Procédé au coJlod'ion sec, p
série des opérations qui concourent à l'obtention d'une image. On verse quelques centimètres cubes d'eau dans une petite capsule de porcelaine, on immerge dans cette eau le papier mixtionné sensibilisé à essayer et on chauffe légèrement à l'aide d'une lampe à l'alcool : si le papier a conservé toutes ses qualités, la mixtion ne tarde pas à se dissoudre; si, au contraire, l'insolubilité s'est produite par une cause quelconque, il ne se dissout rien, et le papier ressemble au toucher à un morceau de toile cirée. Avec un peu d'habitude, on pourra par ce moyen classer les papiers préparés depuis plusieurs jours en plusieurs catégories et les employer avec les diverses variétés de négatifs que l'on possède ; à l'aide de cet artilîce on peut utiliser tous les négatifs, qu'ils soient légers ou heurtés.
D'après Swann\ on peut empêcher l'insolubilisation du papier au charbon en répandant sur le sol de la salle où se fait la dessiccation du chlorure de chaux ; l'eau oxygénée rend soluble la mixtion déjà insolée ; mais ces divers moyens ne sont pas utilisables dans la pratique.
665. Formules diverses. — Boivin 2 a recommandé l'emploi de l'alcool dans le bain de bichromate. La solution sensibilisatrice contient 70 c. c. d'eau, 30 c. c. d'alcool, 3 grammes de bichromate d'ammoniaque et 1 à 3 gouttes d'ammoniaque; d'après cet auteur, la dessiccation du papier s'effectuerait rapidement et sa conservation serait prolongée. On pourrait aussi obtenir ce résultat en trempant le papier après sensibilisation dans une cuvette contenant de l'alcool; le papier sèche alors très vite. On peut aussi, pour conserver au papier ses qualités pendant longtemps, employer un bain de 30 grammes de bichromate de potasse, 800 c. c. d'eau, 0g5 d'acide phénique cristallisé et 6 grammes de glycérine lorsque l'atmosphère est très sèche. Si l'on fait usage d'alcool ou de glycérine, le bain sensibilisateur et le papier doivent être conservés dans une obscurité complète, car en présence de la lumière la solution de bichromate est lentement réduite par les matières organiques ; il se produit alors des substances qui agissent sur la gélatine à la manière de l'alun de chrome.
Duchochois^, pour éviter l'insolubilisation de la mixtion, opère de la manière suivante : au sortir du bain de bichromate de potasse il transporte le tissu sensible sur une plaque de verre ciré et collodionné ou même simplement cirée ; l'excès de la solution de bichromate est enlevée au moyen de la racle en caoutchouc ; le tissu sèche sur le verre et on ne l'enlève de son support qu'au moment de l'employer.
L'abbé Laborde * effectue la sensibilisation d'une manière toute spéciale :
1. Bulletin de la Société française de 2>JiotograpMe, 1870, p. 204.