‹ Traité élémentaire du microscopeChapitre 32 sur 105 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

cellule de verre calibrée de profondeur et à fond plat, dans laquelle on dépose une goutte de sang dilué et que recouvre une lamelle mince d’une planimétrie exacte; on obtient ainsi une lame de liquide à surface parallèle. MM. Hayem et Nachet ont cherché à supprimer le quadrillé tracé sur la cellule même ( méthode Malassez), car ses divisions étaient peu visibles une fois mouillées, en même temps que les traits s’éraillaient facilement par l’usage. Un système de lentilles placé au-dessous de la préparation projette sur la face supérieure de la lame porte-objet l’image d’une photographie transparente représentant le quadrillé permettant de

Fig. 56.

compter les globules sanguins; celle-ci est beaucoup plus vigoureuse que dans les autres méthodes, et les lignes sont toutes également visibles.

Compresseurs. ■ — 11 est quelquefois nécessaire d’exercer une pression sur le couvre-objet, afin d’écraser certains éléments, de réduire à une faible épaisseur une nappe liquide, ou bien encore pour empêcher les mouvements de certains animaux. Les anciens observateurs usaient beaucoup de cet instrument; aujourd’hui il est beaucoup moins employé. Nous signalerons seulement le nouveau système du docteur Viguier, construit par Nachet (fig. 57). Deux lames de cuivre percées l’une et l’autre d’une ouverture peuvent être rapprochées très près Lune de l’autre au moyen d’une

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vis micrométrique logée dans le tube latéral, appareil en tout semblable celui de la mise au point du microscope.

Fig. 57

Dit revolver porte-objectif . — Il est souvent nécessaire de changer les objectifs pendant les observations, et cette opération exécutée trop rapidement peut fausser les pas de vis, et enlever ainsi au centrage des lentilles toute sa précision ; enfin, quelle que soit la dextérité de l’opérateur, cette manœuvre constitue toujours une perte de temps. Sous le nom de revolver porte-objectif, on a construit une pièce qui permet de changer rapidement les objectifs sans exposer aux accidents que nous venons de signaler.

« Le revolver porte-objectif (fig. 58) consiste en un bras vissé

Fig. 58.

au bout du tube et qui se relève obliquement sur le côté; le bras oblique porte une pièce qui tourne à pivot autour de son centre et Trutat. — Microscope. 5

à chaque extrémité de laquelle ou place un objectif. En faisant tourner cette pièce autour du pivot, elle vient successivement présenter devant l’ouverture du tube les deux objectifs dont elle est armée. La substitution est ainsi instantanée et la position oblique du centre de rotation, en éloignantdu porte-objet l’objectif qui ne fonctionne pas, fait que le petit instrument ne gêne nullement les mouvements et le travail sur la platine (1). »

Extracteurs. — Dans ce moment une véritable transformation s’opère dans le mode d’attache des objectifs au tube; au lieu d’avoir à faire marcher un pas de vis, un simple mouvement de coulisse permet d’enlever l’objectif de sa place, et un système analogue à celui de la baïonnette le maintient en place et règle en même temps le centrage.

Nous décrirons, en même temps que le microscope pétrologique de M. Vérick, l’extracteur que cet habile constructeur a combiné. M. Nacliet, sous le nom d’adaptateur, a produit une excellente combinaison, qui n’est cependant qu’une modification heureuse de

Fig. 59.

Fig. 60.

l’instrument inventé par le professeur Thury; la fig. 59 représente l’appareil mis en place ; la fig. 60 en donne la coupe ; et il est facile de se rendre compte de sa manœuvre. A représente l’adaptateur proprement dit, sorte de gaine mobile autour d’un tube

(’) Pelleta.n, op. cit., p. 123.

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qui vient se visser sur le nez du microscope : un ressort à boudin pousse en haut cette partie mobile. Une fente latérale permet de faire glisser la bague porte-objectif B au centre de l’appareil, et une portée circulaire oblige l’objectif à se loger exactement dans le centre de la boîte; le ressort à boudin amenant en haut la face inférieure de la boite mobile maintient exactement en place la bague porte-objectif. Pour dégager l’objectif mis en place, il suffit d’amener en bas la boîte mobile.

