PRODUITS DES VÉGÉTAUX ET DES ANIMAUX QUI SONT EMPLOYÉS GOMME RÉACTIFS
Albumine.
Pici omel.
Sucre de lait ( solution saturée
Alcool.
Tannin.
Amidon .
Teinture debaies ut Sainte Luci
Charbon animal.
- de sureau.
Caramel.
— - — de bois du Brésil.
Éther.
— - de choux ronges.
Gélatine.
- de cufcuma.
Glaïadine.
- de dahlias.
Hemaline.
— - - - de mauves.
Huiles essentielles.
— - - de roses.
Indigo.
- de tournesol.
Noix de galles.
- diverses.
Papiers réactifs.
L albumine peut être employée pour reconnaître la pré» sence des sels mercuriels et les chlorures de mercure; elle les précipite de leurs solutions sous forme floconneuse blanche. Ces flocons sont insolubles dans l’eau : soumis à Faction de la chaleur, ils se décomposent en donnant les produits des matières animales , puis une vapeur blanchâtre > opaque , qui blanchit une lame de cuivre décapée qu’on expose à son action. Ce réactif est assez sensible pour indiquer la présence du perchlorure de mercure dans un liquide qui n’en contient que o,ooo5. On
TRAITÉ DES REACTIFS. 21 y
peut s’en servir comme de la gélatine pour reconnaître la présence du tannin en solution.
Alcool . Ce liquide, soit à l’état anhydre, soit étendu d’eau , est employé fréquemment dans beaucoup d’analyses. Il offre, en effet, un moyen simple d’opérer un grand nombre de séparations entre des corps dont il dissout les uns sans agir sur les autres, tandis qu’un autre véhicule, l’eau par exemple, les dissoudrait tous à la fois. Cette propriété précieuse s’applique aux mélanges de certains sels, aux produits immédiats des animaux et des végétaux, à quelques oxides même.
On parvient, à l’aide de l’alcool, à séparer le sucre cristallisable contenu dans les divers sucres bruts des colonies du sucre incristallisable. Le premier est insoluble dans l’alcool à L j2° à froid. La plus grande partie de la matière extractive et le sucre incristallisable sont entraînés en solution (1). On épuise le sucre par plusieurs lavages avec l’alcool au même degré, on le jette sur un filtre, on le fait sécher et on le pèse, on retranche ensuite du poids obtenu le poids des matières insolubles dans l’eau , qu’on sépare en dissolvant dans ce véhicule le résidu de la solution alcoolique, filtrant celte solution aqueuse et pesant les matières restées sur le filtre. On doit retrancher ■
encore le poids de l’eau que le sucre essayé contenait, et que l’on détermine préalablement en le faisant dessécher
(i) Ce procédé a été mis en pratique dans plusieurs raffineries de sucre, pour obtenir en peu de jours du sucre blanc raffiné, Onl’a abandonné à cause des dangers du féuqui résultaient nécessairement de la grande quantité de vapeurs alcooliques répandues dans les atleliers.
9l8 traité des réactifs.
à l’étaye. Si le sucre essayé était mélangé de gomme ou de quelques substances extractives, insolubles dans l’alcool et solubles dans l’eau, il faudrait se servir d’un autre procédé, L’un de ceux que l’on peut indiquer, consiste à laver le sucre égoutté avec une solution saturée de sucre pur; toutes les substances solubles dans l’eaü se dissoudraient à l’exception du sucre seul; celui-ci resté sur le filtre, mis à égoutter entre plusieurs feuilles de papier non collé, indiquerait par son poids le sucre cristallisable contenu dans le sucre soumis à l’expérience. Il faudrait en déduire, toute fois, le poids des matières insolubles dans l’eau, comme nous l’ayons dit plus haut. Ce mode d’essai exige certaines précautions essentielles : il faut que le sirop du sucre pur soit saturé é la température à laquelle on agit, et que cette température ne puisse va** rier pendant l’expérience ; il faut aussi se garantir de l’humidité et du dessèchement que l’air peut causer. On voit qu’il est difficile de remplir toutes ces conditions , aussi cet essai ne donne-t-il que des résultats approximatifs.
Qn parvient, par le moyen de l’alcool, à séparer la gaîadine du gluten. Pour cela, on soumet à l’action de l'alcool à 56° cette dernière substance, extraite des fa^
rines, après l’avoir divisée préalablement pour augmenter les surfaces : la solution alcoolique filtrée et rapprochée à siccité donne un résidu qui est de la gaîadine. Cette substance peut être purifiée par des lavages au moyen de * l’éther, qui ne la dissout pas, tandis qu’il opère la solu-* tion d’une petite quantité de matière jaune étrangère.
L’alcool sert encore à séparer des champignons le sucre qu’ils contiennent. A cet effet, on traite l’extrait aqueux des champignons, après l’avoir évaporé à siccité, par l ai-
TRAITÉ DES REACTIFS. 21Ç)
cool à 34° jusqu’à épuisement complet. On obtient une solution de couleur fauve , qui , par l’évaporation , devient brune très-foncée; rapprochée en consistance sirupeuse, elle laisse déposer en se refroidissant une matière sucrée pulvérulente que ses propriétés particulières permettent de considérer comme une espèce distincte du genre sucre. ( Voyez les Mémoires de M. Braconnot, de Nancy, imprimés dans les annales de chimie, t. 79 et 88.)
L’alcool s’emploie aussi pour isoler la partie cristalline delà manne appelée mannitc. “Pour obtenir cette substance, on traite la manne par l’alcool; on fait chauffer; on filtre, et par le refroidissement cette matière se précipite presqu’en totalité sous forme cristalline blanche; on la purifie en répétant la solution et la cristallisation au moyen d’une nouvelle quantité d’alcool.
On précipite la da/iline ( 1) de sa solution dans l’eau par l’alcool.
L’alcool sert encore à obtenir la cctine du spcrmaecté ou blanc de baleine; on traite cette matière par i’uîcool bouillant; on filtre , et on laisse refroidir la liqueur, qui dépose la cétine sous forme de lames cristallines. Ou l’obtient à l’état de pureté, en répétant cette opération plusieurs fois. Cent parties d’alcool bouillant à 0*821 de densité dissolventa,5o de cétine. (Chevrcul )
On obtient, au moyen de l’alcool, b acide particulier connu sous le nom d’acide rosacique : à cet effet, après avoir purifié, à l’aide de l’eau, le dépôt rosacé, qui se forme particulièrement dans les urines des sujets affectés
(0 Prirù ipf' immédiat découvert nouvellement dans 1rs bulbe* dcSdahlias ( Payen , journal de pharmacie . n° ...... 1823 )
de fièvres intermittentes, on le traite par l’alcool à chaud* on filtre rapidement, et l’acide rosacique se précipite parl’évaporation»
Le procédé pour obtenir l’acide amniotique est aussi fondé sur la propriété qu’a cet acide de se dissoudre dans, l’alcool bouillant , et de se précipiter par refroidis--
semcnt»
On opère, au moyen de l’alcool, la séparation du mu-, riate de fer, qui est soluble dans ce véhicule ; du mrniate de baryte qui ne peut s’y dissoudre. Pour y parvenir , on réduit le mélange des deux muriates en poudre très-^ fine, et où les lave avec de l’alcool jusqu’à ce que celui du dernier lavage ne donne plus de traces de muriate de fer, ce que l’on reconnaît par l’hydro-oyaaate ferrure de potasse, ce sel donnant un précipité bleu quand il y a encore dans le liquide de petites quantités de ce sel métallique -,
L’aleool s’emploie pour précipiter le tartre des vinaigres de vin non distillés. Cette propriété est fondée sur ce que l’affinité de l’alcool pour l’eau est pins grande que celle de l’eau pour le sel. Le tartrate de potasse , qui ne peut rester en solution dans l’alcool faible, se précipite.
