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TROISIÈME PARTIE

Eau pure

Elle se prépare en distillant l’eau de rivière , de préférence, parce qu’elle contient en général moins de substances hétérogènes; cependant, à défaut d’autres, on peut se servir de l’eau de puits en a}rant le soin de ne pas pousser la distillation trop loin , et généralement il faut laisser dans le vase distillatoire d’autant plus d’eau à rejeter que l’eau employée est plus impure. On introduit

(1) Cette précaution est utile à observer dans l’emploi de cha» cua des réactifs.

l’eau à distiller dans une cornue de verre qu’on emplit jusqu’aux deux tiers de sa capacité ; on adapte au col de la cornue une allonge et un récipient qu’on rafraîchit par un courant d’eau froide, on chauffe jusqu’à l’ébullition : l’eau réduite en vapeur passe dans l’allonge, et de là dans le récipient où elle se condense. Les premières portions distillées doivent également être rejetées, parce qu’elles pourraient contenir de l’ammoniaque, de l’acide carbonique ou des produits de quelque décomposition, et que de plus elles peu vententraîner des sub stances étrangères (1). On recueille l’eau condensée, et on la verse dans des flacons que l’on tient bouchés- (2). On peut se servir d’un alambic de cuivre et d’un réfrigérant d’étain, pour préparer l’eau distillée, c’est le moyen le plus généralement usité; mais il faut prendre garde qu’il ne puisse communiquer à ce liquide quelques substances étrangères dont les récipiens pourraient être restés imprégnés (3) à la suiie de la distillation d’un autre liquide.

(1) On est parvenu x à l’aide d’un procédé fondé sur ce principe, à obtenir parla d/stillalîon de l’eau de mer , de l’eau potable, et en redistillant une deuxième’ fois sur du charbon , ori a obtenu de l’eau distillée presque pure; on ne distille que les deux tiers à la première opération, et les trois quarts à la seconde.

(u) On se sert avec avantage pour garder de l’eau distillée, de bouteilles de verre ordinaire , que l'on fait boucher à i’èmeril.

(3) M. Vauquelin a remarqué qu’un serpentin qui n’a pas servi depuis longtemps , donne de l’eau chargée d’oxide de plomb la première fois que l’on veut) distiller de l’eau.

TRAITÉ DES REACTIFS.

Ammoniaque (alcali volatil ).

L’ammoniaque se prépare en décomposant 5o parties d’hydro-chlorate d’ammoniaque par 100 parties d’oxide de calcium (chaux). On introduit les deux substances réduites en poudre, dans une cornue à laquelle on adapte ensuite un ballon tubulé ; celui-ci communique, par un tube à double courbure rectangulaire, à un appareil de Woulf, composé de trois à quatre flacons à demi pleins d’eau distillée. L’appareil étant bien luté, on chauffe graduellement, et jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus au travers de l’eau de bulles d’alcali volatil. Le premier flacon qui ordinairement est employé au lavage du gaz , ne doit contenir qu’une très-petite quantité d’eau ; on répartit dans les autres flacons 5o parties d’eau, c’est-àdire parties égales en poids à Fhydro-chlorate d’ammoniaque employé (i). De cette manière, on obtient une liqueur portant à l’aréomètre à l’alcool 21 à 220 (Baume), l’alcali volatil à ce degré peut servir comme réactif; mais si l’on voulait l’obtenir un peu plus chargé d’ammoniaque, il faudrait augmenter la proportion du mélange du sel ammoniac et de la chaux, relativement à celle de l’eau, ou fractionner les produits des divers flacons ; le 2e sera plus fort que le oe, et celui-ci plus fort que le 4e ? etc.

On met l’ammoniaque dans un flacon bouché en verre

(i) 11 faut qu’il y ait de plus un dernier flacon , dans lequel l’eau est destinée a absorber un excès d’ammoniaque qui se perdrait sans cette précaution. C< t!e eau ammoniacale faible , peut servir au lieu d’eau pure, dans uae opération suivante.

ci on le conserve dans un lieu dont la température soit peu élevée.

Perchlorare de mercure (sublimé corrosif).

On prépare ce chlorure en prenant 480 parties de sulfate acide de mercure, 480 parties de muriate de soude desséché (chlorure de sodium), et 45o parties d’oxide de manganèse; en réduit en poudre ces trois substances; on les mêle exactement , et on les introduit dans un matras que l’on place dans un bain de sable : le matras doit être couvert jusqu’à moitié. On chauffe d’abord doucement, puis on élève successivement la température, et l’on continue de chauffer jusqu’à ce qu’il ne s’élève plus de vapeurs. On laisse tomber le feu, et quand le matras est refroidi, on le casse; on trouve à la partie supérieure de ce vase une masse blanche, qui est le perchlorure de mercure. Ce perchlorure contient souvent du protochlorure de mercure; mais ces deux combinaisons sont faciles à séparer l’un de l’autre, la première étant soluble dans l’eau distillée, tandis que la seconde est insoluble. La solution aqueuse du deuto-chlorure de mercure se conserve dans un vase fermé à l’abri de la lumière.

Cyanure de mercure.

On prépare ce cyanure en faisant bouillir dans une fiole à médecine 04 parties d’eau distillée, 5a parties de bleu de prusse pur et 8 parties d'oxide rouge de mercure ; lorsque le mélange a bouilli suffisamment, et que la couleur bleue a passé au jaune, on filtre; on fait évaporer pour séparer le cyanure, qui cristallise par refroidissement. Les cristaux ainsi obtenus ne sont pas

2g0 TRAITE DES REACTIFS.

à l’état de pureté, il faut les faire bouillir de nouveau avec du deutoxidc de mercure et de l’eau, puis filtrer , évaporer et faire cristalliser. Le cyanure obtenu par ce procédé est chargé de mercure, on y ajoute un peu d’acide hydro-cyanique qui se décompose; son hydrogène se porte sur l’oxigène de l’acide, forme de l’eau : le eyanagène mis à nu, s’unit au métal.

Ce cyanure est soluble dans l’eau ; on en fait une solution de 10 parties dans é\o parties d’eau distillée , on filtre, et on le conserve en cet état.

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