS. îs2cj

On produit, à l’aldc de l’éther, dont la Volatilité est très-grande èla température ordinaire de grands degrés

de froid.

L’éther s’unit facilement i l’aldool; ces deux liquides sont séparés instantanément par une addition d’eau qui s’empare de l’alcool. Le volume ^(1® l’ûther pur non dis-* sous par l’eau pourrait, être;, jTacilement^apjpipéci à l’aide d’un tube gradué. gj,, g.,,., , ^

On s’en sert pour,pu;('ffi(^plfljg3a|iq{ij^^^ lav^^uvec de l’éther qui ne dissout des substancesjétrap,gqre?jui

Taddei. ) ub oviloco-iüilr.m i;( .àJe-mq^oh h;J-'t

Gélatine, ^ qpttp guhs,Jf^^ç,e|3;^,mj)ioie cfïpft-^^^qa^îfj^pôur

démontrer.

Lorsqu’qn, y,ef’s,ç^<|l,9^a|^pfpjip;^ /le .g^élp^nq.jlqq^ ^up. liquide

qui contient

qui se rassemhlq hiqp^,^t^^ qfip^p/i^,^q,ipqflp,^i;idps,l4quc j analogue am.glpipq. Cç/jpgeqîn^,iflai^p f^gqrée .du liquide et expqsé.e, %i’MPi,[,?e,^^qssé(lh'p,p,,ip[y cassante ; sa,co.qlep»;,,,.qq| gV^arip; suiy£q^t^i^ç^^ma|f^èffî?pvé gétales auxqu,e)içXfi\l^,f.^trffi9^fPd)99ihi^^

I d’un blanc

tannin qui fortp9nl,.,ç^t^Çg^qipij,ipa}pp,^ Cqcpte

été déterrai, nées, J, qp4que?;,|»uteqçSglq[-/;i^,dpn

de tannate de gélatiqg^^gg 3^, 9-,naoldo nb ao-b o-m tolil On conserve. i9,^plqçiqqp9p ,gpip,e,,jÇ/gU;^^I|^,,4’^ d’alcool; on ^éle^d .d;pau,gqpu(^piep^/jiç,Ji’j9p,iplpj;er. Gc réactif permet d’apprécier des,,quqnti^9^;;ii5è^s-pptites de tannin ; suivant le docteur Bostock, la gélatine donne un précipité abondant dans une solution qui n’en contient que o,ooo5 ; mais , dans ce dernier cas , le précipiié esty

200 TRArriî des uêactifs. / ^

poui' ainsi, (Jirc , inapprôûiablo. D’apr/;s nos expériences , il nous parait impossible de démontrer la nature de ce précipité en si petite proportion dans la liqueur; la difficulté est plus grande encore si le tannin se trouve en dissolution mélangé avec d’autres substances; en effet, le jM’écipité qu’on obtient étant aüérqpar quelques matières étrangères , il ne présente plus de caractères bien tranchés.

La gélatine précipite plusieurs solutions métalliques. jSous avons cru devoir donner un tableau.de-.ces précipités. Ceux qui sont dus aux sel5 de.merçure, chauffés, sur un charbon Incandescent, se décomposent, donnent les produits des matièrès animales , puis des A'apeurs mercurielles qu’on reconnaît en condenSjant le mercure sur une lame ^le cuivre décapée. Cel}e-ç[ s,e, blanchit, devient doucé. au toucher, et brûlante. ,

TABLEAU des précipités . produits dans quelques solutions métalliques par la gélatine.

Hydro chlorate d’or . . . .

Kitrate d’argent . ,

Nitrate de mercure . . . .

Perchlorure de mercure : .

Proto-sulfate de fer

Persulfate de fer ; ; ; . t

Nitrate de peroxidc de fer . .

Hydro-chlorate d’antimoine .

prccipitd jaunâtre, ahoud.-mt, soluble par uneaddition d’eau, apparence laiteuse, précipité abondant d’apparence caséuse.

précipité blanc, abondant, production de quelques floco'ns jaunes.

précipité laiteux peu sensible.

couleur d’œillet.

précipité floconneux, abondant.

Claudine. La glaïadine sert à précijnler le launin de sa

TItAlTÉ DÛS niÎACTIFS. sSl

I ïolution Jaas l’alcool. Ou a lait une heureuse application I de ce réactif à l’analyse végétale , pour essayer directement si une infusion ou une décoction alcoolique d’une j plante quelconque contient du tannin. Cette substance ne ; présente pas l’inconvénient qui résulte de l’emploi de la gélatine pour cet essai; en effet j la gélatine étant précit pitée en partie par l’alcool lui-même, on ne sait si la pré- I, cipitation appartient au tannin ou é l’alcool. Ce véhicule i seul ne peut donner lieu à la précipitation de la glaïadine, puisqu’elle est soluble dans l’alcool.

Ce réactif n’étant connu que depuis peu de temps, les caractères du précipité qu’il forme dans les solutions n’ont pas encore bien été décrits, ni l’état dans lequel se trouvent le tannin et la glaïadine.

