‹ Traité élémentaire du microscopeChapitre 98 sur 105 · C. Quartz parallèles croisés · texte numérisé non relu

C. Quartz parallèles croisés

D. Spath parallèles croisés.

E. Gypse de clivage croisé. — ■ Les franges sont des hyperboles.

F. Hyperboles mobiles de Savart. — On les obtient avec deux

DE l'emploi du microscope composé

quartz parallèles prismatiques, glissant l'un sur l'autre, ou plus simplement avec deux quartz parallèles prismatiques collés ensemble et que l’on fait glisser dans le faisceau lumineux.

G. Quartz obliques croisés (polariscope de Savart).

4° Série. — Cristaux biaxes perpendiculaires.

• A. Les cristaux qu’on a le plus d'intérêt à observer sont : l’arragonite, la cérusite, le nitre, les micas, le borax, la barytine, le gypse, la topaze, le sucre, le diopside, le spliène, etc.

B. Cristaux à axes de diverses couleurs croisés. — Les mélanges des deux sels de Seignette donnent des cristaux dans lesquels le plan des axes rouges est perpendiculaire à celui des axes bleus. Il en est de même de certains cristaux naturels : brookite, glaubérite.

C. Signe des cristaux biaxes. — La ligne des pôles étant dans l’azimut 45° , on place dans l’intervalle A un quartz perpendiculaire qu’on tourne autour d’une ligne parallèle ou perpendiculaire à la ligne des pôles. L’une de ces rotations produira l’effet suivant : les anneaux qui entourent les pôles s’allongeront, ils finiront par venir se rencontrer au centre du champ pour former une courbe en 8; puis cette courbe se brisera, et ses deux branches s’écarteront perpendiculairement à la ligne des pôles. Dans ce cas, si l’axe de rotation du quartz est perpendiculaire à la ligne des pôles, de telle sorte que ces deux lignes, en se superposant, forment le signe -4-, ce cristal est positif. Si, au contraire, les deux lignes sont parallèles, de sorte qu’en se superposant elles forment le signe — , il est négatif.

D. Cristaux maclés. — Ce phénomène est assez commun dans les cristaux bi-axes, surtout dans l’arragonite. Le système des lemniscates, au lieu d’être simple, peut alors être double ou même triple.

E. Cristaux croisés. — Les cristaux biaxes perpendiculaires croisés montrent quatre systèmes d'anneaux sur les bords du

Trutat.

Mici'oscope.

champ et vers le centre des courbes semblables à des hyperboles conjuguées : arragonite, mica, topaze, sphène.

5e SÉRIE. — Déplacement des axes par la chaleur.

Le déplacement des axes s’observe dans plusieurs cristaux. Ils s'écartent dans la glaubérite, le feldspath, et ils se rapprochent dans le gypse, la kalusite. Le phénomène est très remarquable avec le gypse. Ces cristaux sont montés sur une lame de cuivre un peu longue, dont on chauffe l’extrémité en dehors du microscope, tout en observant le cristal. Pour le gypse, il faut retirer la source de chaleur (lampe à l’alcool) lorsque les axes sont rapprochés au contact; sans cette précaution, le gypse se transformerait en plâtre; la chaleur continuant néanmoins à se propager dans le cristal, les axes passent dans un plan perpendiculaire au premier, puis ils reviennent à leur position primitive, le gypse se refroidissant.

On peut mesurer très exactement l’écartement des axes produit par la chaleur au moyen d’un appareil spécial que nous avons décrit page 155.

6e Série. — Cristaux combinés.

Les franges que donnent ces cristaux sont parfois singulières. Il faut principalement citer les combinaisons de Norremberg, mica et gypse, qui donnent des franges compliquées, et celles de mica bi-axes, qui, successivement superposés et croisés, produisent l’effet d’un cristal à un axe; exemple : 24 micas de £ d’onde alternativement croisés.

Lumière parallèle. — L’instrument étant disposé ainsi qu’il est indiqué page 296, la lame à observer est placée dans l’intervalle A.

Polarisation rotatoire. — On place en A un porte-diaphragme avec une ouverture convenable, et dans lequel se place une plaque à deux rotations, — plaque de M. Bertrand à deux rotations dou-

DE l’emploi du microscope composé. 307

blés, — prisme à pénombre, — chlorate de soude, — plaque à deux rotations, avec chlorate de soude.

