XIV PRÉFACE
Mais ces volumineux traités sont peu maniables; ils ne sont pas traduits; les définitions sont quelquefois embarrassées; surtout les exemples, destinés à autoriser les définitions, ne sont pas traduits. Certes, nous rendons Justice à ces ouvrages; nous tenons à reconnaitre que nous leur devons beaucoup; nous leur avons emprunté un bon nombre d'exemples ; mais il nous ἃ semblé que, sans prétendre à faire mieux, on pouvait être plus bref, plus précis, et surtout plus pratique.
Tout d'abord, nous nous sommes enfermé dans la période attique. Quand nous avons dépassé Aristote et Théophraste, c'était pour nous adresser à des écrivains qui, comme Lucien, ont imité les prosateurs de l'âge d'or. Nous nous sommes limité à la prose. Le volume de ce Traité, qui devait rester élémentaire, aurait été doublé, si nous y avions fait entrer le vocabulaire poétique. Nos définitions, d’ailleurs, ont été établies suivant une méthode fort simple, qu'il est facile à chacun d'appliquer à la langue des poètes.
A défaut de définitions formulées par les auteurs eux-mêmes (on verra que Platon et Aristote nous en ont fourni une très grande quantité), nous avons recherché à l’aide de lexiques spéciaux !, plusieurs textes d’un même auteur ou d'auteurs différents où fût employé le mot à définir; puis, par la comparaison de ves témoignages, nous en avons déterminé la nuance propre. Nous retenions comme exemples et traduisions les plus probants de ces textes. Nous avons parfois rencontré des ἕρμαια : des textes où plusieurs mots, donnés par nos dictionnaires comme synonymes, sont employés
1. Nous nous sommes surtout servi du vieux Lexicon Plalonicum d'Ast, dans lequel il pourrait, sans doute, y avoir plus d'ordre, mais dont les listes sont à peu près complètes, — et de l'admirable Index Aristotelicus de Bonitz (t. V de l’Aristote de Berlin}, où les exemples sont classés avec tant de méthode et certains mots définis avec une sobriété si lumineuse.
ΠΥ τε τῖ- PRÉFACE. ΧΥ
dans une même phrase et se définissent d'eux-mêmes, grâce à ce rapprochement. [Voy., entre autres, le $ 260.1
Nous ne nous sommes pas astreimt à définir tous les mots grecs, mais seulement les plus usuels, ceux qui signifient les notions les plus générales, les idées les plus importantes, les sentiments les plus communs. Nous avons laissé de côté les termes juridiques, dont le sens est suffisamment précisé dans les manuels d'institutions, et aussi les mots techniques. Nous n'avons fait d'exceptions que pour les termes philosophiques les plus usités dans l'exposé des doctrines platonicienne et péripatéticienne. Sans pousser plus avant qu'il ne convenait dans un 7'raité élémentaire, nous ne pouvions manquer à distinguer, par exemple, εἶδος et ἰδέα (Voy. SS 391, 392), βούλησις et προαίρεσις (ον. $$ 209, 210), même des formules comme ἀπὸ τύχης et ἀπὸ τοῦ αὐτομάτου {Voy. ὃ 462). C'est encore pour faciliter la lecture de Platon et d’Aristote que nous avons compris dans notre liste les principaux termes de musique ἡ, Plusieurs se lisent, en effet, au cours des discussions relatives à l'efficacité des modes dans l'éducation des enfants.
Les mots de sens voisin sont groupés sous des titres, qui, par nécessité, sont assez vagues, par exemple, COURAGE ; CRAINTE ; DÉDAIN et MÉPRIS; CROIRE et PENSER. Groupements et dénominations pourront paraitre arbitraires. Mais toute disposition, toute rubrique serait peut-être discutable. De ces titres, nous avons dressé une table. Ainsi le lecteur trouvera sans peine la suite des mots qui répondent à chaque idée générale de quelque importance. Nous avons voulu par là rendre plus facile l'exercice du thème grec. Mais, comme nous avions surtout en vue la lecture et lexplication des textes, comme notre dessein était de composer non un livre qui se püt bre de suite, mais un
1. Pources mots-là, nous avons mis à profit les notes de MM. H. Weil et T. Reinach dans leur édition du περὲ Moveexs. (Paris, Leroux, 1900.)