On se sert de l’alcool pour séparer les sels déliquesv cens qui se trouvent dans le résidu de l’évaporation des eaux minérales, Qo doit employer, pour cet usage, l’alcool absolu (ou à o,So5 poids spécifique). S’il contenait de l’eau, il pourrait dissoudre quelques portions des sels qui ne sont insolubles que dans l’alcool anhydre : il faut aussi que le résidu soit desséché , afin qu’en se dissolvant dans l’alcool, il n’ajoute pas d’eau à ce vébicmjg. L’opération se fait de la manière suivante : on met l’alcool en contact avec le résidu pulvérisé , on chauffe en agitant,
TRAITÉ DES REACTIFS. 22 1
et l’on filtre , l’alcool passe avec les sels qu’il a dissous , les sels insolubles restent sur le filtre; on les lave avec line nouvelle quantité d’alcool pour enlever les dernières portions de solutions salines restées adhérentes entre les parties des sels insolubles ; on évapore la solution alcoolique, qui donne pour résidu les sels que l’alcool a dissous; on les examine par divers réactifs. ( Voyez l’analyse des sels. ) On fait sécher le résidu resté sur le filtre, et on peut en séparer les sels peu solubles dans l’eau qui se sont précipités dans la ire évaporation, en le lavant à plusieurs reprises avec l’eau distillée; on réunit les eaux de ce lavage, on les évapore, puis on examine les sels résultans de cette évaporation , et ceux qui sont restés sur le filtre.
On se sert aussi de l’alcool pour précipiter plusieurs sels de leurs solutions dans l’eau : il faut , en général , pour cela, que la solution saline soit concentrée, et y ajouter de l’alcool en quantité suffisante ; ce corps , par une affinité prédisposante, se combine à l’eau, et le sel s’en précipite. Les solutions de sulfate de potasse , le muriate de la mêmebase, le nitrate de baryte , le tartrate acidulé de potasse, etc. , etc. , sont dans ce cas; mais cette séparation n’est pas complète, une partie du sel reste en solution dans l’alcool affaibli par l’eau.
On emploie l’alcool pour séparer la résine des extraits obtenus par le traitement des matières végétales à l’eau bouillante; la résine, dans ce cas, ayant été entraînée par l’eau , en raison de son extrême division et à l’aide de quelques substances qui l’accompagnent.
Il sert aussi à dissoudre directement la résine des
plantes que l’on a fait dessécher. On la sépare ensuite en précipitant la solution résineuse alcoolique concentrée
par l’eau, qui dissout les principes susceptibles de former une solution aqueuse, et laisse la résine se déposer dans le liquide : l’alcool qui s’y trouve ayant été assez affaibli pour n’avoir plus d’action sur cette résine. C’est de cette manière qu’on obtient les résines de Jalap , de Turbith, etc. , etc.
L’alcool peut servir aussi à précipiter la gomme de sa solution aqueuse rapprochée. La gomme, par ce moyen, est précipitée sous forme de flocons ; la matière résineuse qui raccompagne quelquefois , et qui est entraînée en solution dans l’eau, à la faveur de cette dernière substance, est dissoute, et laisse précipiter la gomme qui, après avoir été bien lavée avec de l’alcool, peut être redissoute dans I eau.
On a recommandé, avec raison, ce réactif pour reconnaître la pureté de l’huile de ricin (huile de pabnachristi). Cette huile pure étant entièrement soluble dans l’alcool , tandis que la solution est incomplète si elle est mélangée d’huile grasse ; les huiles grasses sont cependant solubles dans l’alcool; mais elles ne s’y dissolvent que dans la proportion de 3 à 8 millièmes, tandis que l’huile de ricin y est soluble en toute proportion.
TRAITÉ DES REACTIFS.
TABLEAU de la solubilité de quelques huiles dans ly alcool à 4o° à la température de 1 2° 5.
Huile d'nmnnde douce . »... n,oo3.
- de farine, . . o,oo+.
- - de lin . • . o,oo ).
- de noisette . : . 0,oo 3 »
- — de noix ^ . o,«»o :.
- - d’olive. . . * • <.,<’o3.
- d’ocilleltes ( graine de pavots) .... 0004.
- d’œillettes( gardées pendant un an ) . . 0,00 >.
On reconnaît aisément par ce réaclif les quantités d’huile grasse mélangées dans les huiles essentielles. Pour s’assurer d’abord si l’huile essentielle contient de l’huile grasse, on met sur du papier brouillard une goutte de l’huile que l’on suppose falsifiée , et l’on fait chauffer le papier ; il ne reste pas taché si l’huile essentielle est pure, tandis qu’il y reste une tache grasse qui le rend trans-, lucide, si l’huile a été falsifiée. Dans ce dernier cas,, on détermine, A l’aide de l’alcool, la quantité d’huile grasse ajoutée à l’huile essentielle que l’on examine. Les falsificateurs se servent peu de ce moyen de fraude facile à reconnaître : ils mêlent l’huile volatile avec l’alcool même; mais on peut encore s’apercevoir de cette falsification en versant de l’huile que l’on veut essayer dans l’eau , si elle blanchit ce liquide, c’est une preuve qu’elle a été allongée par de l’alcool.
On peut s’en servir pour reconnaître la dorure sur bois lorsqu’elle est faite en recouvrant d’une couche de vernis coloré en rouge orangé une feuille d’étain poli appliquée sur bois. Pour reconnaître cctlc dorure, il suffit de laver
224 TRAITE CES REACTIFS.
à l’alcool très-rectifié , la résine dite gomme-gutte se dissout ainsi que la matière colorante , et l’étain parait à nu*
On emploie encore l’alcool pour séparer Fosmazône de la gélatine et de quelques autres substances animales : cette matière étant soluble dans l’alcool, tandis que les autres ne se dissolvent pas dans ce véhicule. On amène le mélange qui contient l’osmazône (du bouillon, par exemple ) à l’état d’extrait; on traite cet extrait par l’alcool qui dissout l’osmazône ; on filtre ; on évapore dans une cornue pour retirer une partie de l’alcool et ensuite dans une capsule; on obtient pour résidu cette substance séparée de l’albumine et de la gélatine.
L’alcool sert à dissoudre Fambrëine et la cholestérinè ; quand on opère la solution, à l’aide de la chaleur, l’alcool, par le refroidissement, laisse précipiter ces substances sous forme cristalline.
L’alcool bouillant dissout la eire. Cette substance se précipite de la dissolution alcoolique sous forme de flocons.
On se sert encore de ce véhicule pour séparer la morphine du précipité formé par l’ammoniaque , la chaux ou la magnésie, dans la décoction d’opium : pour cela, on soumet à Faction de l’alcool bouillant le précipité ainsi obtenu; on filtre rapidement et l’alcool, en perdant une partie de sa chaleur, laisse précipiter la morphine. En traitant de la même manière les précipités formés par la chaux dans des solutions sulfurique ou muriatique de quinquina, on obtient, par l’évaporation de l’alcool, la quinine et la cinchonine. ( Henry. )
L’alcool contenant encore, à un degré très-avancé de rectification, une certaine quantité d’eau , on s’assure de
la présence de ce liquide en plongeant dans l’alcool que l’on veut examiner des cristaux de baryte , qui , lorsque l’alcool contient encore de l’eau, changent de forme
et se délitent; tandis que la baryte n’éprouve aucun changement , si l’alcool est à l’état anhydre.
