‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 124 sur 265 · DES PRODUCTIONS CARTILAGINEUSES ET OSSEUSES · texte numérisé non relu

DES PRODUCTIONS CARTILAGINEUSES ET OSSEUSES

Il u*est presque aucun des tissus de l'économie qui ne puisse subir la transformation cartilagineuse et osseuse , mais tous n'y sont pas également prédisposés, Nuls n'en sont plus fréquemment atteints que les cartilages et les fibro-cartilages ; viennent ensuite les tissus fibreux et cellulaire : celui-ci est h peu pi*ès le siège exclusif des cartilaginifications et des ossifications qu'on a dit avoir quelquefois rencontrées dans les membranes séreuses, et qui presque toujours siègent au-dessous d*elles. Ailleurs l'ossification se retrouve manifestement à la surface de la mem* brane séreuse; mais elle lui est encore étrangère, et résulte de la transformation qu'a bubie une fausse membrane qui, d'aboi*d albumino-fibreuse, et plus tard celluleiisc, devient apte à présenter toutes les productions morbides et à subir les dégénérescencx's du tissu cellulaire naturel. Les ossifications que nous venons de signaler comme étant assez communes dans le tissu cellulaire sous-séreux se rencontrent au contraire très rarement dans le tissu cellulaire qui double les membranes muqueuses. Les cartilaginificatious et les ossifications sont communes partout où existe du tissu fibreux. C'(^t, en eiïet, dans la membrane fibreuse d'envelop|)e que siègent ces plaques cartilagineuses, puis osseuses, qu'on trouve à la surface des reins, du foie et surtout de la rate. Ces productions scmt d'autant plus communes que les indi\idiis sont plus avancés on âge; car, chez les \ieillards, des dépôts de plM)spliate calcaire tendent ù se faire sur une foule d oi-ganes, et notamment dans le système \asculaire à sang rou^e, où existe en eiïet beaucoup de tissu fibreux. Les ossifications et les cartilaginifications se rencontrent au contraire peu souvent dans le tissu musculaire et dans les nmqueuses, mais un peu moins rarement dans les |)arenchynu*s. Dans ces derniers , elles se développent presque toujours aux dépens du tissu cellulaire, ou bien elles résultent de la transformation de quelque prtMluit morbide. Kn eiïet, l'ossification n'atteint |)as seulement les tissus natu* reiN, mais elle peut encore envahir les produits pathologiques : c'est ainsi que se transforment en matière; calcaire ou osseuse les fausses membranes des séreuses, les concrétions albumineuses et fibrineus<'s du cœur, les kystes, les productions fîbnnises, et notamment celles de l'utérus et du cœur, la matière athéromateuse qui se dé\elopi)e entre les tuni(]U(>s artérielles; il n'est pas enfin jusqu'aux tul)errules qu'im ne \o'w quel((uef()is pénétrés et même transformés en matière ossiforme I.e!i ossifications, quel que soit leur siège, adhèrent toujours plus ou moins aux tifisus; quelquefois on t mu ve, dans des ca\ités accidentelles, des masses ossi formes amorphes à l'état libre : je ne crois pas qu'on en ait jamais vu dans les cavités natu- Mh'ta. Il n'en est plus dr mèinc des productions cartilagineuses c\u'o\\ ^\^^T\k\3Xvc renient obsenées daun loi cavités des membranes séreuses cis^uoN\a\v&^ iSSEMbxvuA.

392 DES PRODUITS MORBIDES ACClDENTEfS.

tantôt par ub prolongement nieoibraneux à Tun des points de la paroi, mais cxisquelquefois entièrement libres. Il est difliciie d'expliquer Torigine de ces pro- Se sont-ils formés aux dépens du fluide exhalé? ou bien, admettant la théorie lec et de Béclard, dirons-nous que, liés à la surface externe de la memhnùe séreuse ou synoviale, us ont poussé celle-ci au-devant d'eux, et qu'après l'avoir usée ou détruite, ils s'en sont détacliés et sont tombés libres dans la cavité? C'est ce qu'il est impossible d'affirmer (1).

Nul doute que dans quelques cas Tossification, surtout celle des tissus fibreux et jcartilagineux, ne i^iisso être produite sous l'influence d'un travail inflammatoire développé au voisinage. Chacun sait que les muscles s'ossifient souvent autour du foyer d'une fractui^; nous voyons tous les jours les cartilages du larynx s'ossifier au voisinage d'une ulcération de la muqueuse : un lilcère carcinomateux des mamelles active le travail d'ossification des cartilages costaux subjacents; enfin, on connaît l'expérience de j\I. Rayer, qui, irritant artificiellement le fibro-cartilage de l'oreille d'un lapin, vit ce tissu se ramollir, puis une matière jaune se déposer çà et là dans sa trame; puis, enfin, une matière calcaire s'y former et une ossification véritable se produire. Cependant l'inflammation est loin d'être la cause la plus commune et même la cause ordinaire des ossifications accidentelles. Tous les jours, en effet, on rencontre de ces productions morbiiles dans une foule d'organes, sans que l'étude des antécédents, la comparaison des symptômes et l'examen nécroscopique puissent faire admettre ^'existence d'une phlegmasie antéc^*dente : on est obligé alors d'invoquer ici, comme \\ouy les autres transformations organiques, une simple perversion de l'acte nutritif.

Les cartilaginifications et les ossifications morbides ne se présentent pas toujours sous le même aspect : tantôt elles sont disposées sous forme de granulations d'un volume en général peu considérable, ne dépassant guère celui d'un pois, disséminées ou confluentes; disposition qui se montre spécialement sur les membranes fibreuses et surtout sur celles des kystes. Ailleurs, l'ossification et la carlilaginification sont disposées eu lames ou en plaques iirégulières qui adhèrent plus ou moins au tissu subjacent : c'est ce qu'on voit fréquemment dans le tissu cellulaire lamineux qui double les séreuses, comhie la plèvre, le péricarde, le péritoine et l'arachnoïde cérébro-spinale. Quelquefois l'ossification et la cartilagtnification existent uniformément sur une grande surface , où elles sont disposées en couche mince : c'est ce qu'on observe dans les cas de transformation osseuse ou cartilagineuse des tissus membraneux. C'est ainsi qu'on voit quelquefois la tunique fd)reuse de la rate et la tunique aibuginée du testicule être complètement ossifiées dans une grande étendue; il n'est pas rare aussi de rencontrer la membrane libreuse d'un kyste transformée en une coc[ue solide entièrement cartilagineuse ou osseuse. Quand l'ossification ou la cartilaginification afl'ecte cette dis|)osition, on rap|)elle memùrani forme.

Le tissu osseux accidentel n'oiïre pas partout la même structure. Tantôt, dit M. Andral, c'est une masse homogène sans apparence de fibre, sans distinction de substance compacte ou spongieuse; sa consistance peut être égale, inférieure ou

(1) M. Ducrest a décrit dans le tome II des Mémoireê de la Société médicale d'ohsettaiion une production acddenteDc, d'abord analogue aux cartilages, qui prend ensuite la consistance des 05, et qui se développe sur le cràue des femmes en couebes, entre la dure-mère et let« os; ces organes ne présentent aucune lésion spéciale. La présence de ce produit ne donne lieu ù aucun sympiûnie purticulier. Il est impossible de donner uoe explication saiisfaisante de la formation fie cette siuguUère production, qui n'a qu^un VnVMV d'^u^LVomVt ^^ihûlocHiue.

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