ACTION DE DIVERSES RADIATIONS
999. Spectre solaire. — Les rayons lumineux ordinaires ne sont pas homogènes; ils sont composés d'une infinité de radiations simples; on le vérifie en faisant passer un rayon solaire à travers un prisme (25) : le rayon réfracté n'est plus blanc. On constate que l'on peut recueillir sur un écran une bande dont la coloration passe insensiblement du rouge au violet. Le rouge étant moins dévié que le violet est dit moins réfrangible; si l'on isole à l'aide d'une fente mince une faible portion du spectre et qu'on fasse passer ce rayon à travers un prisme , il sera dévié mais ne se dédoublera plus : on dit que cette lumière est de la lumière simple. Le spectre solaire est interrompu à certaines places par des raies noires que l'on utilise comme points de repère. Dans la lumière solaire on reconnaît ainsi l'absence de certaines radiations absorbées par l'atmosphère solaire; ces raies correspondent dans l'atmosphère solaire à la présence de métaux en vapeurs. Le spectre d'une lumière artificielle, comme celle d'une bougie, est continu, tandis que les vapeurs des métaux ou de leurs composés donnent des spectres caractérisés par des lignes lumineuses dont l'écartement offre des rapports invariables et dont la couleur est la même que celle des régions du spectre occupant la même position : ce sont des spectres discontinus. Si le spectre est composé d'une raie ou d'une série de raies extrêmement voisines, la flamme colorée par les vapeurs qui fournissent ce spectre est dite flamme monochromatiqtte.
Un spectre continu peut être incomplet; c'est ce qui se présente lorsque l'on chauffe progressivement un filament de charbon ou un fil de platine : on obtient un spectre dans lequel apparaît d'abord la partie rouge; le jaune, le vert, le bleu apparaissent à mesure que la température s'élève; le violet n'apparaît qu'au rouge blanc.
Les diverses radiations simples peuvent être réfléchies, transmises ou absorbées soit en totalité, soit en partie. La couleur propre des corps est la résultante de la composition des diverses radiations qu'ils réfléchissent ou qu'ils laissent passer. On dit qu'une couleur est pure lorsqu'elle ne laisse passer ou qu'elle ne réfléchit qu'une région limitée du spectre solaire, comprenant un nombre très restreint de radiations, telles que les rouges, les jaunes ou les bleues.
Pour décomposer la lumière , on peut employer des prismes de diverses substances. Si l'on se sert d'un prisme de quartz, on distingue nettement après la partie violette une portion qui est gris lavande, traversée par des raies noires : c'est le spectre ultra-violet qui présente une étendue environ du double du spectre ordinairement visible.
L'intensité lumineuse n'est pas la même dans toute la région du spectre. Le maximum d'intensité se trouve dans le vert moyen lorsqu'on emploie comme source lumineuse la lumière solaire; pour la flamme du bec de gaz 11 est dans le jaune.
Les radiations calorifiques présentent leur maximum d'intensité au delà du rouge; on le reconnaît en interposant un couple thermo-électrique sur le trajet du faisceau lumineux.