Monthhj Notices, XLIV, février 1884, p
.'t. Memoirs of tkô American Aeademi/, 188&, XI, p. 208,
par Huggins; au fond, cette méthode est identique à celle utilisée pour l'observation par Fraunhofer et par le P. Secchi : elle consiste à obtenir les spectres en plaçant devant l'objectif de la lunette un prisme d'un angle faible, mais assez grand pour le couvrir tout entier.
Cette méthode présente deux avantages fort séduisants au premier abord : la perte de lumière est faible (ce qui permet d'obtenir les spectres d'étoiles de 7e et même de 8e grandeur) ; de plus, on obtient sur une seule plaque le spectre de toutes les étoiles qui sont dans le champ de l'instrument, tandis que par les anciens procédés on ne pouvait photographier que le spectre d'une seule étoile. Mais ces avantages sont compensés par l'inconvénient très sérieux de ne pouvoir former sur la photographie un spectre de comparaison. Cette méthode doit donc être réservée à la description sommaire et au classement de spectres des nombreuses étoiles.
L'objectif employé par Pickering, à Harvard Collège, mesure 0m20 de diamètre. Devant cet objectif, on place des prismes ayant 5° ou 15° d'angle, de manière que leur arête soit parallèle à la direction du mouvement diurne, ou bien horizontale lorsque l'instrument est dans le méridien ; les spectres sont alors dispersés dans la direction du méridien, et pour leur donner une hauteur convenable, on agit sur le mouvement d'horlogerie de l'équatorial, de manière à altérer sa vitesse suivant l'éclat de l'étoile dont on veut obtenir le spectre ; les étoiles parcourent alors le champ avec une vitesse variable qu'on détermine par l'expérience. C'est ainsi qu'avec les plaques au gélatino-bromure très sensible il suffit d'arrêter le mouvement d'horlogerie pour que le spectre de ces étoiles se photographie pendant qu'elles traversent le champ ; avec les étoiles de 8e grandeur, au contraire, il faut que le mouvement d'horlogerie retarde sur le mouvement diurne d'environ douze secondes par heure.
On obtient par cette méthode, avec un objectif de 0ni20 de diamètre, des spectres d'étoiles de 8e grandeur, avec un temps de pose qui ne dépasse pas une heure sur plaques au gélatino-bromure d'argent.
936. Méthode de M. Deslandres. — Lorsque l'on emploie de très grands instruments pour la spectrophotographie, on se heurte aux difficultés spéciales qui accompagnent le maniement de ces grands appareils. M. Deslandres1, chargé d'étudier les spectres stel-