IMPRESSIONS EN QUATRE COULEURS
culte de produire des impressions vigoureuses dans certains cas ont fait préconiser l'adjonction d'un quatrième tirage en gris accentuant les tons sombres. On peut obtenir le quatrième négatif par divers procédés : par exemple, on utilisera les plaques panchromatiques et l'on munira l'objectif d'un écran jaune léger.
Les objectifs utilisés doivent être apochromatiques.
Le tirage doit être fait aussi rapidement que possible : MM. Lambert et G*el ont imaginé une machine permettant de faire ces quatre tirages en quelque secondes; on évite ainsi les difficultés de repérage dues au repos et les séchages successifs des couleurs. La superposition pratique des quatre tirages avait été indiquée en 1708 par Gautier. 'C'est M. L. Vidal qui, en 1872, a proposé d'ajouter sur une lithochromographie une impression photographique donnant le modelé aux différentes tonalités d'un sujet. Quinsac, vers 188'j, a fait des travaux d'édition en quatre couleurs, parla photocollographie. M. Xamias2 a indiqué un procédé ingénieux, pour l'exécution correcte du négatif destiné à l'impression du noir lorsqu'on utilise un quatrième tirage. Quand on a obtenu les trois diapositives d'après les trois négatifs sélectionnés, on choisit parmi eux les deux qui, dans leur ensemble, sont les plus transparents; sous chacun d'eux on tire par contact un diapositif pelliculaire : ces deux diapositifs superposés, reproduits en tramés à la chambre noire, sont opaques pour toutes les régions du sujet, sauf celles qui sont grises ou noires; c'est sous cet ensemble que l'on tire la quatrième image correspondant à l'impression du noir.
Tous les opérateurs n'admettent pas l'opportunité de cette impression supplémentaire si les négatifs sont correctement sélectionnés et si le repérage des couleurs est bien réalisé à l'impression ; mais dans l'état actuel des procédés photographiques, les plaques, les écrans, les couleurs employés ne satisfont pas aux conditions imposées par la théorie de la photographie trichrome. Certains verts, certains violets laissent à désirer à cause des incorrections pigmentaires qu'on est, pour le moment, hors d'état d'éviter. Il y a donc lieu de faire, dans ces cas particuliers, certaines retouches et au besoin d'ajouter une ou deux planches supplémentaires.
M. Chapinan Jones a signalé une cause systématique d'insuccès dans la pratique des sélections trichromes3; elle provient de ce que toute différence dans la gradation des gris neutres d'un original entraine fatalement, saut' retouche ou emploi d'une quatrième impression, la prédominance de l'une des couleurs dans le rendu de ce gris. 11 a fait de nombreuses expériences montrant que la gradation n'est pas la même pour les plaques exposées à des lumières de longueurs d'onde différentes. Les contrastes sont plus accentués avec la lumière de plus grande longueur d'onde et ne diminuent un peu «pie dans les régions les plus denses, la tendance au renversement semblant se manifester plus tôt avec les grandes longueurs d'onde. Ces anomalies ne sont pas dues aux colorants spéciaux employés à la préparation des plaques orthochromatiques ou panchromatiques, car elles se manifestent déjà pour les plaques ordinaires. La différence dans la gradation des
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1902, p. 135. - 2. Revue suisse de photographie, septembre 1906. - 3. Le Procédé, 1906, p. 143.
demi- teintes est d'autant plus accentuée que les radiations utilisées sont plus éloignées les unes des autres dans le spectre.
M. G. -G. Zander a imaginé un procédé d'impression polychrome, en quatre couleurs, deux à deux complémentaires. Ce procédé permet d'obtenir des images d'une grande fraîcheur de tons, même dans les nuances réputées jusqu'ici difficiles à reproduire dans la synthèse trichrome. Les couleurs choisies par M. Zander sont le jaune de la raie D (X = 589) et un bleu d'outremer de nuance à mi-distance entre les raies F et G (X — 458) ; un vert à mi-distance des raies E et G (X = 522) et le rouge purpurine complémentaire de ce vert; il a pu réaliser matériellement ces nuances sous forme d'encres typographiques. Si l'on constitue un cercle chromatique, c'est-à-dire si l'on distribue suivant un cercle les nuances du spectre solaire de telle sorte qu'aux deux extrémités d'un même diamètre se rencontrent les nuances complémentaires dont la superposition, à égalité d'intensité, forme le noir, les couleurs choisies par M. Zander occupent les sommets du carré inscrit dans le cercle chromatique. Le choix de ces quatre nuances est donc tel qu'elles permettent la synthèse du plus grand nombre possible de teintes réalisables par quatre couleurs. Chacun de ces deux couples de couleur étant déjà par lui-même capable de constituer, par mélange à parties égales, le noir et les gris neutres, on conçoit avec quelle facilité ces nuances pourront être rendues dans l'image composite. Les écrans colorés, respectivement rouge pourpre, vert, jaune et bleu sont très différents de ceux employés pour la sélection trichrome et s'utilisent de préférence avec un type de plaque aussi complètement panchromatique que possible1.
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