‹ Traité élémentaire du microscopeChapitre 76 sur 105 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

colonne fixe, qui elle-même glisse dans un tube creux de façon à l’élever ou à l’abaisser à volonté, et faire varier ainsi la longueur de la chambre noire et par suite les dimensions de l’image. Cette

Fig. 153.

colonne-support est fixée sur un socle qui reçoit également le microscope. Cet appareil très simple est très commode et peu encombrant ; il permet surtout une mise en place rapide du microscope.

Méthode de M. Bertrand. — L’appareil vertical est absolument nécessaire lorsque l’on veut faire usage de la lumière polarisée; il est possible alors de conserver le parallélisme nécessaire entre les différentes pièces, et de faire tourner convenablement l’analysateur. Dans ce cas, M. Bertrand laisse en place l’oculaire; il le coiffe d’un nicol, et obtient ainsi des images très nettes, très éclairées, en même temps qu’il diminue de beaucoup la durée de la pose que les couleurs données par la polarisation rendent très longue lorsque l’oculaire est enlevé.

Système de Vogel et du Dr Fayel. — Nous devons à ce propos signaler la combinaison adoptée par M. Vogel et par M. le Dr Fayel ; dans celle-ci , l’oculaire reste en place et l’image qu’il donne est reprise par un objectif photographique placé immédiatement au-dessus de lui. M. Fayel a produit ainsi de superbes épreuves; mais jusqu’à présent cette méthode est peu employée.

Manœuvre des appareils. — Quel que soit le système employé, la marche des opérations sera toujours la même : celles-ci ne sont ni longues ni difficiles, mais elles demandent beaucoup de soin : il ne faut jamais se contenter d’à peu près, car on n’obtiendrait alors que des épreuves vagues, indécises et sans aucune valeur.

La préparation toute particulièrement faite pour la photographie, comme nous l’indiquerons dans la seconde partie de cet Ouvrage, étant soigneusement nettoyée et fixée sur la platine au moyen des valets, on règle en premier lieu l'éclairage. Cette opération faite, il convient de choisir un objectif de force convenable; ici, plus encore que dans les observations ordinaires, il convient d’employer des objectifs à long foyer. Non seulement la mise au point est alors rendue plus facile, mais l’objectif ayant plus de profondeur donnera des images plus complètes, et dans lesquelles il sera possible d’obtenir une netteté suffisante des objets placés sur des plans différents.

La grandeur de l’image se règle par la longueur plus ou moins sxande donnée à la chambre obscure.

La mise au point s’effectue à l’aide de la vis micrométrique, comme dans les observations ordinaires.

Mais il faut corriger le foyer chimique des objectifs en interposant sur le trajet du faisceau éclairant une cuve remplie d’une solution de sulfate de cuivre ammoniacal ( 1 ).

La mise au point doit être de nouveau corrigée après la mise en place de la cuvette à sulfate de cuivre.

On masque alors la source éclairante au moyen d’un léger carton noir posé sur le trajet des rayons lumineux. La plaque sensible est mise en place, et l’on fait poser pendant quelques secondes ou quelques minutes suivant l’éclairage et le mode de préparation de la plaque photographique. Nous conseillons fort de laisser de côté les procédés au collodion humide et d’user exclusivement des procédés secs, émulsion au collodion ou à la gélatine.

Nous n’avons pas à traiter ici la question purement photographique, et nous renvoyons pour cela nos lecteurs aux nombreux ouvrages spéciaux.

(') Cette solution se prépare en dissolvant 20?r de sulfate de cuivre pur dans 100sr d’eau distillée, et en ajoutant de l’ammoniaque en léger excès, de manière à redissoudre le précipité bleu qui se forme d’abord. On amène ensuite le volume à 300crac par de l’eau distillée.

Page 1