British Journal of Photography, 13 août
3. Bulletin de la Société française de photographie, 1873, p. 228; 1874, pp. 55, 72, 103.
CHHOMOPROTOGRAPHIE.
papier et on recommence la môme série d'immersions dans le bain de nitrate d'argent, puis dans celui d'acide chlorhydrique jusqu'à ce que le papier prenne une teinte d'un violet bien très intense: après la dernière immersion et avant qu'il soit sec, on l'immerge pendant dix minutes dans nn bain contenant 100 c. c. d'eau et 4 à 5 gouttes de nitrate acide de mercure, on le sèche ensuite à l'aide de papier buvard. Si l'on ajoute à ce dernier bain 2 c. c. d'une solution saturée de bichromate de potasse, 2 c. c. d'acide sulfurique et 1 gramme de chlorate de potasse, on obtient des couleurs bien plus vives. Après exposition à la Lumière, on peut faire le fixage avec un bain contenant 5 C. c. d'ammoniaque et 100 c. c. d'alcool, on lave et on place la feuille dans un bain saturé d'un chlorure alcalin, on lave de nouveau et on fait sécher. Le fixage n'est jamais complet; les fixateurs connus font rapidement disparaître l'image.
En vernissant Les épreuves ou les recouvrant de gélatine ou d'albumine, les images se conservent plus longtemps.
M. de Saint-Florent a observé que des épreuves obtenues avec le nitrate de mercure et non lavées avaient disparu spontanément en les immergeant pendant plusieurs heure., dans un bain concentré de chlorhydrate d'ammoniaque. L'image s'est progressivement revivifiée en la soumettant aux couleurs complémentaires des teintes primitives : les images obtenues sont plus stables que les images primitives; d'autres réactifs produisent des effets analogues.
Les rayons 1rs moins réfrangibles semblent hâter l'oxydation du souschlorure violet : ils sont même capables «le la produire seuls, car par une très longue exposition à la Lumière du chlorure d'argent ordinaire, on peut
produire «les épreuves ehro]||op||otogr;ipliiqi|<'S.
M. de Saint-Florent1 a étudié la production 'les images en couleur à l'aide du procédé au collodio-chlorure ou de celui au gélatino-chlorure. On verse l'émulsion au collodio- chlorure mit du papier ou du carton, et dès qu'elle a fait prise, on l'expose tout humide à la lumière jusqu'à la teinte rouge violacé foncé. Les cartons ainsi préparés se gardent longtemps à l'abri de la lumière ou de L'humidité : on les recouvre ensuite d'une émulsion au gélatino-chlorure d'argent, à l'acide acétique et à l'alcool, on expose la couche à la lumière pendant quelques minutes, puis l'on expose derrière le sujet à reproduire dès que le carton est Bec.
On peut aussi employer h' papier préparé avec le sous-oxyde d'argent. On plonge du papier ordinaire dans une solution aqueuse de nitrate d'argent à 10 o/0> on fait sécher la feuille, puis on la plonge dans une solution de potasse caustique pure. La feuille non lavée est exposée à la lumière diffuse jusqu'à ce que sa couleur brun clair pa>se au brun foncé: il ne faut pas pousser jusqu'au noir parce que le papier ne reproduirait plus les couleurs, on laisse sécher, et le papier ainsi préparé peut reproduire les couleurs.
Quel que soit le procédé employé, les images ne tardent pas à s'altérer si on les expose au jour. Vallot a proposé récemment de les recouvrir d'un vernis contenant du sulfate de quinine. Dans ces conditions, l'altération est moins rapide. Les couches de chlorure d'argent violet sont trop peu sensibles pour permettre de les employer par impressionnement dans la
1. Bulletin delà Société fronça** -le photographie, 1882, p. 18.
chambre noire, elles servent pour obtenir par phototirage la reproduction d'images colorées ou pour reproduire le spectre solaire.
1035. Procédés de Cros et de Ducos du Hauron. — Ces procédés ne sont pas des procédés chromophotographiques, car l'image en couleur n'est pas obtenue directement. Les moyens proposés par Gros 1 et par Ducos du Hauron2 sont basés sur la production de trois négatifs dits monochromes, obtenus par les procédés orthochromatiques et des verres de couleur appropriés, qui fournissent des positifs colorés, également monochromes, dont la superposition doit rendre l'image avec ses couleurs naturelles. Pour satisfaire aux conditions théoriques du problème, il faudrait que les couleurs employées dans les positifs eussent exactement le même spectre d'absorption que les verres colorés d'une part, et d'autre part que la sensibilité des glaces fût en rapport exact avec la proportion des rayons transmis, ce qu'il est à peu près impossible de réaliser. Vogel a conseillé d'employer pour obtenir chaque négatif des sensibilisateurs différents pour chaque région du spectre; lorsqu'on a ainsi obtenu trois négatifs destinés à fournir les trois positifs monochromes, on repère exactement les trois images par les procédés usités en photochromographie.
BIBLIOGRAPHIE
Becquerel. La Lumière.
Davanne. La Photographie, X. II.
Eder. Ausfùrliches Handbuch der Photographie, I.
1. Pli cacheté déposé à l'Académie des sciences le 2 décembre 1807.