I. — Partie optique
Nous avons à considérer deux systèmes de lentilles, absolument différents par] leur mode de construction et par leur usage : les objectifs et les oculaires.
Objectifs. — L’objectif est incontestablement la partie essentielle de tout microscope composé; aussi est-ce sur cette partie de l’instrument que se sont concentrés les efforts des opticiens.
Objectifs achromatiques. — Les premiers microscopes étaient munis d’objectifs non achromatiques, et dans ces conditions il était difficile d’obtenir des images convenables, toute observation sérieuse était encore impossible. Charles Chevalier, le premier, parvint à construire des objectifs achromatiques pour le microscope; nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit plus haut à ce sujet ( p. 3).
Les objectifs faibles sont le plus ordinairement formés d’une seule lentille, et les opticiens cherchent alors à obtenir un achromatisme aussi parfait que possible, en combinant convenablement les courbes des deux lentilles de crown-glass et de fiint-glass dont se compose toute lentille achromatique.
Mais dans les objectifs d’un pouvoir amplifiant plus considérable, on réunit toujours deux ou trois lentilles de foyer inégal; la plus puissante étant la plus rapprochée de l’objet, et la plus faible en étant la plus éloignée. L’expérience a en effet appris que l’assemblage de plusieurs lentilles donne une aberration de sphéricité beaucoup moins considérable que ne le ferait une seule lentille ayant une longueur focale égale à celle que donne l’ensemble des lentilles combinées.
Pendant longtemps, chacune de ces lentilles prises isolément était rendue achromatique; de là de très grandes difficultés de construction lorsqu’il s’agissait de travailler des lentilles de quelques millimètres de foyer.
MICROSCOPES COMPOSÉS
En 1855, Amici, le célèbre constructeur italien, abandonna complètement ce système, et démontra que les trois lentilles n’avaient pas besoin d’être achromatisées séparément. Tous les opticiens suivent actuellement cette méthode et combinent leurs objectifs de telle façon que la lentille médiane est seule achromatisée; la supérieure, trop corrigée (à flint prédominant), donne une bordure bleue à l’image; l'inférieure, trop peu corrigée (presque toujours formée de Crown seul), donne une bordure rouge. L’ensemble produit un achromatisme complet, plus facile à obtenir que par l’ancienne méthode, en même temps que les images deviennent à la fois plus nettes et plus éclairées.
Enfin tout récemment M. Prazmowski a combiné un objectif à quatre lentilles, qui donne des résultats remarquables, et principalement un champ absolument plat et une netteté parfaite.
Dans tout objectif il importe d’examiner la distance focale et le grossissement, l’angle d’ouverture et la distance frontale.
Distance focale. — On distingue ordinairement les objectifs entre eux par la distance focale du système de lentilles dont ils sont composés, ou pour parler plus exactement par le foyer de la lentille unique qui donnerait un grossissement égal. Ainsi un objectif de 0m,005de foyer n’a pas en réalité cette longueur focale, mais il donne le même grossissement qu’une lentille simple de 0m,005 de foyer.
Ce rapport n'est même pas absolument exact ; et, en fait, la distance focale d'un objectif à plusieurs lentilles est plus petite que celle de la lentille simple donnant le même grossissement.
L’usage veut cependant que l’on use de cette comparaison, et les opticiens donnent toujours pour chacun de leurs objectifs leur équivalence focale; enfin, par une fâcheuse habitude, cette mesure est donnée en pouces et en lignes.
La distance focale (le foyer) est en rapport direct avec le grossissement, et plus le foyer d'un objectif est court, plus est considérable Lamplification qu'il peut produire. Mais en même temps que Lamplification augmente, la lumière diminue, et c’est là une des raisons principales qui empêchent de porter le grossissement par les objectifs au delà d’une certaine limite.