‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 5)Chapitre 10 sur 276 · Ibid., 1861, p · texte numérisé non relu

Ibid., 1861, p

l(j TRAITE ENCYCLOPÉDIQUE DE PHOTOGRAPHIE.

tion. L'objectif est de forme spéciale et donne des images très nettes et exemptes de voile.

L'appareil se compose d'un porte-miroir servant de support à une glace polie et fortement argentée. L'axe qui supporte cette glace passe par son plan réfléchissant, perpendiculairement à sa longueur, de manière à ce qu'elle se trouve toujours dans une position d'équilibre stable ; l'axe qui supporte le miroir tourne à l'aide d'une roue dentée commandée par un pignon entre deux bras horizontaux, attachés à un disque tournant dans un- plan vertical qui reçoit son mouvement à l'aide d'un bouton fileté. Ce. réflecteur est fixé dans le volet d'une chambre convenablement obscurcie en regard de la chambre solaire proprement dite. Grâce à cet appareil, le miroir peut prendre toutes les positions nécessaires pour renvoyer horizontalement ses rayons réfléchis dans l'appareil optique.

La chambre solaire est constituée par une boîte en bois et fer contenant une lentille biconvexe faisant l'office de condensateur ; la face tournée vers l'intérieur est presque plane^ celle tournée vers l'extérieur est fortement convexe. A une distance de cette lentille égale à son diamètre se trouve une lentille concaye convexe dont la face concave regarde le condensateur; cette lentille est très mince (0m006 à 0m008), de façon à ce qu'elle n'absorbe pas de lumière; elle a pour objet de détruire l'aberration sphérique du condensateur.

Les données numériques de ce système exprimées en fonction du demidiamètre du condensateur pris pour unité sont ]ps suivantes :

Première lentille. . . . R, = 2,645 Deuxième lentille . R3~ — 1,083 R2 = 21,039 R4 = — 1,234

Épaisseur au centre. = 0,196 Epaisseur sur les bords. =0,0067

Distance focale 4,015

Distance des deux lentilles — 2,0075

Distance locale de l'ensemble S — 4,617

Expression <lo l'aberration , — -j- 0,001

Le verre employé possède un indice de réfraction égal à 1,543 pour le bleu.

Le négatif à agrandir se place entre la seconde lentille et l'objectif; il est maintenu à l'aide de quatre pattes échancrées à leur extrémité inférieure. L'une des pattes horizontales et l'une des pattes verticales sont maintenues à la place convenable à l'ajdc de vis de pression; les deux autres pattes sont pressées contre le négatif à l'aide de ressorts,

APPAREIL blALYTIQÛE. 17

de telle sorte que si la chaleur fait dilater le verre il n'y ait pas à craindre la rupture de ce dernier, ce qui arriverait s'il était maintenu dans MLe position absolument fixe. En pratique, il suffit de mettre en place le négatif à 1 " ; v i * l « - des deux pattes verticales.

L'objectif est composé de deux lentilles dont les courbures sont calculées d'après les principes établis pour la construction de l'objectif double de Petzval. Cet objectif est complètement exempt d'aberration sphérique suivant l'axe et de foyer chimique. Le diamètre des deux lentilles qui le constituent est différent: la lentille la plus grande se trouve en regard du négatif. Un objectif dont les deux lentilles auraienl le même diamètre, mais dont celle en regard de L'image amplifiée serait munie de diaphragmes, atteindrait le même but. Gel objectif, quelle que soit la dimension du condensateur, embrasse un angle plus grand que l'angle des rayons solaires émergeanl du condensateur. La place du négatif dans le cône de rayons solaires émergeanl du condensateur est déterminée par le diamètre de la section qui correspond à la diagonale du négatif, cela afin de profiter de toute la lumière solaire émanant du système éclairant. La place du négatif esi donc déterminée par sa dimension. Il est clair qu'en avancent le négatif vers le condensateur on perd toute la lumière qui tombe.en dehors de sa surface; en le rapprochant de l'objectif, l'image es! restreinte à la partie du négatif traversée parles rayons solaires. l)-,m autre côté, la distance du négatif à l'objectif et celle de ce dernier à récran sont liées par la loi «les points conjugués. Il faut donc donner à la lentille postérieure un diamètre assez considérable pour éviter que les bords du cône des rayons solaires ne viennent heurter les bords de la monture.

Van MonckhoYcn a fait construire toute une série d'objectifs répondant aux divers cas qui peuvent se présenter.

