‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 5 sur 265 · EMPOISONNEMENT PAR LE PHOSPHORE, L'IODE, LE BROME ET LE CHLORE · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT PAR LE PHOSPHORE, L'IODE, LE BROME ET LE CHLORE

Tous ces corps agissent comme corrodants : ainsi le phosphore introduit dans les organes digestifs peut les enflammer; car ce métal, brûlant aux dépens de l'air qui y est contenu , se transforme alors en acide phosphorique. Mais une partie du poison étant absorbée , impressionne plus ou moins profondément le système nerveux. Dans cet empoisonnement, il y a bien souvent des douleurs vives dans le ventre et des vomissements opiniâtres ; mais les symptômes prédominants consistent en une prostration extrême des forces , et ceux qui ne meurent pas dans cet état d'asthénie sont emportés par des convulsions.

Le phosphore travaillé dans l'industrie peut occasionner divers accidents. Ainsi on sait aujourd'hui que les ouvriers qui fabriquent les allumettes chimiques sont fréquemment atteints de phlegmasie de l'arbre bronchique , et plusieurs fois on a noté, soit en Allemagne , soit en France , la nécrose des os maxillaires. On lira avec intérêt, dans la Bévue médicale de 18/!i6, les reclierches spéciales que M. le docteur Roussel a publiées sur ce sujet.

Viode iutroduit dans les voies digestives se transforme en acide hydriodlque; il enflamme, ulcère et ramollit la membrane muqueuse. L'hydriodate de potasse produirait à haute dose les mêmes effets.

Sous l'influence de Tiode , les individus éprouvait des nausées , des vomisse* ments, des douleurs aiguës, de la soif, des syncopes et des convulsions; enfin, on observerait aussi, dit-on, suivant le sexe, ou des érections fréquentes, ou des pertes utérines. Une partie de l'iode étant absorbée, on pourra retrouver cette substance dans l'urine , dans la sueur et dans la salive.

On combattra l'empoisonnement par le phosphore en faisant vomir le malade avec l'ipéca ou en titillant la luette, puis on remplira l'estomac d'une grande quantité d'eau bouillie, c*ost-à-dirc privée d'air, et contenant en suspension de la magnésie , afin de neutraliser les acides formés par le phosphore.

On agira à peu près de la même manière dans l'empoisonnement par l'iode et par le brume. Il faudra seulement, dans le premier, après avoir fait vomir, donner par la bouche et en lavement, au lieu de la magnésie, une légère décoction d'amidon.

tUPUiSO.NNEMCM* PAR LES ACIDES CO.NCEMKÊS. ù

On ne sait encore rien de bien précis sur rcmpoisonnement par le ôromc et par ie chlore. On conseille de traiter le premier comoïc celui qui est produit par Fiode ; pour le second, l'eau albumineuse parait être uu bon antidote, d*aprc's les expériences de MM. Ortila et Devergie.

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