Traité général île jfhotogrnphie, 7" édit., p
5. JJvllitin lie V Association hilge île photographie, 1880, p. 33G.
§ 8. — Résumé; insuccès.
577. Procédé sur papier albuminé. — On se procure le papier albuminé dans le commerce. Si l'on veut le préparer, il faudra l'étendre sur le bain d'albumine chloruré. Cette opération doit être effectuée sans interposition de bulles d'air entre le papier et le liquide et sans faire passer ce dernier sur le dos du papier ; on le fait sécher en évitant que les bords se touchent pendant qu'ils sont encore humides, car ils se colleraient l'un à l'autre.
Le papier ainsi préparé renferme un chlorure. On le rend impressionnable à la lumière en transformant en chlorure d'argent le chlorure alcalin qui est dans la pafe du papier. On y parvient en le faisant flotter sur une dissolution aqueuse d'azotate d'argent, en mettant le côté albuminé en contact avec le liquide. Cette opération s'effectue dans l'obscurité ou dans un local éclairé par un verre jaune ; on suspend la feuille pour la faire sécher. On trouve actuellement dans le commerce du papier albuminé sensibilisé qui se conserve pendant plusieurs mois sans perdre sa blancheur.
Le négatif à imprimer est placé dans le châssis-presse, le côté portant l'image en desssous; on passe deux ou trois fois un pinceau en blaireau sur la surface de l'image, puis on place un morceau de papier sensibilisé convenablement coupé sur le négatif, le côté albuminé en contact avec la surface vernie. On place sur le papier sensible plusieurs épaisseurs de papier buvard coupées à une dimension à peu près égale à celle de la glace du châssis et l'on referme les planchettes du châssis; on expose à la lumière jusqu'à ce que la teinte de la photocopie soit plus intense que celle que l'on désire obtenir quand elle sera terminée ; on coupe alors les épreuves à la dimension qu'elles doivent présenter lorsqu'elles seront terminées.
Lorsque l'insolatio:! de diverses images est effectuée, on les immerge dans une cuvette pleine d'eau pour enlever l'azotate d'argent en excès qui se trouve dans le papier, on lave plusieurs fois dans l'eau pure, puis dans l'eau additionnée d'acide acétique, on les lave de nouveau et on les plonge dans le bain de virage : on les retire de ce bain aussitôt que la coloration voulue est obtenue.
Après le virage, on lave les images dans plusieurs eaux et on les plonge une à une dans le bain fixateur; on les agite en les re-
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tournant, on les laisse dans l'hyposulfite pendant environ un quart d heure, on rejette la moitié de l'hyposulfite que l'on remplace par de 1 eau fraîche, et on arrive ainsi peu à peu à faire les lava.es. Ils doivent être faits complètement pour éliminer l'hyposulfite; o^n peut considérer que le lavage est terminé quand une goutte d'eau tombant de 1 épreuve ne fait plus tache sur un fragment de papier albuminé sensibilisé.
On peut alors monter les images sur leurs supports, les retoucher, les émailler ou bien les satiner, suivant le genre de sujet que l'on a imprimé.
578. Insuccès. - Parmi le.s défauts que peut présenter l'épreuve teriiun. o, , e,tMi.,s dépendent de la fabrication du papier, d'autres delà sensibilisation ou des diverses opérations que l'on fait subir au papier- nous allons les examiner en détail.
1» PréparaLion du papier. — flertains pnpiers renferment des points blancs ou <^>'i-^Atres très petits: après la sensibilisation, on aperçoit des arborescences d'ar-r^nt réduit autour de ces points. Ce défaut provient de la préparation du papier; il est dû à des particules métalliques introduites par les machines îi fa})riquer le pa))ier.
Un grand nombre de feuilles sont inégalement albuminées : la couche d'albumine est presque toujours jdus épaisse du côté par lequel ce liquide s'est écoulé ; les épreuves imprimées sur les parties les plus épaisses en albumine sont plus brillantes (jue les autres.
Les tacbes et les raies d'albumine proviennent des éclaboussures d'albumine ou de la nature de hi corde sur laquelle on a fait sécher le papier après ralJ)umina^'('.
