CHAPITRE IV
(fig. 154); ce moyen permet d’obtenir une surface beaucoup plus unie et plus également tendue que dans le premier cas.
Enfin un écran en papier très blanc, collé sur une toile pour lui donner plus de solidité est encore meilleur pour les projections par réflexion, mais il a le défaut d’être d’une grande fragilité.
Lorsque les projections doivent être faites par transparence, il laut de toute nécessité user d’un écran en étoffe. Pour lui donner la translucidité nécessaire, il suffit de le mouiller à l’eau au moyen d’une petite pompe à pomme d’arrosoir.
Il est inutile de dire que dans ce cas l’appareil doit être placé en face des spectateurs au delà de la toile ; aussi faut-il disposer d un local assez vaste, cas fort rare dans les salles de cours; ce
DE L’EMPLOr DU MICROSCOPE COMPOSÉ. 251
qui fait que ce moyen est réservé en quelque sorte aux conférences.
ïl est souvent difficile de placer l’appareil de projection à la hauteur exacte du centre de l’écran; il faut alors lui donner une inclinaison convenable; mais l’écran ne doit plus être vertical, il doit s’ incliner aussi, de façon à rester parallèle à l’appareil; sans cela, les images seraient déformées.
Pied porte-appareil. — Le meilleur support à employer est le pied d’atelier des photographes. Une crémaillère permet d’élever la lanterne à la hauteur convenable, en même temps que la planchette mobile qui le termine permet l’inclinaison de l’instrument.
Microscope solaire. — Lorsqu’on peut user d’un local convenablement orienté, le microscope solaire est le plus simple à employer.
L’appareil se fixe au valet percé d’une fenêtre au moyen de quatre boulons. L’écran est ensuite placé en face du microscope à la distance voulue; au moyen du miroir articulé, la lumière est ramenée dans l’axe de l’appareil. Une première lentille L (fig. 155)
concentre les rayons lumineux sur une lentille plus petite A. La préparation s’introduit entre les deux plaques de la platine, et les
ressorts à boudin D permettent de la maintenir exactement à la place voulue.
Il faut alors mettre exactement en place le focus A, ce qui se fait en allongeant ou en raccourcissant le tube qui porte tout l’appareil. La mise au point s’obtient au moyen de la crémaillère K et se termine par la vis micrométrique; enfin au moyen du diaphragme H on élimine tous les rayons latéraux qui nuiraient à la netteté de l’image.
La chaleur développée par les lentilles concentratrices est assez intense pour faire éclater les lames de verre des préparations ; on peut éviter cet accident en plaçant sur le trajet du faisceau lumineux une cuve de verre contenant une dissolution d’alun : celle-ci se place derrière la première lentille dans une coulisse qui n’est pas figurée dans notre dessin.
On peut encore éviter cet accident en usant de préparations spéciales, que l’on trouve chez tous les préparateurs de micrographie. Ces porte-objets sont en bois, et l’on a pratiqué vers le milieu un ou plusieurs trous de 0m,006 de diamètre environ. Dans chacun d’eux est encastrée une préparation emprisonnée entre deux verres minces d’un diamètre égal à celui du trou. De la sorte la surface entière des verres est contenue dans le cône lumineux, la dilatation se fait également et les verres ne cassent plus.
Mais le microscope solaire est forcément d’un usage bien restreint; la lumière du soleil est trop capricieuse pour que l’on puisse en faire la base d’un travail régulier; trop souvent, au moment où elle serait nécessaire, elle fait complètement défaut. Les microscopes à lumières artificielles n’ont pas ces inconvénients, aussi les emploie-t-on fort souvent maintenant.
Microscope photo-électrique. — La description des différents modèles adoptés par les constructeurs que nous avons déjà donnée (*) indique suffisamment l’emploi de ces instruments; nous aurons donc peu de choses à ajouter ici.
(D Voir page 96 et suiv
de l'emploi du microscope composé. 253
Le courant électrique sera donné tantôt par une pile de Bunsen (50 éléments) que l’on aura le soin de placer au dehors pour éviter les vapeurs nitreuses qui se dégagent, tantôt par une machine magnéto-électrique, machine de Gramme, actionnée par un moteur à gaz.
L’intensité considérable de la lumière électrique permet d’obtenir de forts grossissements ; mais il ne faut pas oublier que l’augmentation des amplifications doit être obtenue par un éloignement plus grand de l’écran, et non par la force plus considérable des objectifs, car on n’aurait alors que des images sans netteté.
Malheureusement la lumière électrique nécessite un matériel coûteux, machine dynamo-électrique et moteur ; et lorsqu’on demande à la pile la source électrique, le montage des appareils est fort long, et la dépense en zinc et en acide assez forte.
Microscope à gaz. — La lumière de Drummond, ou lumière oxydrique, est facile à obtenir sans danger avec les chalumeaux que l’on fabrique maintenant ; elle possède un pouvoir éclairant considérable, et elle a sur la lumière électrique l’avantage de ne pas scintiller ; elle est au contraire d’une grande fixité si l’on sait convenablement régler l’arrivée des deux gaz.
Nous ne pouvons entrer ici dans tous les détails que demanderait une description complète des diverses manipulations que nécessite la lumière de Drummond, et nous renverrons à l’excellent Traité de M. Molteni.
Mais avec l’un ou l’autre de ces microscopes il n’est pas possible de dépasser certains grossissements, et il faut tourner la difficulté en projetant, avec un appareil convenablement construit, des photographies transparentes obtenues tout d’abord au microscope.
IL — Lanterne a projection.
On peut employer comme éclairage la lumière électrique, la lumière Drummond et même le pétrole, lorsqu’il n’est pas nécessaire d’obtenir des images dépassant 2m de côté.