La glaïadine peut donner quelques indices sur les cari bonates alcalins qui tous y déterminent un précipité blanc, j La glaïadine est un excellent contrepoison contre les ! sels mercuriels.

j Teinture de Fernamboac. Cette teinture est, comme j on le sait, trés-sensible aux alcalis. On a indiqué les phénomènes caractéristiques qu’elle offre avec différens acides :

L’acide sulfurique concentré ou étendu d’une petite quantité d’eau , produit sur le papier de Fernambouc une tache rose, qui passe à l’oranger. L’acide sulfurique étendu d’une plus grande quantité d’eau fa t vrer la coui leur au jaune.

Les acides nitrique et hydro-chlorique produisent à peu près le même effet.

L’acide sulfurtux détruit la couleur.

L acide hydriodique forme une tache de couleur rose

inAlTlî DES IlÉACTirS

qui jaunit spontanément vers les bords; étendu d’eau, il donne une. couleur jaune assez belle qui s’affaiblit et vire au rouge.

L’acide iodique produit une couleur jaune qui ne varie plus.

L’acide fluorique concentré pur, ou celui qui contient de la silice donne une couleur rouge clair; étendu il produit uue tache orangée rougeâtre qui disparaît en laissant une teinte d’un gris-verdâtre.

L’acide borique agit lentement; il pâlit peu à peu la V ■ couleur du papier , et laisse une teinte rougeâtre pâle.

L’acide phosphoi’ique concentré donne une couleur rose virant à la nuance orangée; étendu de lo à 5o parties d’eau , il développe une belle couleur jaune. L’acide phosphatique produit des effets semblables.

L’acide phosphoreux concentré donne une coloration rouge qui pâlit par degi’é et devient incolore; étendu d’eaii il produit une nuance jaune qui disparaît bientôt.

L’acide arsénique concentré vire lo papier de Fernambouc au rose, étendu de lo à 5o parties d’eau , il produit uue belle couleur jaune qui devient jaune pâle.

L’acide acétique donne une couleur jaunâtre sombre, qui passe au violet pâle; étendu d’eau, la coloration qu’il produit est jaunâtre, et vue par réflexion ou transmission, elle paraît d’un l’ouge violâtre foncé.

Les acides citrique, tartrique et malique produisent une couleur jaune.

L’acide succinique donne une couleur jaunâtre.

Hcmatlne. Cette substance, extraite par M. Chcvrcul, du bois de campêche , présente avec les acides et les alkalis en particulier , des phénomènes différens , qui peuvent donner quelques indices sur leur nature.

TnAni iiES niÎACTiFS. ü53

L’acidc sulfiirique iail passer au jaune la couleur orangee de l’hémaline dissoule dans l’eau ; un grand excès la fait virer au rouge.

L’acide hydro-chlorlque produit le même effet , si ce n’est que sa couleur , au bout de quelques jours tire un peu plus sur le jaune

L’acide nitrique 5a' agit comme les précédons, mais la couleur rouge, qu’il avait développée d abord, finit par passer au jaune. Si l’on sature par la baryte, la

couleur prend une teinte rougeâtre.

Les acides phosphoreux et phosphorique font passer j l’hématino au rouge-jaunâtre.

I L’acide boric^ue pur rougit l’hémaline, si l’on ajoute ; une petite quantité d’acide sulfurique; la couleur passe i au jaune.

j Cette propriété de l’hémalino peut servir à démontrer 1 si l’acide borique , séparé du borax par l’acide sulfurique,

( a retenu quelques portions de cet acide, comme cela arrive ordinairement dans sa préparation.

L’acide sulfureux, versé dans la solution d’hémaline , la fait virer au jaune.

L’acide carbonique gazeux lui fait prendre la même couleur.

Les acides acéti(|ue et tartrique jaunissent d’abord la solution de, cette matière colorante. Un excès de ces acides lui donne une légère teinte rose; mais cette teinte est bien plus faible que celle développée par les acides' minéraux. Essayée par l’acide hydro-sulfurique , elle passe au jaune.

Action des alcalis sur l’ hâmalinc.

La potasse et la soude la fout passer au rougc-pôurpro ,

TBAITÉ BES UÉACTII'S.

dont le fond est un peu Jaune ; par l’addition d’un grand excès d’alcali, elle devient d’un bleu violet, ensuite d’un rouge brun, et enfin d’un jaune brun.

La baryte la strontiane , la chaux produisent des effets semblables; le résultat diffère cependant en ce que les solutions de ces derniers oxides précipitent l’héinatine au bout de quelque temps.

Huiles essentielles. Ces huiles peuvent servir à faire reconnaître la présence de l’or dans des solutions qui ne contiennent que des atomes de son oxide, elles le ramènent à l’état métallique et le précipitent.

On s’est servi de ce moyen avec avantage pour reconnaître si une eau qui a été distillée sur une plante quelconque, contient de l’huile essentielle, (de même que l’on peut se servir d’une pet te quantité d’huile essentielle pour reconnaître une petite quantité d’or en solution). A cet effet, on ajoute à cette eau distillée quelques gouttes de solution d’hydro-chlorate d’or, et on abandonne pendant quelque temps ce mélange, après l’avoir fortement agité. Si l’eau essayée contient de l’huile volatile , le métal est réduit et se précipite sous forme d’une poudre violette. Cet effet n’a pas lieu, si l’eau distillée n’en contient pas.

