CONTRE-MOULAGE MÉTALLIQUE
quatre ôpai>;sonrs do fort papior buvard et on fait passer le tout sous le cylindre jnsriu'ù ce que Vétain soit en contact parfait avec le relief. La compression du nuHal contre le vernis de la glace isole complètement la gélatine : on obti(;nt ainsi un contre-moulage métallique qui, employé en cet état, donnerait une image négative. Pour obtenir des épreuves positives de ce moule, il faut lui donner plus de consistance ; on y parvient soit en coulant un alliage très fiisil)le dans le creux métallique, soit en renforçant la feuille à l'aide d'un dépôt (]e cuivre. Ce dernier t)rocédé est le plus pratique.
On l'ecouvi'e les ]nr,'(ls de l;i pl m pic a Vrc im l\)V[ Vcn i îs de ^OUI 1 lie hu pic. pu is avec, une solution de caoulclidnc , «>n t'taiilil les conlacls nécessaires i)0ur le ])assage du coniMnl, ou dt-caiM' rapidement la snrl'ace <le Tétain avec une solution de potasse causli(jue. on lave et (Ui jilouge le tout dans 1(,' bain galvaui(pu» formé pai- une pile de Daniell; ajtrès une immersion de trois ù (piati'e lieiii'es. r(''pa isse n i" de cnivi'e dépdsé est snlTisaiile. On })eut séj)arer le monle cuivi-é (In relief en ^•'•latine d l'obtenir absolnnient plan du côté du i'iiivre; on obtient ce iN-sullat en collant le cnivi-e à une glace. Dans ce cas, on prépare la compositittn suivante : gomme laque rouge, 30 grammes: résine, '20 grammes: lérébentbiue de Venise, 10 grammes; on fait fondre ce mélange et on le coul<^ sur une surface métallique froide d(^ nninière à obtenir des ])laques éi)aisses (pie l'on conserve [)our l'usage.
Ti'épreuve galvanoi»lasti(pie lixée à sa glace est placée, cuivre en dessus, sur une plaque de fonte ([ne Von chaulle à une temi)érature voisine de 100^' en portant à l'ébullition nue cuvette verticale contenant de l'eau; la glace et le moule métalliciue sont ainsi chaulfés régulièrement, et l'on peut frotter la surface du cuivre avec le mastic préparé qui s'étale à sa surface et forme une coucbe uniforme. On a placé sur la même plaque de fonte une glace de dimension un peu intérieure à celle de la glace qui porte le moule; elle ne tarde pas à jn-endre la nièna^ temjx'M'atni'e et on la i-econvi-e également de
composition. On place la glace sur le moule, les deux enduits étant en contact, et on les dispose ainsi réunies sur la môme plaque de fonte au-dessus du bain -marie, puis on pose sur le tout un poids P {fig. 588) assez lourd, préalablement chauffé pour éviter la rupture des glaces. On examine si les bulles d'air ont été bien chassées et on laisse refroidir en cet état; on coupe alors la composition et l'étain qui se trouvent sur les bords de la plaque et les deux glaces peuvent être séparées l'une de Pautre. Le
Fig. 588.
moule d'étain cuivré abandonne le relief de gélatine et reste adhérent à la dernière glace, laissant la surface gélatinée prête à fournir un nouveau moulage.
La retouche du moule métallique est assez difficile, car la feuille d'étain qui recouvre le cuivre est très mince, et il faut opérer de façon à ne pas déchirer la feuille. On obtient donc une planche en creux semblable à celles en plomb obtenues par l'emploi de la presse hydraulic[ue, mais bien plus résistante et pouvant fournir plusieurs milliers d'épreuves.
781. Tirage des épreuves. — Woodbury a fait construire un modèle de presse spécial pour le format de la carte-album. Une base d'environ 0mi5 X 0>»20 en fonte de fer porte une charnière autour de laquelle peut se mouvoir un arc métallique {fig. 589) ; un axe portant à son extrémité inférieure le plateau de la presse et des écrous passe au centre de l'arc ; ces écrous permettent de régler la pression.- A l'extrémité de l'arc opposée h
A P l 'Ll ( : ATlON S Dl VEU SES .
celle (lui \H)vUi la cluirnière un levier permet de relever le ])lateau et d'obtenir la pression convenable pour effectuer le tirage.
Par l'emploi des glaces, le collage et la mise en train sont à peu près inutiles; il suflit de placer sur le plateau inférieur de la presse deux ou trois doubles de i)apier buvard humide et d'y poser le moule. On règle la pression en faisant jouer les écrous de la presse, et le mode d'impression est le môme
que (••■lui ((uc n(jus avons invcè.lrniniciil iii<li(|uè. Le séchage, le lixjige. le vernissage et le UKjntagc des épn-uvcs s'cllrcluc (•(jmuic dans le [»rocédé }iriniilif de Woodi)urv.