L'objectif désigné sous la lettre A est destiné à l'appareil dialytique dont le condensateur a 0"»'>10 de diamètre; cet objectif présente les dimensions suivantes :

Diamètre des lentilles en regard du négatif ..... = 0»«060

Diamètre des lentilles en regard de l'image amplifiée.... = 0'"04

Distance des deux lentilles ■ • • • • = O'"055

Distance focale «lu système comptée sur l'axe à partir du plan focal principal au plan tangent à la lentille en

Uanlduplan focal = 0-114

Cet Objectif sert pour l'amplification des négatifs du format carte de visite (0«066 x 0»09).

iv 1

Pour les condensateurs de O'^oS et 0m50 de diamètre on emploie 1 objectif B possédant les dimensions suivantes :

Diamètre des lentilles en regard du négatif = 0ni063

Diamètre des lentilles en regard de l'image amplifiée = 0^045

Distance des deux lentilles — O'OHô

Distance focale du système = 0m15

Si le négatif est plus petit que le format carte de visite, on se sert de l'objectif .-0 dont les lentilles présentent les mêmes dimensions que celles de l'objectif B; elles sont très rapprochées et ont un foyer de 0m12.

Pour agrandir des négatifs plus grands que le format carte de visite et atteignant les dimensions de 0in12 X 0m15 on emploie le modèle D dont voici les dimensions :

Diamètre des lentilles en regard du négatif — 0m081

Diamètre des lentilles en regard de l'image amplifiée = 0m050

Distance des deux lentilles = 0m110

Distance focale du système = 0n,183

Des diaphragmes peuvent se placer entre l'image agrandie et la lentille antérieure, presque au contact de cette dernière; ils permettent d'éviter la lumière diffuse que les points immédiatement voisins du soleil envoient sur l'écran à travers la partie non centrale de cette lentille. Il faut éviter d'employer des diaphragmes trop petits, qui produiraient des phénomènes de diffraction se traduisant par un manque de netteté dans l'image amplifiée.

L'axe principal du condensateur, celui de la lentille correctrice et celui de l'objectif, doivent être en ligne droite.

L'appareil dyalitique s'installe dans une pièce ayant une fenêtre exposée au midi ; la place où l'on opère doit avoir 4 à 5 mètres de long. Si le plancher du local dans lequel l'on opère manque de stabilité, il est bon de faire encastrer dans le mur deux pièces de bois ayant une section de 0m20 sur 0m35 ; ces deux pièces de bois ne sont pas en contact avec le plancher, mais doivent se placer à 0ni04 de distance cle ce dernier. Ces poutrelles servent à supporter l'appareil par l'intermédiaire d'un pied très massif. Le porte-miroir se place en le fixant aux montants d'une fenêtre et on obscurcit à l'aide de tôle ou de rideaux opaques toutes les vitres de la fenêtre ; la lumière ne pénètre que par l'ouverture du porte-miroir; entre ce dernier et la chambre solaire on dispose un manchon d'étoffe opaque pour éliminer la lumière diffuse qui pourrait voiler la surface sensible. Un chevalet muni d'une planchette servant à fixer le papier sensibilisé peut se mouvoir sur les poutrelles et se placer à une distance convenable de la chambre solaire.

APPAREIL DiALYTIQUE. 19

Le porte-miroir que l'on installe tout d'abord doit être placé aussi rapproché que possible du plancher et dans un plan absolument vertical. La partie inférieure du cadre de fonte du porte-miroir doit se trouver à 0m80 de la partie supérieure des poutrelles. La chambre solaire est ensuite placée sur un pied très solide; on la dispose à 0'"20 du cadre du porte-miroir; avec un niveau on s'assure que la chambre solaire est placée horizontalement. Le centre de l'ouverture du porte-miroir et le centre du condensateur doivent être sur un môme axe horizontal qui se confond avec l'axe de l'appareil: on le constate facilement lorsque l'appareil étant horizontal, on fait arriver les rayons solaires sur la lentille condensatrice. Elle doit être entièrement couverte, en même temps que la pointe du cône formé par les rayons solaires émergeant du condensateur passe par l'objectif.

Le négatif, coupé exactement à la dimension convenable, est placé entre les pattes qui doivent le maintenir en place. Le châssis à épreuves est constitué par un chevalet de peintre pouvant recevoir des planchettes de bois léger sur lesquelles on fixe le papier sensible. Toutes ces planchettes ont la même épaisseur et peuvent se remplacer l'une par l'autre sans qu'il soit nécessaire de modifier la mise au point effectuée une première fois.

