IMAGES OBTENUES PAR DIVERS PROCÉDÉS
1005. Phosphorographie. — On a désigné sous le nom de phosphorographie les divers moyens qui permettent d'obtenir des images phosphorescentes. Da guerre avait essayé de produire de telles images par l'action de la lumière sur le sulfure de calcium, mais n'avait pas obtenu de bons résultats1. On peut cependant obtenir des images lumineuses en employant le procédé aux poudres. Sur une couche préparée à la gomme, sucre et bichromate de potasse, on développe une image à l'aide de la poudre de sulfure de calcium; l'image ainsi obtenue est exposée à la lumière : elle est lumineuse dans l'obscurité2. Un autre procédé consiste à rendre transparente, au moyen d'huile de ricin, une photocopie sur papier (imprimée soit sur albumine, soit par photocollographie) ; on passe à l'envers de cette épreuve une couleur phosphorescente, on expose à la lumière : la^couleur n'est visible qu'à travers les blancs de l'image.
On a essayé d'employer pour obtenir des photographies la lumière émise • par une plaque phosphorescente. Daguerre avait essayé l'action de la lumière phosphorescente sur les plaques préparées à l'iodure d'argent, et avait constaté, par le développement à l'aide des vapeurs de mercure, que la plaque avait été impressionnée. Becquerel reconnut plus tard que certaines substances phosphorescentes préalablement insolées peuvent noircir le papier sensible. A. Vogel constata, en 1863, que les lueurs émises par le phosphore peuvent agir sur une plaque préparée au collodion humide; il observa que le sulfure de calcium préalablement insolé peut noircir le papier photographique3.
Schnauss obtint des photocopies au collodion humide par l'emploi de la lumière phosphorescente; mais c'est Warnerke et Darwin4 qui ont les premiers indiqué des procédés précis permettant d'employer la lumière émise par une plaque phosphorescente. Une plaque de verre est recouverte d'une couche de sulfure de calcium; l'opération a lieu dans l'obscurité; on expose la plaque dans la chambre noire, on met ensuite cette plaque rendue lumineuse en contact avec une plaque sensible : on peut alors développer sur celle-ci une image très douce et renversée produite par la plaque phosphorescente. L'exposition à la chambre noire doit durer assez longtemps, par exemple une minute, et le contact avec la plaque préparée au gélatino-bromure doit être prolongée pendant au moins cinq minutes, en ayant soin d'opérer à une lumière rouge aussi faible que possible, ou mieux dans l'obscurité, car les radiations rouges détruisent rapidement la phosphorescence.