Polarisation chromatique. — Lames minces cristallisées, — quartz parallèle, disque concave: il donne des anneaux; en le combinant avec un quartz parallèle mince, on voit les anneaux changer de couleur, et, si l’épaisseur est convenable, il se forme un fond noir quand les sections principales sont croisées. — Compensateur Babinet, formé de deux quartz prismatiques égaux, renversés et croisés. Il donne toujours des bandes parallèles, avec une raie noire au milieu. — Figures de lames de gypse, étoiles, fleurs, papillons, lettres, etc.

Double réfraction irrégulière. — Verres trempés, — chauffés, — comprimés, — ployés. Larmes bataviques placées daus une cuve fermée, à faces parallèles, contenant de l’acide pliénique.

Projections. — Lorsqu’il devient nécessaire de projeter les phénomènes de polarisation, afin de les montrer à un nombreux auditoire, le microscope est modifié dans sa combinaison, et nous avons déjà décrit, page 156, le montage de l’appareil.

On peut aussi faire usage de l’instrument construit par M. Duboscq (voir page 151).

L’appareil étant convenablement installé et réglé de telle sorte que le disque soit exempt de toute tache noire, on peut faire les expériences suivantes :

Double réfraction. — On enlève le nicol N et on le remplace par un prisme biréfringent fixé dans une monture spéciale. Mettre dans l’intervalle A le porte-diaphragme avec une ouverture de 0m,005 à 0ni,006. On verra alors sur l’écran deux disques ou images de l’ouverture interposée; le phénomène ne devient complet qu’avec une mise au point très exacte. En tournant sur elle-même la monture du prisme biréfringent, l’image ordinaire tourne sur elle-même, tandis que l’image extraordinaire tourne autour de la première; dans certaines positions angulaires, l’une ou l’autre s’éteint ou bien elles restent égales.

Polarisation chromatique. — Interposer en A, dans le porte-

diaphragme et près de celui qui s’y trouve, une lame mince cristallisée (quartz, mica, gypse); on verra alors les deux disques projetés sur l’écran prendre différentes teintes complémentaires, dont la superposition reproduit du blanc. En tournant soit l’analyseur biréfringent, soit la lame, on voit les images devenir incolores, puis passer chacune à la couleur complémentaire.

Expérience d'IIuygens. — Superposer au premier prisme biréfringent un deuxième prisme exactement semblable au premier; quatre images de l’ouverture du diaphragme se produiront sur l’écran, et, par la rotation d’ensemble de ces deux prismes, ces quatre images auront des phases lumineuses ou éteintes. En ne tournant qu’un seul prisme, les quatre images se réduiront à deux, puis à une seule, si les deux prismes sont bien exactement semblables.

Dichroïsme. — Enlever le deuxième analyseur biréfringent; ne laisser que le premier. Enlever la pile de glaces en dévissant la

bague qui la retient sur l’instrument. Eclairer directement en mettant la source lumineuse M dans l’axe même de l’instrument. La double image projetée et bien mise au point prendra différentes couleurs en interposant un cristal dichroïque près du diaphragme placé en A. Faire tourner ce cristal dichroïque à pennine, chlorure de palladium et de potassium, épidote, etc.

Détermination des éléments minéraux au moyen du microscope. — Le but de toutes les recherches microscopiques appliquées à la pétrologie est la spécification des éléments dont se composent les roches; et, comme nous l'avons vu déjà, le microscope seul permet de reconnaître cette composition intime. Jusqu’à présent, peu de travaux sur cette question ont été publiés en France; et nous ne connaissons que le grand travail de MM. Fouqué et Lévy, sur les roches françaises, dans lequel la méthode microscopique soit appliquée d’une manière certaine.

En Angleterre et en Allemagne, il existe déjà plusieurs traités, et c’est à eux qu’il faut avoir recours. Cependant, afin de faciliter les recherches et pour donner une idée de la précision que com-

DE l’emploi du microscope composé.

porte cette méthode d’observation, nous avons cru utile de donner pour ainsi dire la clef de cette méthode de détermination; et nous avons réduit en tableaux dichotomiques une série de tableaux synoptiques publiés par le docteur Doetler de l’Université de Vienne. A l’aide de ces tableaux, il sera possible d’effectuer la détermination des éléments minéraux qui se rencontrent le plus habituellement dans les roches; mais, cette première détermination obtenue, il sera nécessaire de la confirmer, en avant recours aux grands traités de Minéralogie.

Nous avons été singulièrement aidé dans ce travail par M. Bégouen ; et sa connaissance approfondie de la langue allemande nous a permis de traduire bien exactement les diagnoses du professeur allemand, condition indispensable pour arriver à dresser les tableaux dichotomiques qui terminent ce volume.

Page 1