A l’article alcool, chapitre des préparations, nou3 avons donné une table qui indique les proportions d’eau et d’alcool contenues dans les différens mélanges de ces deux liquides, d’après leur degré à l’aréomètre.
L’alcool sert à reconnaître les falsifications de l’iode par les charbons brillans ( les substances animales ou végé- 1 taies qui se fondent en se charbonnant , donnent un charbon qui a l’aspect de l’iode ). Si l’iode est pur, la solution est complète, tandis que s’il contient du charbon ,
celui-ci reste en entier insoluble dans l’alcool.
L 'amidon dissous dans l’eau, à l’aide delà chaleur, il s’emploie pour reconnaître la présence de l’iode, qui lui communique divers degrés de coloration variant du bleu au noir, suivant les proportions relatives d’iode et d’arnimidon;ces variations présententles rapportssuivansdans deux substances entre elles :
A parties égales . . , couleur‘bleu d’indigo.
Si l’iode est < n excès . . - - — bleu noirâtre.
S’il y a excès d’amidon . - - bleu rougeâtre ( violet)»
L’amidon démontre la présence de l’iode dans le résidu, ( du fucus ) saccharinus, et dans ceux des diverses autres variétés de plantes marines. ( Voyez l’extraction de l’iode à l’article des préparations. ) • '
Suivant M. de Saussure, l’amidon éprouve en fermentant spontanément une certaine altération qui lui donne la propriété de développer avec l’iode une couleur pourpre.
226 TRAITÉ DES RÊACTlES
Pour reconnaître la présence de l'iode, au moyen de la solution d’amidon , il faut avoir soin de le dégager de ses combinaisons par les acides ^l’acide hydro-chloriquepeut être employé dans ce cas ); car si l’iode était à l’état de combinaison saline, il ne manifesterait aucun changement avec la solution d’amidon; mais si l’on ajoute un acide qui sature la base, la coloration bleue ou violette (selon les proportions) se manifeste à l’instant.
L’addition d’un acide, dans ces combinaisons d’iode , permet de reconnaître par l’iode la présence de 0,0000022 — de cette substance. ( Stromeyer. )
L’iodure d’amidon est soluble dans l’acide sulfurique affaibli, sans que sa couleur bleue soit attérée; elle devient brune lorsque la solution est opérée par l’acide sulfurique concentré ; mais elle est alors susceptible de pas* ser de nouveau au bleu par une addition d’eau en quantité suffisante. La potasse fait disparaître cette couleur.
Charbon anima! ( charbon d’os). Ce charbon peut enlever à un liquide toute la chaux qu’il contient. On pourrait reconnaître par le charbon animal si une solution de chaux contient de la potasse; dans ce cas, Y alcalinité ne disparaîtrait pas , tandis qu’elle cesserait après l’ébullition de l’eau de chaux mélée avec o,i de charbon animal , s’il n’y a voit pas de potasse mélangée dans la solution. La propriété dont jouit le charbon animal de précipiter la chaux, est utile dans la fabrication du sucre de betteraves et la préparation de quelques sirops.
On l’emploie aussi pour décolorer divers liquides, pour empêcher l’eau stagnante de se putréfier. ( Voyez l’article préparation. )
Caramel . On donne ce nom plus particuliérement au
TRAITE DES REACTIFS.
produit d’une légère torréfaction que Ton fait éprouver au sucre san9 soutenir la température assez long-temps pour le charbonner. Une solution aqueuse de caramel d’une intensité de couleur déterminée, peut servir à apprécier le pouvoir décolorant du charbon animal sur les sucres bruts. On se sert pour cela d’un instrument nommé décohrimètre que nous décrirons , ainsi que le mode d’opérer, au chapitre des appareils.
Sucre de lait. Une solution de ce sucre saturée à froid, sert à reconnaître le mélange du sucre de lait lui-même dans les cassonades. On peut, par ce moyen, apprécier les proportions du mélange. Il faut que le sucre à essayer soit réduit en poudre, qu’il soit à la même température que la solution du sucre de lait et que celle-ci soit saturée à la température à laquelle on opère. A l’aide de ces précautions, on dissoudra avec la liqueur d’épreuve tout le sucre de canne , et le sucre de lait , qui y était mélangé , restera insoluble. Après l’avoir agité pendant deux heures,
de temps à autre, dans un lieu où la température ne varie
pas sensiblement, dans une cave par exemple , on jetera sur un filtre le précipité ; on le fera égoutter le plus exactement possible, en le comprimant entre plusieurs feuilles de papier non collé ; on le fera sécher, puis on le pesera.
Pour rendre cet es9ai plus facile, M. Tissier a imaginé de reconnaître approximativement la quantité de sucre de lait non dissous par la place qu’il occupait dans un tube gradué (i). Pour s’assurer que ce moyen est exact, il faudrait faire des expériences précises avec du
(i) Des sucres venus deMirseille, essayés par cette méthode, contenaient depuis o,i jusqu’à o,25de sucre de lait.
sucre bien pur et des sclutions de sucre de lait, et Voir si le sucre de canne, en se dissolvant, ne précipite pas quelques portions du sucre de lait. ( Vauquelin. )
Ether. L’éther est employé pour obtenir un grand nombre de substances qu’il isole à l’état de pureté ( par la propriété qu’il a de les dissoudre ) , à l’exclusion des autres substances qui y sont mélangées : de ce nombre sont les résines j la cire», etc.
M. Pelletier s’en est servi pour purifier la substance active de l’ipécacuanha ( émétine ).
M. Vauquelin a indiqué son emploi pour obtenir, à l’état de pureté, la matière active du piper cubéba. On se sert de l’éther pour séparer For de ses solutions; la solution élhérée ainsi obtenue est colorée en jaune; mise en contact avec la surface avivée d’un autre métal , il y dépose l’or qu’il contient. La propriété que présente l’éther de revivifier les métaux qui ont peu d’affinité pour l’oxigène, en fait un réactif utile dans plusieurs analyses.
L’éther dissout le deuto chlorure de mercure : cette solution, exposée à l’air, se décompose; il y a formation de Carbonate et de proto-chlorure de mercure.
La propriété de l’éther de dissoudre le chlorure d’or et le perchlorure de mercure peut être utile dans quelques analyses, lorsqu’il s’agit, par exemple, de séparer le chlorure d'or du chlorure de soude.
On emploie encore ce véhicule pour extraire quelques matières colorantes (1), pour dissoudre le caoutchouc? ( gomme élastique ) , etc.
(i) Celle du lithospermum tinctoriun*.
TRAITÉ DES REACTIFS. 22 9
On produit, à l’aide de l’éther, dont la volatilité est très-grande à la température ordinaire de grands degrés de froid.
L’éther s’unit facilement à l’alcool ; ces deux liquides sont séparés instantanément par une addition d’eau qui s’empare de l’alcool. Le volume de l’éther pur non dissous par l’eau pourrait être facilement apprécié à l’aide d’un tube gradué.
On s’en sert pour purifier la glaïadine : on la lave avec de l’éther qui ne dissout pas cette substance, et lui enlève des substances étrangères qui l’accompagnent. ( Joachim Taddei, )
Gélatine. Cette substance s’emploie comme réactif pour démontrer la présence du tannin dans divers liquides. Lorsqu’on verse de la solution de gélatine dans un liquide qui contient du tannin , il se fait un précipité floconneux qui se rassemble bientôt en une masse molle , élastique , analogue au gluten. Cette combinaison, séparée du liquide et exposée à l’air, se dessèche, devient solide, cassante; sa couleur, qui varie suivant les matières végétales auxquelles elle est mêlée, est, à l’état de pureté, d’un blanc jaunâtre. Les proportions de gélatine et de tannin qui forment cette combinaison, n’ont pas encore été déterminées ; quelques auteurs lui ont donné le nom de tamiate de gélatine.
