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Roche composée de mica mêlé intimement avec des parties de feldspath; très-tenace, sans délit, noirâtre, et quelquefois verdâtre par altération.
Parties accidentelles : talc, calcaire, etc.
Espèces
Fraidronite massive. — Stratification peu sensible, texture presque homogène.
Fraidronite porphyroïbe. — Cristaux déterminablés de feldspath mélangés dans la pâte.
La fraidronite, souvent confondue avec les diorites, a été décrite pour la première fois par M. Cordier. Cette roche se trouve en filons dans les terrains de transition ; elle n'a été connue dans la science qu'en 1835, époque à laquelle M. de Christol en fit la découverte dans les Cévennes, où elle forme, dans le terrain de gneiss et de micaschiste, de nombreux dykes et filons, qui, de quelques pas, ressemblent, à s'y méprendre, à des dykes basaltiques. M. de Christol, dès cette époque, en distribua de nombreux échantillons aux géologues du Midi et à divers autres géologues, entre autres, à M. Guillebot de Nerville, ingénieur des mines, qui les déposa à l'Ecole des Mines à Paris. Dans une Description des terrains primitifs des Cévennes, publiée en 1836, M. de Christol classa cette roche dans les roches trappéennes, bien qu'il eût reconnu qu'elle ne contenait ni pyroxène, ni amphibole ; il fut conduit à ce résultat tant par l'impossibilité de rapporter cette roche à aucune de celles qui étaient décrites jusqu'alors , que parce qu'à cette époque on donnait aux roches trappéennes une extension qui permettait cette détermination; mais, en 1837, M. de Christol ayant envoyé divers échantillons de cette roche à M. Cordier, avec prière de lui en dire son avis , cet illustre géologue lui annonça, par lettre du 9 septembre 1837, que cette roche était inconnue des géologues, mais qu'il la connaissait depuis longtemps, et qu'il la nommait /raî-
dronite. M. Cordier en communiqua d'ailleurs l'analyse à M. de Christol. Feu M. Rehoul, membre de l'Institut y a, dès 1835, assuré à M. de Christol qu'il avait anciennement observé cette roche dans les Pyrénées. Un savant géologue piémontais, M. l'évêque Rendu , assura aussi, vers la même époque , à M. de Christol , qu'il avait observé cette roche aux environs deChambéry; enfin, divers géologues, depuis 1837, l'ont citée en divers lieux , et nous l'avons trouvée nousméme en petits blocs roulés aui^ environs de Rouvray (Côte-d'Or).
M. de Christol classe cette roche parmi les roches feldspathiques. D'après ses observations, elle passe au pétrosilex. Elle est quelquefois globuUfère, et ressemble alors à certains spilites. Elle se divise souvent en prismes de toutes grosseurs , comme le basalte. Souvent aussi elle se présente en filons verdâtres , terreux par décomposition. Quelquefois elle se décompose en boules de toutes grosseurs, à écorce , à couches concentriques.
Cette roche, qui est tenace, peut être employée avantageusement dans le pavage des rues; dans les Cévennes, on la recherche comme pierfe de taille; mais les blocs roulés d'où on la tirait sont à peu près épuisés.