Indigo. Cette matière colorante mise en poudre impalpable, et traitée ù chaud par l’acide sulfurique concentré, donne une combinaison soluble , qui, saturée par le sous-carbonate de chaux, perd son -acide; mais l’indigo , devenu libi-e, conserve la propriété de se dissoudre dans l’eau. C’est en le préparant ainsi ou plus ordinairement en y laissant l’acide sulfurique, que l’on prépare le bleu en liqueur employé pour reconnaître les

TRAJTJt; DES IVÉACTIFS. ^ 2Ô5

proportions de chlore ‘ou d’un chlorure d’oxide contenues'dans un liquide, la quanlilé de chlore étant proportionnelle à la quantité d’indigo décolorée. On peut éviter la purification exacte de l’indigo; et quoique les quantitésde matière colorante contenues dansl’indigo du commerce soient très-variées , à l’aide d’un moyen fort ingénieux, que Velter a donné, il est facile d’obtenir des résultats exacts, indépendans de la pureté de l’indigo et de sa composition Son procédé est moins sujet ù erreur que ceux usités jusqu’alors, et bien plus facile. Il suffit de déterminer, une fois pour toutes, le pouvoir décolorant d’un litre do» gaz chlore, sur une solution d’indigo faite en quantité un peu considérable j' afin d’en avoir pour longtemps; ce qui, au reste,, doit dépendre de l’usage plus ou moins fiéquent que l’on en veut faire. Ou fait dissoudre avec précaution le litre de gaz dans l’eau , afin de n’en pas perdre, et pour cela on introduit le flacon bouché tout entier dans l’eau , on soulève doucement le bouchon, on le referme, on agite la petite quantité d’eau entrée; elle dissout du gaz. Il en résulte une absorption, en ouvrant une seconde fois dans l’eau; on répètela même manœuvre jusqu’à eeque le litre de gaz .soit entièrement dissous dans le litre d’eau; on verse dans celte solution de la liqueur d’épreuve jusqu’à c.e qu’il y ait excès léger d’indigo , ce que la teinte verdâtre démontre. ( M. Gay-Lussac a fait construire des instrumens au moyen desquels on peut apprécier dircçtement la quantité de chlore contenue dau.‘! une solulion de ce corps ou d’un chlorure d’oxide de potassium , de sodium(i) ou decalcium.)Cc mode d’essai étant fondé sur

(i) Le tiiloi'ure de soude qui vient de recevoir des .T[)|)lica-

g3G T11A1t£ des ntACTlFS,

le principe indiqué par Vclter , c’est-à-dire, que la solu- i lion d’indigo doit être préalablement éprouvée par une quantité connue de chlore gazeux , il s’en suit qu’il peut aussi indiquer la proportion d’indigo pur contenue dans les indigos de eommerce. Ces inslrumens , que M, Gay-Lussac a nommés chloro-mètres, sont plus partiçnlièrement destinés à déterminer les centièmes de sous» chlorure d’oxide de calcium saturé contenu dans le sous- Chlorure de chaux du commerce. Connaissantla quantité de cette liqueur employée, on sera bien assuré que, chaque fois que la même quantité sera décolorée par du chlore, elle indiquera un litre de ce gaz pur, ou bien encore qu’elle indiquera autant de litres do chlore humide que cette même quantité de liqueur d’épreuve sera conlenue de fois dans la quantité totale de liqueur employée l’essai du chlorure de chaux (i).

' Ür , connaissant le poids spécifique du chlore et la près»

lions nouvelles très - intéressantes , le blanchiment des toiles peintes , dont il n’altère p.as les couleurs , le traitement des afl'cctations cancéreuses, et la désinfection des plaies ; il peut se préparer économiquement ep décomposant le chlorure de chaux r par le sulfate de soude.

(i) Depuis longtemps ce produit est employé en Angleterre dans toutes les applications du chlore indiquées par notre illustre Berthollet. La consommation qu’on entait en France devient de jour en joupplus importante. La fabrique de M. Çhaplal cl de MM. le baron Bonnaire, l’ayen et Ador , ])cuvent en livrer d’immenses quantités au commerce. On conçoit que chaque consomma leur dpit s’avoir essayer le chlorure de chaux, soit pour oppré-cicr la qualité de celui qu’il achète, soit pour déterminer les doses qu’il doit eu employer. ( P’çycs le chap. des Appareils J.

TRAITÉ DE3 RÉACTIFS. ü37

îion , on aura par là, directement encore, le poids qu’on cherche résultant du volume connu.

On peut encore et à la fois déduire, par le moyen do Vclter, la quantité d’indigo pur, ou même d’un indigo du commerce quelconque, représenté par l’absorption du chlore. En effet, si, par exempte, on prend dcl’indi- ! go bengale, qu’on le dissolve, de ipaniére qu’il se trouve dans la liqueur d’épreuve en proportion de ( quan- I tité assez commode pour la facilité des expériences) , que I pour 1 4 litres de gaz , on emploie 160 grammes de cette ! solution; en multipliant ce volume de chlore par son poids spécifique (1 mètre cube de chlore = 1 000' litres etpèse 5,173 grammes; l’eaq, comme on sait, pesant 1000 I kilogrammes sous le même volume) , on aura d’abord, comme nous l’avons dit, la quantité de chlore représentée par cette équation

Donc 164 grammes de liqueur employée auront démontré la présence de 44j42 de chlore pur; et, en divisant ensuite la quantité de liqueur employée par la proportion d’indigo qu’elle contient ( — ) , on aura la formule suivante. ■ I

44>42 de chlore = ~~ = 103 d’indigo.

