DES SCARIFICATIONS
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Ox a donné le nom de scarifications à des incisions rapprochées et multipliées } Sur un point quelconque de la suriace de la peau. On les a distinguées en scarilicalions superficielles, qui ont reçu le nom de moucheiures , et en scarifications profondes ; mais on les a surtout divisées en scarifications sans ventouses , et en scarifications avec ventouses. On faisait ancien mement un grand cas des anes et TT autres (1), et les modernes les ont pour ainsi dire entièrement abandounées.
(1 \V iillonies un de ceux en faveur desquels les historiens réclament l'invention de cette espèce de saignée , voulant jastilier la préférence accordée aux scarifications , sur l’ouverture des veines qu il restreint aux grandes maladies où les évacnations abondantes et promptes sont indispensables , 8 ‘exprime ainsi : &« Je redoute la saisnée des veines , répétée plusieurs fois dans l'année , parce que. l'esprit vital, sortant avec le sang, le corps se refroidit et ses fonctions languissent... 5 Il attribuait aux scarifications des effets évacuatifs , révulsifs et dérivatifs.
On employe, le plus ordinairement, un bistouri pour pratiquer les scarifications.
Les anciens se servaient d’un instrument qui faisait un grand nombre de plaies à la fois, et qui était nominé. scarificateur.
On prétend que les Allemands s’en servent encore; que la pralique des scarifications leur ét reslée plus familière ‘que chez iouie autre nation, et surtout qu ‘en France où on ne les employe que très-rarement,
Cependant les scarifications , sans ventouses , sont encore opposées avec succes aux engorgemens variqueux de la conjoncüve, à celui de la luette et de la muqueuse du palais, à la suite, de l'inflammation de ces parties ; qui a résisté aux salonées générales; bientôt on voit le, dégorgement local, opéré par les scarifications ; faciliter Ja déglutition qui était auparavant mi possible : dans tous ces cas, j'en ai fréquem- » ment retiré de grands avantages. 4
L'emploi des scarifications a été conservé dans nos campagnes; elles y sont employées contre les douleurs arthritiques et rhumatismales. Ce n’est point un chirurgien qui se et en possession, de ce “moyen ; c'est, ordinairement, un ‘simple
villageois, qui, ayant acquis l'habitude de ces incisions, les pratique au moyen d’un rasoir , avec lequel il terne l'articulation par plusieurs coupes ;et cela s'appelle, dans le langage vulgaire, couper les hunes.
Après ces incisions, le malade est placé dans une barique défoncée , pour y recevoir la vapeur d'herbes aromatiques, Dans quelques circonstances , l'évacuation sanguine et les sueurs abondantes ont apporté un soulagement qu'on avait inulilement espéré de tous les autres moyens.
J'ai dit que les anciens employaient fréquemment les scarifications, et cela doit s'entendre surtout des scarifications avec ventouses. « Cucurbitula, dit Prosper » Alpin , potest evacuare materiam , do- » lorem solvere, minuere flegmonem in- » flätionem discutere , revocare appeten- » tiam , ventriculo infirmo robur reCupe- » rare, animi liberare deliquio, ab alto » fluctiones transferre, resecare que, Sart- » guinis eruptiones coluibere » fJacultates » mensium COrruptrices aC deniqué. meri- » Ses 1pPsOS levare. ».
C'était avec raison que Îles anciens regardaient les scarifications comme le
( 86 ) remède le plus efficace qu’on püt employer dans quelques imaladies où les émissions sänguines étaient itdiquées, et en mêmetems contre-indiquées par la faiblesse du
malade. Dans ce cas, dit Frédéric Hoff-
mann, il faut appliquer. peu à peu, et successivement, des ventouses scariliées, afin
d'obtenir la dérivation désirée. Il a vu céder à leur application les maux de tête rebelles à tous les autres moyens, l” épilepsie, la manie, ec.
Le principe de n Du A on et de la
révulsion était appliqué, par le père de la
médecine, à l’usage des ventouses scarifiées. Dans les fluxions opiniâtres du nez, des oreilles et des yeux, 1l employait, presque toujours , des ventouses scarifides à la partie opposée à la fluxion. Dans l’angine, il les appliquait sur la première vertèbre du cou, et derrière chaque oreille.
De même que les sangsues , les scarifications avec ventouses ont le double effet de l’irritation cutanée et de l'évacuation du sang ; peut- être” possèdent-elles ces . deux
avantages à ua plus haut degré, étant plus douloureuses , plus susceplibles d'ouvrir
une grande quantité d’artérioles ; et par
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| (87 ) conséquent d’évacuer une plus grande quan- | tité de sang rouge. |
Les scarifications trouveraient donc leur application , toutes les fois qu'il s'agirait de
détourner de dessus nn'organe, la fluxion qui allait s’y établir ;, dans le cas même où l'organe étant devenu depuis longtems un ceñtre d’engorgement et de flnxion, sa force vitale particulière se trouverait soustraite à l'influence de la grande circulation , lesscarifications, débarassant la partie des fluides qui loppriment, rendant aux vaisseaux leur tonicité , apporteraient des changemens favorables et leveraient tous les obstacles. |
Ainsi, point de doute que ce moyen ne soit trop négligé de nos jours; d’ailleurs il a de grands rapports avec les sang- Sues, auxquelles , dans certains cas, il mériterait d'être préféré.
Les scarifications avec ventouses appel-
lent à la peau une quantité plus considérable de sang, dilatent les vaisseaux cutanés, rendent leurs ouvertures béantes; elles agissent en même-tems comme moyen évacuatif et stimulant , d’où il résulte d'abord
(88 ) un excitement, puis un dégorgement, enfin, une supuration on dif qui. ajoute -
sans doute, à l'efficacité de ce moyen. On
en obliendrait de grands avantages dans
beaucoup de cas graves, tels que les
douleurs profondes qui précèdent la luxation du fémur avec l'os des hanches ; dans le lumbago et les sciatiques rebelles ; dans les inflanimations chroniques du tie et
des poumons , si, surtout , à l'exemple d’IFippocrate, on faisait les scarifications
un peu p'opnss
Mais ; soit faute d'adresse, soit paresse à les appliquer , soit répugnance des ma-
lades à souffrir des incisions, qui, en même-
tems qu ‘elles sont douloureuses , laissent
des cicatrices; on remplace peut - étre.
imparfaitement ce moyen par l'emploi successif et simultané des sangsnes et des vé-
sicaioires. Ajoutons que d'un autre côté,
les cantharides qui font la base des vésicatoires , peuvent avoir dans quelques cas une influence fâcheuse sur les voies urinaires, inconvénient qu'on éviierait par les scarifications avec ventouses. On commence par ce moyen à former une sorte de fluxion sanguine artificielle que ne produisent point les & sangsues et les vésicatoires.
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