On conserve la gélatine en gelée et mêlée d’un peu d’alcool; on l’étend d’eau au moment de l’employer. Ce réactif permet d’apprécier des quantités très-petites de tannin : suivant le docteur Bostock, la gélatine donne un précipité abondant dans une solution qui n’en contient que o,ooo5 ; mais, dans ce dernier cas , le précipité est,
pour ainsi dire, inappréciable. D’après nos expériences , il nous parait impossible de démontrer la nature de ce précipité en si petite proportion dans la liqueur; la difficulté est plus grande encore si le tannin se trouve en dissolution mélangé avec d’autres substances; en effet, le précipité qu’on obtient étant altéré par quelques matières étrangères , il ne présente plus de caractères bien tranchés.
La gélatine précipite plusieurs solutions métalliques. Nous avons cru devoir donner un tableau de ces précipités. Ceux qui sont dus aux sels de mercure, chauffés sur un charbon incandescent, se décomposent, donnent les produits des matières animales, puis des vapeurs mercurielles qu’on reconnaît en condensant le mercure sur une lame de cuivre décapée. Celle-ci se blanchit, devient douce au toucher et brillante.
TABLEAU des précipités produits dans quelques solutions métalliques par la gélatine.
Hydro -chlorate d’or . . ♦ .
Nitrate d’argent . . . . .
Nitrate de mercure , . . .
Perchlorure de mercure ; .
Proto-sulfate de fer, ....
Persulfate de fer . ï i .
Nitrate de peroxide de fer . .
Hydro-chlorate d’antimoine .
précipité jaunâtre, abondant, soluble par une addition d’eau, apparence laiteuse, précipité abondant d’apparence caséuse.
précipité blanc , abondant, production de quelques flocons jaunes.
précipité laiteux peu sensible.
couleur d’œillet.
précipité floconneux, abondant.
Glaïadine . La glaïadine sert à précipiter le tannin de sa
TRAITE DES REACTIFS. 20 t
Solution dans l’alcool. On a fait une heureuse application de ce réactif à l’analyse végétale , pour essayer directement si une infusion ou une décoction alcoolique d’une plante quelconque contient du tannin. Cette substance ne présente pas l’inconvénient qui résulte de l’emploi de la gélatine pour cet essai; en effet, la gélatine étant précipitée en partie par l’alcool lui-même, on ne sait si la précipi Cation appartient au tannin ou à l’alcool. Ce véhicule seul ne peut donner lieu à la précipitation de la glaïadine, puisqu’elle est soluble dans l’alcool.
Ce ré actif n’étant connu que depuis peu de temps, les caractères du précipité qu’il forme dans les solutions n’ont pas encore bien été décrits, ni L’état dans lequel se trouvent le tannirvet la glaïadine.
La glaïadine peut donner quelques indices sur les carbonates alcalins qui tous y déterminent un précipité blanc.
La glaïadine est un excellent contrepoison contre les sels mercuriels.
Teinture de Fernambouc. Cette teinture est , comme on le sait, très-sensible aux alcalis. On a indiqué les phénomènes caractéristiques qu’elle offre avec différens acides :
L’acide sulfurique concentré ou étendu d’une petite quantité d’eau , produit sur le papier de Fernambouc une tache rose , qui passe à l’oranger. L’acide sulfurique étendu d’une plus grande quantité d’eau fa tvrer la couleur au jaune.
Les acides nitrique et hydro-chlorique produisent à peu près le même effet.
L’acide sulfureux détruit la couleur.
L’acide hydriodique forme une tache de couleur rose
qui jaunit spontanément vers les bords; étendu d’eau, il donne une couleur jaune assez belle qui s’affaiblit et vire au rouge.
L’acide iodique produit une couleur jaune qui ne varie plus.
L’acide fluorique concentré pur, ou celui qui contient de la silice donne une couleur rouge clair; étendu il produit une tache orangée rougeâtre qui disparaît en laissant une teinte d’un gris-verdâtre.
L’acide borique agit lentement; il pâlit peu à peu la couleur du papier , et laisse une teinte rougeâtre pâle.
L’acicle phosphorique concentré donne une couleur *
rose virant à la nuance orangée; étendu de 10 à 3o parties d’eau , il développe une belle couleur jaune. L’acide phosphatique produit des effets semblables.
L’acide phosphoreux concentré dorme une coloration rouge qui pâlit par degré et devient incolore; étendu d’eau il produit une nuance jaune qui disparaît bientôt.
L’acide arsénique concentré vire le papier de Fernambouc au rose , étendu de 10 à 5o parties d’eau , il produit une belle couleur jaune qui devient jaune pâle
L’acide acétique donne une couleur jaunâtre sombre, qui passe au violet pâle; étendu d’eau, la coloration qu’il produit est jaunâtre, et vue par réflexion on transmission, elle paraît d’un rouge violâtre foncé.
Les acides citrique, tartrique et malique produisent une couleur jaune.
L’acide succinique donne une couleur jaunâtre.
Hématine. Cette substance, extraite par M. Chevreul, du bois de campêehe , présente avec les acides et les alkalis en particulier, des phénomènes différens, qui peuvent donner quelques indices sur leur nature.
L’acide sulfurique fait passer au jaune la couleur orangée de l’iiématine dissoute dans l’eau; un grand excès la fait virer au rouge.
L’acide hydro-chlorique produit le même effet , si ce n’est que 6a couleur, au bout de quelques jours tire Un peu plus sur le jaune
L’acide nitrique à 02 1 agit comme les précédons , mais la couleur rouge qu’il avait développée d’abord, finit par passer au jaune. Si l’on sature par la baryte , la couleur prend une teinte rougeâtre.
Les acides phosphoreux et phosphorique font passer l’hématine au rouge-jaunâtre.
L’acide borique pur rougit l’hématine, si l’on ajoute une petite quantité d’acide sulfurique; la couleur passe au jaune.
Cette propriété de l’héniatine peut servir à démontrer si l’acide borique, séparé du borax par l’acidesulfurique, a retenu quelques portions de cet acide , comme cela arrive ordinairement dans sa préparation.
L’acide sulfureux, versé dans la solution d’hématine , la fait virer au jaune.
L’acide carbonique gazeux lui fait prendre la même couleur.
Les acides acétique et tartrique jaunissent d’abord
la solution de cette matière colorante. Un excès de ces
acides lui donne une légère teinte rose; mais cette teinte est bien plus faible que celle développée par les acides minéraux. Essayée par l’acide hydro-sulfurique , elle passe au jaune.
Action des alcalis sur /’ hématine.
La potasse et la soude la font passer au rougd-pourpre,
^54 TRAITE DES REACTIFS.
dont le fond est un peu jaune ; par l’addition d’un grand excès d’alcali, elle devient d’un bleu violet, ensuite d’un rouge brun, et enfin d’un jaune brun.
La baryte la strontiane ,1a chaux produisent des effets semblables; le résultat diffère cependant en ce que les solutions de ces derniers oxides précipitent l’hématine au bout de quelque temps.
Huiles essentielles, Ces huiles peuvent servir à faire reconnaître la présence de l’or dans des solutions qui ne contiennent que des atomes de son oxide, elles le ramènent à l’état métallique et le précipitent.