D où 1 on voit que 44>43 de gaz indiquent 102 d’indigo bengale, ou que 100 de chlorure indiqueraient 235.

Infusion de noix do galles. L’infusion de noix de galles est souvent mise en usage pour reconnaître le fer dans diverses solutions. Pour s’assurer de la présence de ce métal dans le liquide que l’on veut examiner, on y verse quelques gouttes de ce réactif, et on agite vivement avec

TnAlTÉ DES nÊACxiES.

un lube de verre. Si lu solution contient du fer à l’étal de protoxide , elle se colore par degrés en brun : puis elle passe au bleu : ces nuances différentes dépendent de 1 état d oxidation dans lequel se trouve le fer. Si ce métal est dans un état d’oxidation très-avancé, on voit l’infusion de noix de galles produire instantanément dans la liqueur une couleur bleue très-foncée; si, au contraire,, le fer est à un état d’oxidation moindre, la couleur brune qu il produit d’abord, devient de plus en plus foncée et passe enfin au bleu très-intense, parce que le fer s’oxide de plus en plus en absorbant l’oxigène de l’air atmosphérique(i). Si l’on veuts’assurer de la présence du fer dans une eau minérale, et qu’on n’ait pas d’infusion de noix de galles préparée, on peut se servir d’une moitié de noix de galles qu’on fait tremper dans cette eau, la présence du fer est indiquée, et par la coloration en noir de la liqueur et par celle que prend la noix de galles elle-même. Ces différens phénomènes peuvent être considérés comme des indices de la présence du fer.

M. Philips a remarqué que l’action de l’infusion de noix de galles sur les solutions de fer, peut donner lieu à qüelques différences dans les phénomènes produits, en ce qu’elle est soumise à l’influence des corps étrangers qui peuvent accompagner ces solutions; mais tous les réactifs sont dans le même cas : le chimiste ne s’assure

(i) On peut dt'lerminer plus pioinplcmenl la rombinaisou de l’oxigéne à l’oxide de fer eu solution, au moyen du cldoïc, qui décompose l’eau , s’empare de sou hydrogène pour (ormer de l’acide liydro-eldoriquc , tandis que l’oxigène mis .à nu sc porte sur le fer et s’y combine.

TnAITB DES RÉACTIFS. sSq

jamais, par un seul d’entr’eux, de la présence des corps qu’ils indiquent plus spécialement; ce n’est que de la combinaison d’effets produits par plusieurs, et même du plus grand nombre possible , que résultent pour lui les indices certains qui démontrent la présence de ces corps, ^n effet, chacun des caractères particuliers que les réactifs indiquent , peut être commun à deux ou plusieurs corps ; mais la réunion de plusieurs phénomènes produits par différons réactifs, ne peut généralement s’appliquer qu’à un seul; et nous dirons en passant, à cette occasion, que si l’on voulait, dans un traité, prévoir tous les cas qui se présentent, font varier quelques résultats et donnent lieu à des anomalies apparentes, un tel ouvi’age serait d'un volume considérable, nécessiterait des détails fort longs, encore serait-il incomplet.

On emploie l’infusion de noix de galles pour reconnaître la pureté des solutions de titane : elle les précipite en jaune orangé quand elles sont pures; dans le cas contraire, la couleur du précjpité varie du vert au vert brunâtre.

Cette infusion précipite diverses autres solutions méttilliques; la couleur du précipité indique le métal auquel il appartient. Le tableau suivant montre ces phénomènes.

TRAITÉ DES UÉACHF9,

TABLEAU des précipités formés pur l’infusion de, noix de galles dans (nielques solutions ihélalliques.

Solutions métalliques.

Solution d’osmium, ,

de tellure,'

d’argent.

Lien (i).

jaune.

blanc.

orangé.

brun.

de mercure,

— d’uranc ,

La couleur particulière de ces précipités n’est constamment semblable que dans le cas où les solutions métalliques employées sont au même degré d’oxîdation. M. Dublanc, pharmacien, vient d’appliquer la solution

l’acétate de morphine : il sulïït de plonger dans une solution aqueuse de ce sel, qui en contient seulement 0,001, uq tube mouillé avec la solution de noixjie galles pour

Il faut observer que ce réactif, à moins qu’il ne produisît un précipité dont on reconnaîtrait les caractères , ne pourrait être appliqué dans les casd’einpoisonnement, puisque les matières animales auxquelles l’acétate de

abondamment par la solution de noix de galles.

(1) La couleur bleue du précipité d’osmium , avec ce réaclil', est semblable a celle (pii est due au ferj mais l’odeur particulière désagréable de la sulutioii luélalliijue d’osuiiuui suffit pourLi faire distinguer.

alcoolique de noix de galles à démontrer la présence de

y produire une apparence laiteuse.

morphine serait mêlé, sont elles-mêmes précipitées

traité des réactifs. a4^

Picromel. Cette substuiioc, dissoute dans l’eau , peut 1 Tître employée pour reconnaître l’acétate de plomb, et le I distinguer du sous-acétate du même métal. En effet, ce I réactif, versé dans une solation de ce dernier sel , y pro- I duit un précipité sous forme de flocons blancs : ce prô- 1 cipité , lavé. et exposé au contact de l’hydrogène sulfuré,

I noircit et le métal passe à l’état de sulfure.

