Comjttes rendus, X, p. 4GÎ
que, Himt* formait des images à l'aide des chromâtes métalliques et avait appelé son procédé chromatype. Ce procédé ne pouvait fournir de phototypes dans la chambre noire, comme le constata son inventeur.
Fox Talbot2 montra, en 1853, que la gélatine mélangée de bichromate de potasse devient insoluble sous l'influence de la lumière. Il utilisa cette réaction pour obtenir des planches propres à la gravure. Dans ce but, il étendait sur une plaque d'acier une couche de gélatine bichromatée, faisait les réserves à l'aide de résine en poudre qu'il faisait fondre à la lampe à l'alcool et faisait mordre l'acier par le perchlorure de fer, qui agissait partout où la lumière n'avait pas frappé. Après avoir produit la couche de gélatine, il obtenait une plaque identique à une planche gravée.
Paul Pretsch^ et Poitevin* appliquèrent les réactions de la lumière sur la gélatine bichromatée aux divers modes d'impression mécanique.
Burnett^ a repris les expériences de Hunt et a publié, sous le nom de ciiprotypie, un procédé dans lequel il utilisait la réaction du bichromate de potasse sur le sulfate de cuivre. Fritz Haugk a imaginé un procédé analogue au précédent. Gros et Vergeraud ont pris plus tard^ un brevet pour un procédé tout à fait semblable à ceux indiqués par Hunt, qui, parmi ses nombreux procédés de chromatypie, avait spécialement désigné sous le nom de chromocyanoLypie un procédé dans lequel il utilisait la réaction du prussiate rouge de potasse sur les bichromates en présence de la lumière 9.
Willis fit breveter en Angleterre*'^ un procédé d'impression qui repose sur la formation du violet d'aniline, par l'aniline et le chromate non décomposé par la lumière.
Les applications les plus importantes des modifications que certaines substances colloïdes subissent sous l'influence des bichromates alcalins sont dues à Poitevin. Il constata certains faits extrêmement importants, et montra tous les résultats pratiques que l'on pouvait obtenir de la gélatine bichromatée ou des substances analogues. Il prouva, en effet, que les bichromates solubles, en présence de la lumière, modifient et détruisent les propriétés adhésives et hygroscopiques de certaines matières comme le sucre, le miel, etc.; cette observation sert de base aux procédés par saupoudrage.
Il montra de plus que la gélatine bichromatée devient iiisoluble plus ou moins profondément dans l'épaisseur d'une couche de ce mélange proportionnellement à l'intensité des radiations actiniques qui l'ont pénétré; c'est sur cette réaction qu'est basé le procédé de photocopie connu pendant longtemps sous le nom de procédé au charbon.
Poitevin reconnut encore à la gélatine bichromatée diverses propriétés qui sont utilisées dans les nombreux procédés d'impression photomécanique.
E. Kopp9 a étudié, au point de vue chimique, les réactions qui se produi-