On s’est servi de ce moyen avec avantage pour reconnaître si une eau qui a été distillée sur une plante quelconque, contient de l’huile essentielle, (de même que l’on peut se servir d’une pet te quantité d’huile essentielle pour reconnaître une petite quantité d’or en solution), A cet effet, on ajoute à cette eau distillée quelques gouttes de solution d’hydro-chlorate d’or, et on abandonne pendant quelque temps ce mélange, après l’avoir fortement agité. Si l’eau essayée contient de l’huile volatile , le métal est réduit et se précipite sous forme d’une poudre violette. Cet effet n’a pas lieu , si l’eau distillée n’en contient pas.
Indigo. , Cette matière colorante mise en poudre impalpable, et traitée à chaud par l’acide sulfurique con^ centré, donne une combinaison soluble , qui, saturée par le sousrcarbonate de chaux, perd son acide; mais l’indigo , devenu libre, conserve la propriété de se dis^* soudre dans l’eau. C’est en le préparant ainsi ou plus otv dinairement en y laissant l’acide sulfurique, que l’on prépare le bleu en liqueur employé pour reconnaître les.
proportions de chlore ou d’un chlorure d’oxide contenues dans un liquide , la quantité de chlore étant proportionnelle à la quantité d’indigo décolorée. On peut éviter la purification exacte de l’indigo ; et quoique les quantités de matière colorante contenues dans l’indigo du commerce soient très-variées, à l’aide d’un moyen fort ingénieux, que Velter a donné , il est facile d’obtenir des résultats exacts, indépendans de la pureté de l’indigo et de sa composition Son procédé est moins sujet à erreur \ que ceux usités jusqu’alors, et bien plus facile. Il suffît de déterminer, une fois pour toutes, le pouvoir décolorant d’un litre de gaz chlore, sur une solution d’indigo faite en quantité un peu considérable, afin d’en avoir pour longtemps; ce qui, au reste, doit dépendre de l’usnge plus ou moins fréquent que l’on en veut faire. On fait dissoudre avec précaution le litre de gaz dans l’eau , afin de n’en pas perdre, et pour cela on introduit le flacon bouché tout entier dans l’eau, on soulève doucement le bouchon, on le referme, on agite la petite quantité d’eau entrée; elle dissout du gaz. Il en résulte une absorption, en ouvrant une seconde fois dans l’eau ; on répète la même manœuvre jusqu’à ce que le litre de gaz soit entièrement dissous dans le litre d’eau; on verse dans cette solution de la liqueur d’épreuve jusqu’à ce qu’il y ait excès léger d’indigo , ce que la teinte verdâtre démontre. ( M. Gay-Lussac a fait construire des instrumeus au moyen desquels on peut apprécier directement la quantité de chlore contenue dans une solution de ce corps ou d’un chlorure d’oxide de potassium, de sodium (i) ou decalcium.)Ce mode d’essai étant fondé sur
(i) Le chlorure de soude qui vient de recevoir des apjdica-
a56 traité des réactifs.
le principe indiqué par Velter, c’est-à-dire, que la «dation d’indigo doit être préalablement éprouvée par une quantité connue de chlore gazeux, il s’en suit qu’il peut aussi indiquer la proportion d’indigo pur contenue dans les indigos de commerce. Ces instrumens, que M. Gay-Lussac a nommés chloro-mètres, sont plus particulièrement destinés à déterminer les centièmes de souschlorure d’oxide de calcium saturé contenu dans le sousçhlorure de chaux du commerce. Connaissante quantité de cette liqueur employée , on sera bien assuré que , chaque fois que la même quantité sera décolorée par du chlore, elle indiquera un litre de ce gaz pur, ou bien encore qu’elle indiquera autant de litres de chlore humide que cette même quantité de liqueur d’épreuve sera contenue de fois dans la quantité totale de liqueur employée à l’essai du chlorure de chaux (1).
Or , connaissant le poids spécifique du chlore et la pres-
tions nouvelles très - intéressantes , le blanchiment des toiles peintes, dont il n’altère pas les couleurs , le traitement des affectations cancéreuses , et la désinfection des plaies ; il peut se préparer économiquement en décomposant le chlorure de chaux par le sulfate de soude.
(i) Depuis longtemps ce produit est employé en Angleterre dans toutes les applications du chlore indiquées par notre illustre Berthollet. La consommation qu’on en fait en France devient de jour en jour plus importante^. La fabrique de M. Chaptal et de MM. le baron Bonnaire , Payen et Ador , peuvent en livrer d’immenses quantités au commerce. On conçoit que chaque consommateur doits'avoir essayer le chlorure de chaux, soit pour apprécier la qualité de celui qu’il achète, soit pour déterminer les doses qu’il doit eu employer. ( V oyez le cliap. des Appareils ).
«ion , on aura par là, directement encore, le poids qu’on cherche résultant du volume connu.
On peut encore et à la fois déduire, par le moyen de Velter, la quantité d’indigo pur, ou même d’un indigo du commerce quelconque, représenté par l’absorption du chlore. En effet, si, par exemple, on prend de l’indigo bengale , qu’on le dissolve , de manière qu’il se trouve dans la liqueur d’épreuve en proportion de — ( quantité assez commode pour la facilité des expériences) , que pour 14 litres de gaz , on emploie 160 grammes de cette solution; en multipliant ce volume de chlore par son poids spécifique ( 1 mètre cube de chlore =: 1000 litres et pèse 3, 1 73 grammes ; l’eau , comme on sait, pesant 1 000 kilogrammes sous le même volume) , on aura d’abord, comme nous l’avons dit, la quantité de chlore représem* tée par cette équation
Donc 164 grammes de liqueur employée auront démontré la présence de 44>42 de chlore pur; et, en divisant ensuite la quantité de liqueur employée par la proportion d’indigo qu’elle contient (7/—) , on aura la formule suivante.
44,42 de chlore = rr 102 d’indigo.
D’où l’on voit que 44>42 de gaz indiquent 102 d’indigo bengale, ou que 100 de chlorure indiqueraient 225.
Infusion de noix de galles. L’infusion de noix de galles est souvent mise en usage pour reconnaître le fer dans diverses solutions. Pour s’assurer de la présence de ce métal dans le liquide que l’on veut examiner, on y verse quelques gouttes de ce réactif, et on agite vivement avec
258 TRAITÉ DES RÊACTlES.
un tube de verre. Si la solution contient du fer à l’étal de protoxicîe, elle se colore par degrés en brun : puis elle passe au bleu : ces nuances différentes dépendent de l’état d’oxidation dans lequel se trouve le fer. Si ce métal est dans un état d’oxidation très-avancé, on voit l’infusion de noix de galles produire instantanément dans la
liqueur une couleur bleue très-foncée ; si , au contraire ,
le fer est à un état d’oxidation moindre, la couleur brune qu’il produit d’abord, devient de plus en plus foncée et passe enfin au bleu très-intense, parce que le fer s’oxide de plus en plus en absorbant l’oxigène de l’air atmosphérique (i). Si l’on veut s’assurer de la présence du fer dans une eau minérale, et qu’on n’ait pas d’infusion de noix de galles préparée , on peut se servir d’une -moitié de noix de galles qu’on fait tremper dans cette eau, la présence du fer est indiquée, et par la coloration en noir de la liqueur et par celle que prend la noix de galles elle-même. Ces différens phénomènes peuvent être considérés comme des indices de la présence du fer.
M. Philips a remarqué que l’action de l’infusion de noix de galles sur les solutions de fer, peut donner lieu à quelques différences dans les phénomènes produits, en ce qu’elle est soumise à l’influence des corps étrangers qui peuvent accompagner ces solutions; mais tous les réactifs sont dans le même cas : le chimiste ne s’assure
(i) On peut déterminer plus promptement la combinaison de Poxigéne à l’oxide de fer en solution, au moyen du chlore, qui décompose l’eau, s’empare de son hydrogène pour former de l'acide hydro-chlorique , tandis que l’oxigf’ne misa nu se porte sur le fer et s’y combine.