§ :2. — MOLUl'lCAlIONS 1:T AI'I'J.ICATIoNs divkuses.
782. Procédé de Gustave Re. — O procédé permet d'obtenir riii)i(lemcnt des UKUilcs m ci-nix, M-iuhliildcs à ceux (|ue fournit la presse hydrauli(pie, en utilisant raugmeiitati(ni de volume (ju'éjjrouve le plTitre lors(pi'il aljsorbe une certaine (piantité d'eau. Dans ce i)rocédé, le relief en gélatine s'obtient par les moyens ordinaires. Au moyen de colle au caoutchouc, on le fixe sur une forte glace, on place ensuite sur le relief en gélatine un cadre eu fer de la grandeur de l'épi'euve à produire, dont les C(jtés ont de 0"'02 à 0'"(Ki de hnuteur etporhint des (ils de 1er perpendiculaires à ses côtés. Une feuille d'étaiu ou de plomb de ()"'()()l)-2r) d'épaisseur est placée dans l'espèce de cuvett(^ formée par le cadre eu fei' ; ou la presse sur les reliefs du fond eu la frappant avec une brosse en poils durs, la feuille remonte le long des parois du cadre de faeon :'i former une cuvette en étain ou en i)lomb; on remplit alors cette ciivelte avec un mélange de huit parties de plâtre et une jtartie d'iiluu calciné, les deux substances étant finement pulvérisées; audessus, (ju \)\uco. un bloc en pierre ou en métal à faces parallèles et on disl)0se le tout sous une presse à copier dont on serre fortement lavis; on répète cette ()[)ération trois ou (piatre fois jus(|u'à ce (]ue la cuvette en étain soit pleine aux trois (juarts. Si l'on a employé 800 grammes de plâtre aluné,
on fait dissoudre 4 grammes de colle forte dans 128 c. c' d'eau et on verse le liquide sur le plâtre aluné comprimé ; on reporte aussitôt le tout sous la presse à copier, on remet le Lloc en place et on comprime fortement. Le plâtre absorbe l'eau : par suite de l'augmentation de volume qu'il éprouve, il force l'étain à entrer dans le creux du moule en gélatine; aussitôt» que le plâtre a fait prise, on peut démouler et on obtient une planche qui peut servir comme celles préparées par le moyen de la presse hydraulique.
783. Procédé de Warnerke. — Poitevin avait essayé de mouler avec du soufre les reliefs en gélatine bichromatée, mais n'avait pas obtenu de résultats parce qu'il n'opérait pas sur couche de gélatine dépouillée de l'excès de subtances solubles dans l'eau.
Warnerke a proposé de remplacer le soufre par un sulfure de fer {métal de Spence) dont le point de fusion est d'environ 117o. Le relief en gélatine est préalablement chauffé à 120^ G ; on l'enduit d'une matière grasse isolante et l'on coule rapidement à sa surface la quantité de métal nécessaire pour le couvrir. Ouand hi masse a fait prise, on enlève le cadre des bords de la plaque et avec lui le moule en creux; on le cale avec du plâtre sur le plateau de la presse, et on peut faire le tirage comme s'il s'agissait d'un reliet en plomb.
784. Applications diverses. — Da vanne, .Teanrenaud et Maquet* ont obtenu les elfets du papier liligrané au nioyen des reliefs de la gélatine bichromatée produits sur papier, métal ou autre subjectile, et comprimés soit au cylindre, soit à la presse. Marion a fait, en 1867, des essais dans ce sens. On obtient de bons résultats en employant pour cet objet des photocopies pelliculaires au charbon. Woodbury avait fait breveter 2 un procédé analogue, mais le brevet était tombé dans le domaine public. Davanne^, .Teanrenaud et Maquet font une épreuve par le procédé au charbon en employant une couche de gélatine très épaisse et très peu colorée pour que l'action de la lumière pénètre plus profondément; après insolation et transfert sur une feuille de papier albuminé coagulé, l'image est dépouillée de l'excès de gélatine, plongée dans le bain d'alun et séchée. Pour obtenir le filigrane, on lamine ensemble sur la pierre de la presse à satiner la feuille sur laquelle on veut faire le dessin et celle qui porte le relief en gélatine. Poitevin, dans son premier brevet, avait indiqué la possibilité d'obtenir par la gélatine bichromatée des matrices pour le gaufrage du papier. La partie photographique du procédé date de l'année 1855, et, en 1863, il avait pu obtenir, à l'aide de ses planches en creux, diverses épreuves*.
Woodbury 5 avait essayé d'appliquer ces planches en creux à l'impression des gravures; mais les creux ne pouvaient retenir suffisamment l'encre. Il essaya alors d'obtenir une surface granulée permettant de retenir l'encre; dans ce but, il employait l'émeri en poudre qu'il mélangeait à la gélatine ou
1. Bulletin de la Société française de yliotograyhie^ 1870, p. 103.