I. Voir Support à la Chambre des députés, 3 juillet
LEVER DES PLANS
944. Principes de la méthode. — Un lever topographique comporte un canevas et des détails. Les points remarquables du terrain sont déterminés sur le canevas ; les détails (routes, maisons, sentiers, etc.) sont ensuite mis en place à l'aide de ce canevas. Pour déterminer un point M dans la confection du canevas, de S et S' (fîg. 6'#0), points dont la distance et lu position sont connus, on fait une visée sur le point M, c'est-à-dire on détermine dans l'espace les droites joignant les points S et S' au point M. Ces droites SM {fig. 081) sont déterminées par l'azimut ou l'angle w que le plan vertical de la visée fait avec un plan vertical lixe SX et par l'angle de pente a de la visée avec l'horizontale, angle égal à MSM' si l'on suppose la visée rabattue en SM' . MM' étant égal à la différence de
Wig. «80. Fig. 081.
niveau de S et de M réduite à l'échelle du dessin. L'azimut et la pente qui sont donnés par tous les instruments de topographie peuvent être fournis par toute perspective régulière du terrain prise de ce même point S, et en particulier par La photographie. Par cette substitution des épreuves photographiques au lever à La planchette on réalise de nombreux avantages: en effet, la vue photographique donne tous les détails, représente tous les points du terrain dans un temps très court, et permet d'éviter les confusions qu'entraînent les nombreuses visées que L'on est obligé de faire par La méthode ordinaire. L'opération de la construction du plan se faisant d'après les épreuves, on choisit les points en ayant sous les yeux les deux aspects du terrain. On peut les multiplier indéfiniment sans augmenter beaucoup le travail ; de plus, Le lever porte avec lui, dans les épreuves qui ont servi à le construire, ses vérifications; il n'y a plus à redouter ni maladresse ni mauvaise foi, et d'ailleurs les vues sont fort utiles pour montrer toutes les formes du terrain et pour aider à
les rendre par le dessin1. Le résultat principal de l'emploi de la photographie est de réduire considérablement les calculs, les lectures d'instruments et les tracés compliqués ; la mise en place des détails est singulièrement simplifiée par l'emploi de la photographie.
La détermination d'un point par la méthode de Laussedat est très simple. Au moment de la pose, tous les points d'un terrain peuvent être réunis à leurs images respectives, dans la chambre noire, par des droites passant par le point nodal d'émergence de l'objectif. Ces droites sont parfaitement déterminées quant à leurs directions relatives, puisque l'on connaît une de leurs extrémités (l'image) et qu'elles passent toutes par un même point. Par suite, étant donné une photographie et la distance focale principale de l'objectif qui a servi à l'obtenir, on pourra construire l'ensemble de toutes ces droites. Si l'on fait cette construction pour deux photographies du même terrain, mais prises de points de vue différents, et que l'on suppose de plus une des images placée (à une échelle quelconque) dans la même position relativement à l'autre que pendant la pose, il sera facile de voir que les intersections des rayons du premier système avec les rayons homologues du second forment une surface semblable à la surface photographiée : on obtiendra ainsi un plan en relief du terrain. Pour obtenir le plan de ce terrain, il suffit de connaître la direction, non pas des droites passant par le point nodal d'émergence et le point considéré, mais celles de leurs projections horizontales. Supposons, en effet, que la photographie soit placée verticalement comme elle l'était pendant la pose ; faisons passer un plan horizontal par l'axe de l'objectif : ce plan coupera l'image suivant une droite que nous appellerons la ligne d'horizon. Projetons par des perpendiculaires chaque point de la photographie sur cette ligne et traçons, par les pieds de ces perpendiculaires et par le point nodal d'émergence des droites indéfinies : ces droites seront les projections de celles qui avaient servi à la construction du plan en relief.
Si nous répétons la même opération avec une deuxième photographie orientée par rapport à la première, et si nous faisons coïncider les deux plans horizontaux, les intersections des projections homologues formeront le plan qu'il s'agissait d'obtenir. Il faut donc pour appliquer ce procédé que la plaque photographique, au moment de la pose, soit placée verticalement; qu'elle contienne la projection de