‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 56 sur 158 · PRISMES, MIROIRS · texte numérisé non relu

PRISMES, MIROIRS

On trouve actuellement dans le commerce des écrans colorés, régulièrement étalonnés; la maison H. Calmels livre des écrans fabriqués d'une façon très régulière. Les écrans jaunes de Guilleminot et BœpsQug sont de nuance identique en quatre intensités; l'augmentation moyenne de durée de pose due à la présence de ces écrans est environ deux, trois, quatre, six fois la durée du temps de pose nécessité sur plaque Guilleminot sans l'interposition d'écran.

| :!. — Prismkb, MiRoms.

1821. Emploi du prisme. — Dans les ateliers industriels de reproduction mécanique on utilise les prismes dits à réflexion totale pour obtenir le retournement de l'image. On a quelquefois placé le prisme entre les deux lentilles de l'objectif (I, 179), ce qui suppose un écartement assez considérable des deux lentilles; mais le plus souvent la monture du prisme à réflexion totale se visse à la place du parasoleil de l'objectif, et ce parasoleil lui-même se visse alors sur la face antérieure du prisme. Dans ces conditions, le parasoleil est reporté à une assez grande distance en avant de l'objectif et il réduit le champ dans des proportions souvent assez grandes. MM. Clerc et Calmels' ont montré que dans ce mode de montage l'ouverture antérieure de la monture doit être non pas un cercle, mais un rectangle proportionnel à la plaque à couvrir.

Avec une telle disposition, l'objectif reçoit en porte à faux une charge assez considérable : la monture fléchit, le verre est comprimé et la netteté de l'image disparait; il faut d'ailleurs assez de temps pour assurer le parallélisme de la face antérieure du prisme avec le plan du modèle.

On évite tous ces inconvénients en utilisant le système préconisé par MM. Clerc et Calmels : il suffit de monter le prisme derrière L'objectif. La monture du prisme esl vissée à demeure sur une planchette qui se substitue quand besoin est à la planchette d'objectif; la face antérieure du prisme est munie d'une bague possédant le même pas que La rondelle d'objectif. Toute La charge du prisme est ainsi reportée sur La chambre, l'objectif travaille dans des conditions normales et le parallélisme de la face d'émergence du prisme avec le plan de la préparation sensible peut être assuré une fois pour toutes par une construction soignée comme la réalisent les bons construc-

l. Lo Procédé, 1906, pp. L8, 75.

teurs. Lacour, Krauss en France, Steinheil, Voigtlaender, Zeiss, Gœrz, etc., construisent des prismes en crown aussi incolore que possible, exempt de trempe, à faces rigoureusement planes et taillées à angle droit. La surface de l'hypothénuse est argentée et la monture de l'objectif permet de faire tourner l'ensemble, prisme et objectif, de façon à fixer le prisme dans la position convenable.

L'acquisition d'un prisme pour objectifs de grandes dimensions est coûteuse; aussi préfère-t-on pour ces objectifs employer le miroir pour le retournement de l'image.

1822. Emploi du miroir. — Les inconvénients qui proviennent de l'emploi des prismes à réflexion totale n'existent pas quand on utilise les miroirs plans; en particulier la perte de la lumière par absorption a une assez grande importance quand il s'agit de prismes de 10 centimètres d'épaisseur. Le miroir plan, argenté sur sa face extérieure, fait perdre seulement 10 % de la lumière incidente, et cette perte porte surtout sur les radiations ultra-violettes qui contribuent à altérer la netteté de l'image. Le prix d'achat d'un miroir est considérablement inférieur au prix d'achat d'un prisme. Si ce dernier est d'un emploi plus commode pour les objectifs de petits et de moyens formats, l'emploi de miroir est plus avantageux pour les grandes dimensions.

Le miroir exige quelques précautions journalières d'entretien : l'argenture superficielle étant sujette à se ternir sous l'influence des vapeurs qui peuvent exister dans l'atmosphère et en particulier des vapeurs sulfureuses, le miroir doit être éloigné des laboratoires dans lesquels se produisent ces vapeurs. Le miroir doit être replacé chaque soir dans son écrin et poli au début de chaque journée d'emploi avec une peau de chamois chargée de rouge extra-fin. Le mieux est d'opérer à l'aide d'un tampon de peau, très légèrement recouvert de rouge anglais extra-fin et fortement brossé à l'aide d'une brosse à bijoux un peu rude, ne servant qu'à cet usage; le tampon, la brosse et le miroir doivent être absolument secs. Toute trace d'humidité tend à faire soulever la couche d'argent qui n'adhère plus au verre et se soulève par place ; une nouvelle argenture devient nécessaire (IV, 883).

Le miroir ou le prisme placés à l'arrière de l'objectif ne sont pas fixés au cadre destiné à supporter la planchette de l'objectif : dans ces conditions, en effet, la partie antérieure de la chambre noire mas-

boîte a MIROIR.

querait une partie du champ. Le miroir est disposé dans une boîte cubique, taisant un angle de 45° avec l'axe de l'objectif, et cette boite cubique.se fixe, à l'aide de crochets et de support convenables, à un tronc de pyramide quadrangulaire qui sert d'allonge. La construction de ces troncs de pyramide doit être faite de façon à obvier aux risques de flexion du corps avant de l'appareil; ils doivent être beaucoup plus robustes que ceux, trop légers, dont on fait usage dans les ateliers.

MM. Clerc et Galmels ont disposé à l'intérieur de la boite à miroir, sans rien masquer du champ de l'objectif, des glissières pour les châssis porte-écrans ou porte-cuves de sélection trichrome. Ce nouveau modèle de boîte à miroir et à écrans constitue un très bon dispositif. Le champ embrassé par un objectif muni de ces appareils *M sensiblement le même que celui de l'objectif employé seul.

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