Le picromel précipite aussi le nitrate de mercure et les I sels de fer; il s’unit à la résine de la bile. La combinai-,

j son particulière qu’il forme ainsi, a été examinée: par I U. Thénard.

j Le tannin est employé pour reconnaître la gélatine, et réciproquement. Il forme avec cette substance une matière particulière, tannate de gélatine, dont les caractères bien connus font reconnaître le? deux substances qui forment cette combinaison. ( Les caractères de ce composé sont décrits à l’art. Gélatine. )

Ce corps a3\ant la propriété de former un précipité blanc avec la gélatine, on l’emploie pour reconnaître cette substance. Il y a cependant quelques précautions à prendre, parce que l’albumine est aussi précipitée par le tannin : pour s’assurer si le liquide dé nature animale qui contient de la gélatine, contient en outre de l’albumine, il faut avoir le soin de l’essayer par le pei’chlorure de mercure qui indique la présence de l’albumine , s’il donne lieu à un précipité , et son absence s’il ne produit pas ce phénomène.

Cet essai étant fait, et l’absence de l’albumine constatée, on mêle la solution de tannin à ce fluide animal et on en ajoute jusqu’à ce que l’addition d’une nouvelle quantité de tannin ne précipite plus le liquide. On oblient

242 ‘ TUAITÉ DES nÉACTIFS.

un précipité qui, lavé à l’eau froide et desséché, est, suivant le docteur Bostock, composé de a parties de tannin et de 5 parties de gélatine (quantités approximatives).

Si l’on avait constaté dans un liquide la présence de l’albumine et qu’on y voulut rechercher aussi celle de la gélatine, il faudrait d’abord séparer l’albumine du liquide à examiner ; pour y parvenir, on doit , avant d’employer le tannin, avoir fait évaporer cette solution ; l’albumine est coagulée par la chaleur et on la sépare de la gélatine par la fdtration ; l’albumine reste sur le filtre , et la gélatine passe en solution dans le liquide filtré : c’est alors seulement qu’on doit faire usage du tannin.

Le tannin n’a pas encore été obtenu à l’état de pureté.

Des teintures. Nous avons cru devoir indiquer ici un assez grand nombre de teintures dontles effets, comme réactifs pour les acides, et les alkalis où les solutions quelconques, acides ou alkalines , puissent permettre de les substituer les unes aux autres; mais, en indiquant toutefois les caractères ou phénomènes particuliers é chacune d’elles, et la sensibilité plus ou moins grande qui doit en faire préférer quelques-unes à toutes les autres.

Baies de Sainte-Lucie. Ce petit fruit du cerasus mahaleb est d’un violet très-foncé ; il donne , par son expression, une quantité fort considérable d’un suc très-coloré que l’on peut étendre facilement sur une grande surface de papier, à l’aide d’un pinceau.

Le papier réactif qui résulte de ce mode de préparation , est sensible aux acides, moins cependant que le papier de tournesol, il se conserve facilement.

La teinture alcoolique que l’on obtient des pelliculei de ces baies desséchées, est d’une couleur bleue irès-fon-

TI\AlTlî DES RÉACTIFS

cécj tirant sur le violet. Quelques gouttes de celte infusion versées dans un verre d’eau, suffisent pour donner une teinte bleue très*sensibleinent viree au rouge par une solution acide très-faible.

Teinture de mauves. MM. Vauquelin, Guyton de Morveau et Bugnatelli avaient indiqué la matière colorante des mauves parmi les teintures végétales , comme l’une de celles qui sont sensibles aux alcalis et aux acides ; mais il restait à apprécier approximativement le degré de sensibilité de ces teintures, après avoir isolé la matière colorante : on conçoit que sans cette mesure exprimée en nombres, les expressions très-sensible , extrêmement sensible, n’ont rien que de vague; il fallait, pour pouvoir comparer entre elles les indications données par diverses matières colorantes , connaître pour chacune d’elles les limites de ces indications. Voici quel est le système d’essai que nous avons commencé.

Après avoir desséché, pulvérisé et mis en macération pendantsix heures, à une température soutenue de 4o degrés, les pétales sèches de la mauve sauvage (mal va silvestris ) dans l’alcool, ce véhicule d’une couleur jaune rosâtre a été évaporé; puis le résidu, qui était d’un beau violet, traité par l’eau, celle-ci a dissous la matière colorante, abandonné une matière grasse qui se rancit facilement et une matière gommeuse. La liqueur violette purpurine foncée a été en partie étendue au pinceau sur du papier, une autre portion de teinture a été réservée pour agir comparativement(i); le papier teint de cette manière était très-sensible ; il était viré au vert par une solu-

(i) Les pclales, cpuiscs par l’alcool , traites ensuite parl’cau,

244 TUAITIi DES nÉACTIPS.

lion alcaline qui contenait seulement OjOooi dépotasse pure; si l’on étendait d’une plus grande quantité d’eau, on pouvait, par ce réactif, reconnaître encore l’alcalinité de la solution qui ne contenait plus que de potasse; mais il fallait attendre que le changement de couleur se jirononcût, tandis qu’une goutte de la teinture versée dans la solution la colorait à l’instant en un vert bien tranché. En poussant plus loin nos essais avec la teinture liquide , nous parvînmes à démontrer qu’une partie de potasse étendue de 200,000 parties d’eau, donnait une solution qui faisait à l’instant virer au vert la teinture liquide des mauves. Nous ne poussâmes pas plus loin ces expériences sur la potasse, afin de n’indiquer que des effets bien marqués.