2» Insuccès provenrnit de la sensibilisation. — Le papier que l'on laisse flotter trop longtemps sur le bain se colore rapidement et les épreuves ont un aspect empâté, les noirs se métallisent très vite. La sensibilisation faite troi) rapidement donne, au contraire, des épreuves faibles, légères, sans aucune vigueur. Si en même temps le bain est à un titre trop faible, les épreuves sont rouges et présentent des taches rouges de diverses dimensions. (!ette coloration d'un rouge terne se manifeste aussi quand le papier est exposé ;'i riiumidité ai)rès la sensi])ilisation ou pendant le tirage; enfin, «h's taclies marbrées l)lancbes peuvent être produites par une absorption insuffisante de nitrate d'argent, provenant surtout d'un séjour trop court du pîqtier sur le bain sensibilisateur. Des taches blanches, de forme régulière, sont produites par des bulles d'air (pii adhèrent au papier pendant la sensibilisation ; on les (udève en les chassant doucement avec une baguette de verre.
Qiuind le papier est trop sec avant la sensibilisation, il s'étend fort mal sur le l)ain d'ar^nuit : la surface de l'albumine, pendant le séchage, se recouvre de taches ressend)lant à des larmes ou a des gouttelettes d'eau; les ])arties ainsi recouvertes d'un excès de solution sèchent très lentement. Ou ('■vite cet insuccès en abandonnant le papier pendant douze heures dans un endroit bumide, tel (ju'une cave.
Pendant le séchage, on aperçoit quelquefois des taches de diverse nature : elles proviennent de ce que le papier a été manié avec les doigts souillés d'une solution d'hyposulfite ou de tout autre corps. Les épingles métalliques peuvent occasionner dans les angles de la feuille des taches d'apparence métallique.
Des taches marbrées noires qui se montrent à la surface du papier proviennent de la réduction du nitrate d'argent par des impuretés qui flottent à la surface du Lain; pour éviter cet insuccès, il suffit de passer à la surface du liquide, avant d'y étendre tout le papier, une bande de papier qui enlève les substances qui pourraient surnager et adhérer ultérieurement à la surface de l'albumine.
Le jaunissement du papier albuminé est dû à bien des causes : cet insuccès se produit quand le papier est conservé pendant un temps trop long, ou bien quand il a été préparé avec de l'albumine vieille. Le même défaut se présente quand il y a excès de lumière dans le laboratoire, quand le papier nitrate est séché trop lentement, quand le bain d'argent est alcalin, quand on fait usage de fumigations ammoniacales. Le papier sera employé, autant que possible, le jour même de sa sensibilisation. Si l'on veut employer le papier jauni, il faudra imprimer l'épreuve vigoureusement et la virer dans un bain coloré en jaune qui lui fera perdre de son intensité.
On conservera le papier nitraté dans une boîte de fer blanc renfermant du chlorure de calcium ; on peut aussi le conserver entre des feuilles de papier buvard contenant du carbonate de soude. On prépare ce papier en le plongeant dans un bain contenant 5 grammes de carbonate de soude pour 100 c. c. d'eau distillée, on le laisse sécher et on en fait des cahiers dans lesquels on conserve à plat le papier nitraté, ou bien l'on recouvre la provision de papier sensible avec des feuilles carbonatées.
3o Insuccès provenant de l'impression. — Si le papier s'imprime très lentement sous le négatif,- c'est qu'au sortir de la boîte à chlorure de calcium on ne lui a pas laissé reprendre assez d'humidité : il suffit de le laisser à l'air dans l'obscurité pendant un quart d'heure avant de le placer dans le châssis-presse. Le même défaut peut provenir de ce que le papier renferme un excès de chlorure par rapport à la quantité de nitrate employé ou bien de ce que le bain d'argent est trop acide.
Le manque de netteté de certaines parties de l'image, les contours doublés proviennent de ce que le papier n'est pas en contact parfait avec le négatif: il faut que le papier ne se déplace pas avec la planchette quand on ouvre le châssis pour suivre la venue de l'image.
