DE LA. CONGESTION DU FOIE
comme consécutives à d’autres affections et particulièrement à une phlcgmasie des voies digestives ; chose fort douteuse pour nous.
Symptômes, marche , durée, terminaison. — Le foie congestionné, avons- nous dit, augmente de volume, c’est ce que prouvent la percussion et la palpation. La première fait voir que la moitié de l’organe s’étend, surtout perpendiculairement, dans une plus grande étendue ; par la palpation on constate, en outre, que le foie déborde le rebord costal d’un ou plusieurs travers de doigt , et on reconnaît la présence de l’organe dans ces points par la sensation qu’on a d’un rebord tranchant , anguleux et oblique. Les malades n’accusent, dans aucun cas, delà douleur et même de la pesanteur à l’hypochondre ; plus rarement encore, on voit survenir de l’ictère. La congestion hépatique peut, dit-on , exciter un mouvement fébrile qui pourrait persister plusieurs semaines. C’est là une opinion de M. Andral, toutefois on ne saurait se défendre, à cet égard, d’un sentiment de doute ; il nous paraît difficile , en effet, de ne pas croire alors à une phlegmasie plutôt qu’à une simple congestion.
L’hypérémie du foie a une durée très irrégulière ; elle peut se dissiper en quelques jours et même en quelques heures. Souvent une large saignée suffit pour amener une diminution considérable dans le volume de l’organe, ainsi qu’on peut s’en convaincre parla palpation et la percussion. Cetie diminution rapide peut avoir lieu spontanément à la suite d’un flux hémorrhoïdal. Dans les maladies du cœur, le foie peut aussi revenir à son état presque normal lorsque, par le repos et les faibles agents dont la thérapeutique dispose contre elles, on est parvenu à diminuer la gêne de la circulation. M. Andral est porté à croire que la congestion peut exister, d’une manière continue, pendant des mois et même des années, et donner lieu dans ces cas à des symptômes de dépérissement tels , qu’on doit soupçonner quelque altération organique du parenchyme hépatique. L’opinion de M. Andral est assez fondée , et semble confirmée par un fait curieux observé par M. Monneret , et que cet observateur distingué rapporte à la page 537, t. iv, du Compendium. Comme toutes les congestions , celles du foie sont très sujettes à récidiver.
Diagnostic. — Il serait impossible de diagnostiquer une simple congestion du foie, de la distinguer par exemple d’une hypertrophie, si on ne pouvait se convaincre que l’augmentation de volume du foie a été brusque ou du moins très rapide. La saignée générale qui amène généralement une diminution de l’organe par suite de la déplétion qu’elle produit dans le système circulatoire, sera aussi une circonstance qui démontrera , d’une manière certaine , que l’augmentation de volume du foie dépend d’une hypérémie, et nullement d’une cause organique.
Pronostic. — Les congestions hépatiques paraissent entraîner rarement du danger; on ignore encore la part qu’elles ont dans la produc-
tion des lésions organiques du viscère. Elles peuvent quelquefois être suivies d’une hémorrhagie interstitielle dans le foie, mais celle ci est fort rare et ne nous paraît avoir par elle-même aucune gravité, pourvu que les noyaux apoplectiques soient peu volumineux , peu nombreux et que la surface du foie ne soit pas déchirée.
Traitement . — Les saignées générales et les applications de sangsues sont les deux moyens les plus efficaces pour dégorger le foie. Les purgatifs, en excitant la sécrétion biliaire , peuvent agir de la même manière, mais leur action est moins certaine , et peut-être même si on les employait trop fréquemment, ou si on prenait les plus énergiques, produirait-on un effet contraire à celui qu’on se propose.