TRAITÉ DES REACTIFS.
jamais, par un seul d’entr’eüx, de la présence des corps qu’ils indiquent plus spécialement; ce n’est que de la combinaison d’effets produits par plusieurs , et meme du plus grand nombre possible, que résultent pour lui les indices certains qui démontrent la présence de ces corps. En effet, chacun des caractères particuliers que les réactifs indiquent , peut être commun à deux ou plusieurs corps ; mais la réunion de plusieurs phénomènes produits par différens réactifs, ne peut généralement s’appliquer qu’à un seul; et nous dirons en passant, à cette occasion , que si l’on voulait , dans un traité , prévoir tous les cas qui se présentent, font varier quelques résultats et donnent lieu à des anomalies apparentes, un tel ouvrage serait d'un volume considérable , nécessiterait des détails fort longs, encore serait-il incomplet.
On emploie l’infusion de noix de galles pour reconnaître la pureté des solutions de titane : elle les précipite en jaune orangé quand elles sont pures; dans le cas contraire, la couleur du précipité varie du vert au vert brunâtre.
Cette infusion précipite diverses autres solutions métalliques; la couleur du précipité indique le métal auquel jl appartient. Le tableau suivant montre ces phénomènes.
TRAITÉ DES REACTIFS,
TABLEAU des précipités formés par l’infusion de noix de galles dans quelques solutions métalliques .
Solutions métalliques. Coült urs dei précipités»
bleu (i).
jaune, blanc, orangé, brun.
La couleur particulière de ces précipités n’est constamment semblable que dans le cas où les solutions métalliques employées sont au même degré d’oxidation. M. Dublanc, pharmacien, vient d’appliquer la solution alcoolique de noix de galles à démontrer la présence de l’acétate de morphine : il suffît de plonger dans une solution aqueuse de ce sel, qui en contient seulement 0,001, un tube mouillé avec la solution de noix de galles pour y produire une apparence laiteuse.
Il faut observer que ce réactif, à moins qu’il ne produisît un précipité dont on reconnaîtrait les caractères , ne pourrait être appliqué dans les cas d’empoisonnement, puisque les matières animales auxquelles l’acétate de morphine serait mêlé , sont elles-mêmes précipitées abondamment par la solution de noix de galles.
Solution d’osmium,
— - de tellure,
—>■ — — — d’argent,
— - de mercure,
d’urane,
(t) La couleur bleue du précipité d’osmium , avec ce réactif, est semblable à celle qui est due au fer; mais l’odeur particulière désagréable de la solution métallique d’osmium suffit pour la faire distinguer.
Picromel . Cette substance, dissoute dans l’eau , peut être employée pour reconnaître l’acétate de plomb, et le distinguer du sous-acétate du même métal. En effet, ce réactif, versé dans une solution de ce dernier sel, y produit un précipité sous forme de flocons blancs : ce précipité , lavé et exposé au contact de l’hydrogène sulfuré, noircit et le métal passe à l’état de sulfure.
Le picromel précipite aussi le nitrate de mercure et les sels de fer; il s’unit à la résine de la bile. La combinaison particulière qu’il forme ainsi, a été examinée par M. Thénard.
Le tannin est employé pour reconnaître la gélatine, et réciproquement. Il forme avec cette substance une matière particulière, tannate de gélatine, dont les caractères bien connus font reconnaître les deux substances qui forment cette combinaison. ( Les caractères de ce composé sont décrits à l’art. Gélatine. )
Ce corps a}rant la propriété $e former un précipité blanc avec la gélatine, on l’emploie pour reconnaître cette substance. Il y a cependant quelquesprécautions à prendre , parce que l’albumine est aussi précipitée par le tannin : pour s’assurer si le liquide de nature animale qui contient de la gélatine, contient en outre de l’albumine, il faut avoir le soin de l’essayer par le perchlorure de mercure qui indique la présence de l’albumine , s’il donne lieu à un précipité, et son absence s’il ne produit pas ce phénomène.
Cet essai étant fait, et l’absence de l’albumine constatée , on mêle la solution de tannin à ce fluide animal et on en ajoute jusqu’à ce que l’addition d’une nouvelle quantité de tannin ne précipite plus le liquide. On obtient
^42 TRAITÉ DES REACTIFS.
un précipité qui, layé à l’eau froide et desséché, est, suivant le docteur Bostock , composé de 2 parties de tannin et de 3 parties de gélatine (quantités approximatives).
Si l’on avait constaté dans un liquide la présence de l’albumine et qu’on y voulut rechercher aussi celle de la gélatine, il faudrait d’abord séparer l’albumine du liquide à examiner; pour y parvenir, on doit , avant d’employer le tannin, avoir fait évaporer cette solution ; l’albumine est coagulée par la chaleur et on la sépare de la gélatine par la filtration ; l’albumine reste sur le filtre, et la gélatine passe en solution dans le liquide filtré : c’est alors seulement qu’on doit faire usage du tannin.
Le tannin n’a pas encore été obtenu à l’état de pureté.
Des teintures. Nous ayons cru devoir indiquer ici un assez grand nombre de teintures dont les effets , comme réactifs pour les acides, et les alkalis où les solutions quelconques , acides ou alkatines , puissent permettre de les substituer les unes aux autres; mais, en indiquant toutefois les caractères ou phénomènes particuliers à chacune d’elles , et la sensibilité plus ou moins grande qui doit en faire préférer quelques-unes à toutes les autres.
Baies de Sainte-Lucie. Ce petit fruit du cerasus mahaleb est d’un violet très-foncé; il donne, par son expression , une quantité fort considérable d’un suc très-coloré que l’on peut étendre facilement sur une grande surface de papier, à l’aide d’un pinceau.
Le papier réactif qui résulte de ce mode de préparation , est sensible aux acides, moins cependant que le papier de tournesol, il se conserve facilement.
La teinture alcoolique que l’on obtient des pellicules de ces baies desséchées, est d’une couleur bleue très- fou-
TRAITÉ DES REACTIFS 2^5
cée, tirant sur le violet. Quelques gouttes de cette infusion versées dans un verre d’eau, suffisent pour donner une teinte bleue très-sensiblement virée au rouge par une solution acide très-faible.
Teinture de mauves. MM. Vauquelin, Guyton de Morveau et Bugnatelli avaient indiqué la matière colorante des mauves parmi les teintures végétales , comme l’une de celles qui sont sensibles aux alcalis et aux acides ; mais il restait à apprécier approximativement le degré de sensibilité de ces teintures, après avoir isolé la matière colorante : on conçoit que sans cette mesure exprimée en nombres, les expressions très-sensible , extrêmement sensible, n’ont rien que de vague; il fallait, pour pouvoir comparer entre elles les indications données par diverses matières colorantes , connaître pour chacune d’elles les limites de ces indications. Voici quel est le système d’essai que nous avons commencé.
