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Conservation et emploi du papier albuminé. — Le

papier albuminé doit être conservé dans un local à l'abri de l'humidité si l'on doit le garder longtemps avant de l'employer. On choisira pour les images de petite dimension un papier fortement albuminé, ou bien on réservera pour ces épreuves la partie des feuilles opposée à celle par laquelle elles ont été suspendues; en effet, à la partie supérieure, l'épaisseur d'albumine est très faible, et de petites épreuves imprimées sur cette partie de la feuille manqueraient d'éclat.

Les diverses opérations que l'on effectue avec le papier albuminé sont les suivantes : 1« on sensibilise le papier; 2"^ on l'expose à la lumière ; 3« on le vire; 4" on le fixe; 5» on élimine enfin l'excès de fixateur qui imprègne le papier.

§ 2. — SI-:NSmiLISATION DU PAPIER.

543. Sensibilisation du papier. — La sensibilisation du papier albuminé s'eiroctue à l'aide d'une solution d'azotate d'argent dont le titre varie peu. En général, avec les papiers albuminés du commerce on se sert d'un bain contenant 80 à 120 grammes d'azotate d'argent pour un litre d'eau distillée; on ajoute à ce bain 10 c. c. d'une solution saturée de bicarbonate de soude : on forme ainsi du carbonate d'argent. Ce précipité sert k clarifier le bain, et en même temps il l'empêche d'être acide.

Le bain d'argent est décanté dans un flacon propre, puis filtré dans une cuvette de porcelaine parfaitement lavée, placée dans une pièce bien ventilée, dont les fenêtres seront garnies de papier jaune : cet éclairage est très convenable pour les diverses opérations que l'on fait avec le papier albuminé. On sensibilise le papier en le faisant flotter du côté albuminé sur le bain d'argent contenu dans la cuvette. Pour ne pas se tacher les doigts, et pour éviter aussi les taches par le contact (pii se produirait avec les pinces de suspension, on commence par relever les quatre coins de la feuille (si elle est un peu grande) tout près des bords: on pourra ainsi la soulever facilement III ^

par un coin après la sensibilisation. Si l'on sensibilise une feuille entière, on la saisira par deux coins en diagonale, de telle sorte que le côté albuminé soit tourné vers le bain d'argent. On fait adhérer à la surface du bain le coin inférieur de la feuille de papier que l'on tient de la main gauche, on abaisse alors lentement le papier sur le bain en guidant celui-ci à l'aide de la main gauche, qui doit ramener à la place qu'il doit occuper dans la cuvette le coin que Ton a fait flotter le premier ; en effectuant cette opération il faut éviter que le nitrate d'argent ne souille l'envers du papier.

" Si le papier albuminé est trop sec, les bords ont une tendance à se courber en dessus; il suffit souvent de souffler légèrement sur les bords de la feuille pour la faire adhérer à la surface du bain d'argent.

La durée de la sensibilisation varie avec la température et le degré

de concentration du bain d'argent : en été, par une température de 30°G, on sensibilisera pendant vingt-cinq secondes sur un bain faible (8 o/o); en hiver, on rensibilisera pendant une minute sur un bain à 12 ^/o . Ces données-là conviennent en général aux papiers que l'on trouve actuellement dans le commerce ; d'ailleurs, l'expérience indiquera si la durée de la sensibilisation a été trop longue : dans ce cas, après l'impression à la lumière, l'envers du papier est coloré. Le papier doublement albuminé doit être sensibilisé pendant un temps un peu plus long que le papier simplement albuminé.

Lorsque la sensibilisation est terminée, on retire le papier du bain en le prenant par le coin inférieur de gauche avec la main gauche; on lève lentement ce coin jusqu'à ce qu'on puisse le saisir avec la main droite ; il faut retirer lentement le papier pour qu'il ne s'écoule que peu de liquide. On peut aussi enlever la feuille de papier du bain en la traînant sur une baguette de verre {fig. 506). Le môme effet pourra se produire si le bord de la cuvette est uni et

SENSIBILISATION DU PAPIER. 35

droit. Après avoir sensibilisé une feuille de papier, on met le bain en mouvement en soulevant légèrement la cuvette. On suspend généralement le papier à l'aide de pinces américaines

Fior. 507.

{fîg. 507) ; on empêche par ce dispositif le papier de se courber. On place très souvent le papier sur des barres de bois d'un diamètre

Fig. 50S.

d'environ 0-08. Les f(Hiilles sont placées en diagonale, de telle sorte que l'égouttage du nitrate d'argent se fasse par deux coins ; on place à ces coins de petits morceaux de papier buvard qui absorbent la

solution d'argent qui s'écoule et qui empêchent les coins de se courber et de tacher le restant de la feuille.