Quelques substances alcalines essayées de cette manière et comparativement sur la teinture liquide et le papier réactif de mauves , nous ont présenté les résultats suivans (1) :

ont donné une grande quantité de mucilage gommeux que nous nous proposons de rechercher dans toutes les malvacécs.

(i) Si l’on veut , en général , reconnaître dans un liquidclcs plus petites proportions possibles d’une substance acide ou alcaline, il faut étendre une goutte de la teinture foncée d’nnc quantité du liquide a essayer assez forte pour qu’il ne reste qu’une teinte légère, et étendre dans un autre verre à expei-icnt'c une goutte de la même teinture d’une quantité égale d’eau distillée neutre , afin d’avoir un objet de comparaison. Poiirplus de détails, voyez une note insérée dans le journal de Pharmacie, année 1822.

tllAlTK DES RÉACTirS,

Subitsnce ftlcalin».

Eau. Papier réactif.

Teinluro ûe mauves.

Potasse

10,000 Effet marqué.

Effet très-marqué»

20,000 — sensible.

— très-sensible.

200,000 — iiul.

— très-marqué.

Soude. .....

8,000 — sensible;

— bien marqué»]

100, ooO — nul.

— prononcé»

Sous-ea rbonatedesoude

tr

cristallisé, . . .

600 — peu sensible.

-^irès prdnoncé.

10,000 — nul.

-— encore sensibb';

Eau du chaux saturée.

10 — sensible.

— très-prononcé»

Eau qui a bouilli sur

a5 — nul.

— bien sensible.

la magnésie calcinée.

Eau qui a bouilli sur

Û — nul,

— trcs-raarqué*

la morphine. . .

^ 0 -—sensible»' - vert bieii tranché»

5 —nul.

— sensiblement vi«

ne

rée au vert (r).

Les sulfures alcalins

, ains.i que les sulfites, décolorent

entièrement la teinture de mauves. Cette propriété a rendu le papier réactif fait avec cette substance , fort commode pour apprécier les sulfures et les sulfites contenus dans les soudes du commerce. Il est en effet impor» tant de reconnaître la présence de ces substances (2) ^ qui ont, pour Tacide sulfurique, un pouvoir saturant égal

(1) Observation. — Dans tous ces essais , nous nous somnaes toujours arrêtés un peu avantles limites des effets remarquables, afin que les changemens décoloration fussent bien tranchés.

(2) On peut priver les sels de soudo et les soudes des sulfure» ' et des sels (sulilles et bypo-sulfites ) qui se trouvent mêlés aux

alcalis par un procédé facile, décrit au chapitre V , pag. 5 j,

2^^ THAli'É UFS RÉACTIFS.

i\ celui de l’alcali qu’ils conlicnnent (i) , cl sont inutiles et même souvent nuisibles aux emplois auxquels la soude est destinée.

Les acides font pass^’ au rouge vif la couleur bleue de Cette teintui’e, ou ait rouge violâtre, si la quantité d’acide est extrêmement petite. La couleur verte, déterminée par les alcalis-, peut être ramenée au bleu et passer ensuite au rouge par un excès d’acide , et vice versa.

Teinture 3ie baies de Sainte-Lucie ( cerasus mahaleb ). Nous avons essaye d’apprécier la sensibilité de la matière colorante des baies du bois de Sainte-Lucie, pour démontrer l’existence des acides à l’état libre en très-petites proportions.

Cette teinture, d’une couleur violette-purpurine foncée , a été extraite par l’alcool. Le papier sur lequel nous avbris étendu la fèmture alcoolique, était d’un violet rougeâtre et virait au bleu en se desséchant. Cette matière colorante, plus sensible aux acides qu’aux alcalis , a été essayée d’abord, par l’acide sulfurique, et nous avons obtenu les résultats suivons : une, partie d’acide sulfuriqueâ 66"=: i845 ( poids spécifique ) , étendue de 4,000 parties d’eau, faisait très-sensiblement virer au rouge le papier teint par cette substance colorante; en doublant la quantité d’eau pour la même quantité d’acide, le changement de couleur était encore sensible; mais en étendant davantage, la sensibilité n’était plus assez marquée : nous avons posé là sa limite d’action suflisamment

(i) On sait que la quantité d’acide sulfurique emplojée pour saturer les sels de soude, (sous-carbonates), détermine daq,s le eommcrcc la valeur vénale de ces sels.