Chercheurs. — Lors de l’emploi des forts grossissements, il est quelquefois difficile de trouver certains détails aperçus une première fois, et cette recherche demande toujours beaucoup de temps. Aussi les micrographes ont-ils cherché un moyen de trouver rapidement dans une préparation le point important: de là les chercheurs.

Lorsque le microscope est muni d’une platine à chariot, le chercheur de Maltewood est le plus simple. Il consiste en une série

Fig. 61.

de petits carrés photographiés sur un porte-objet (fig. 61), chaque

carré contenant deux chiffres. La préparation, étant butée contre les deux arrêts qui portent la platine, est fixée exactement en place par les valets, et l’on cherche le point à examiner en faisant marcher le chariot dans les deux directions jusqu’au moment où il se trouve au centre du champ.

Cela fait, on enlève la préparation et l’on met exactement à sa place la plaque du chercheur; il suffit alors de noter le carré qui occupe le centre du champ et de l’inscrire sur la préparation.

Lorsque l’on veut de nouveau examiner ce point important de la préparation, on suit une marche inverse : on place d’abord le chercheur, et lorsque la division notée est bien exactement au centre, il suffit de le remplacer par la préparation; l’objet cherché doit se trouver au centre de l’instrument.

Lorsqu’au contraire le microscope n’est pas muni de platine à chariot, on peut employer un chercheur plus simple, mais un peu moins précis. Çelui-ci consiste en un bras métallique pouvant pivoter autour d’un point fixe, absolument comme un valet; la partie libre de ce bras est courbe et terminée par une pointe effilée. Quand il est nécessaire de noter la position exacte d’un détail, on enduit la pointe d’encre ordinaire, afin de marquer avec elle un point sur l’étiquette de la préparation préalablement mise en place. Plus tard, il suffira, pour retrouver la position de ce détail, de mettre exactement au-dessous de la pointe du chercheur le point marqué à l’encre.

Des appareils binoculaires. — Bien souvent, dans les observations microscopiques, il est difficile de se rendre compte de la forme exacte des détails d’organisation que présentent certaines préparations. Est-ce un creux ou un relief que l’on aperçoit ? Tel détail d’ornementation appartient-il à la face supérieure ou à la face inférieure? On sait, en effet, que la sensation du relief ne peut se produire en faisant usage d’un œil seul, et c’est ce qui arrive dans le microscope. Nous ne pouvons entrer ici dans les explications que demanderait ce phénomène; nous nous contenterons de rappeler les effets du relief produit par le stéréoscope. Dans cet instrument, les deux yeux regardent chacun une image

du même objet, et leur réunion produit la sensation du relief. Les microscopes binoculaires sont destinés à produire des effets semblables en séparant en deux l’image produite par l’objectif.

Tantôt le prisme diviseur n’occupe que la moitié de la lentille (fig. 62, 2); tantôt, au contraire, le prisme couvre en entier l’ob-

Fig. 62.

jectif, mais il se prolonge en une partie à faces parallèles (fig. 62, 1), dans laquelle les rayons lumineux ne subissent pas de déviation, ainsi que le montre la figure. Un second prisme à réflexion totale ramène les rayons dans la direction voulue. Chacun des faisceaux lumineux ainsi séparés est reçu dans un tube distinct, terminé à son extrémité supérieure par un oculaire. Mais l’écartement des yeux n’étant pas toujours le même, il est encore nécessaire de modifier à volonté cet écartement. M. Nachet a combiné différents, mécanismes pour obtenir cet effet; tantôt un seul tube est mobile (fig. 63), et une vis de rappel V produit un écartement variable ; tantôt au contraire les deux tubes peuvent s’écarter, et chacun d’eux est commandé par une vis de rappel. Cette combinaison est plus spécialement adaptée aux microscopes destinés seulement aux observations stéréoscopiques : c’est elle que représente la fig. 64.

Dans les modèles précédents, le dédoublement de l’image se fait

immédiatement au-dessus de l’objectif; mais on peut également

reporter plus haut les appareils séparateurs; dans ce cas, le tube

Fig. 64.

du microscope ne reçoit aucune modification, et c’est l’oculaire

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seul qui contient les prismes nécessaires. Telle est la disposition

adoptée par M. Vérick, et qui est représentée par la fîg.

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