La Nature, II, p. èl
tandis que la direction des rayons tombant sur la paroi de verre était réglée de telle sorte qu'elle ne pouvait revenir sur les objectifs. Il pénètre toujours un peu de lumière dans les bassins des aquariums; on ne peut, d'ailleurs, complètement boucher les ouvertures du haut, car les poissons gagnent le fond de l'eau dès qu'ils se trouvent dans l'obscurité. Il est donc indispensable d'ouvrir les objectifs juste au moment de la combustion de la poudre, afin d'empêcher une action antérieure de la lumière du jour. La fermeture de l'objectif doit aussi coïncider avec l'extinction de la flamme. On peut parvenir à ce résultat en employant un obturateur à pose, qui permet une ouverture et une fermeture très rapide des objectifs. De l'examen de ces photographies il résulte que pendant la nage l'extrémité caudale des poissons prend la forme d'une hélice.
Les préparations d'invertébrés sont photographiées dans le bac à dissection. On place la chambre noire de telle sorte que Taxe de l'objectif soit vertical et on opère à travers la couche d'eau. Pour effectuer facilement cette opération, M. Donnadieu a fait construire un appareil auquel il a donné le nom de physiographe, et qui permet d'obtenir d'un objet des images soit agrandies, de grandeur égale ou plus petites. L'appareil consiste essentiellement en une très longue chambre noire supportée par un système de colonnes permettant d'élever ou d'abaisser la chambre à l'aide d'un système à crémaillère. Le même appareil sert à reproduire les objets en les amplifiant par l'intermédiaire du microscope.
La photographie permet d'obtenir de très bonnes images des coquilles. Afin d'éviter les ombres portées sur le fond, on opère de la manière suivante : on dispose verticalement une glace transparente maintenue dans un cadre, on place cet appareil sur une table, et à une certaine distance en arrière on dispose un écran pouvant s'incliner à volonté : cet écran est formé par une feuille de carton, de teinte blanche ou grise, plus ou moins foncée; sur la glace transparente on fixe les coquilles au moyen de cire à modeler. Dans le cas où l'on aurait à photographier en même temps des espèces d'épaisseur différentes, on s'arrangerait de façon à les ramener toutes sur le même plan, en augmentant plus ou moins la hauteur des cônes de cire à modeler sur lesquels elles sont fixées. Le cadre et sa glace chargée de coquilles, ainsi que le réflecteur, doivent être placés l'un et l'autre en lumière convenable1.
Les insectes, les arachnides, les crustacés, etc., peuvent être facilement photographiés; il en est de même des échinodermes, polypiers, etc.
980. Botanique. — Les photographies de plantes vivantes ne présentent d'autre difficulté que celle qui provient de la nécessité de n'opérer que sur des sujets isolés. Les arbres, les arbrisseaux, les plantes herbacées ne se rencontrent que très rarement isolés. Il faut le plus souvent produire cet isolement lorsqu'il s'agit d'espèces herbacées. On arrache les plantes voisines et on produit un fond artificiel au moyen d'une* pièce d'étoffe, de carton ou de papier de couleur convenablement choisi. Les plantes sèches sont infiniment plus faciles à photographier; on peut aussi les reproduire après les avoir comprimées entre une glace et un coussin de papier Joseph assez souple : on obtient ainsi de belles images des algues marines, de diverses
1. Trutat, La photographie appliquée à l 'histoire naturelle, p. 87.