TRAlTlî DES UÉ,VCTlEst‘ a4;>

marquée. Une goutte de la teinture alcoolique foncée pou* vait démontrer l’acidité d’un liquide qui contenait une partie d’acide sulfurique, étendue de 20j000 parties d’eau, îfl* et en faisant virer préalablem'çnt cette teinture au bleu , par la jdus petite quantité de potasse possible, elle devenait sensible à un -j;;— d’acide sulfurique. La matière colorante du tournesol essayée comparativement en teinture liquide., a présenté précisément le même degré de sensibilité ; mais le papier teint par le tournesol est plus' sensible que celui indiqué ci-dessus; sa limite d’action , encore marquée , indique une partie d’aoide sulfurique étendu de i4,ooo parties d’eau.

Teinture de baies de sureau. Les baies qui contiennent celte matière colorante, sont d’une couleur violette si foncée, qu’elles semblent noires. Ecrasées sur le papier, elles lui donnent une tfeinte rouge violâtre, approchant beaucoup de celle du tournesol ramenée au rouge par les acidès. La couleur de ce suc est due à l’acide qui sc trouve dans ce fruit; en effet, si l’on sature cet excès d’acide par un alcali , la couleur devient bleue, et enfin verte par l’addition de l’alcali en plus grande quantité.

Le suc obtenu par l’expression du fruit, étendu sur du papier et amené au bleu par son exposition aux vapeurs ammoniacales, donne un papier réactif qui pourrait, ù défaut d’autres, remplacer le papier de tournesol viré au rouge ou au bleu; il est cependant moins sensible aux petites quantités d’acide et d’alcali ;’il a l’avantage , peu important â la vérité , de prendre avec les acides sulfurique, nitrique, muriatique et acétique concentrés, des couleurs de plusieurs nuances différentes. Une goutte d acide sulluriqiic posée sur ce papier lui donne une cou-

tC*

a48 TBAnu DES BÉACTirS.

leur rouge Irès-vive, et il se forme une auréole dont le milieu est transparent et présente une apparence gommeuse. La couleur peut être ramenée par un alcali^ mais avec quelques modifications dans la nuance.

L’acide nitrique le colore en rouge; mais le milieu de a goutte passe presque sur le champ au bleu jaunâtre : la matière colorante est détruite; en effet, les alcalis ne font plus revenir cette couleur à son état primitif.

L’acide hydro-chlorique lui communique une couleur rouge moins intense que les précédentes , et le milieu do l’auréole est d’une couleur rose plus tendre;' elle est ramenée en partie à sa première couleur par les alcalis.

L’acide acétique lui donne une couleur rouge qui diminue d’intensité et devient de plus en plus faible à l’air par l’évaporation de l’acide ; les bases alcalines lui rendent sa couleur bleue.

Les solutions alcalines de soude et de potasse à l’alcool, mises en contact avec ce papier, le colorent en jaune; mais la soude le fait passer au jaune plus foncé. Ces caractères différens ont été remarqués avec des solutions qui contenaient les mêmes quantités d’oxides alcalins en solution.

La chaux, la baryte, l’ammoniaque y ne donnent pas lieu à des différences bien marquées dans la coloration ; il en est de même des sous-carbonates alcalins.

Bois de Brésil ( teinture de). La matière colorante du bois de Brésil, extraite en teinture ou étendue sur du papier, est d’une assez belle couleur rouge; elle est virée du violet au pourpre foncé par les alcalis ou oxides alcalins, àl’étatCÉîiistiyHcou à celui de sous-carbonate. Les acides en excès font passer cette couleur violette au jaune.

\ TnAITÉ DES RÉACTIFS. 'i*/|9

Celle teinlure estpeu employée comme réaclif. Cependant ellcpourrait êlre utile poür'distinguer quelques acides les uns des autres.

Choux rouge ( teinture de ). Cette teinture, qui est d’une couleur bleue très - vive , peut être employée comme les précédentes pour indiquer la présence des alcalis et des acides libres; une très-petite quantité d’acide la fait virer au rouge, et des traces d’un alcali quelconque la font passer au vert.

Carcama (teinture de). Cette teinture est un réactif propre à coifstater la présence des alcalis : sa couleur est d’un jaune foncé. Mise en contact avec une eau légèrement alcaline , elle devient d’une couleur rouge ou orangée; les sous-carbonates alcalins y produisent les luêmcs effets : on peut ramener au jaune , par un acide, la matière colorante du curcuma l’ougie par un alcali.

Dahlia (teinture de) . La teinture qu’on obtient des pétales bleues tirantfSur le violet des fleurs du dahlia, est virée au vert par les liquides alcalins, et au rouge par les solutions acides. Rougic elle est plus sensible pour les alcalis que la teinture de mauves, que celîe du tournesol rougie et surtout que celle du curcuma. Elle est plus sensible aux acides que la teinture bleue -des baies de Sainte-Lucie.