Après avoir desséché, pulvérisé et mis en macération pendantsix heures, à une température soutenue de l\o degrés, les pétales sèches delà mauve sauvage (mal va silvestris ) dans l’alcool, ce véhicule d’une couleur jaune rosâtre a été évaporé; puis le résidu, qui était d’un beau violet, traité par l’eau, celle-ci a dissous la matière colorante, abandonné une matière grasse qui se rancit facilement et une matière gommeuse. La liqueur violette purpurine foncée a été en partie étendue au pinceau sur du papier, une autre portion de teinture a été réservée pour agi r comparati veinent ( 1); le papier teint de cette manière était très-sensible; il était viré au vert par unesolu-
(i) Les pétales, épuisés par l'alcool, traites ensuite par l’eau,
TRAITÉ DES REACTIFS.
tion alcaline qui contenait seulement 0,0001 de potasse pure; si l’on étendait d'une plus grande quantité d’eau, on pouvait, par ce réactif, reconnaître encore l’alcalinité de la solution qui ne contenait plus que — de potasse ; mais il fallait attendre que le changement de couleur se prononçât, tandis qu’une goutte de la teinture versée dans la solution la colorait à l’instant en un vert bien tranché. En poussant plus loin nos essais avec la teinture liquide , nous parvînmes à démontrer qu’une partie de potasse étendue de 200,000 parties d’eau, donnait une solution qui faisait à l’instant virer au vert la teinture liquide des mauves. Nous ne poussâmes pas plus loin ces expériences sur la potasse, afin de n’indiquer que des effets bien marqués.
Quelques substances alcalines essayées de cette manière et comparativement sur la teinture liquide et le pa-= pier réactif de mauves , nous ont présenté les résultats suivans (1) :
ont donné une grande quantité de mucilage gommeux que nous nous proposons de rechercher dans toutes les malvacées.
(1) Si l’on veut , en général , reconnaître dans un liquideles plus petites proportions possibles d’une substance acide ou alcaline, il faut étendre une goutte de la teinture foncée d’une quantité du liquide à essayer assez forte pour qu’il ne reste qu’une teinte légère, et étendre dans un autre verre à expérience une goutte de la meme teinture d’une quantité égale d’eau distillée neutre , afin d’avoir un objet de comparaison. Pour plus de détails , voyez une note insérée dans le journal de Pharmacie, année 1822.
Substance alcaline.
Eaii, Papier réactif.'
Teinture de rtiaiivee.
Notasse . *
10,000 Effet marqué.
Effet très-marqué*
20,000 — sensible*
— très-sensible*
200,000 — nul.
— très-marqué.
Soude. . . . • .
8,000 — sensible;
— bien marqué*}
Sous-carbonate de soude
ioo,oco — nul.
— prononcé.
cristallisé, . , .
600 — - peu sensible.
— très prononcée
10,000 — nul.
— encore sensibl *
Eau de chaux saturée.
io — sensible.
— très-prononcé»
25 — nul;
— bien sensible*
Eau qui a bouilli sur
la magnésie calcinée.
6 — nul.
— très-marqué*
Eau qui a bouilli sur
la morphine. • .
tj; 0 — sensible^
- vert bien traiichêi
5 — nul.
— sensiblement vî« rée au vert (i).
Les sulfures alcalins , ainsi que les sulfites, décolorent entièrement la teinture de mauves. Cette propriété a rendu le papier réactif fait avec cette substance , fort commode pour apprécier les sulfures et les sulfites Contenus dans les soudes du commerce. Il est en effet important de reconnaître la présence de ces substances (2) § qui ont, pour l’acide sulfurique, Un pouvoir saturant égal
(1) Observation. — Dans tous ces essais, nous nous sommes toujours arrêtés un peu avantles limites des effets remarquables, afin que les changemens de coloration fussent bien tranchés.
(2) On peutpriver les sels de soude et les soudes des sulfures et des sels (sulfites et hypo-sulfites ) qui se trouvent mêlés auté alcalis par un procédé facile , décrit au chapitre V , pag. 5^,
iO
2/]6 TU A lié DUS hé ACTIFS,
à celui de l’alcali qu’ils contiennent (1) , et sont inutiles et même souvent nuisibles aux emplois auxquels la soude est destinée.
Les acides font passer au rouge vif la couleur bleue de cette teinture, ou au rouge violâtre, si la quantité d’acide est extrêmement petite. La couleur verte, déterminée par les alcalis, peut être ramenée au bleu et passer ensuite au rouge par un excès d’acide, et vice versa.
Teinture de baies de Sainte-Lucie ( cerasus mahaleb ). Nous avons essayé d’apprécier la sensibilité de la matière colorante des baies du bois de Sainte-Lucie, pour démontrer l’existence des acides à l’état libre en très-petites proportions.
Cette teinture, d’une couleur violette-purpurine foncée , a été extraite par l’alcool. Le papier sur lequel nous avons étendu la teinture alcoolique, était d’un violet rougeâtre et virait au bleu en se desséchant. Cette matière colorante, plus sensible aux acides qu’aux alcalis , a été essayée d’abord par l’acide sulfurique, et nous avons obtenu les résultats suivans : une partie d’acide sulfurique à 66° 184b ( poids spécifique ) , étendue de
4,000 parties d’eau, faisait très-sensiblement virer au rouge le papier teint par cette substance colorante; en doublant la quantité d’eau pour la même quantité d’acide, le changement de couleur était encore sensible; mais en étendant davantage, la sensibilité n’était plus assez marquée : nous avons posé là sa limite d’action suffisamment
(1) 0a sait que la quantité d’acide sulfurique employée pour saturer les sels de soude, (sous-carbonates), détermine dans le commerce la valeur vénale de ccs sels.
TRAITE DES REACTlES. $4?
marquée. Une goutte de la teinture alcoolique foncée pouvait démontrer l’acidité d’un liquide qui contenait une partie d’acide sulfurique, étendue de 20,000 parties d’eau, et en faisant virer préalablement cette teinture au bleu , par la plus petite quantité de potasse possible, elle devenait sensible à un — ^ d’acide sulfurique. La matière colorante du tournesol essayée comparativement en teinture liquide, a présenté précisément le même degré de sensibilité; mais le papier teint par le tournesol est plus sensible que celui indiqué ci-dessus; sa limite d’action , encore marquée , indique une partie d’acide sulfurique étendu de i4?ooo parties d’eau.
Teinture de baies de sureau. Les baies qui contiennent cette matière colorante, sont d’une couleur violette si foncée, qu’elles semblent noires. Ecrasées sur le papier, elles lui donnent une teinte rouge violâtre, approchant beaucoup de celle du tournesol ramenée au rouge par leâ acides. La couleur de ce suc est due à l’acide qui se trouve dans ce fruit; en effet, si l’on sature cet excès d’acide par un alcali , la couleur devient bleue, et enfin verte par l’addition de l’alcali en plus grande quantité.
Le suc obtenu par l’expression du fruit, étendu sur du papier et amené au bleu par son exposition aux vapeurs ammoniacales, donne un papier réactif qui pourrait, à défaut d’autres, remplacer le papier de tournesol viré au rouge ou au bleu ; il est cependant moins sensible aux petites quantités d’acide et d’alcali ; il a l’avantage , peu important à la vérité, de prendre avec les acides sulfurique, nitrique, muriatique et acétique concentrés, des couleurs de plusieurs nuances différentes. Une goutte d’acide sulfurique posée sur ce papier lui donne une cou-
îG*
248 TRAITÉ DES REACTIFS.
leur rouge très-vive, et il se forme une auréole dont le milieu est transparent et présente une apparence gommeuse. La couleur peut être ramenée par un alcali, mais avec quelques modifications clans la nuance.
L’acide nitrique îe colore en rouge; mais le milieu de a goutte passe presque sur le champ au bleu jaunâtre : la matière colorante est détruite; en effet, les alcalis ne font plus revenir cette couleur à son état primitif.
L’acide hydro-chlorique lui communique une couleur rouge moins intense que les précédentes , et le milieu de l’auréole est d’une couleur rose plus tendre; elle est ramenée en partie à sa première couleur par les alcalis.
L’acide acétique lui donne une couleur rouge qui diminue d’intensité et devient de plus en plus faible à l’air par l’évaporation de l’acide : les bases alcalines lui rendent sa couleur bleue.