Des différences dans l'intensité de l'image peuvent provenir du voisinage d'objets brillants qui réfléchissent la lumière solaire sur le châssis, ou bien de corps quelconques qui font l'office d'écrans plus ou moins opaques. Des taches blanches sur le papier sont produites par des bulles qui, pendant la sensibilisation, ont empêché le contact avec le bain d'argent, ou bien par des substances étrangèree qui se trouvent à la surface ou au dos du négatif.
4o hisuccès provenant du lavage ou du virage. — Les épreuves lavées d'une manière inégale virent fort mal. Des portions d'image qui restent ro.ugeâtres dans le virage proviennent de ce que les épreuves ont été lavées incomplètement ; il faut qu'elles soient séparées les unes des autres lors-
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qu'on los plonge soit dans l'eau, soit dans le bain de viraoe. Si les épreuves ne devi(uinent pas rouges dans le bain acide, c'est que l'eau du bain est trop froide, ou bien la ({uantité d'acide est trop faible.
Les épreuves deviennent rapidement bleues dans un bain de virage qui contient une trop grande quantité de chlorure d'or : dans ce cas, il est impossible d'arrêter à temps l'action du bain pour empêcher l'excès de virage; si, au contraire, il n'y a pas assez d'or dans la solution, les épreuves ne virent pas ou virent mal. 11 en est de même quand la température du bain est trop basse ; un bain qui ne vire plus à la température ordinaire vire encore lorsqu'on le chaulfe à 50».
La lenteur du virage dépend souvent de bien des causes : un bain d'argent très acide ou bien une solution d'albumine acide, un bain qui renferme de l'iodure peuvent empêcher l'action régulière du bain d'or; ce dernier agit très lentement si l'on ne remue pas l'épreuve. Le plus souvent, le refus de virer provient de l'épuisement du bain d'or, ou bien de la température du Ijain qui est trop basse. On trouvait autrefois des papiers de mauvaise qualité qu'il était impossible de virer. Il arrive quelquefois que les éjireuves deviennent grises et se recouvrent d'un précipité blanchâtre dans le bain <le virage : cet insuccès est assez fréquent avec les l);ipiers iilbuminés depuis longtemps ou avec ceux que l'on conserve dans un local humi(h\ Dans certains cas, on peut remédier à cet insuccès en immergeant h' pa))ier avant le virage pendant dix minutes dans un bain composé de 7 grammes d'acétate de soude par 300 c. c. d'eau, le laissant bien égouttcr, puis le plaçant dans le ])ain d'or. Samuel Fry * a conseillé de se servir d'une solution contenant 2'> grammes d'acétate de soude par litre d'eau.
Il est :i reiuaniuer qu'un bain qui vire rapidement présente une tendance à diminuer rintensité de l'épreuve : des images qui, au sortir du châssisl)resse, iKiraissaient suflisamment insolées, sont trop faibles au sortir d'un bain d'or qui vire trop rapi(h"nient. Le remède est simple : il suflit d'ajouter de l'eau au bain de virage.
;> Insuccès provenant du fu-age. — Des taches d'un rouge plus pourpre (lue l'ensemble de l'image proviennent de ce qu'il existe des bulles d'air en contact avec l'épreuve pendant ](! lixage; si l'on ne remue pas fréquemment les épreuves dans le bain, ces bulles forment de petites taches qui deviennent jaun(>s. . i i
Des taclies d'un noir brunâtre proviennent de ce que Ion touche les feuiUes dans le l)ain de lixage avec les doigts imprégnés de chlorure d'or, ou bien d'hyposullite p;^ndant le virage : ces taches n'apparaissent quelquefois qu'après le séchtige de l'épreuve.
Les ampoules peuvent se i)roduire au moment où l'on plonge 1 épreuve dans le bain <l'hvposullite si ce dernier est trop concentré et trop chaud, mais c'est surtout au sortir du bain d'hyposullite que se produisent ces ampoules : elh's peuvent être évitées par l'emploi du bain de sel marin, dont on fait diminuer peu à peu la densité.
Les épreuves trop tirccs, dont les noirs sont métallisés, peuvent être amenées à une intensité conv.uiable par l'emploi d'un bain Jf^^^'- Si ce moven est insuflisaut, ou peut les faire diminuer d intensité en em-