L.-P. Clerc, l'Aimée photographique, p. 1903, p
OBJECTIF TÉLÉ-PÉGONAR.
à cet inconvénient en mettant à la place de la lentille antérieure d'un objectif double un objectif téléphotographique composé d'une lentille positive et d'une lentille négative de construction appropriée (grande ouverture du positif, petite ouverture du négatif et distance relativement restreinte des foyers des deux composants). On réalise ainsi l'avantage du plus grand rapprochement possible de l'objectif téléphotographique et de la lentille postérieure de l'objectif fixé à la chambre noire. Jl en résulte la longueur la plus restreinte possible du téléobjectif et un grand champ de vision avec fort agrandissement, sans exiger aucun allongement du tirage. Un avantage de ce dispositif réside en ce que les aberrations produites par la lentille positive de l'objectif téléphotographique sont à peu près entièrement corrigées par la lentille postérieure de l'objectif double.
Le Télé-Péconar de Plaubel et Gie, à Francfort (fig. 14), se compose d'une combinaison positive à trois verres, bien corrigée de tou-
Fig. 74.
tes les aberrations et d'une combinaison négative plan concave à deux verres; elles sont Axées à deux tubes glissant l'un dans l'autre de façon à permettre la variation de dislance entre les deux lentilles : la distance des deux lentilles règle le grossissement; plus elles sont rapprochées l'une de l'autre, plus l'image est agrandie et vice versa. La combinaison antérieure possède une ouverture de 31 millimètres de diamètre pour une dislance focale de 70 millimètres. La planéité du champ et la destruction de l'aberration sphérique sont obtenues par l'emploi d'un crown d'indice de réfraction très élevé : la lentille positive est très bien corrigée, ce qui permet de forts grossissements.
Le Télé-Péconar peut être employé de deux laçons différentes : 1° on pont le visser par sa partie postérieure à la place de la lentille antérieure des doublets ordinaires : c'est le mode d'emploi auquel on doit recourir pour les appareils à foyer fixe; la lentille postérieure du doublet reste en place ; :2° on peut dévisser cette lentille postérieure, le télé-péconar étant en place; l'instrument travaille alors
comme un téléobjectif ordinaire et le grossissement est plus fort. Ces grossissement sont, d'ailleurs, indiqués par deux échelles dont les graduations correspondent aux deux modes d'emplois que nous venons d'indiquer. Si l'on utilise une chambre noire à soufflet, il est bon de marquer sur la base de la chambre des repères correspondants aux graduations de chacune des échelles. Pour la mise au point, on se sert toujours du diaphragme qui sera utilisé lors de l'impression de la plaque. Pour le portrait, on utilise l'ouverture //9, tandis que pour le paysage on se sert du diaphragme //18.
De l'ouverture relative dépend la durée du temps de pose; on calcule l'ouverture relative d'un système téléphotographique en divisant par le chiffre du grossissement l'ouverture du diaphragme employé.
1808. Divers. — M. Belliéni fait établir plusieurs modèles de téléobjectifs que l'on peut utiliser avec ses excellentes jumelles simples ou stéréoscopiques munies d'un pied très stable. Le même constructeur a signalé le dispositif suivant1 pour l'obtention de photographies à grande distance. Sur le corps avant d'une chambre noire à trois corps 30 X 40, on fixe un élément positif, soit un objectif de 40 centimètres de longueur focale; sur le corps du milieu, on monte une lentille négative de 45 millimètres utilisée pour les téléobjectifs. La distance qui sépare les deux combinaisons étant d'environ 0m36, la distance focale équivalente est d'environ 9 mètres, le tirage du soufflet lmlO. Le grossissement du système est d'environ vingt-deux fois. Il suffit de mettre les éléments du téléobjectif dans le prolongement l'un de l'autre; le centrage n'exige pas une précision bien rigoureuse.
Le grossissement des téléobjectifs n'est pas illimité : en supposant un objectif parfait, on n'obtiendra pas d'image nette par suite des différences de température de l'atmosphère et du sol. Les mouvements des couches d'air au contact du sol produisent des images dites ondulantes : les ondulations produites se traduisent par un déplacement de 2 millimètres pour l'image d'un point produite par un objectif dont le foyer équivalent serait 25 mètres.
Le sténopé muni d'une lentille divergente permet d'obtenir des images de grandes dimensions sans que le tirage de la chambre noire soit exagéré. On place derrière le trou d'aignille une lentille divergente constituée par un verre de lunette de myope : l'agrandissement est d'autant plus prononcé que le verre est fort; il varie d'ailleurs avec la distance du verre à l'ouverture : plus on écarte le verre du trou d'aiguille, plus l'agrandissement est considérable 2.
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1903, p. 332. — 2. The Photo gramm, n° 134.
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