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MESURE DE L'ÉCLAIREMENT DES OBJETS PHOTOGRAPHIQUES

1029. Photomètre de M. Mascart. — Ce photomètre donne la mesure de l'éclairement d'une surface quelconque, rapporté à l'éclairement produit par une source lumineuse portée par l'appareil et prise comme étalon. Le photomètre de M. Mascart, représenté par les figures 712 à 716, se compose de deux tubes cylindriques fixés parallèlement et montés sur une poignée qui permet de tenir l'appareil à la main ; les deux tubes se trouvent alors dans un plan horizontal et dirigés vers l'objet dont on veut apprécier l'éclairement.

L'un des tubes T forme l'image de cet objet sur un écran en verre dépoli. M, on peut l'observer à l'aide d'un oculaire A; l'image est donnée par une

PHOTOMÈTRE MASCART.

Fig. 714.

un verre dépoli, P est un écran réducteur, constitué par un disque tournant, qui porte enchâssés des verres destinés à éteindre, dans une proportion donnée, les rayons lumineux émis par l'objet observé, lorsque cet objet est trop lumineux pour que L'image de cet objet puisse être amené à égalité avec celle de la lumière étalon par la seule action de l'écran progressif.

TÎtAITÉ ENCYCLOPEDIQUE DE PHOTOGRAPHIE.

Le second tube T' porte à son extrémité un tube vertical muni d'une douille dans laquelle peut se fixer, par un emmanchement à baïonnette, une lampe à l'acétate d'amyle E. du modèle adopté comme étalon pour les usages photographiques; l'étendue de la partie agissante de la flamme est limitée au moyen d'un écran placé en avant et qui est percé d'une fente horizontale de 0m0025 de hauteur.

Une seconde lentille placée en B est disposée de façon à venir former l'image de l'écran éclairé J sur l'écran M, qui reçoit déjà l'image de l'objet

Fig. 715.

dont on veut apprécier l'éclairage. Les rayons lumineux qui ont traversé cette lentille sont, à cet effet, réfléchis par un miroir H, placé à peu près à 45° et dont l'inclinaison peut être légèrement modifiée au moyen d'une vis de réglage et par un prisme G qui couvre la moitié du champ de l'écran M; on aperçoit ainsi dans l'oculaire A un champ éclairé dont la moitié de gauche est formée par les rayons émanés de l'objet visé, et la moitié de droite par les rayons venant de la lampe. Un disque tournant, placé immédiatement derrière la lentille B, est percé d'une fente circulaire dont la largeur va en croissant régulièrement, de telle sorte que la rotation du

PHOTOMETRE M ASC ART.

disque dans le sens convenable permet d'étrangler plus ou moins le faisceau lumineux qui a traversé la lentille {fig. 716). Une aiguille fine portée par le tube et placée en regard d'une graduation inscrite sur le disque allant de 0 à 10, permet d'évaluer la réduction que l'on fait subira la section du faisceau éclairant.

Le disque F, placé immédiatement devant l'oculaire, porte «les verres enclmssés, colorés en rouge, vert et violet, que l'on peut à volonté amener devant l'œil, de façon à teinter simultanément des mêmes couleurs les deux images à comparer. On peut ainsi faire disparaître les difficultés que l'on éprouve pour juger par comparaison l'intensité lumineuse d'objets diversement colorés.

Pour employer l'appareil à la mesure de l'éclairement propre d'un objet que l'on veut photographier, on met d'abord en place la lampe allumée et l'on règle le tirage de l'oculaire de façon à voir nettement sur l'écran oculaire M l'image du faisceau lumineux envoyé par cette lampe; on

dirige alors le tube T sur l'objet à photographier, et l'on règle le tirage du tube de façon à obtenir une image aussi nette et aussi lumineuse que possible de cet objet, les écrans à verre enchâssé, P et F, étant disposés de manière à laisser passer librement les rayons de l'image par les ouvertures libres. Si l'image ainsi obtenue n'est pas fortement colorée, au point de rendre la comparaison difficile, et si, comme il doit être, elle est moins intense que l'image de la lampe reçue sans atténuation, c'est-à-dire avec l'écran progressif L placé à la division (), on fait tourner cet écran graduellement, de façon à étrangler peu à peu le faisceau lumineux de la lampe, jusqu'à ce qu'on arrive à l égalité «les Images vues par l'oculaire.

La division devant laquelle se trouve placée alors l'aiguille du disque à fente circulaire donne le dénominateur «le la fraction dont le numérateur est l'unité, et qui mesure l'intensité lumineuse de l'objet visé par rapport à l'intensité lumineuse de la source employée.

Si l'image donnée par l'objet visé parait au début plus intense que l'image donnée par la lampe, il faut, avant «l'agir sur l'écran progressif, atténuer dans une proportion déterminée L'image de l'objet, ce que l'on fait en interposant sur le trajet des rayons lumineux qui la forment un des verres dépolis de l'écran P.

On prend donc comme intensité lumineuse servant à la comparaison des

Fig. 71 G.

images données par les objets visés celle de l'image formée par une surface convenablement délimitée de la lampe à l'acétate d'amyle sur un écran en verre dépoli, cette image étant d'ailleurs transmise à l'écran oculaire par l'intermédiaire de lentilles et de surfaces réfléchissantes qui en atténuent l'éclat.

Pour rapporter les mesures données par l'appareil à une unité d'éclairement déterminée , on devra tarer l'appareil en cherchant la valeur qu'il donne pour la mesure de l'intensité lumineuse émise par la surface représentant l'unité d'éclairement; on pourra prendre, par exemple, pour cette unité l'intensité lumineuse émise normalement par une surface blanchie au sulfate de baryte, éclairée par une lampe Carcel normale placée à 1 mètre de distance. L'appareil, pour cette mesure, serait placé à 1 mètre de distance de la surface lumineuse.

1030. Photomètres divers. — Simonofï1 a construit un photomètre constitué par une sorte de lorgnette portant des caractères imprimés à l'une des extrémités de l'appareil; on dirige cet instrument vers l'objet à photo-

Fig. 717. Fig. 718.

graphier et l'on diminue le diaphragme jusqu'à ce que l'on ne puisse pas lire le caractère : la lumière admise est en raison inverse de l'ouverture de ce diaphragme. L. Vidal a modifié cet appareil en y adaptant une échelle d'opacité croissante , obtenue avec des bandes de papier pelure et des chiffres se détachant sur fond noir; on cherche quel est le dernier chiffre visible. Decoudun2 a mis dans le commerce un appareil basé sur les mêmes principes (fig. 717) et dont le fonctionnement est très simple : après avoir mis au point sur la glace dépolie et placé dans l'objectif le diaphragme convenable , on applique sur la glace dépolie un secteur portant trois ouvertures; ce secteur est mobile à l'aide d'un bouton placé au centre de l'appareil; on tourne ce bouton jusqu'à disparition de ces trois points lumineux {fig. 718); on regarde alors sur le tableau du fond de l'instrument le temps de pose correspondant à la lettre visible par la petite lucarne ronde. Le photomètre ne doit pas être appliqué au hasard sur le verre dépoli; il faut

1. Bulletin de la Société française de photographie, 1883, p. 290.

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