La teinture bleue des pétales du dahlia présente celtei particularité que les taches rouges produites' par les acides extrêmement faibles, passent lentement au vert. 11 faut donc, pour juger l’alcalinité d’une substance par cette teinture, que la couleur verte se prononce bien et sur le champ , ou sc serait du papier rougi. ( Payen. )

La matière jaune qui se trouve au fond du calice des üeur» du dahlia, traitée par l’alcool et par l’eau ensuite,

25o thaité des uéactifs.

donne une teinture qui , étendue sur du papier, peufservir à la saturation des alcalis par les acides; tant que la liqueur est alcaline, la couleur jaune est virée au jaunebrun ; lorsqu’il y a excès d’acide, elle passe au jauneclair , elle est peu sensible. ( Chevallier. )

Nerprum (suc de). RI. Pelletier a fait des expériences comparatives sur cette matière colorante. Il en résulte qu’elle est plus sensible aux solutions acides que c®lledes violettes et de quelques autres. Sa couleur pourpre est virée au vert,

Roses (teinture de). Cette teinture peut être employée ' pour reconnaître non-seulement les alcalis qui lui com- ' muniquent une couleur verte jaunâtre ( ce phénomène est dû à la saturation de l’acide préexistant , qui vire au rou/;;e la matière colorante de ces fleurs ),; mais encore quelques autres substances av.ee lesquelles elle forme des précipités bien caractérisés. De ce nombre sont l’acétate de plomb, qui est précipité par cette teinture en une belle couleur verte , dont les nuances varient depuis le vert jaunâtre jusqu’au vert chrome.

Tournesol ( teinture de ). On emploie la teinture do tournesol, dont on a fait virer la couleur au bleu dans sa préparation , pour reconnaître dans un liquide la présence ^d’un acide ou d’un sel avec excès d’acide; si l’acide est *^Jaible, la couleur passe au violet et est ramenée totalement au rouge si l’acide est plus fort. Elle est d’une

très -grande sensibilité ; les sels qui contiennent un léger excès d’acide lui font subir un changement bien marque.

Celte teinture, rougie par un acide faible, peut servir b faire reconnaître la j^rcscnce d’un alcali qui la fait virer au violet ou au bled ( selon la quantité d’alcali ) ; elle est

Tn.VU'É DES IVÉACTIFS. ‘2~U

bien plus sensible encore, si, au lieu d’employer un trop grand excès d’acidc qui la lasse passer au rouge vil', on la traite par un acide faible, en s’arrêtant au point od la couleur de la teinture soit virée seulement au violet rougeâtre, elle est très-employée.

Beaucoup d’autres teintures encore peuvent servir à démontrer la présence des acides et des alcalis.,. Celle des baies de Morelle a été indiquée par M. Boullay. On emploie au même usage la teinture de violettes; celle-ci n’est cependant pas fort sensible.

La teinture de pervenche, qui, par l’acide oxalique, passe au rouge, est aussi rougie jiar l’acide sulfurique, mais ensuite un peu décolorée; l’acide nitrique la décolore à l’instant. La potasse la colore en jaune ; l’ammoniaque en vert ; enfin celle -de l’iris glaieul présente les mêmes phénomènes avec les mêmes acideŸ, mais d’une manière plus marquée.

Papiers réaclifs. Divers réactifs peuvent êtrç appliques ) sur du papier par des procédés que nous indiquerons au chapitre des préparations. Sous cette forme, ils présentent l’avantage d’être sous un petit volume commode à porter sur soi.

Les teintures végétales dont nous venons de parler, donnent aussi dcs'papiers colorés aux moyens desquels on ■ obtient les phénomènes caractéristiques que nous avons décrits. Il suïïit d’y poser une goutte de la solution dont on veut reconnaître l’acidité ou V alcalinité. Quelquefois, lorsque 1 ou veut observer des dilférences qui arrivent alternativement entre ces deux états d’un liquide, on y laisse une bande de l’un de ces papiers colorés, et le» changemens de couleur mdiquen^ces variations.

Les papiers imprégnés de diverses solutions métalliques, offrent aussi des réactifs utiles. C’est ainsi que le papier d’acétate de plomb est noirci par le contact d’une solution d’acide hydro-sulfurique ou des vapeurs qui contiennent une petite quantité de ce gaz. Celui du sulfate de fer passe au bleu , lorsqu’après l’avoir trempé dans un alcali , on le plonge dans les vapeurs de l’acide hydrocyanique ou de l’hydro-cyanate d’ammoniaque, ou bien encore dans la solution d’acide hydro-cyanique ou d’un hydro-cyanate. On peut même, à l’aide d’un papier réactif, obtenir les indices que donnent les solutions. Il suffit de laisser couler dessus une goutte d’eau que l’on recueille sur une soucoupe en verre blanc, en y mêlant ensuite deux ou trois gouttes de la solution que l’on veut essayer. On peut observer si la transparence du mélange est troublée; ^n aperçoit très-aisément les changemens de couleur, en faisant le mélange sur une soucoupe en porcelaine bien blanche. Ces modes d’opérer sont souvent très-utiles, lorsque l’on n’a qu’une faible quantité , soit d’une solution d’un réactif, soit de la substance à essayer.

Tous ces papiers servent aussi à reconnaître la présence de divers corps à l’état gazeux : c’est ainsi que les vapeurs acides ou ammoniacales , dégagées pendant la calcination de plusieurs substances , font changer les nuances des papiers teints ci-dessus indiqués; un papier de sous-acétate de plomb fait reconnaîre l’ acide hydro-^ sulf{iri(}ue en gaz ; l’acide liych'o-cyaniquc est indiqué par le sulfate de fer à l’aide de la potasse, puis d’un acide, ces Réactifs ),

TnAlïÉ DES KÉACTIFS.

Page 1