Les solutions alcalines de soude et de potasse à l’alcool, mises en contact avec ce papier, le colorent en jaune; mais la soude le fait passer au jaune plus foncé. Ces caractères différens ont été remarqués avec des solutions qui contenaient les mêmes quantités d’oxides alcalins en solution.
La chaux , ia baryte, l’ammoniaque, ne donnent pas lieu à des différences bien marquées dans la coloration ; il en est de même des sous-carbonates alcalins.
Bois de Brésil ( teinture de). La matière colorante du bois de Brésil, extraite en teinture ou étendue sur du papier, est d’une assez belle couleur rouge; elle est virée du violet au pourpre foncé par les alcalis ou oxides alcalins, i\ l’état caustique ou à celui de sous-carbonate. Les acides en excès font passer cette couleur violette au jaune.
TRAITÉ DES REACTIFS^ ^49
Cette teinture est peu employée comme réactif. Cependant elle pourrait être utile pour distinguer quelques acides les uns des autres.
Choux rouge ( teinture de ). Celte teinture, qui est d’une couleur bleue très - vive , peut être employée comme les précédentes pour hidiquer'la présence des alcalis et des acides libres; une très-petite quantité d’acide la fait virer au rouge, et des traces d’un alcali quelconque la font passer au vert.
Curcuma (teinture de). Cette teinture est un réactif propre à constater la présence des alcalis : sa couleur est d’un jaune foncé. Mise en contact avec une eau légèrement alcaline , elle devient d’une couleur rouge ou orangée; les sous-carbonates alcalins y produisent les mêmes effets : on peut ramener au jaune , par un acide, la matière colorante du curcuma rougie par un alcali.
Dahlia (teinture de). La teinture qu’on obtient des pétales bleues tirant sur le violet des fleurs du dahlia, est virée au vert par les liquides alcalins, et au rouge par les solutions acides, bougie elle est plus sensible pour les alcalis que la teinture de mauves, quecelle du tournesol rougie et surtout que celle du curcuma. Elle est plus sensible aux acides que la teinture bleue des baies de Sainte-Lucie.
La teinture bleue des pétales du dahlia présente cette particularité que les taches rouges produites parles acides extrêmement faibles , passent lentement au vert. Il faut donc, pour juger l’alcalinité d’une substance par cette teinture, que la couleur verte se prononce bien et sur le champ , ou se serait du papier rougi. ( Payen. )
La matière jaune qui se trouve au fond du calice des fleurs du dahlia, traitée par l’alcool et par l’eau ensuite,
a5o traité des réactifs.
donne une teinture qui , étendue sur du papier, peut servir à la saturation des alcalis par les acides; tant que la liqueur est alcaline, la couleur jaune est virée au jaunebrun ; lorsqu’il y a excès d’acide, elle passe au jauneclair , elle est peu sensible. ( Chevallier. )
Nerpram (suc de). M. Pelletier a fait des expériences comparatives sur cette matière colorante. Il en résulte qu’elle est plus sensible aux solutions acides que celle des violettes et de quelques autres. Sa couleur pourpre est virée au vert.
R oses (teinture de). Cette teinture peut être employée pour reconnaître non-seulement les alcalis qui lui communiquent une couleur verte jaunâtre ( ce phénomène est dû à la saturation de l’acide préexistant , qui vire au rouge la matière colorante de ces fleurs ) ; mais encore quelques autres substances avec lesquelles elle forme des précipités bien caractérisés. De ce nombre sont l’acétate de plomb, qui est précipité par cette teinture en une belle couleur verte , dont les nuances varient depuis le vert jaunâtre jusqu’au vert chrome.
Tournesol ( teinture de ). On emploie la teinture de tournesol, dont on a fait virer la couleur au bleu dans sa préparation, pour reconnaître dans un liquide la présence d’un acide ou d’un sel avec excès d’acide; si l’acide est faible, la couleur passe au violet et est ramenée totalement au rouge si l’acide est plus fort. Elle est d’une très -grande sensibilité : les sels qui contiennent un léger excès d’acide lui font subir un changement bien marqué.
Cette teinture, rougie par un acide faible, peut servir à faire reconnaître la présence d’un alcali qui la fait virer au violet ou au bleu ( selon la quantité d’alcali ) ; elle est
TRAITÉ DES REACTIFS. 26 1
bien plus sensible encore, si, au lieu d’employer un trop grand excès d’acide qui la fasse. passer au rouge vif, on la traite par un acide faible, en s’arrêtant au point où la couleur de la teinture soit virée seulement au violet rougeâtre, elle est très-employée.
Beaucoup d’autres teintures encore peuvent servir à démontrer la présence des acides et des alcalis. Celle des baies de Morelle a été indiquée par M. Boullay. On emploie au même usage la teinture de violettes; celle-ci n’est cependant pas fort sensible.
La teinture de pervenche, qui, par l’acide oxalique, passe au rouge, est aussi rougîe par l’acide sulfurique, mais ensuite un peu décolorée; l’acide nitrique la décolore à l’instant. La potasse la colore en jaune; l’ammoniaque en vert ; enfin celle de l’iris glaïeul présente les mêmes phénomènes avec les mêmes acides, mais d’une manière plus marquée.
Papiers réactifs. Divers réactifs peuvent être appliqués sur du papier par des procédés que nous indiquerons au chapitre des préparations. Sous cette forme, ils présentent l’avantage d’être sous un petit volume commode à porter sur soi.
Les teintures végétales dont nous venons de parler, donnent aussi des papiers colorés aux moyens desquels on obtient les phénomènes caractéristiques que nous avons décrits. Il suffit d’y poser une goutte de la solution dont on veut reconnaître l’acidité ou Y alcalinité. Quelquefois, lorsque l’on veut observer des différences qui arrivent alternativement entre ces deux états d’un liquide, on y laisse une bande de l’un de ces papiers colorés, et les changemens de couleur indiquent ces variations.
Les papiers imprégnés de diverses solutions métalli-» ques, offrent aussi des réactifs utiles. C’est ainsi que le papier d’acétate de plomb est noirci par le contact d’une Solution d’acide hydro-sulfurique ou des vapeurs qui Contiennent une petite quantité de ce gaz. Celui du sulfate de fer passe au bleu, lorsqu’après l’avoir trempé dans un alcali , on le plonge dans les vapeurs de l’acide hydro-» eyanique ou de l’hydro-cyanate d’ammoniaque, ou bien encore dans la solution d’acide hydro-cyanique ou d’un hydro^cyanate. On peut même, à l’aide d’un papier yéactif, obtenir les indices que donnent les solutions. Il suffît de laisser couler dessus une goutte d’eau que l’on recueille sur une soucoupe en verre blanc, en y mêlant ensuite deux ou trois gouttes de la solution que l’on veut essayer. On peut observer si la transparence du mélange est troublée; on aperçoit très-aisément les changemens de couleur, en faisant le mélange sur une soucoupe en porcelaine bien blanche. Ces modes d’opérer sont souvent très-utiles, lorsque l’on n’a qu’une faible quantité , SQÎt d’une solution d’un réactif, soit de la substance à essayer.
Tous ces papiers servent aussi à reconnaître la pré-* sence de divers corps à l’état gazeux : c’est ainsi que les. vapeurs acides ou ammoniacales 3 dégagées pendant la calcination de plusieurs substances , font changer les ïiuances des papiers teints ci-dessus indiqués ; un papier de sous-acétate de plomb fait reconnaîre l’acide hydro sulfurique en gaz; l’acide hydro-cyanique est indiqué par le sulfate de fer à l’aide de la potasse, puis d’un acide i ( Y oyez ces Réactifs ),
TRAITÉ des réactifs.