On peut aussi employer un tendeur -sécheur représenté par les figures 508 et 509. Cet appareil consiste en deux cadres a a reliés par des charnières, en une planche de même épaisseur que le tendeur

Fig. 509.

et de même (dimension que la feuille; en fermant le tendeur, les aspérités dont sont munis les deux cadres en & et c maintiennent la feuille bien tendue, ce qui facilite le maniement du papier dans les opérations suivantes.

544. Affaiblissement du bain d'argent. — Pendant la sensibilisation du papier albuminé., il se forme du chlorure d'argent et une combinaison d'albumine et de nitrate d'argent insoluble dans l'eau. Ces composés, sensibles à la lumière, sont enlevés par le papier et affaiblissent d'autant le titre du bain d'argent; le volume du bain diminue d'ailleurs, car la feuille s'imbibe de la solution de nitrate d'argent. En même temps, la densité du bain est modifiée : la solution se charge d'azotate de soude ou d'azotate d'ammoniaque, suivant le chlorure employé pour la sensibilisation. Il suit de là que l'examen de la densité de la dissolution à l'aide soit de pèse-sel, soit de pèse-nitrate^ ne peut fournir aucune indication précise sur l'affaiblissement du bain d'argent. Si l'on veut connaître exactement l'affaiblissement du titre du bain, il faut recourir à l'analyse chimique de cette dissolution {voyez 284). Le plus souvent une telle précision sera superflue, et pour maintenir le bain en bon état il suffira, si l'on opère sur 1 litre de bain, de ramener le liquide au volume qu'il occupait avant la sensibilisation et de l'additionner de 2gr5 de nitrate d'argent par feuille mesurant

FORMULES DIVERSES. 37

0"'44 X On^oV et sensibilisée sur ce bain. En pratique, lorsque la sensibilisation (le quatre ou cinq feuilles est terminée, on remet le bain dans le llacon ([u'i contient le carbonate d'argent, on ajoute la quantité de nitrate d'argent nécessaire, puis une quantité d'eau distillée suffisante pour ramener le l)ain au volume qu'il occupait primitivement.

Il est indispensable de renforcer le bain au fur et à mesure que l'on s'en sert. L'expérience a prouvé que la solution de nitrate d'argent doit être à un certain titre (7 o/o environ), sinon la couche d'albumine du papier se dissout i)artiellenient en colorant le bain en rouge foncé et en le rendant épais comme du sirop : ce bain d'argent est rapidement mis hors d'usage. L'enjploi du précipité de carbonate d'argent faible au fond du flacon suffit pour maintenir le bain incolore; à la longue cependant, il s'altère et doit alors subir un traitement destiné à le débarrasser des matières organiques. On emploie en général une solution aqueuse de permanganate dépotasse à 2 "/o (ju'on ajoute goutte à goutte au bain d'argent jusqu'à ce qu'il se produise une coloration rose permanente; on expose alors le bain au soleil jus(iu'à ce que le liquide soit incolore, on filtre et on ajoute la quantité d'eau nécessaire i)our ramener le bain au volume qu'il occupait primitivement; on l'additionne alors de la quantité de nitrate d'argent qui correspond à la sensibilisation effectuée.

Pour clarifier le bain d'argent, on a proposé l'emploi du kaolin, d'une solution alcoolique de camphre », de chlorure de sodium qui forme du chlorure d'argent dans le bain, d'acide citrique, etc.; enfin, on peut évaporer à la température d'ébullition le bain d'argent jusqu'à ce que ce liquide soit réduit des deux tiers; on laisse refroidir, on filtre et on ajoute la quantité d'eau et de nitrate d'argent (jui sont nécessaires.

545. Bain d'argent ammoniacal. — On s'est servi pendant longtemps d'un(> dissolution d'oxvde d'argent dans le nitrate d'ammoniaque pour sensii)iliser le papier au lieu d'employer le nitrate d'argent ordinaire. Le papier ainsi préparé noircissait plus rapidement à la lumière, donnait des inia.T(>s très belles (lui viraient avec la plus grande facilité. On arrive aujourd'hui aux mêmes résultats, grâce à l'emploi des fumigations ammoniacales Pour préparer ce bain 2, on dissout 100 grammes de nitrate d argent dans 100 c. c. d'eau distillée, on le précipite par une dissolution de soude causti(iue étendue, on lave par décantation ce précipité, et on le redissout dans une solution contenant 100 grammes de nitrate d'ammoniaque et 100 c c. d'.^au distillée, solution que l'on verse goutte a goutte sur le pnVipité jusqu'à ce qu'il soit à peu près complètement dissous; on verse

le li. uide dans une mesure graduée d'un litre, et on ajoute assez d'eau pour compléter le volume d'un litre; on ajoute a ce bain 1 c. c d acide nitH.ue aln-ès l'avoir liltré dans une cuveUe de porcelaine. Le papier a u-

mine du papier.

546. Formules diverses. - On a proposé d'ajouter au bain d'argent

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