Le maniement de l'appareil est des plus simples : on amène les rayons solaires à se rétléchir sur le condensateur dont toute la surface doit être éclairée en même temps que le sommet du cône des rayons solaire se trouve sur Taxe de l'appareil; on avance ou on recule le négatif placé renversé entre la patte supérieure et la patte inférieure, la "couche de collodion regardant l'objectif amplificateur; le négatif est fixé dans une position telle que le bord rouge qui forme le cercle de lumière déterminé par l'intersection du cône lumineux et du négatif touche nettement les angles de ce négatif que Ton place au milieu de ce cône.

On procède ensuite à la mise au point après avoir ramené les rayons solaires à traverser librement l'objectif. On règle d'abord approximativement la distance à laquelle doit se trouver, l'écran de L'Objectif puis on approche ou l'on éloigne l'objectif du négatif. Si limage amplifiée occupe su.- l'écran une surface plus grande que le format «lu papier on rapproche le chevalet de la chambre solaire ; au Contraire, si l'image est plus petite on l'éloigné en réglant de nouveau la luise au peint : quand ce résultat est atteint, on ramène les rayons solaires pour que l'image du soleil se forme sur l'axe de l'appareil, ce

dont on s'assure en regardant la lentille antérieure : le cône lumineux dessine sur cette lentille un cercle qui doit se trouver au milieu de la lentille; sur l'écran, le cône émergeant de l'objectif forme sur le chevalet un cercle bordé de rouge. Tout étant en place, on met sur le bord de ce cercle trois épingles h tête noire; on conduit le portemiroir en communiquant un mouvement à la manivelle et au bouton toutes les vingt secondes ; on glisse alors un verre vert sur le trajet des rayons lumineux et on met en place le papier sensibilisé disposé à l'avance sur une planchette identique à celle qui a servi pour la mise au point.

818. Appareil installé pour le travail pendant l'hiver. — Avec le mode d'installation que nous avons indiqué le miroir réflecteur est trop court pour réfléchir pendant l'hiver les rayons solaires sur toute la surface du condensateur; il faut alors incliner en avant le porte-miroir, de telle sorte que les bras du porte-miroir fassent un angle de 20° avec l'horizon. La chambre solaire, au lieu de se placer sur une surface horizontale, se dispose sur un support dont la section représente un triangle rectangle; l'hypothénuse de ce triangle rectangle fait avec la base horizontale un angle de 20°, de telle sorte que l'axe de l'appareil optique passe par le centre de l'ouverture circulaire du porte-miroir. Le chevalet qui porte l'écran est muni d'une pièce additionnelle permettant d'incliner la surface sensible, de telle sorte qu'elle soit perpendiculaire à l'axe optique de la chambre solaire. Des coulisses permettent d'élever et d'abaisser l'écran, afin d'amener le centre du papier sensible sur l'axe de l'appareil optique.

On peut aussi installer l'appareil solaire en plein air. A la suite de la chambre solaire, on dispose une sorte de longue chambre noire à soufflet, terminée par un châssis destiné à contenir le papier sensible; cet appareil est supporté par un pied que Ton peut orienter facilement, de telle sorte que le miroir ordinaire est toujours assez long pour couvrir de rayons solaires réfléchis toute la surface du condensateur.

Ces deux moyens ne sont pas très pratiques, et il vaut mieux avoir recours à l'emploi de l'héliostat. L'un des plus simples est celui de Farenheit, modifié par Van Monckhoven. L'appareil H {fig. 592) est très stable et permet l'emploi d'un grand miroir. On peut installer l'héliostat et la chambre solaire de trois manières différentes :

lo On incline l'appareil d'agrandissement de manière que son axe optique coïncide avec l'axe de l'héliostat; ce moyen est peu pratique à cause de la hauteur qu'il faut donner au chevalet destiné à supporter le papier; • 2o On rend les rayons réfléchis horizontaux à l'aide d'un second miroir, et cela clans une direction quelconque ;

3o Enfin, la méthode la plus pratique consiste à rendre les rayons solaires réfléchis horizontaux par un miroir incliné à 45<> par rapport à l'axe de l'héliostat, de manière à les réfléchir de l'est à l'ouest ou de l'ouest à l'est. Toutes les^ chambres solaires peuvent être installées de cette manière, pourvu qu'au-devant du porte-miroir il y ait un espace libre de lm50 dans

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