OBTURATEURS DE PLAQUES
grandes vitesses étant l'exception. 11 a construit un nouveau modèle d'obturateur en aluminium noirci. L'appareil1 mesure 6,5 X 5 X 1,5 centimètres. Son poids est d'environ 75 grammes. Cet instrument est de la famille des obturateurs à rideaux et donne des vitesses de 1/40* à l/10e de seconde; il fonctionne à la poire et permet les épreuves posées. Une petite rondelle à ressort permet de le fixer sans ajustage sur le parasoleil de l'objectif, dont il ne gêne ni la mise au point ni les diaphragmes. Pour augmenter son rendement, M. Belliéni a placé le rideau tout contre l'objectif et lui a donné une ouverture sensiblement plus grande que celle de l'obturateur. La partie antérieure de celui-ci a été fortement évasée pour permettre le décentrement maximum sans gêner les rayons extrêmes.
MM. Thornton Pickard ont modifié leurs modèles d'obturateurs (C, 1581). Le nouvel obturateur, dénommé Royal, est établi sur le modèle de l'obturateur type, mais toutes les ferrures sont renfermées dans la carcasse de l'appareil. Cette modification a pour effet d'améliorer l'aspect de l'instrument et de couvrir et protéger chaque partie du mécanisme. Les mêmes oonstructeurs ont établi, sous le nom de PanoptiC, un obturateur qui se place entre les lentilles. Le mécanisme, complètement renfermé dans une boîte en aluminium, fonctionne sans aucune secousse. L'obturateur s'arme sans démasquer la plaque; il est à pose et à vitesse variable pour l'instantané2.
1811. Obturateurs de plaques. — Le rendement de l'obturateur de plaque se rapproche d'autant plus de son maximum que la fente est plus rapprochée de la couche sensible. M. Mackenstein a modifié les magasins à tiroir utilisés pour les appareils à main, de telle sorte que la plaque sensible est presque au contact du rideau : elle n'en est séparée que par l'épaisseur très petite du porte-plaque en métal. Une seule aiguille sert pour le réglage de la fente, dont la largeur est indiquée par un boulon placé au-dessous du bouton de manœuvre; on peut, en conséquence, passer rapidement de l'instantané à la pose, et réciproquement, tout en obtenant les vitesses les pins variées par la combinaison de la fente et la tension du ressort !.
Dans le nouveau modèle d'obturateur chronométrique Gœrz- Anschulz, la fente est aussi réglable de l'extérieur, l'obturateur s'arme
1. Bulletin de la Société française de photo</raphi(\ 1904, p. 486. — 2. La Revue de photographe, 1904, pp. 228 et 264. — •">. Bulletin de la Société française de photographie, 190:5, p. 898,
sans découvrir la plaque, et, en outre des diverses vitesses d'instantané, il donne tous les temps de pose de 1/2 à 5 secondes; pendant les travaux posés, le ressort est automatiquement détendu pour éviter toutes secousses; enfin, la pose peut être effectuée à volonté, soit en un seul coup de poire, l'obturateur restant ouvert pendant la durée de la pression, soit en deux coups, un pour ouvrir, un pour fermer. Le passage d'un état de fonctionnement à un autre s'effectue simplement et rapidement.
Wunsche à Dresde, Krugener à Francfort ont apporté des perfec-
Fig. 75.
tionnements de même genre aux obturateurs à rideau1. Les maisons Zeiss à Iéna, Krauss à Paris ont établi d'excellents modèles d'obturateurs de plaque avec volet de sûreté, ce qui est précieux pour les appareils à magasin ; ces appareils sont établis d'une façon rationnelle et sont construits avec une grande précision. Il en est de même des obturateurs de la maison Demaria {fig. 75).
1812. Déclenchement des obturateurs. — Le déclenchement des obturateurs s'effectue le plus souvent au doigt ou par l'intermédiaire d'une poire de caoutchouc. On a essayé de remplacer les poires par un piston en aluminium, le Pulsor {fig. 76), du poids de 22 grammes, qui n'a pas les inconvénients de la poire en caoutchouc; mais cet appareil exige toujours une jonction par un tube de caoutchouc sujet à se couper ou se fendiller.
MM. Watson ont établi un dispositif métallique ayant une certaine ressemblance avec la commande du frein Bowden et constitué
1. Eder Jarbuch fur Photographie, 1903, p. 361; 1905, p. 206.
par deux organes concentriques, l'un extérieur, incompressible, formé par les spires positives d'une hélice en fil métallique, l'autre intérieur, inextensible, formé par un petit câble d'acier commandant le déclic de l'obturateur. Cet accessoire est établi en deux types
Fig. 77.
sadaptant l'un aux obturateurs à rideaux, l'autre aux obturateurs à piston genre I fnicum {flg. 7 7).
S 2. — KCHANS COLORÉS.
1813. Rôle des écrans colorés. — Les écrans colorés placés entre le sujet à photographier et lu plaque sensible agissent à la fa<;on d'un filtre séparant un liquide d'avec les matières que ce liquide tient en suspension. Ces écrans laissent en effel passer certaines radiations qui agissent sur la plaque; ils en retiennent d'autres plus OU moins complètement, de telle sorte que l'action de ces radiations est modifiée ou même annulée. L'écran doit présenter une intensité convenable, sans quoi Ton s'expose à obtenir un mauvais rendu. C'est ainsi qu'un écran «l'un jaune très intense employé avec certaines plaques orthochromatiques donnera un ciel dont le bleu sera bellement foncé que l'etl'et de nuages est aussi faux que si l'on n'avait pas employé d'écran; en employant un écran, la durée du temps de pose doit être telle que les ombres puissent se développer facilement1.
L'emploi de ces écrans colorés est presque toujours indispensable dans la photographie courante; sans eux, on ne peut obtenir d'images par procédé trichrome; en microphotographie, ils facilitent beaucoup certains travaux.